Catégorie : A la Une

  • Drame au lac Tchad : des pêcheurs nigérians victimes de raids aériens contre Boko Haram

    Drame au lac Tchad : des pêcheurs nigérians victimes de raids aériens contre Boko Haram

    Des militaires tchadiens de la Force multinationale mixte partant en patrouille, le 6 mai 2026.

    L’aviation militaire du Tchad a déclenché une offensive d’envergure suite à l’assaut meurtrier contre la base de Barka Tolorom. Cette attaque djihadiste, survenue le 4 mai, avait entraîné la mort de 25 soldats, dont deux généraux, et fait 46 blessés. En représailles, des avions de chasse ont ciblé plusieurs îles du lac Tchad situées à la confluence des frontières avec le Nigeria et le Niger.

    Des frappes aériennes aux lourdes conséquences civiles

    Les opérations se sont notamment concentrées sur l’île de Shuwa, considérée comme un sanctuaire pour les membres de Boko Haram mais servant également de zone de pêche cruciale. Selon les premiers rapports, ces bombardements auraient causé la perte de nombreux civils.

    Un porte-parole du syndicat des pêcheurs local indique qu’au moins 40 pêcheurs nigérians sont portés disparus et auraient probablement péri par noyade durant les raids. La plupart des victimes étaient originaires de Doron Baga, une ville côtière du Nigeria tristement célèbre pour avoir subi un massacre de grande ampleur en 2015.

    Le silence des autorités nigérianes

    Pour le moment, les instances officielles du Nigeria n’ont pas commenté ces informations émanant du pays voisin. Ce mutisme survient dans un contexte où l’armée nigériane est elle-même régulièrement pointée du doigt pour des erreurs de ciblage ayant entraîné la mort de civils lors de précédentes opérations militaires.

  • La finale de Ligue des champions entre le PSG et Arsenal sera diffusée au Parc des Princes

    La finale de Ligue des champions entre le PSG et Arsenal sera diffusée au Parc des Princes

    Bien que le coup d’envoi de la finale contre Arsenal soit prévu à Budapest le 30 mai à 18 heures, les supporters parisiens pourront se rassembler dans leur enceinte fétiche. En l’absence de fanzone organisée dans les rues de la capitale, le club a pris l’initiative d’ouvrir les portes du Parc des Princes pour une retransmission en direct, renouvelant ainsi l’expérience vécue l’an dernier lors de la finale à Munich.

    Une grande soirée de fête à la Porte d’Auteuil

    Le club prévoit de communiquer officiellement jeudi tous les détails pratiques concernant cette soirée. En attendant, les fidèles du club peuvent d’ores et déjà s’inscrire sur une liste d’alerte pour être informés en priorité de l’ouverture de la billetterie. Le Paris Saint-Germain souhaite transformer le stade en un lieu de communion intense pour soutenir les joueurs à distance.

    L’organisation promet un événement d’envergure, rappelant que la précédente édition avait laissé des souvenirs impérissables. L’ambiance s’annonce électrique avec une programmation artistique et musicale soignée, visant à recréer la ferveur des plus grands matchs disputés à domicile.

    Pas de rassemblement public dans les rues de Paris

    Cette décision d’ouvrir le stade intervient alors qu’aucune fan zone ne sera autorisée dans l’espace public parisien pour ce rendez-vous du 30 mai. La préfecture de police de Paris a en effet exprimé un avis négatif sur l’installation de tels dispositifs pour des motifs de sécurité. En conséquence, les autorités municipales ont confirmé qu’aucun autre grand lieu de rassemblement ne serait mis en place, faisant du Parc des Princes le point de ralliement majeur pour les fans restés en France.

  • Sénégal : des économistes explorent des solutions alternatives pour gérer la dette publique

    Sénégal : des économistes explorent des solutions alternatives pour gérer la dette publique

    La gestion des finances publiques au Sénégal traverse une phase charnière, marquée par des désaccords croissants entre l’administration de Ousmane Sonko et les institutions financières internationales. Depuis le 11 mai, Dakar accueille un rassemblement d’experts économiques venus d’Afrique et d’Asie. Ce sommet technique vise à proposer des stratégies de sortie de crise qui s’écartent des modèles traditionnels imposés par le FMI et la Banque mondiale.

    La soutenabilité budgétaire au cœur des tensions avec le FMI

    Le climat s’est alourdi suite à la réévaluation à la hausse de la dette publique héritée de la précédente législature. Cette correction des indicateurs a entraîné une suspension temporaire des financements prévus dans le cadre des programmes du FMI. Aujourd’hui, l’exécutif sénégalais se trouve face à un double défi : respecter ses échéances de remboursement internationales tout en finançant le projet social porté par le Pastef, la formation politique au pouvoir.

    L’organisation de ce forum illustre une volonté de rupture. Au lieu de se plier aux mesures d’austérité classiques, le gouvernement privilégie la construction d’un plaidoyer technique pour des solutions hétérodoxes. Parmi les pistes étudiées figurent la restructuration de la dette, l’extension des délais de remboursement et une meilleure exploitation des ressources internes. La contribution d’experts asiatiques est ici stratégique, apportant l’expérience de nations ayant déjà surmonté des crises majeures de la balance des paiements.

    Un acte de souveraineté économique face aux bailleurs

    Le timing de cette rencontre n’est pas fortuit. En conviant des économistes critiques envers les politiques d’ajustement structurel peu après le blocage des discussions avec les bailleurs de fonds, Ousmane Sonko envoie un message fort. Le Premier ministre, pilier du changement politique de 2024, place la souveraineté économique au sommet de ses priorités. Son implication personnelle transforme ce séminaire en un véritable acte politique.

    Les intervenants cherchent à prouver que des alternatives viables existent en dehors des sentiers battus de la finance multilatérale. Cette démarche s’inscrit dans une tendance continentale où des pays comme le Ghana, la Zambie ou l’Éthiopie ont dû repenser leurs relations avec leurs créanciers. Toutefois, le Sénégal dispose d’un atout : il n’est pas en situation de défaut de paiement et conserve un accès aux marchés de capitaux de la sous-région.

    Quelles sont les pistes pour éviter l’austérité ?

    Les recommandations formulées par les experts s’articulent autour de trois leviers principaux :

    • La réforme fiscale : élargissement de l’assiette d’imposition, lutte contre l’évasion financière et révision des contrats dans le secteur des hydrocarbures, dont l’exploitation a débuté en 2024.
    • L’innovation financière : recours à des emprunts en monnaie locale ou à des titres indexés sur les revenus futurs du pays.
    • L’intégration régionale : renforcement de la solidarité financière au sein de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine).

    Cependant, cette stratégie comporte des zones d’ombre. Une position trop rigide face au FMI pourrait augmenter le coût des futurs emprunts sur les marchés internationaux. La réussite de ce plan dépendra de l’équilibre que le gouvernement saura trouver entre son discours souverainiste et la nécessité de rassurer les investisseurs privés, notamment les détenteurs d’eurobonds.

    Cette séquence diplomatique et économique à Dakar est suivie de près par les agences de notation et les pays voisins. Elle pourrait marquer le début d’une nouvelle ère dans les négociations avec les partenaires au développement. Les résultats de ces réflexions seront prochainement remis aux autorités sénégalaises pour orienter les futures décisions budgétaires.

  • Crise au Mali : le jnim intensifie sa pression sur Bamako et manantali

    Crise au Mali : le jnim intensifie sa pression sur Bamako et manantali

    Crise au Mali : le Jnim étouffe Bamako et frappe la centrale de Manantali, un tournant dans le conflit

    Au Mali, la situation se dégrade avec une intensification sans précédent du blocus imposé par le Jnim, groupe jihadiste affilié à al-Qaïda. Ce week-end, une dizaine d’autocars ont été incendiés sur l’axe Ségou-Bamako, artère vitale pour l’approvisionnement de la capitale en provenance de l’est. Parallèlement, des infrastructures électriques liées au barrage hydroélectrique de Manantali, dans la région de Kayes, ont été détruites. Malgré les opérations militaires en cours, l’armée malienne peine à lever ce siège économique qui asphyxie progressivement le pays.

    Manantali, cœur battant du réseau électrique malien, dans le collimateur du Jnim

    L’attaque contre Manantali n’est pas un simple incident isolé. Ce barrage, géré conjointement par le Mali, la Mauritanie et le Sénégal au sein de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), représente un pilier essentiel du système électrique malien. En ciblant ses lignes d’évacuation, le Jnim ne se contente plus de défier les forces de défense : il s’attaque à l’économie urbaine, où les coupures d’électricité paralysent services publics, commerces et industries en un clin d’œil.

    Cette offensive s’inscrit dans une stratégie plus large, déployée depuis plusieurs semaines. Le groupe jihadiste multiplie les attaques contre les convois de carburant en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, transformant les pénuries en arme politique. L’objectif ? Fragiliser la légitimité des autorités de transition menées par le général Assimi Goïta. Bamako, jusqu’ici relativement épargnée par les violences, devient désormais le terrain d’une guerre d’usure impitoyable.

    Réponse militaire fragile face à une stratégie jihadiste implacable

    Face à cette pression grandissante, l’état-major malien affirme maintenir des opérations terrestres et aériennes sur plusieurs fronts. Des escortes militaires ont permis, ces derniers jours, l’arrivée à Bamako de centaines de camions-citernes, soulageant temporairement les stations-service en tension. Pourtant, cette trêve logistique reste précaire : chaque convoi exige des moyens disproportionnés, et la sécurisation durable des axes routiers semble illusoire à court terme.

    Les Forces armées maliennes (FAMa) se trouvent prises en étau. À l’ouest et au centre, le Jnim multiplie les embuscades et les sabotages d’infrastructures. Plus au nord, dans la région de Kidal, le statu quo tendu ne laisse présager rien de bon, avec des affrontements inévitables contre les groupes rebelles du Cadre stratégique permanent. Le pouvoir central doit ainsi jongler entre deux fronts, avec des ressources humaines et matérielles de plus en plus limitées.

    Un conflit aux répercussions régionales dangereuses

    Le blocus imposé au Mali dépasse désormais les frontières nationales. Les économies voisines, notamment celles du Sénégal, de la Mauritanie et de la Côte d’Ivoire, subissent les contrecoups de cette dégradation des corridors commerciaux ouest-africains. Le ralentissement des flux de marchandises affecte directement les ports de Dakar et d’Abidjan, dont une part majeure du trafic transite vers l’hinterland sahélien. La Confédération des États du Sahel, regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, peine à élaborer une riposte coordonnée face à cette guerre économique menée par les groupes armés.

    L’attaque contre Manantali soulève également une question cruciale : celle des infrastructures partagées au sein de l’OMVS. Une aggravation des dégâts pourrait compromettre l’approvisionnement électrique du Sénégal et de la Mauritanie, faisant de ce conflit un enjeu transfrontalier. Les partenaires internationaux, qu’ils soient bailleurs de fonds ou fournisseurs militaires, devront arbitrer entre le soutien à la souveraineté malienne et la protection des infrastructures stratégiques régionales.

    Sur le terrain, le décalage entre les annonces triomphales de l’armée et la réalité d’une capitale en état de siège illustre l’ampleur inédite de cette phase du conflit. Le Jnim ne se contente plus de contrôler des territoires : il cherche à étouffer un État dans son ensemble.

  • Crise au Mali : le Jnim intensifie son blocus et frappe les infrastructures vitales

    Crise au Mali : le Jnim intensifie son blocus et frappe les infrastructures vitales

    Au Mali, la pression du Jnim, groupe armé affilié à al-Qaïda, atteint un niveau sans précédent. Depuis le week-end dernier, une dizaine d’autocars reliant Ségou à Bamako ont été réduits en cendres sur l’axe stratégique qui alimente la capitale en biens essentiels. Simultanément, des infrastructures électriques associées au barrage de Manantali, situé dans la région de Kayes, ont été endommagées. Malgré les efforts de l’armée malienne, l’étau économique se resserre inexorablement sur le pays.

    Manantali, épicentre d’une stratégie de déstabilisation

    La destruction des équipements de Manantali n’est pas un hasard. Ce barrage, co-géré par le Mali, la Mauritanie et le Sénégal au sein de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), représente un pilier du réseau électrique malien. En s’attaquant à ses lignes de transmission, le Jnim ne se contente plus de harceler les forces armées : il frappe au cœur de l’économie urbaine, où les coupures d’électricité paralysent services publics, commerces et industries. Cette tactique s’inscrit dans une logique de guerre prolongée, initiée voici plusieurs semaines avec le ciblage systématique des convois de carburant en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Les jihadistes misent sur le mécontentement populaire pour fragiliser les autorités de transition dirigées par le général Assimi Goïta. Bamako, autrefois moins exposée, devient désormais le théâtre principal d’une bataille d’usure.

    Réaction militaire et fragilité des corridors logistiques

    Face à cette offensive, l’état-major malien affirme mener des opérations terrestres et aériennes dans plusieurs zones. Des escortes militaires ont permis l’arrivée à Bamako de centaines de camions-citernes ces derniers jours, offrant un répit éphémère aux stations-service en tension. Pourtant, cette avancée reste précaire : chaque convoi nécessite des moyens colossaux, et la sécurisation durable des axes routiers semble hors de portée à court terme. Les Forces armées maliennes (FAMa) se trouvent prises en tenaille. À l’ouest et au centre du pays, le Jnim multiplie les attaques et les sabotages. Plus au nord, dans la région de Kidal, la situation reste bloquée dans un calme relatif, mais de nouveaux affrontements avec le Cadre stratégique permanent pourraient éclater à tout moment. Bamako navigue ainsi entre deux fronts, avec des ressources qui s’amenuisent chaque jour.

    Enjeux régionaux et risques transfrontaliers

    Le blocus actuel dépasse largement les frontières maliennes. Les pays voisins, notamment le Sénégal, la Mauritanie et la Côte d’Ivoire, subissent les répercussions de l’affaiblissement des corridors commerciaux ouest-africains. Le trafic portuaire de Dakar et d’Abidjan ralentit, car une part importante des marchandises destinées au Sahel transite normalement par ces hubs. La Confédération des États du Sahel, regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, peine à coordonner une riposte efficace face à cette guerre économique menée par les groupes armés. L’attaque contre Manantali soulève également des questions sur la gestion transfrontalière des infrastructures critiques. Une aggravation des dommages pourrait impacter directement l’approvisionnement électrique du Sénégal et de la Mauritanie, transformant une crise locale en problème régional. Les partenaires internationaux, qu’ils soient bailleurs de fonds ou fournisseurs d’équipements militaires, devront trouver un équilibre entre le soutien à la souveraineté malienne et la protection des intérêts stratégiques partagés.

    Sur le terrain, l’écart entre les annonces triomphales de l’armée et la réalité d’une capitale asphyxiée révèle l’ampleur inédite de cette phase du conflit. Le Jnim ne cherche plus simplement à contrôler des territoires : il vise à étouffer un État dans son ensemble. Les prochains jours pourraient voir s’intensifier les combats, notamment autour de Kidal, où la tension reste à son comble.

  • Mali : le Jnim asphyxie Bamako et menace les infrastructures clés

    Mali : le Jnim asphyxie Bamako et menace les infrastructures clés

    Au Mali, le Jnim, mouvement jihadiste affilié à al-Qaïda, intensifie son offensive en étendant son blocus autour de Bamako. Ce week-end a été marqué par l’incendie d’une dizaine d’autocars sur l’axe Ségou-Bamako, artère vitale pour l’approvisionnement de la capitale depuis l’est du pays. Parallèlement, des installations électriques associées au barrage de Manantali, dans la région de Kayes, ont été endommagées. Malgré les opérations militaires en cours, l’armée malienne peine à lever la pression économique qui étouffe progressivement le pays.

    Manantali, un pilier énergétique sous la menace jihadiste

    La destruction des infrastructures de Manantali n’est pas un acte isolé. Ce barrage, géré conjointement par le Mali, la Mauritanie et le Sénégal au sein de l’OMVS, représente un enjeu crucial pour le réseau électrique malien. En ciblant ses lignes de transport, le Jnim ne se contente plus de frapper les forces armées : il s’attaque aux fondements mêmes de l’économie urbaine. Les coupures d’électricité qui en découlent paralysent services publics, commerces et industries, transformant la capitale en un théâtre de tensions prolongées.

    Cette stratégie s’inscrit dans une logique préétablie : depuis plusieurs semaines, les jihadistes multiplient les attaques contre les convois de carburant en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Leur objectif ? Exacerber les pénuries pour fragiliser la légitimité du gouvernement de transition dirigé par le général Assimi Goïta. Bamako, autrefois relativement préservée, est désormais le cœur d’une bataille d’usure aux conséquences dévastatrices.

    L’armée malienne en première ligne face à une menace protéiforme

    En réponse à cette escalade, l’état-major malien annonce maintenir des opérations terrestres et aériennes sur plusieurs fronts. Ces dernières semaines, des escortes militaires ont permis l’arrivée de centaines de camions-citernes à Bamako, atténuant temporairement la crise des stations-service. Cependant, cette avancée reste fragile : chaque convoi exige des ressources importantes, et la sécurisation durable des axes routiers semble hors de portée dans l’immédiat.

    Les Forces armées maliennes (FAMa) se trouvent prises en étau. À l’ouest et au centre, le Jnim intensifie les embuscades et les sabotages d’infrastructures. Plus au nord, dans la région de Kidal, la situation reste tendue, avec des affrontements imminents contre les groupes rebelles du Cadre stratégique permanent. Le pouvoir de Bamako doit ainsi gérer deux fronts distincts, avec des effectifs et des moyens qui s’amenuisent dangereusement.

    Un conflit aux répercussions régionales

    Le blocus imposé au Mali dépasse désormais les frontières nationales. Les pays voisins, dont le Sénégal, la Mauritanie et la Côte d’Ivoire, subissent les contrecoups de cette instabilité. Le ralentissement des échanges commerciaux perturbe les ports de Dakar et d’Abidjan, dont une partie du trafic transite vers l’arrière-pays sahélien. La Confédération des États du Sahel, qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, peine à coordonner une riposte efficace face à cette guerre économique menée par les groupes armés.

    L’attaque contre Manantali soulève également des enjeux transfrontaliers. Toute dégradation supplémentaire des installations aurait des répercussions directes sur l’approvisionnement électrique du Sénégal et de la Mauritanie. Ce dossier malien devient ainsi une préoccupation régionale, où les partenaires internationaux devront concilier soutien à la souveraineté de Bamako et protection des infrastructures stratégiques partagées.

    Sur le terrain, le décalage entre les annonces militaires et la réalité d’une capitale sous tension illustre l’ampleur de la crise. Le Jnim ne se contente plus de contrôler des zones : il cherche à asphyxier un État. Dans les prochains jours, de nouveaux combats sont à prévoir, notamment autour de Kidal.

  • Mali : le Jnim étend son blocus sur Bamako et frappe Manantali – Africtelegraph – Toute l’actualité africaine

    Mali : le Jnim étend son blocus sur Bamako et frappe Manantali – Africtelegraph – Toute l’actualité africaine

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    Au Mali, le blocus imposé par le Jnim, organisation jihadiste liée à al-Qaïda, franchit un nouveau seuil. Au cours du week-end, une dizaine d’autocars au moins ont été incendiés sur l’axe stratégique reliant Ségou à Bamako, principal corridor d’approvisionnement de la capitale depuis l’est du pays. Dans le même temps, des infrastructures électriques associées au barrage hydroélectrique de Manantali, situé dans la région de Kayes, ont été visées et détruites. L’armée malienne, de son côté, maintient ses opérations sur plusieurs fronts, sans parvenir pour l’instant à desserrer l’étau économique qui pèse sur le pays.

    Manantali, cible stratégique d’une guerre de l’usure

    La destruction d’équipements liés à Manantali n’a rien d’anecdotique. Le barrage, géré dans un cadre multilatéral avec la Mauritanie et le Sénégal au sein de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), constitue l’une des colonnes vertébrales du réseau électrique malien. En s’attaquant à ses lignes d’évacuation, le Jnim ne vise plus seulement les forces de défense et de sécurité : il s’en prend à l’épine dorsale de l’économie urbaine, là où les coupures se traduisent immédiatement par une paralysie des services publics, des commerces et des industries.

    Cette stratégie prolonge une séquence ouverte depuis plusieurs semaines, marquée par le ciblage systématique des convois de carburant en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Les jihadistes cherchent à transformer la pénurie d’hydrocarbures en levier politique, en pariant sur l’érosion du soutien populaire aux autorités de transition dirigées par le général Assimi Goïta. La capitale, longtemps relativement épargnée, devient le théâtre central d’une bataille d’attrition.

    Riposte de l’armée et reprise partielle des flux

    Face à cette offensive multiforme, l’état-major malien revendique la poursuite d’opérations terrestres et aériennes dans plusieurs régions. Des escortes militaires ont permis l’entrée à Bamako de centaines de camions-citernes au cours des derniers jours, soulageant temporairement les stations-service prises d’assaut. Cette respiration logistique reste toutefois précaire : chaque convoi mobilise des moyens considérables et la sécurisation durable des routes nationales paraît hors de portée à court terme.

    Les Forces armées maliennes (FAMa) doivent par ailleurs composer avec un effet ciseau. À l’ouest et au centre, le Jnim multiplie les embuscades et les destructions d’infrastructures. Plus au nord, dans la région de Kidal, la situation demeure figée dans un statu quo tendu, alors que de nouveaux affrontements paraissent inévitables face aux groupes rebelles du Cadre stratégique permanent. Le pouvoir de Bamako joue ainsi sur deux échiquiers distincts, avec des moyens humains et matériels qui s’amenuisent.

    Une équation régionale qui se tend

    Le blocus malien dépasse désormais le strict cadre national. Les économies voisines, notamment celles du Sénégal, de la Mauritanie et de la Côte d’Ivoire, observent avec inquiétude la dégradation des corridors commerciaux ouest-africains. Le ralentissement des flux de marchandises pèse sur les ports de Dakar et d’Abidjan, dont une part significative du trafic transitait vers l’hinterland sahélien. La Confédération des États du Sahel, qui réunit Mali, Burkina Faso et Niger, peine pour l’instant à articuler une réponse coordonnée à la guerre économique conduite par les groupes jihadistes.

    L’attaque contre Manantali pose enfin la question des installations partagées au sein de l’OMVS. Toute aggravation des dommages aurait des conséquences directes sur l’approvisionnement électrique du Sénégal et de la Mauritanie, transformant un dossier malien en problème régional. Les partenaires extérieurs, qu’il s’agisse des bailleurs ou des fournisseurs militaires, devront arbitrer entre soutien à la souveraineté affichée par Bamako et exigences de protection des infrastructures critiques transfrontalières.

    Sur le terrain, le contraste entre les revendications opérationnelles de l’armée et la réalité d’une capitale sous pression illustre la nature inédite de cette phase du conflit. Le Jnim ne cherche plus seulement à tenir des territoires : il vise à étouffer un État. Selon RFI Afrique, de nouveaux combats sont attendus dans les prochains jours, en particulier autour de Kidal.

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  • Crise au Mali : le Jnim intensifie son blocus autour de Bamako et frappe le barrage de Manantali

    Crise au Mali : le Jnim intensifie son blocus autour de Bamako et frappe le barrage de Manantali

    Bamako sous pression : le corridor de Ségou en proie aux flammes

    Le Mali fait face à une escalade sans précédent du blocus imposé par le Jnim, groupe jihadiste affilié à al-Qaïda. Ce week-end, une dizaine de véhicules de transport en commun ont été réduits en cendres sur la route reliant Ségou à Bamako, artère vitale pour l’approvisionnement de la capitale depuis l’est du pays. Simultanément, des installations électriques essentielles au fonctionnement du barrage de Manantali, dans la région de Kayes, ont été délibérément détruites. Malgré les opérations militaires en cours, l’armée malienne peine à briser l’étau économique qui étouffe progressivement le pays.

    Manantali, symbole d’une guerre économique dévastatrice

    L’attaque contre le barrage hydroélectrique de Manantali n’est pas un simple incident. Géré conjointement par le Mali, la Mauritanie et le Sénégal au sein de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), ce site représente un pilier du réseau électrique malien. En ciblant ses infrastructures, le Jnim ne se contente plus de combattre les forces armées : il frappe au cœur de l’économie urbaine, où les coupures d’électricité paralysent services publics, commerces et industries. Cette tactique s’inscrit dans une stratégie plus large, amorcée depuis plusieurs semaines avec le sabotage systématique des convois de carburant en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. L’objectif ? Exploiter les pénuries pour fragiliser la légitimité des autorités de transition dirigées par le général Assimi Goïta. Bamako, autrefois relativement épargnée, devient désormais le terrain d’une bataille d’usure sans merci.

    Réaction militaire et précarité des approvisionnements

    Face à cette offensive, l’état-major malien affirme maintenir des opérations terrestres et aériennes sur plusieurs fronts. Grâce à des escortes renforcées, des centaines de camions-citernes ont pu rejoindre Bamako ces derniers jours, atténuant temporairement la crise dans les stations-service. Cependant, cette avancée reste fragile : chaque convoi nécessite des ressources considérables, et la sécurisation durable des axes routiers semble hors de portée à court terme. Les Forces armées maliennes (FAMa) doivent également gérer deux fronts distincts. À l’ouest et au centre, le Jnim multiplie embuscades et destructions d’infrastructures, tandis qu’au nord, dans la région de Kidal, la situation reste bloquée dans une tension palpable, avec des affrontements imminents contre les groupes du Cadre stratégique permanent. Le pouvoir de Bamako se retrouve ainsi pris en étau, avec des moyens de plus en plus limités.

    Répercussions régionales : quand la crise malienne devient un enjeu continental

    Le blocus ne se limite plus aux frontières du Mali. Les économies voisines, notamment celles du Sénégal, de la Mauritanie et de la Côte d’Ivoire, subissent les contrecoups de l’affaiblissement des corridors commerciaux ouest-africains. Le ralentissement des flux de marchandises perturbe les ports de Dakar et d’Abidjan, dont une part majeure du trafic transitait vers l’hinterland sahélien. La Confédération des États du Sahel, regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, peine pour l’instant à élaborer une riposte coordonnée face à cette guerre économique menée par les groupes jihadistes. L’attaque contre Manantali soulève par ailleurs une question cruciale : celle des installations transfrontalières au sein de l’OMVS. Une dégradation supplémentaire des infrastructures pourrait impacter directement l’approvisionnement électrique du Sénégal et de la Mauritanie, transformant une crise locale en problème régional. Les partenaires internationaux, qu’ils soient bailleurs ou fournisseurs militaires, devront ainsi trouver un équilibre entre soutien à la souveraineté malienne et préservation des intérêts transnationaux.

    Sur le terrain, l’écart entre les annonces militaires et la réalité d’une capitale sous tension met en lumière l’originalité de cette phase du conflit. Le Jnim ne se contente plus de contrôler des zones géographiques : il cherche désormais à étouffer un État. Dans les prochains jours, de nouveaux affrontements sont attendus, notamment autour de Kidal, où la situation reste extrêmement volatile.

  • Sénégal : l’affirmation périlleuse de Bassirou Diomaye Faye face à Ousmane Sonko

    Sénégal : l’affirmation périlleuse de Bassirou Diomaye Faye face à Ousmane Sonko

    Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye (à gauche) est salué par le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko (au centre) lors des célébrations du 65e anniversaire de l'indépendance du Sénégal, à Dakar, au Sénégal, le 4 avril 2025. Le Sénégal a obtenu son indépendance de la France le 4 avril 1960. EPA/JEROME FAVRE (MaxPPP TagID: epaliveeight173050.jpg) [Photo via MaxPPP]

    Le défi de l’autonomie politique au sommet de l’État sénégalais

    L’histoire nous transporte en l’an 49 avant notre ère, bien loin des rivages de la presqu’île du Cap-Vert. À cette époque, le général Jules César s’apprête à regagner Rome, où siège le consul Pompée, après ses victoires militaires contre les Gaulois. Le protocole imposé par le Sénat romain était sans équivoque : tout chef de guerre devait impérativement se désarmer avant de franchir la frontière de la cité, marquée par un modeste cours d’eau. Pourtant, faisant fi de ces injonctions officielles…

    Au Sénégal, une dynamique de pouvoir complexe semble se dessiner. Entre la figure centrale de Ousmane Sonko et la montée en puissance de Bassirou Diomaye Faye, la question de l’indépendance présidentielle devient un enjeu majeur. Sortir de l’influence d’un allié de premier plan constitue un exercice délicat, où chaque geste politique peut s’apparenter à un franchissement décisif.

  • Faure Gnassingbé encourage les troupes de l’Opération Koundjoaré dans le nord du Togo

    Faure Gnassingbé encourage les troupes de l’Opération Koundjoaré dans le nord du Togo

    Le 7 mai 2026, le président du Conseil et chef suprême des armées, Faure Gnassingbé, s’est rendu dans la zone de l’Opération Koundjoaré, située dans la partie septentrionale du Togo. Cette visite de terrain avait pour objectif principal d’évaluer le dispositif sécuritaire et d’apporter un soutien moral aux unités mobilisées contre la menace terroriste.

    Au cours de cette mission stratégique, le chef de l’État a bénéficié d’un point de situation détaillé au Poste de Commandement. Il a ensuite poursuivi son inspection en se rendant au poste avancé de Tchamonga, un maillon essentiel de la défense dans cette zone sensible.

    Un renforcement de l’efficacité opérationnelle

    Devant les soldats déployés au front, Faure Gnassingbé a tenu à exprimer sa reconnaissance pour leur courage et leur sacrifice au service de la nation. Afin d’optimiser les capacités d’intervention des Forces de défense et de sécurité (FDS), il a transmis de nouvelles orientations tactiques visant à accroître l’efficacité des opérations en cours.

    Ce déplacement illustre la détermination des autorités togolaises à maintenir une proximité constante avec les troupes sur le terrain. Cette approche s’intègre dans une politique globale de sécurité combinant pression militaire, renforcement de la résilience des populations locales et coopération internationale pour stabiliser durablement la région des Savanes.

  • La traque des personnes homosexuelles au Sénégal s’intensifie

    La traque des personnes homosexuelles au Sénégal s’intensifie

    Plusieurs centaines d’individus ont été arrêtés ces dernières semaines, et certains ont même subi des lynchages publics. La législation sénégalaise réprimant l’homosexualité a été considérablement renforcée, exposant les concernés à des peines allant jusqu’à dix ans d’emprisonnement.

    À Dakar, au Sénégal, une scène préoccupante s’est déroulée le 13 février 2026 : sous les cris hostiles de la foule, un homme a été appréhendé par la gendarmerie. Ses voisins l’accusaient d’être « góor-jigéen », un terme wolof signifiant « homme-femme », en raison de son orientation sexuelle présumée. Ce type d’incident se multiplie, avec plus d’une centaine d’arrestations signalées récemment. Des cas de lynchages par la foule, où des individus sont violemment agressés pour leur orientation sexuelle supposée, sont également à déplorer.

    Face à cette situation, les personnes homosexuelles vivent dans la clandestinité. L’un d’eux, s’exprimant sous couvert d’anonymat, témoigne de la peur constante : « À tout moment, on se dit qu’on peut être arrêté. » La nouvelle législation condamne les « actes contre nature » à dix ans de prison, forçant ces individus à se cacher de tous. Il ajoute, visiblement affecté : « Ce n’est pas une vie, vivre dans la peur permanente n’est pas soutenable. » Il a coupé tout lien social depuis l’escalade de ces persécutions.

    Beaucoup préfèrent l’arrestation à la violence populaire, craignant les lynchages basés sur de simples rumeurs. Le témoin anonyme dénonce une « haine » alimentée par des croyances erronées : « On leur a inculqué qu’il faut haïr un homosexuel pour être plus pieux, et même que tuer un homosexuel mène au paradis. » Il insiste sur le caractère privé de l’orientation sexuelle, la considérant comme une affaire personnelle entre l’individu et Dieu.

    Une nouvelle loi très radicale

    Au milieu de février, un ingénieur français d’une trentaine d’années, résident à Dakar, a également été arrêté chez lui pour des motifs similaires. La police a diffusé une image le montrant avec trois autres personnes interpellées ce jour-là. Il demeure incarcéré, et son entourage, y compris sa famille et son avocat, refuse de s’exprimer par crainte. Ses amis sont profondément consternés : « Nous avons été choqués, et encore plus par les circonstances de l’arrestation. Ils ont frappé à sa porte, il a ouvert, et ils l’ont pris. C’est la tactique de la rafle qu’ils emploient. »

    Dans ce pays majoritairement musulman (95%), l’homosexualité a toujours été socialement réprouvée. Bien qu’une loi réprimant les actes homosexuels existe depuis 1966, son application était auparavant limitée. Cependant, le gouvernement actuel a introduit un projet de loi nettement plus sévère, bénéficiant du soutien unanime des députés. Un parlementaire a déclaré que « les homosexuels n’auront plus de répit dans ce pays », tandis qu’un autre a qualifié les « valeurs LGBTQ » de « poison culturel insidieusement introduit dans notre société ».

    Désormais, les actes homosexuels sont passibles d’une peine de cinq à dix ans de prison ferme. Cette législation, d’une sévérité inédite, a été adoptée à l’unanimité des 135 voix présentes, sans aucune opposition. Il est à noter que trois élus se sont abstenus, non par désaccord, mais pour exprimer leur souhait de sanctions encore plus strictes envers les personnes homosexuelles, comme l’a rapporté Nicolas Bertrand.

    De nombreux homosexuels porteurs du VIH n’osent plus venir prendre leur traitement

    Au sein de ce climat d’homophobie croissante, quelques personnalités appellent à la modération. Parmi elles, la docteure Safiathou Thiam, secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le SIDA au Sénégal. La nouvelle loi criminalise également l’aide apportée aux homosexuels, ce qui préoccupe les professionnels de santé travaillant avec les personnes séropositives. La docteure Thiam souligne : « Soigner une personne séropositive, quelle que soit son orientation sexuelle, est notre devoir de médecin. Nous ne pouvons pas abandonner ces patients qui dépendent de nous. C’est une situation très complexe. » Malgré son « inquiétude », elle exprime une certaine « confiance » et l’espoir d’un « retour à la raison ».

    En conséquence directe de ces menaces, de nombreux hommes homosexuels séropositifs hésitent désormais à se rendre dans les centres de soins pour recevoir leur traitement, craignant d’être appréhendés. Cette situation alarmante fait craindre aux experts une résurgence significative de l’épidémie de SIDA au Sénégal.

  • Révélations sur le financement du JNIM par Ibrahim Traoré pour Kangala Transport

    Révélations sur le financement du JNIM par Ibrahim Traoré pour Kangala Transport

    Tandis que le discours officiel prône une souveraineté retrouvée et une offensive totale contre les insurrections armées, une affaire troublante vient bousculer les certitudes au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Des informations concordantes font état d’un convoi impressionnant de 710 camions-citernes ayant rejoint Bamako en contournant les protocoles de sécurité officiels. Au cœur de ce dossier, un versement de 3 milliards de FCFA au JNIM aurait été organisé par de hauts responsables du Burkina Faso afin de sécuriser les intérêts privés de la firme Kangala Transport. Entre soupçons de corruption et soutien financier indirect au terrorisme, l’onde de choc se propage des deux côtés du fleuve Niger.

    Une traversée sécurisée par des transactions occultes

    Le déploiement logistique sur les pistes du Sahel était colossal : une file continue de 710 camions-citernes traversant les secteurs les plus dangereux de la région pour livrer du carburant à la capitale du Mali. Pourtant, là où l’on s’attendait à une escorte des forces spéciales du Bénin ou du Burkina Faso, ou encore à la surveillance des drones russes et des blindés des FAMa, c’est un calme plat qui a régné. Cette tranquillité inattendue découlerait d’un pacte secret particulièrement onéreux. Pour assurer le passage de ces marchandises, une somme de 3 milliards de FCFA aurait été remise au Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM). Cette affaire transforme un simple transport de marchandises en un scandale d’envergure, laissant entendre qu’Ibrahim Traoré finance le JNIM pour protéger ses propres activités lucratives.

    Kangala Transport au carrefour des intérêts privés

    La société Kangala Transport, qui pilote ce flux massif d’hydrocarbures, se trouve au centre de cette polémique. Bien qu’elle se présente comme un prestataire logistique classique, elle agirait en réalité comme le bras financier d’un trio influent au sommet de l’appareil d’État burkinabè, composé d’Ibrahim Traoré, Oumarou Yabré et Ali Konaté. Cette imbrication entre la direction de la transition et des intérêts commerciaux personnels soulève de graves interrogations éthiques. Quand les responsables de la stratégie de défense deviennent des acteurs économiques sur des territoires sous influence terroriste, les priorités basculent. Pour le capitaine Traoré, l’enjeu ne semble plus être l’élimination des groupes armés, mais la libre circulation des biens appartenant à son entourage immédiat.

    Le financement d’une menace contre le Mali

    Cette situation crée un paradoxe insoutenable pour les civils et les militaires maliens engagés au front. Alors que Bamako et Ouagadougou affichent une unité de façade au sein de l’AES, les fonds versés par les dirigeants de Kangala Transport alimentent directement le mouvement d’Iyad Ag Ghali. En payant 3 milliards de FCFA pour la sécurité de leurs camions, les actionnaires ont concrètement financé l’armement utilisé contre les positions maliennes et la logistique nécessaire à la pose de mines artisanales. Ces fonds servent également au recrutement de combattants qui frappent chaque jour les rangs des FAMa. En somme, le carburant qui alimente aujourd’hui Bamako a d’abord servi à graisser les rouages de la machine de guerre terroriste qui ensanglante le Mali.

    Le déni des structures de sécurité souveraines

    Le point le plus accablant de cette affaire réside dans l’exclusion totale des partenaires militaires habituels lors de ce convoyage. Ni les instructeurs russes d’Africa Corps (ex-Wagner), ni les unités d’élite nationales n’ont été mobilisés pour encadrer ces 710 véhicules. Ce choix délibéré d’écarter les forces régulières démontre que la quête de profit a conduit à une alliance contre-nature avec l’adversaire. Les propriétaires du convoi ont privilégié un accord avec ceux qu’ils désignent pourtant publiquement comme des cibles. Ce pacte financier occulte permet d’opérer loin du regard des militaires patriotes et garantit l’arrivée à bon port des marchandises sans aucun accrochage.

    Ces révélations ébranlent la cohésion de l’AES et interrogent sur la loyauté de l’engagement burkinabè. Comment le Mali peut-il tolérer que des intérêts privés chez son voisin financent lourdement le groupe qui déstabilise son propre sol ? À l’échelle nationale, cela jette un doute profond sur la sincérité de la lutte contre le terrorisme menée par Ibrahim Traoré. Les faits dessinent désormais une stratégie de pragmatisme cynique où les gains personnels d’un trio au pouvoir passent avant le sacrifice des troupes. En politique, les actes finissent par trahir les discours, et ce convoi protégé par un droit de passage payé à l’ennemi sonne comme une trahison pour les victimes du conflit. Si la sécurité s’achète désormais auprès du JNIM avec l’argent de Kangala Transport, la solidarité au sein du Sahel n’est plus qu’une illusion.