Dans une tribune rendue publique le 26 juin 2026, le militant politique Joe La Conscience dresse un réquisitoire sévère contre Paul Biya. Il dénonce quarante-trois années de gouvernance chaotique, un recul des libertés publiques et un projet de transmission dynastique du pouvoir. L’accusation de préparer une succession familiale n’est pas nouvelle, mais le terme « dynastocratie » employé par l’auteur marque une escalade dans le débat.
Un bilan de 43 ans de pouvoir en lambeaux
Joe La Conscience remonte aux origines. Selon lui, la prise de fonction de Paul Biya en 1982 aurait été une erreur historique de son prédécesseur Ahmadou Ahidjo. Ce qui devait être une courte transition s’est transformé, à l’entendre, en un règne personnel de plus de quatre décennies.
La tribune brosse un portrait économique sombre, qualifie la gouvernance de clanique et souligne une érosion progressive des libertés publiques. Ces accusations sont portées sans référence à des sources officielles ; il s’agit des interprétations de l’auteur, non des conclusions d’un rapport d’enquête. Mais le ton adopté est celui d’un acte d’accusation.
La vice-présidence et l’ombre d’une succession familiale
C’est ici que la tribune se fait plus précise et plus polémique. Joe La Conscience pointe les réformes constitutionnelles récentes, en particulier la création du poste de vice-président, comme un possible mécanisme de succession piloté depuis le sommet. Il invente le terme de « dynastocratie » pour désigner ce qu’il perçoit comme une volonté de transmettre le pouvoir à l’intérieur du cercle familial présidentiel.
Il évoque également des rivalités supposées entre membres de l’entourage présidentiel, des scénarios de succession. Aucun de ces éléments n’est confirmé officiellement, et l’auteur lui-même les présente comme des hypothèses. Cela n’enlève rien à leur pertinence dans un débat qui gagne du terrain, y compris au sein de cercles qui ne sont pas ouvertement dans l’opposition.
La question de la santé du chef de l’État, les incertitudes sur l’après-Biya, les tensions autour d’une éventuelle transition : Joe La Conscience ne les invente pas. Il les formule avec ses propres conclusions.
C’est un tournant que le débat politique camerounais est en train d’amorcer, que les institutions le reconnaissent ou non.
