Catégorie : A la Une

  • Éducation au numérique au Tchad : 100 jeunes s’engagent contre la désinformation

    Éducation au numérique au Tchad : 100 jeunes s’engagent contre la désinformation

    Promouvoir une culture du web éthique à N’Djamena

    Face aux défis posés par l’accélération des échanges digitaux, le Tchad prend des mesures concrètes pour encadrer ses citoyens connectés. Un atelier stratégique vient de s’ouvrir à la Bibliothèque Nationale de N’Djamena, rassemblant une centaine de jeunes désireux de maîtriser les codes de la citoyenneté numérique et de s’opposer à la propagation des fausses informations.

    Cette session intensive s’inscrit dans le cadre de l’initiative intitulée « Plaidoyer pour un espace numérique inclusif et sûr pour la jeunesse tchadienne ». Coordonnée par l’organisation House of Africa en partenariat avec le European Partnership for Democracy, cette démarche citoyenne vise à faire des réseaux sociaux des leviers de développement plutôt que des sources de troubles ou de division.

    Tchad : 100 jeunes formés pour un numérique responsable

    Un rempart contre la désinformation et les discours de haine

    L’enjeu est de taille pour la stabilité nationale et la cohésion sociale. Dans un contexte où la viralité peut fragiliser la paix, il devient impératif pour la jeunesse de savoir identifier les manipulations. Comme l’ont rappelé les responsables du projet, un simple message peut avoir un impact majeur sur l’équilibre d’un pays. L’objectif est donc de doter les participants de capacités d’analyse critique pour privilégier systématiquement des sources d’information fiables.

    Former des ambassadeurs de la sécurité digitale

    L’apprentissage proposé ne se limite pas à l’usage basique des outils technologiques. Des experts accompagnent les bénéficiaires sur des thématiques complexes telles que :

    • La vérification des faits (fact-checking) face aux contenus viraux.
    • Les principes fondamentaux de la cybersécurité.
    • L’impact et le fonctionnement de l’intelligence artificielle.

    Au-delà de la simple consommation de données, ces jeunes sont appelés à devenir de véritables pionniers au sein de leurs communautés respectives. En s’appropriant ces connaissances, ils s’engagent à promouvoir un environnement digital sain. Pour Youssouf Allafouza Mahamat, Secrétaire Général de House of Africa, cette mobilisation prouve que la jeunesse tchadienne souhaite désormais maîtriser et sécuriser son avenir numérique.

  • Crise sécuritaire au Mali : le ministre Ismaël Wagué en mission de soutien à Bandiagara

    Crise sécuritaire au Mali : le ministre Ismaël Wagué en mission de soutien à Bandiagara

    Une délégation gouvernementale au cœur de la zone frappée par le terrorisme

    Une délégation officielle conduite par le ministre d’État en charge de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le Général Ismaël Wagué, s’est rendue à Bandiagara (région du centre) pour une mission de solidarité après les récents événements tragiques. Ce déplacement s’inscrit dans un contexte marqué par une attaque terroriste dévastatrice ayant frappé les localités de Kori-Kori et Gomossogou (cercle de Bankass), survenue le 6 mai 2026.

    Soutien matériel et moral aux populations affectées

    Lors d’une cérémonie officielle organisée au gouvernorat de la région, les autorités ont exprimé leur solidarité aux victimes. Une aide d’urgence a été remise, composée de 25 tonnes de mil, 25 tonnes de riz et une enveloppe financière de 20 millions de francs CFA. Ces mesures visent à atténuer les conséquences immédiates de l’attaque.

    Les groupes armés pointés du doigt

    Le ministre Ismaël Wagué a attribué cette attaque aux combattants du JNIM, sans que les autorités n’aient encore publié de bilan officiel. En revanche, les dozos de Dana Ambassagou ont évoqué un bilan provisoire de plus de 60 morts, accompagnés de blessés et de destructions matérielles significatives.

    Des tensions liées aux refus d’allégeance

    Selon Youssouf Toloba, chef de la milice Dana Ambassagou, ces villages ont été ciblés après avoir refusé de signer des « accords de paix » avec les groupes armés. Noël Tessougué, sous-chef des dozos, a quant à lui averti que la milice ne tolérerait plus les villages ayant collaboré avec le JNIM.

    Appel à l’unité face aux défis sécuritaires

    Dans son discours, le Général Ismaël Wagué a réaffirmé l’engagement des autorités maliennes à mettre fin aux violences contre les civils. Il a conclu son allocution par un plaidoyer en faveur de l’unité nationale, de la solidarité et de la cohésion pour surmonter la crise actuelle.

  • L’investiture de Romuald Wadagni à Cotonou : le choix de l’efficacité sur l’apparat

    L’investiture de Romuald Wadagni à Cotonou : le choix de l’efficacité sur l’apparat

    Le changement de lieu pour la cérémonie officielle est désormais confirmé. Initialement prévue au sein du stade Charles de Gaulle de Porto-Novo, l’investiture de Romuald Wadagni se déroulera finalement au Palais des Congrès de Cotonou. Cette décision, loin d’être un simple ajustement technique, illustre la cohérence politique et le pragmatisme qui animent le Bénin contemporain.

    La priorité au développement plutôt qu’à la mise en scène

    Le transfert de cet événement majeur vers la capitale économique afin de permettre le lancement immédiat des travaux de réhabilitation du stade de Porto-Novo envoie un message clair à la population. En refusant d’interrompre un projet d’infrastructure essentiel pour une célébration, le gouvernement réaffirme le caractère prioritaire du Programme d’Action du Gouvernement (PAG).

    Ce choix stratégique privilégie l’intérêt général sur le long terme. La modernisation des installations sportives représente un investissement durable pour la jeunesse béninoise. Préférer le démarrage effectif du chantier à l’éclat d’un rassemblement populaire témoigne d’une vision axée sur les résultats concrets plutôt que sur le prestige passager.

    Le Palais des Congrès : un cadre en adéquation avec l’excellence

    Tandis que le stade évoque la ferveur des foules, le Palais des Congrès de Cotonou incarne la solennité et la compétence technique. Pour Romuald Wadagni, figure centrale de la gestion économique rigoureuse du pays, ce nouvel écrin s’avère particulièrement approprié.

    L’atmosphère de ce lieu correspond parfaitement à l’image de celui qui a consolidé la crédibilité financière du Bénin à l’échelle internationale. Ce cadre professionnel offre des conditions optimales pour recevoir les partenaires étrangers et les investisseurs, renforçant ainsi l’image d’une nation structurée et attractive pour les affaires.

    Un pragmatisme au service de l’intérêt national

    Cette délocalisation permet également de prévenir toute polémique concernant la gestion des infrastructures publiques. En libérant le site de Porto-Novo pour sa rénovation, les autorités évitent d’entraver un projet de transformation déjà planifié.

    Cette décision transforme une contrainte logistique en un acte de communication fort : la marche vers le progrès ne saurait être ralentie, même par une cérémonie d’investiture. C’est la victoire de l’efficacité sur les logiques populistes traditionnelles.

    En somme, la tenue de l’investiture de Romuald Wadagni à Cotonou marque une montée en gamme institutionnelle. En veillant à ne pas retarder la modernisation du patrimoine national, les organisateurs prouvent que l’action s’aligne sur la vision du Président Patrice Talon : bâtir un Bénin où chaque instant est consacré à la transformation du pays. Si les festivités sont importantes, le développement national demeure la priorité absolue.

  • Menace de Boko Haram au Tchad : une escalade alarmante dans la région du lac Tchad

    Menace de Boko Haram au Tchad : une escalade alarmante dans la région du lac Tchad

    menace de Boko Haram au Tchad : une escalade alarmante dans la région du lac Tchad

    Les autorités tchadiennes confirment une intensification des attaques attribuées à Boko Haram. « Nous redoublerons d’efforts jusqu’à l’élimination définitive de cette menace », avait martelé le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno sur les réseaux sociaux, en réaction à l’assaut meurtrier qui a frappé la base militaire de Barka Tolorom, située sur les rives du lac Tchad. Cet événement tragique, survenu la veille, a coûté la vie à 24 soldats tchadiens.

    L’attaque, perpétrée par une faction dissidente de Boko Haram, illustre la capacité opérationnelle persistante du groupe terroriste dans la province du lac Tchad. Malgré les efforts militaires régionaux, les attaques se multiplient, semant l’inquiétude parmi les populations locales et les forces de sécurité.

    Les autorités locales appellent à une mobilisation renforcée pour contrer cette menace. Les représailles et les opérations de ratissage se poursuivent afin de localiser et neutraliser les éléments armés encore actifs dans la zone. La situation reste sous haute surveillance, avec des patrouilles accrues et des dispositifs de sécurité renforcés.

  • Boko haram défie le Tchad au lac Tchad : une menace grandissante

    Boko haram défie le Tchad au lac Tchad : une menace grandissante

    Le président du Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, a réagi avec fermeté face à la récente escalade de violence attribuée à Boko Haram. Dans un message publié sur Facebook, il a réaffirmé l’engagement des forces tchadiennes à poursuivre « une lutte sans relâche jusqu’à l’anéantissement total de cette organisation criminelle ». Cette déclaration fait suite à l’attaque dévastatrice menée contre la base militaire de Barka Tolorom, située sur la rive tchadienne du lac Tchad.

    L’assaut, perpétré la veille, a coûté la vie à 24 soldats tchadiens, illustrant la résilience et la dangerosité du groupe armé. Les autorités ont rapidement mobilisé des renforts pour sécuriser la zone et renforcer les dispositifs de défense le long des frontières exposées.

    Une stratégie militaire sous pression

    Face à cette menace persistante, les forces tchadiennes adaptent leur stratégie en combinant opérations terrestres et appuis aériens. Les rapports indiquent que Boko Haram, bien que fragmenté, conserve une capacité opérationnelle significative, notamment grâce à des infiltrations dans les villages riverains et des attaques surprises.

    Les experts soulignent l’importance de la coordination régionale pour endiguer la propagation de l’insécurité. Les échanges entre le Tchad, le Nigeria, le Cameroun et le Niger restent un pilier essentiel pour traquer les cellules dormantes et démanteler les réseaux logistiques du groupe.

    Un enjeu sécuritaire aux répercussions multiples

    L’instabilité dans la province du lac Tchad dépasse le cadre militaire. Elle fragilise les communautés locales, déjà vulnérables, et entrave le développement économique de la région. Les déplacements forcés de populations et la destruction des infrastructures aggravent une situation humanitaire déjà critique.

    Les autorités tchadiennes, conscientes de ces défis, insistent sur la nécessité d’une approche globale. Sécurité renforcée, soutien aux populations et coopération internationale forment le socle de leur réponse à cette crise persistante.

  • Boko Haram renforce sa menace dans la région du lac Tchad

    Boko Haram renforce sa menace dans la région du lac Tchad

    Le président du Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, a réaffirmé avec fermeté l’engagement des autorités face à l’intensification des actions de Boko Haram. Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, il a souligné : « Nous intensifions nos efforts pour éliminer définitivement cette menace », en réaction à l’attaque dévastatrice menée par un groupe affilié à l’organisation terroriste contre la base militaire de Barka Tolorom, située sur les rives tchadiennes du lac Tchad.

    L’assaut, survenu la veille, a causé la perte de 24 soldats tchadiens, marquant l’un des épisodes les plus meurtriers des derniers mois dans cette zone stratégique. La détermination affichée par le chef de l’État reflète l’urgence d’une situation qui s’aggrave malgré les précédentes opérations militaires menées dans la région.

    Une menace persistante malgré les efforts militaires

    Les autorités tchadiennes, en première ligne dans la lutte contre Boko Haram, multiplient les stratégies pour sécuriser la province du lac Tchad. Pourtant, les attaques récentes démontrent la capacité de résilience et d’adaptation des groupes armés, qui exploitent les zones frontalières et les réseaux de communication pour organiser leurs offensives. Les populations civiles et les forces de défense restent en alerte maximale, conscientes que le conflit n’est pas encore terminé.

    Conséquences et enjeux pour la sécurité régionale

    Cette escalade de violence pose un défi majeur pour la stabilité du Tchad et des pays voisins, comme le Niger, le Nigeria ou le Cameroun, tous affectés par la présence de Boko Haram. Les gouvernements concernés doivent non seulement renforcer leur coopération militaire, mais aussi répondre aux besoins des communautés locales, souvent prises en étau entre les groupes armés et les opérations sécuritaires.

    La situation exige une approche globale, combinant actions militaires et initiatives humanitaires pour protéger les civils et rétablir un climat de confiance dans cette région fragilisée.

  • Dans la province du lac Tchad, Boko Haram « plus fort que jamais »

    Dans la province du lac Tchad, Boko Haram « plus fort que jamais »

    Le président du Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, l’avait annoncé : « Nous poursuivrons la lutte avec une détermination renouvelée, jusqu’à l’éradication totale de cette menace », écrivait-il, le 5 mai, sur Facebook. Une réaction à l’attaque perpétrée la veille par une filiale du groupe islamiste armé Boko Haram sur la base militaire de Barka Tolorom, sur la rive tchadienne du lac Tchad, qui a fait 24 morts dans les rangs de l’armée.

    Cet article est réservé aux abonnés
    Vous souhaitez lire la suite ? Abonnez-vous sans engagement à notre offre numérique
    Déjà abonné ?
  • Sénégal : l’opposition alerte sur une crise institutionnelle au sommet de l’État

    Sénégal : l’opposition alerte sur une crise institutionnelle au sommet de l’État

    La dynamique au sein de l’exécutif sénégalais, impliquant le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, est désormais scrutée de près par l’opposition. Abdou Mbow, figure de l’Alliance pour la République (APR) et membre du groupe parlementaire Takku Wallu, estime que le pays est confronté à un véritable « bras de fer politique » qui pourrait mener à une « crise institutionnelle ». Cette analyse, rendue publique par ce cadre de l’ancien parti présidentiel de Macky Sall, vise à mettre en lumière les signaux contradictoires perçus au sommet du pouvoir sénégalais ces dernières semaines.

    Un exécutif sénégalais sous haute tension

    Élus ensemble en mars 2024 sur un programme de rupture, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko avaient initialement incarné une dyarchie revendiquée par le parti Pastef. La répartition des rôles, présentée comme fluide entre la présidence et la primature, a progressivement laissé apparaître des divergences notables. Celles-ci concernent notamment le rythme des réformes gouvernementales, la gestion des dossiers judiciaires hérités de l’administration précédente, et la stratégie de communication politique du gouvernement.

    Pour Abdou Mbow, ces indicateurs dépassent la simple cacophonie. Le parlementaire y décèle une confrontation latente entre deux pôles de pouvoir, chacun cherchant à imposer sa propre cadence. La question de la primauté politique du Premier ministre, leader incontesté du Pastef et chef de file victorieux des législatives de novembre 2024, face à un président qui est constitutionnellement le seul détenteur du pouvoir exécutif suprême, est au cœur de cette interprétation.

    L’opposition en embuscade politique

    L’APR, formation de l’ancien président Macky Sall, tente de tirer parti de ces frictions internes. Affaiblie par ses défaites aux élections présidentielles et législatives anticipées, elle s’efforce de se repositionner en tant que gardienne des institutions. Le groupe Takku Wallu, qui représente le principal bloc d’opposition à l’Assemblée nationale, multiplie les interventions pour transformer les tensions internes du pouvoir en un risque de blocage des institutions de l’État.

    Cette approche n’est pas anodine. En évoquant une « crise institutionnelle », Abdou Mbow déplace le débat du registre purement partisan vers celui de la stabilité étatique. Ce procédé permet de soulever des interrogations sur la clarté des décisions publiques, à un moment où plusieurs chantiers majeurs, tels que la renégociation annoncée des contrats miniers et pétroliers, l’assainissement des finances publiques et la mise en œuvre de l’Agenda Sénégal 2050, exigent une cohérence sans faille entre la présidence et la primature.

    Une dyarchie à l’épreuve des grands dossiers

    Le contexte économique actuel accroît la sensibilité de toute fissure au sommet de l’État. Les audits commandités par le nouveau pouvoir ont révélé un endettement public supérieur aux chiffres officiels précédents, poussant Dakar à des négociations complexes avec le Fonds monétaire international. La gestion de ce passif, conjuguée à la perspective d’une révision du cadre fiscal des hydrocarbures, nécessite une trajectoire claire et une communication unifiée.

    Cependant, plusieurs arbitrages récents ont mis en évidence des nuances entre l’entourage présidentiel et celui du Premier ministre. Le ton parfois incisif d’Ousmane Sonko envers certains acteurs économiques, médiatiques ou judiciaires contraste avec la posture plus institutionnelle adoptée par Bassirou Diomaye Faye. Les observateurs notent que cette répartition tacite des rôles, longtemps perçue comme complémentaire, devient désormais un enjeu politique exploité par l’opposition.

    Il n’en reste pas moins que ni la présidence, ni la primature n’ont, à ce stade, confirmé l’existence d’un désaccord ouvert. Le pouvoir sénégalais continue d’afficher une unité de façade lors des conseils des ministres et des événements publics majeurs. Les déclarations d’Abdou Mbow s’inscrivent donc dans une guerre narrative, où l’APR tente d’ancrer dans l’opinion l’idée d’un exécutif fragilisé, tandis que Pastef défend l’image d’une coordination harmonieuse entre deux personnalités complémentaires.

    L’enjeu, pour Dakar, dépasse la simple chronique politique. La capacité du couple exécutif à dissiper le doute conditionnera la confiance des partenaires économiques et des bailleurs internationaux, à un moment clé où le Sénégal négocie son nouveau cadre de financement et structure ses futures recettes d’hydrocarbures issues des champs GTA et Sangomar.

  • Sénégal : l’intégrité du gouvernement mise à l’épreuve par le retard des déclarations de patrimoine

    Sénégal : l’intégrité du gouvernement mise à l’épreuve par le retard des déclarations de patrimoine

    La transparence financière se transforme en un véritable défi pour l’exécutif au Sénégal. Selon des échos en provenance de Dakar, un certain nombre de membres du gouvernement seraient en retard concernant leur déclaration de patrimoine. Cette situation fragilise l’un des piliers du programme porté par le duo Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko depuis leur accession au pouvoir en avril 2024. Au-delà de la procédure administrative, c’est la cohérence de la parole publique qui est ici interrogée.

    Le cadre légal sénégalais, défini par la loi de 2014 créant l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), impose aux hauts responsables de l’État de soumettre un inventaire précis de leurs possessions lors de leur prise de fonction et à la fin de leur mandat. Cette obligation concerne le président de la République, le Premier ministre, l’ensemble des ministres, les chefs d’institutions ainsi que les gestionnaires de fonds publics dont le budget excède un milliard de francs CFA.

    Un cadre juridique aux exigences précises

    La législation ne laisse aucune place à l’interprétation concernant les délais. Les personnalités assujetties ont trois mois après leur nomination pour déposer leur dossier auprès de l’OFNAC. Une fois ce délai expiré, la situation des retardataires devient irrégulière sur le plan juridique. Plusieurs membres du cabinet formé à l’automne 2024 seraient actuellement en défaut de conformité, d’après les révélations de la presse locale.

    Ce manquement entraîne des conséquences concrètes. La loi stipule qu’en l’absence de déclaration, l’OFNAC doit envoyer une mise en demeure. Si l’intéressé ne réagit pas, l’institution a le pouvoir de saisir les tribunaux. Les sanctions encourues vont de la suspension des émoluments à des poursuites judiciaires. Bien que ce dispositif soit conçu pour être dissuasif, son application réelle a souvent fait l’objet de débats par le passé.

    Un enjeu politique majeur pour le nouveau pouvoir

    La situation est délicate pour les autorités actuelles, dont la campagne électorale reposait sur la reddition des comptes et la lutte contre l’enrichissement illicite. Alors que le gouvernement a lancé des enquêtes contre des anciens responsables du régime de Macky Sall en s’appuyant sur l’OFNAC et le pool judiciaire financier, tout manquement interne pourrait nuire à la crédibilité morale du pouvoir en place.

    L’OFNAC, aujourd’hui dirigé par une magistrate, possède les leviers nécessaires pour faire respecter la loi. La question reste de savoir si la volonté politique suivra, alors que les rapports passés de l’organe de contrôle ont souvent souligné un faible taux de respect de cette obligation. Les documents précédents indiquaient que des centaines de déclarations manquaient encore à l’appel, toutes mandatures confondues.

    La transparence, un défi à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest

    Le cas du Sénégal reflète une tendance régionale. Des nations comme la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Burkina Faso ont instauré des mécanismes similaires, encouragés par les directives de la CEDEAO et de l’Union africaine sur la lutte contre la corruption. Toutefois, l’efficacité de ces mesures varie d’un pays à l’autre, se heurtant parfois à des lourdeurs bureaucratiques ou au caractère confidentiel des données recueillies.

    À Dakar, des organisations de la société civile, à l’instar du Forum civil (branche locale de Transparency International), militent pour que ces déclarations soient rendues publiques, suivant l’exemple de certains pays européens. Pour l’heure, la loi sénégalaise impose la confidentialité absolue, et toute fuite d’information est passible de sanctions pénales.

    Le gouvernement se trouve désormais face à un choix décisif. Une régularisation immédiate permettrait d’éteindre la polémique. Dans le cas contraire, l’activation des procédures de l’OFNAC pourrait déclencher une crise politique coûteuse pour une administration qui a fait de l’exemplarité son cheval de bataille. Les ministres concernés risquent désormais de recevoir une mise en demeure officielle pour se conformer à la loi.

  • Modernisation des corridors de transit entre le Tchad, le Cameroun et la RCA

    Modernisation des corridors de transit entre le Tchad, le Cameroun et la RCA

    Le Tchad intensifie ses efforts pour moderniser les corridors de transit régionaux reliant N’Djamena aux ports de Douala et aux infrastructures de Bangui. Les autorités tchadiennes ont relancé un vaste programme logistique visant à faciliter les flux commerciaux entre le Cameroun, le Tchad et la République centrafricaine (RCA). Ces trois nations partagent une dépendance stratégique vis-à-vis du port autonome de Douala. Ce projet crucial impacte directement la compétitivité, la sécurité alimentaire et l’intégration au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

    Un levier de croissance pour les pays enclavés

    Pour le Tchad et la République centrafricaine, l’accès au littoral camerounais représente un axe vital. Historiquement, environ 90 % des importations du Tchad transitent par Douala, le principal port en eau profonde de cette zone d’Afrique. La route reliant Douala à N’Djamena, longue de 1 800 kilomètres, est le pilier du commerce extérieur tchadien. Tout ralentissement sur ce trajet, qu’il soit dû à l’état des routes ou à des contraintes administratives, provoque une inflation immédiate des prix des produits de consommation dans la capitale.

    Le corridor entre Douala et Bangui fait face à des difficultés similaires, accentuées par l’instabilité chronique dans certaines zones de la RCA. Les transporteurs font état de délais de livraison s’étendant sur plusieurs semaines, bien loin des standards théoriques. Bien que la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD) aient investi dans la réhabilitation de certains segments, des défis structurels persistent pour rendre cet axe pleinement performant.

    La stratégie diplomatique de N’Djamena

    En remettant ce dossier au premier plan, les dirigeants tchadiens manifestent une réelle ambition politique. Cette initiative s’inscrit dans la diplomatie économique de Mahamat Idriss Déby Itno, qui souhaite renforcer l’influence régionale du Tchad. N’Djamena cherche à obtenir de meilleures conditions de transit auprès de Yaoundé, notamment sur les tarifs portuaires et la fluidité des contrôles. Des échanges bilatéraux sont en cours pour simplifier les formalités douanières et généraliser le suivi électronique des marchandises.

    Cette dynamique inclut également la RCA. Bangui soutient cette coopération renforcée afin de mutualiser les investissements et de peser davantage face aux bailleurs de fonds internationaux. Toutefois, la mise en œuvre de ces ambitions reste conditionnée par les capacités budgétaires limitées des trois États concernés.

    Les défis majeurs pour une logistique performante

    La réussite de cette modernisation exige des réformes en profondeur pour éradiquer les tracasseries routières. Les contrôles intempestifs et les paiements informels sur les routes du Cameroun et du Tchad augmentent considérablement les coûts de transport. Par ailleurs, le projet de poste-frontière commun entre Kousséri et N’Djamena attend toujours d’être pleinement opérationnel pour réduire l’attente aux frontières.

    Le facteur sécuritaire demeure une préoccupation centrale. La zone du Lac Tchad subit les pressions de groupes armés comme Boko Haram, tandis que le nord de la Centrafrique reste instable. Enfin, l’émergence de nouvelles routes, comme celles menant au port nigérian de Port-Harcourt ou au port camerounais de Kribi, pourrait transformer la carte logistique régionale. Yaoundé mise d’ailleurs sur Kribi pour offrir une alternative moderne capable d’absorber une partie du trafic destiné au Tchad et à la RCA.

  • Le Paris Saint-Germain face à une vague d’absences pour le choc contre Lens

    Le Paris Saint-Germain face à une vague d’absences pour le choc contre Lens

    Une ribambelle d’absents au PSG pour le match du titre contre Lens

    Le Paris Saint-Germain, déjà virtuellement champion de France, se prépare à un déplacement délicat sur la pelouse du Racing Club de Lens. Pour cette rencontre de la 29e journée de Ligue 1, reportée, l’entraîneur Luis Enrique devra composer avec un effectif considérablement réduit. Malgré une confiance affichée après la victoire contre Brest, où il a souligné que le titre était acquis « à 99,9 % », le technicien espagnol verra pas moins de sept de ses éléments majeurs manquer à l’appel pour ce choc.

    Un véritable casse-tête pour Luis Enrique

    Le club parisien a officialisé une liste importante de joueurs forfaits pour cette confrontation décisive. Parmi les absents notables figurent Lee Kang-in, Willian Pacho, Nuno Mendes, Warren Zaïre-Emery, Achraf Hakimi, Lucas Chevalier et Quentin Ndjantou. Cette série d’indisponibilités pourrait insuffler un regain d’optimisme aux supporters lensois, bien que la perspective de relancer complètement la course au titre nécessiterait un exploit hors norme, comme une victoire par un score fleuve.

  • Crise des transports au Mali : Bamako sous pression après le blocus routier

    Crise des transports au Mali : Bamako sous pression après le blocus routier

    À Bamako le 26 avril 2026..

    L’insécurité grandissante au Mali a poussé plus d’une dizaine de compagnies de transport routier à interrompre leurs liaisons vers Bamako. Cette décision radicale survient alors que des groupes armés imposent un siège routier à la capitale, n’hésitant pas à s’attaquer aux véhicules et à les incendier.

    Le pays fait face à une instabilité croissante après les offensives coordonnées lancées fin avril par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), lié à Al-Qaïda, et les combattants du Front de libération de l’Azawad (FLA). Ces attaques ont visé des positions stratégiques tenues par les autorités actuelles.

    Depuis le 30 avril, un blocus asphyxie les principaux axes de communication menant à Bamako. Pour cet État enclavé, ces routes sont essentielles car elles permettent l’acheminement de la quasi-totalité des importations nécessaires à la survie de la population.

    « Nous avons suspendu nos trajets pour garantir la sécurité de nos passagers et limiter nos pertes matérielles », explique un responsable de société de transport. Ce dernier déplore la perte de six autocars lors d’incidents survenus récemment sur l’axe menant à Ségou. Si de nombreuses compagnies ont officiellement cessé leurs activités, d’autres le font discrètement pour éviter d’éventuelles sanctions administratives. Actuellement, seuls quelques minibus parviennent encore à rejoindre la ville en empruntant des voies secondaires.

    Pénuries d’énergie et difficultés d’approvisionnement à Bamako

    Les répercussions de ce blocus se font durement sentir dans les rues de la capitale. Voici les principaux problèmes rencontrés par les habitants :

    • Crise du carburant : De longues files de motos s’étirent devant les stations-service, le gasoil étant devenu extrêmement rare ces dernières semaines.
    • Électricité défaillante : La fourniture d’énergie a subi une dégradation majeure. Énergie du Mali (EDM) a évoqué des perturbations liées à des actes de sabotage sur le réseau électrique.
    • Accès à l’eau : La Société malienne de gestion de l’eau potable a prévenu que les délestages électriques affectent directement la distribution d’eau dans plusieurs quartiers.

    Bien que les autorités aient annoncé l’arrivée d’un convoi de plus de 700 citernes de carburant en provenance de la Côte d’Ivoire, la tension reste vive. La multiplication des attaques contre les convois de marchandises et les bus de passagers continue de paralyser l’économie locale et de fragiliser la sécurité des déplacements au Mali.