Cameroun : Célestin Tawamba dresse un constat sévère sur l’économie nationale

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Le président du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM), Célestin Tawamba, a livré une analyse particulièrement alarmante de la conjoncture économique camerounaise, le mardi 23 juin 2026.

Selon le patron du GECAM, la croissance du Cameroun a ralenti à 3,1 % en 2025, contre 3,5 % l’année précédente. Un rythme jugé insuffisant pour atteindre l’objectif d’émergence fixé à 2035. À titre de comparaison, l’Afrique subsaharienne devrait afficher une croissance moyenne de 4,5 %, quand l’UEMOA atteindrait 6,4 %. La CEMAC, dont le Cameroun est la première économie, ne devrait progresser que de 2,6 %.

Ce ralentissement s’explique en grande partie par l’effondrement du secteur pétrolier. La branche des hydrocarbures s’est contractée de 6,9 % en 2025, après une baisse de 9,7 % en 2024. Le GECAM souligne que le pétrole n’est plus le principal moteur de la croissance nationale.

286 000 tonnes

Les autres secteurs ne sont guère plus reluisants. La croissance du secteur primaire est passée de 3,6 % à 1,7 % sur un an. L’agriculture industrielle et d’exportation a chuté de +8,7 % en 2024 à -3,2 % en 2025, en raison des aléas climatiques et du recul des exportations.

Le coton symbolise cette dégradation : la production plafonne à 286 000 tonnes, loin de l’objectif de 400 000 tonnes. Les exportations ont chuté de 24 % en volume et de 29,8 % en valeur.

1,7 % à 2 %

« Même les filières les plus performantes montrent des fragilités, explique Célestin Tawamba. La campagne cacaoyère a atteint un record de production de 309 518 tonnes, mais les volumes exportés ont diminué de 9 %, malgré une hausse de 18 % de la valeur grâce à la flambée des cours mondiaux. Le café suit la même tendance : la production passe de 10 562 à 11 637 tonnes, tandis que les exportations reculent de 2 %, compensées par une augmentation de 3,9 % des recettes. »

Par ailleurs, la dépendance alimentaire du Cameroun s’accroît. Les importations de maïs ont augmenté de 4,5 %, illustrant les difficultés à assurer la sécurité alimentaire. Le secteur industriel peine aussi à jouer son rôle de moteur de transformation : sa croissance stagne entre 1,7 % et 2 %, et les industries manufacturières ralentissent de 2,9 % à 2,2 %. Le patronat attribue cette situation au coût élevé de l’énergie, aux problèmes logistiques, aux contraintes de financement et au manque de compétitivité de l’appareil productif.