Le Bénin mise sur l’innovation pour conquérir les marchés mondiaux
Avec une stratégie ambitieuse, le gouvernement de Romuald Wadagni transforme radicalement le secteur agricole béninois. Deux projets phares illustrent cette mutation : une unité de production de vitroplants à Glo-Djigbé et un quai fruitier ultra-moderne à l’aéroport de Cotonou. Ces infrastructures visent à positionner le Bénin comme un acteur clé sur les marchés internationaux des fruits, en misant sur la qualité, la technologie et une logistique optimisée.
Une rupture avec les exportations traditionnelles
Longtemps marquée par l’exportation de produits bruts et une logistique défaillante, l’agriculture béninoise subit une profonde mutation. Le pays ne se contente plus de produire : il maîtrise désormais toute la chaîne de valeur, de la semence à l’exportation. L’objectif ? Capter davantage de valeur ajoutée et répondre aux exigences strictes des marchés mondiaux, notamment pour l’ananas, l’anacarde et la mangue.
Grâce au Projet d’Appui à la Compétitivité des Filières Agricoles et à la Diversification des Exportations (PACOFIDE), le Bénin passe d’une agriculture de subsistance à une agro-industrie compétitive. Les retombées économiques attendues sont multiples : hausse des recettes d’exportation, sécurisation des revenus des producteurs locaux et création d’emplois qualifiés.
Glo-Djigbé : un laboratoire d’excellence pour les semences de demain
Au cœur de cette révolution se trouve la Zone Économique Spéciale de Glo-Djigbé, où une unité industrielle de production de vitroplants est en cours de finalisation. Avec une capacité de 13,5 millions de vitroplants par an, cette infrastructure place le Bénin à l’avant-garde de la technologie semencière en Afrique de l’Ouest.
Les avantages sont nombreux :
- Pour les agriculteurs : accès à des plants sains, homogènes et résistants aux maladies, garantissant des rendements optimaux.
- Pour l’économie : réduction des coûts de production tout en augmentant la productivité par hectare, sans étendre les surfaces cultivées.
- Pour la compétitivité : le Bénin se positionne comme un concurrent redoutable face à ses voisins régionaux.
Un site de démonstration de 1 000 hectares, aménagé sur l’ancien aéroport de Glo-Djigbé, servira de terrain d’essai pour valider les performances des nouveaux vitroplants avant leur diffusion massive. Une étape essentielle pour maximiser le retour sur investissement des producteurs.
Cotonou : un quai fruitier pour préserver la qualité des exportations
Produire en quantité ne suffit pas : il faut aussi garantir la fraîcheur des fruits jusqu’à leur arrivée sur les étals étrangers. C’est pourquoi un quai fruitier ultra-moderne a été construit à l’aéroport international Bernardin Gantin de Cotonou. Cette infrastructure logistique révolutionnaire permet de stocker et de conditionner jusqu’à 736 palettes de fruits simultanément.
Équipé de chambres froides, de systèmes de réfrigération et de zones dédiées aux opérations douanières, ce quai réduit considérablement les pertes post-récolte. Les fruits béninois, comme l’ananas pain de sucre ou les produits maraîchers, arrivent ainsi sur les marchés européens et asiatiques avec une fraîcheur irréprochable, renforçant leur attractivité et leur valeur marchande.
Une vision politique saluée par les acteurs locaux
La visite de supervision du Ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yeton Bloukounon Goubalan, a confirmé le respect strict des délais et la qualité des ouvrages. Le gouvernement béninois, sous la direction du Président Romuald Wadagni, affiche clairement sa volonté de renforcer la souveraineté économique du pays.
« Les semences sont le socle de toute production agricole. En maîtrisant cette technologie, nous consolidons notre compétitivité et assurons que la richesse générée reste au Bénin », a déclaré le Ministre. Cette approche intégrée, alliant innovation scientifique et performance logistique, comble un vide historique et rassure les investisseurs privés et internationaux.
Vers une économie agricole résiliente et exportatrice
En connectant la haute technologie de Glo-Djigbé à l’efficacité du quai fruitier de Cotonou, le Bénin pose les bases d’une économie agricole durable et performante. Cette stratégie ne se limite pas à augmenter les volumes : elle vise à transformer structurellement le secteur, en garantissant que les bénéfices de cette révolution verte profitent avant tout aux acteurs nationaux.
Avec des arguments technologiques et logistiques solides, le Bénin s’apprête à s’imposer comme une puissance agricole incontournable sur la scène internationale. La révolution verte est en marche, et elle est bien partie pour réussir.
