Catégorie : A la Une

  • Michael Olise vers un transfert record au Real Madrid ?

    Michael Olise vers un transfert record au Real Madrid ?

    Michael Olise vit actuellement une étape majeure de sa carrière avec l’équipe de France lors de cette Coupe du monde. L’ailier de 24 ans, pièce maîtresse du Bayern Munich où il est engagé jusqu’en juin 2029, suscite l’admiration tant en sélection qu’en club. Ses performances n’ont pas échappé à Florentino Pérez, le président du Real Madrid, qui semble prêt à orchestrer une transaction historique pour s’attacher ses services.

    Alors que la compétition mondiale est entrée dans sa phase active, les Bleus cherchent à confirmer leur excellent début de tournoi. Après une victoire convaincante face au Sénégal (3-1) au MetLife Stadium, les hommes de Didier Deschamps se préparent à affronter l’Irak au Lincoln Financial Field de Philadelphie. Pour cette rencontre, Michael Olise devrait de nouveau figurer dans le onze de départ, confirmant son statut grandissant au sein de l’attaque française.

    Une offre de 222 millions d’euros pour convaincre le Bayern Munich

    Auteur d’une passe décisive pour Kylian Mbappé lors du dernier match et d’un triplé remarqué en préparation contre l’Irlande du Nord, Michael Olise est désormais la cible prioritaire du Real Madrid. Bien que le club bavarois affiche une volonté ferme de conserver son talent, la direction madrilène prépare une offensive financière monumentale. Pour arracher le joueur à Munich, le club espagnol est conscient qu’il devra débourser au moins 222 millions d’euros, un montant qui rappelle le transfert record de Neymar vers Paris en 2017.

    Florentino Pérez veut faire d’Olise son nouveau galactique

    Dans les bureaux de la capitale espagnole, le profil de l’international français fait l’unanimité. Florentino Pérez voit en lui la future figure de proue de son effectif, le prochain « galactique » capable de marquer l’histoire du club. Si le processus de recrutement pourrait s’étendre dans le temps, à l’instar d’autres dossiers d’envergure comme celui de Kylian Mbappé, la détermination du président madrilène reste totale. L’objectif est clair : sécuriser la signature d’Olise avant la clôture du marché estival prévue le 1er septembre.

  • La nouvelle garde journalistique camerounaise face à l’adversité

    La nouvelle garde journalistique camerounaise face à l’adversité

    Au Cameroun, le paysage médiatique est marqué par des défis persistants. Malgré le souvenir douloureux de l’assassinat de l’animateur Martinez Zogo, une nouvelle génération de journalistes se lève, déterminée à préserver son indépendance et à résister aux pressions incessantes. Leur engagement est crucial pour l’avenir de l’information dans le pays.

    Au sein de la radio Jambo FM

    À Douala, la station Jambo FM incarne cette dynamique. Elle a audacieusement confié ses créneaux les plus écoutés à une équipe de jeunes journalistes. Ces derniers se trouvent en première ligne pour défendre l’intégrité de l’information et résister aux diverses formes d’intimidation qui menacent la liberté de la presse au Cameroun.

    Dans le quartier animé de Deido, au lieu-dit Entrée de la gare, les studios de Jambo FM résonnent d’une énergie particulière. Antoine Landry Lemogo, le directeur général, plus connu sous le pseudonyme de président Tchop Tchop, a fait le choix stratégique de miser sur la jeunesse pour insuffler un vent de changement dans le paysage médiatique camerounais.

    Il explique sa vision : « Pour progresser aujourd’hui, nous devons impérativement nous appuyer sur la jeunesse, qui déborde d’énergie et d’une certaine audace. Le pays est souvent dirigé par des personnes d’un âge avancé, dont la principale préoccupation semble être leur propre survie. Nous ne pouvons pas critiquer cette situation sans offrir une place aux jeunes au sein de nos propres structures, afin de bâtir l’avenir. »

    Une journaliste de la station affirme avec conviction : « Gérer des débats complexes en tant que femme ne pose absolument aucun problème. Tout repose sur la préparation, l’étendue des connaissances et la culture générale. Avec ce savoir-faire, on sait précisément ce qu’il faut permettre à un invité ou à un auditeur d’exprimer. »

    Reportage à Douala, à la station Jambo FM

    L’équilibre délicat entre éducation civique et risques du direct

    L’émission phare de la station, le « Big Morning », est un espace d’interactivité intense. Cependant, l’exercice du direct est un numéro d’équilibriste constant, naviguant entre la mission d’éducation citoyenne et les risques inhérents aux dérapages potentiels.

    Jordan Sorel Timba, un autre jeune journaliste de Jambo FM, privilégie une approche de critique constructive. Il explique sa philosophie : « Notre rôle n’est pas de démolir le gouvernement en place, mais plutôt de mettre en lumière les problèmes de notre société. Nous soutenons également les initiatives positives du gouvernement, comme l’action récente de l’hôpital Laquintinie qui a sauvé un jeune Camerounais. Si un auditeur dépasse les bornes et ne respecte pas les règles, nous n’hésitons pas à couper son micro. »

    La prudence est de mise, d’autant plus que les violences contre les journalistes, dont l’assassinat tragique de Martinez Zogo, restent une réalité palpable au Cameroun.

    Pour Tamo Tabe, l’animateur de l’émission interactive « Laissez parler les gens », diffusée en direct de 9h à 11h, la ligne téléphonique de Jambo FM est devenue un véritable exutoire pour une population camerounaise soumise à diverses pressions. « Puisque les Camerounais ne peuvent pas exprimer leur indignation ou manifester dans la rue, par crainte d’être assimilés à des terroristes, la radio offre cette opportunité. C’est devenu un espace où l’on vient déverser toute cette révolte profondément enfouie. »

    Sur cette ligne de crête étroite, entre la quête de vérité et la nécessité de ne pas nuire ni complaire, Jambo FM s’efforce, jour après jour, de faire vivre la démocratie camerounaise, des décennies après l’Appel de La Baule qui avait lié le développement à la démocratisation du continent africain.

  • Le Gabon, fer de lance de l’enseignement supérieur africain avec la présidence du CAMES

    Le Gabon, fer de lance de l’enseignement supérieur africain avec la présidence du CAMES

    Libreville, ce 22 juin 2026 – Le Gabon se positionne au cœur de l’avenir éducatif et économique de l’Afrique francophone. En accédant à la présidence du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES), la nation gabonaise ne se contente pas d’assumer un rôle honorifique. Elle hérite d’une position stratégique majeure, capable d’orienter la formation de millions d’étudiants, de dynamiser la recherche scientifique et de renforcer la compétitivité du continent face aux défis de l’innovation et du numérique.

    Cette prise de fonction à la tête d’une institution regroupant dix-neuf États d’Afrique francophone et de l’océan Indien intervient dans un contexte où l’éducation est devenue un pilier de la souveraineté nationale. Depuis Libreville, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a clairement exprimé son intention de transformer cette responsabilité en un puissant levier pour le développement économique africain, avec un objectif prioritaire : l’employabilité des jeunes diplômés.

    Le CAMES : un pilier discret mais fondamental

    Fondé en 1968, le CAMES représente l’un des socles les plus solides de l’intégration africaine. Son rôle est essentiel : il harmonise les systèmes universitaires, facilite la reconnaissance mutuelle des diplômes, organise les concours d’agrégation et participe activement à l’évaluation des enseignants-chercheurs. Son influence s’étend bien au-delà des campus, car en garantissant des standards de qualité et en validant les parcours universitaires, l’organisation façonne directement le capital humain de nombreux pays africains.

    Lors de la clôture de la 43e session du Conseil des ministres du CAMES à Libreville, le chef de l’État gabonais a accueilli une délégation menée par la ministre guinéenne de l’Enseignement supérieur, Docteur Diaka Sidibé, présidente sortante du Conseil. Ces discussions ont permis de dresser un bilan des progrès réalisés en matière de gouvernance institutionnelle, de structuration de la recherche et de reconnaissance académique. Cependant, elles ont également mis en lumière les fragilités financières persistantes de l’institution, notamment les défis liés au paiement des contributions par certains États membres, un enjeu crucial pour la pérennité de ses missions.

    L’employabilité : la nouvelle priorité gabonaise

    La présidence gabonaise ambitionne de dépasser les questions académiques traditionnelles pour replacer l’université au cœur des stratégies de développement national. L’Afrique connaît une croissance démographique étudiante sans précédent. Pourtant, dans de nombreuses nations, l’obtention d’un diplôme ne garantit plus un accès direct à l’emploi. Les filières se multiplient, mais les besoins réels des économies évoluent rapidement, sous l’impulsion de la transition numérique, de l’intelligence artificielle, des nouvelles technologies industrielles et de l’impératif de transformation locale.

    En faisant de l’employabilité le chantier principal de son mandat, le Gabon lance un débat devenu incontournable. Comment former des diplômés aptes à répondre aux exigences du marché africain ? Comment renforcer les liens entre les universités et les entreprises ? Comment mieux intégrer les compétences numériques, l’innovation technologique et les métiers d’avenir dans les cursus universitaires ? Cette orientation répond à une préoccupation majeure partagée par de nombreuses capitales africaines, où l’adéquation entre formation et emploi est désormais perçue comme un enjeu crucial de stabilité sociale.

    Vers une souveraineté scientifique africaine renforcée

    Les ambitions affichées par le Gabon vont au-delà de la seule insertion professionnelle. Le président Oligui Nguema a réaffirmé son soutien à une vision plus large, axée sur la souveraineté scientifique africaine. Les projets futurs du CAMES, tels que l’Académie virtuelle du CAMES, le renforcement de la recherche appliquée et l’accélération de la transition numérique, s’alignent parfaitement avec les priorités du Plan national de croissance et de développement du Gabon.

    Le potentiel économique du pays a d’ailleurs été salué par les dirigeants de l’organisation. Les capacités industrielles de la Zone économique spéciale de Nkok et la position géographique stratégique du Gabon représentent des atouts considérables pour une meilleure intégration dans les chaînes de valeur continentales. Dans cette optique, l’annonce par le chef de l’État de son engagement en faveur d’un futur Sommet des chefs d’État du CAMES envoie un signal fort, traduisant une volonté de placer l’enseignement supérieur et la recherche au centre des politiques publiques africaines.

    À l’heure où les grandes puissances investissent massivement dans la connaissance, la science et les technologies de pointe, l’Afrique ne peut plus considérer ses universités comme de simples lieux de transmission du savoir. Elles sont désormais des instruments de puissance, de compétitivité et de souveraineté. En prenant la direction du CAMES, le Gabon assume une responsabilité qui transcende ses frontières. Il lui incombe désormais de contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de diplômés, de chercheurs et d’innovateurs capables de transformer durablement le destin économique du continent. La véritable richesse de l’Afrique de demain résidera, en effet, dans l’intelligence et le talent de sa jeunesse.

  • Le Cameroun allège le transit commercial : fin du BESC sur les corridors stratégiques de Douala

    Le Cameroun allège le transit commercial : fin du BESC sur les corridors stratégiques de Douala

    Une nouvelle très attendue par les acteurs économiques de la sous-région vient d’être officialisée. Le Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC) a annoncé la suspension, jusqu’à nouvel ordre, de l’exigence du Bordereau Électronique de Suivi des Cargaisons (BESC) pour les flux empruntant les axes Douala-N’Djamena et Douala-Bangui. Cette mesure, signée le 15 juin 2026 par le directeur général Auguste Mbappe Penda, impacte l’intégralité de la chaîne logistique : chargeurs, commissionnaires en douane, transitaires et transporteurs opérant sur les marchandises à destination du Tchad et de la République Centrafricaine via le territoire camerounais.

    Introduit en 2006, le BESC avait pour objectif initial d’assurer la traçabilité des marchandises, de rationaliser les coûts de transport et d’enrichir les données statistiques sur les échanges commerciaux. Cependant, son application aux cargaisons en simple transit était devenue une source de litiges persistants avec les opérateurs tchadiens et centrafricains, qui dénonçaient un fardeau administratif et financier excessif sur la route menant au port de Douala.

    Une décision majeure issue du forum tripartite de N’Djamena

    La suspension de ce bordereau découle directement des conclusions du 5e forum tripartite Tchad-Cameroun-RCA, qui s’est tenu en mai 2026 à N’Djamena. Cette rencontre cruciale, dédiée à l’optimisation du transit sur l’axe trans-camerounais, avait mis en lumière les entraves techniques et administratives qui ralentissaient considérablement la circulation des marchandises entre Douala, N’Djamena et Bangui.

    Selon un représentant du CNCC, les dysfonctionnements provenaient en partie d’une interconnexion insuffisante entre les systèmes d’information des différents conseils des chargeurs de la zone CEMAC. Paradoxalement, un outil conçu pour simplifier le suivi avait fini par alourdir les opérations. La suspension répond ainsi à une double impératif, technique et politique, dans l’attente d’une harmonisation des plateformes informatiques régionales.

    Les autorités tchadiennes et centrafricaines, qui réclamaient depuis des années un allègement des formalités à Douala, accueillent cette décision comme un signal fort et positif. Il est important de noter que cette mesure ne modifie en rien les mécanismes de traçabilité gérés par l’administration douanière camerounaise, lesquels demeurent pleinement actifs pour les cargaisons en transit.

    Enjeu économique : sécuriser 410 milliards de FCFA de revenus annuels

    Pour Yaoundé, les enjeux de cette décision sont loin d’être négligeables. Les services douaniers camerounais estiment à plus de 410 milliards de FCFA les recettes annuelles générées par le transit des marchandises à destination du Tchad et de la République Centrafricaine. Cette manne financière est directement liée à l’activité du port de Douala, infrastructure maritime essentielle pour les pays de l’arrière-pays sahélien et centrafricain. Toute diminution de la compétitivité de ce corridor exposerait le Cameroun à un risque significatif de détournement progressif des flux commerciaux.

    Ce risque est bien réel. N’Djamena explore activement depuis plusieurs années des alternatives logistiques, notamment via le port nigérian de Lagos ou les corridors traversant le Soudan. De son côté, Bangui étudie régulièrement l’option du corridor congolais par Pointe-Noire. Dans ce contexte de forte concurrence, chaque procédure perçue comme superflue alimente le discours en faveur d’une diversification des accès maritimes. La suppression du BESC pour les flux en transit représente donc un geste stratégique, à la fois défensif et facilitateur.

    Une première étape qui appelle d’autres réformes

    Les transporteurs et chargeurs de la sous-région saluent cette initiative, tout en soulignant que le chemin vers une fluidité optimale est encore long. Les contrôles multiples le long de l’axe Douala-N’Djamena, les pratiques irrégulières souvent signalées aux postes de police et de douane, ainsi que les délais de traitement portuaire continuent de peser lourdement sur les coûts logistiques. Sans une résolution de ces irritants structurels, l’impact positif de la mesure restera malheureusement limité.

    Pour les autorités camerounaises, le défi réside désormais dans l’harmonisation entre la simplification documentaire et une rigueur administrative accrue. La modernisation des systèmes d’information, une meilleure coordination interservices et la réduction des contrôles redondants seront déterminantes pour que le corridor trans-camerounais conserve sa position de choix pour le fret tchadien et centrafricain. La suspension du BESC n’est qu’une première action dans un programme de réformes attendu de longue date par l’ensemble des opérateurs de la CEMAC.

  • Banque mondiale injecte 160 millions de dollars pour l’eau et le climat au Tchad

    Banque mondiale injecte 160 millions de dollars pour l’eau et le climat au Tchad

    Tchad

    La Banque mondiale injecte 160 millions de dollars pour sécuriser l’eau et renforcer la résilience climatique au Tchad

    Le Tchad bénéficie d’un financement exceptionnel de 160 millions de dollars de la Banque mondiale, visant à améliorer l’accès à l’eau potable et à renforcer la capacité des populations à faire face aux défis climatiques. Ce projet d’envergure touche plus d’un million de personnes, dont une majorité de femmes.

    La Banque mondiale injecte 160 millions de dollars pour sécuriser l'eau et renforcer la résilience climatique au Tchad

    Le Tchad reçoit un soutien majeur de la Banque mondiale pour renforcer l’accès à l’eau et préparer les populations aux défis climatiques. Un don de 160 millions de dollars, octroyé par l’IDA, permettra de sécuriser les ressources hydriques et d’améliorer la résilience des communautés vulnérables du pays.

    Ce projet, dénommé Projet d’appui à la sécurité de l’eau et à la résilience au Tchad (PASER), s’inscrit dans une démarche stratégique pour renforcer la stabilité des régions confrontées à des tensions accrues. Il vise à transformer les infrastructures et services locaux afin qu’ils résistent mieux aux chocs climatiques, tout en réduisant les disparités régionales et les conflits liés aux ressources naturelles.

    Le PASER ne se limite pas à des investissements matériels. Il inclut également des actions pour renforcer les capacités locales et promouvoir une gestion durable des ressources. Les populations exposées aux sécheresses, inondations et dégradations des terres bénéficieront d’un environnement plus adapté aux réalités climatiques actuelles.

    Dans un contexte où les tensions entre communautés s’amplifient à cause de la pression sur les ressources, ce projet prend une dimension humanitaire et préventive. Avec plus de 1,3 million de réfugiés soudanais accueillis dans l’est du Tchad, la gestion de l’eau devient un enjeu crucial pour la paix sociale.

    Farouk Mollah Banna, représentant de la Banque mondiale au Tchad, souligne : « Cette initiative ne se contente pas de restaurer l’accès à l’eau, elle redonne confiance aux populations pour construire un avenir plus stable. Elle s’attaque aux racines de la fragilité, comme les inégalités économiques et les conflits autour des ressources naturelles. »

    Une partie du financement, soit 80 millions de dollars, provient de la Fenêtre pour les communautés hôtes et les réfugiés (WHR), illustrant l’engagement du projet à soutenir à la fois les populations locales et les réfugiés.

    Ce projet s’aligne sur le Plan national de développement du Tchad (Chad Connexion 2030 – Programme 15), marquant une transition vers une approche intégrée qui combine aide humanitaire et développement durable. L’objectif est clair : passer d’une logique de survie à une dynamique de résilience et de croissance inclusive.

    Hawa Cissé Wagué, directrice de division par intérim de la Banque mondiale pour le Tchad, ajoute : « En collaborant étroitement avec les partenaires, nous faisons des investissements un levier de paix et de prévention dans l’un des contextes les plus fragiles au monde. Ce projet accompagne le Tchad dans sa quête de stabilité, d’inclusion et de résilience. »

    Au total, près d’un million de personnes profiteront directement de ces investissements, dont plus de la moitié provient des communautés hôtes et réfugiées. La parité est presque atteinte, avec 50,6 % de bénéficiaires étant des femmes. Les provinces accueillant des réfugiés, ainsi que N’Djamena et d’autres zones vulnérables, seront les premières à en bénéficier.

  • Niger : les conditions de Niamey pour la réouverture de la frontière avec le Bénin

    Niger : les conditions de Niamey pour la réouverture de la frontière avec le Bénin

    Le Niger a formellement établi les prérequis nécessaires à la levée des barrières frontalières avec le Bénin, un dossier en suspens depuis près de trois ans. Les autorités nigériennes exigent désormais des garanties de sécurité mutuelle avant tout rétablissement de la libre circulation.

    Lors d’une séance de travail stratégique organisée à Cotonou, le ministre nigérien de l’Intérieur, le général Mohamed Toumba, a exposé les attentes de son gouvernement devant un comité d’experts. Deux piliers essentiels ont été mis en avant : la conclusion d’un accord de défense formel et la ratification d’un pacte de sécurité. Ce dernier doit instaurer le principe fondamental de non-utilisation du territoire d’un État pour des activités hostiles visant le pays voisin.

    Niger : Niamey pose des conditions à la réouverture de la frontière avec le Bénin

    Transparence et lutte contre le terrorisme

    L’administration de Niamey réclame également une clarté totale concernant la présence de forces étrangères stationnées à proximité de la zone frontalière délimitée par le fleuve Niger. Cette exigence fait suite aux tensions nées en juillet 2023, lorsque le pouvoir nigérien avait exprimé des craintes quant à des tentatives de déstabilisation orchestrées depuis le territoire béninois.

    Le climat diplomatique semble toutefois s’orienter vers un apaisement. Le déplacement du président béninois Romuald Wadagni au Niger au début du mois de juin a marqué un tournant décisif dans le dégel des relations entre les deux capitales. Ce rapprochement intervient alors que la région fait face aux exactions persistantes de groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique.

    Pour optimiser la réponse militaire, le général Mohamed Toumba a préconisé la création d’une cellule bilatérale dédiée à la fusion des renseignements. Selon le haut responsable nigérien, cette coopération est impérative pour permettre aux armées du Bénin et du Niger de coordonner leurs efforts face à une menace terroriste qui ignore les limites géographiques traditionnelles.

  • La Côte d’Ivoire accélère sa stratégie d’économie bleue via des partenariats sud-sud

    Abidjan, la capitale économique ivoirienne, renforce activement sa politique de coopération sud-sud dans le domaine stratégique de l’économie bleue. Une mission de travail significative, menée par le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, s’est déroulée du 10 au 12 juin 2026, conduisant la délégation ivoirienne à l’Île Maurice et aux Seychelles.

    Cette initiative s’inscrit pleinement dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de l’économie bleue de la Côte d’Ivoire. Cette dernière est perçue comme un moteur essentiel pour une croissance économique pérenne, la création d’emplois locaux et une meilleure valorisation des ressources marines et halieutiques.

    À Maurice, première étape de cette tournée diplomatique, le ministre ivoirien a tenu des réunions fructueuses avec son homologue, Arvin Boolell Gosk, en charge de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et de la Pêche. Les échanges se sont concentrés sur l’intensification de la collaboration bilatérale, notamment dans les secteurs clés de la pêche, de l’aquaculture et d’une gestion plus durable des écosystèmes marins.

    Les autorités mauriciennes ont exprimé leur entière disposition à soutenir la Côte d’Ivoire dans le développement de son économie bleue. Ce soutien se matérialisera par le partage d’expériences éprouvées, l’organisation de programmes de formation spécialisée et la mise en place de projets collaboratifs. Les deux nations avancent désormais vers la finalisation d’un protocole d’accord, destiné à encadrer et structurer ce partenariat stratégique.

    Aux Seychelles, la délégation ivoirienne a poursuivi ses discussions, se focalisant sur les cadres de gouvernance de l’économie bleue avec les représentants locaux, dont le Premier ministre et ministre du secteur, Wallace Cosgrow, ainsi que divers experts techniques.

    Les discussions aux Seychelles ont mis en lumière des thématiques cruciales telles que la gestion durable des ressources halieutiques, la lutte acharnée contre la pêche illicite non déclarée et non réglementée (INN), la modernisation des filières de transformation et le développement de chaînes de valeur performantes. La mission a également inclus des visites d’installations portuaires essentielles à Victoria, Providence et Cascade, ainsi que l’exploration d’une écloserie et du prestigieux Blue Economy Research Institute (BERI) de l’Université des Seychelles.

    Au terme de cette tournée enrichissante, plusieurs domaines de coopération en économie bleue ont été clairement définis. Parmi eux, la gouvernance sectorielle, l’aquaculture innovante, la recherche scientifique avancée, l’innovation technologique et la lutte contre la pêche illicite se distinguent. La signature prochaine de protocoles d’accord est prévue pour concrétiser ces engagements partenariaux.

    Par cette démarche proactive, la Côte d’Ivoire réaffirme son engagement à s’inspirer des réussites africaines pour renforcer sa propre stratégie nationale d’économie bleue. Cette approche vise à promouvoir une coopération sud-sud dynamique, fondée sur le partage d’expertise et la promotion d’un développement durable et inclusif.

  • Évariste Ndayishimiye en visite d’État à Kinshasa pour renforcer l’axe Burundi-RDC

    Évariste Ndayishimiye en visite d’État à Kinshasa pour renforcer l’axe Burundi-RDC

    Ce lundi 22 juin 2026, la capitale de la République démocratique du Congo s’apprête à recevoir un hôte de marque. Évariste Ndayishimiye, chef de l’État du Burundi et président en exercice de l’Union africaine (UA), entame une visite d’État de 48 heures à Kinshasa. Ce déplacement officiel fait suite à l’invitation de son homologue congolais, Félix-Antoine Tshisekedi.

    Un agenda diplomatique centré sur la sécurité et la santé

    Le programme de ce séjour s’annonce particulièrement dense. Dès son atterrissage à l’aéroport international de N’djili, le président burundais sera accueilli par Félix-Antoine Tshisekedi. Les deux dirigeants se rendront ensuite à la Cité de l’Union africaine pour un entretien en tête-à-tête, avant de s’exprimer lors d’une conférence de presse conjointe.

    Cette rencontre diplomatique de haut niveau permettra d’aborder des dossiers prioritaires pour la sous-région. Les discussions se focaliseront sur la crise sécuritaire qui sévit dans l’est de la RDC, ainsi que sur les stratégies de lutte contre l’épidémie d’Ebola. Ce voyage symbolise la profondeur des liens fraternels et historiques qui unissent les peuples du Burundi et de la République démocratique du Congo.

    Une coopération militaire renforcée dans les Grands Lacs

    Au-delà du cadre diplomatique, cette visite s’inscrit dans une dynamique de coopération militaire active. Depuis la signature d’un accord de défense bilatéral en mars 2023, le Burundi s’est imposé comme un allié stratégique majeur pour Kinshasa. Face à l’agression subie dans l’est du pays par la coalition AFC/M23, les forces burundaises sont directement impliquées sur le terrain.

    Actuellement, des milliers de soldats du Burundi sont déployés dans la province du Sud-Kivu et d’autres zones de front. Ils opèrent aux côtés de l’armée congolaise pour sécuriser les frontières et combattre les groupes armés. Ce partenariat stratégique témoigne de la volonté commune des deux chefs d’État de stabiliser durablement la région des Grands Lacs et de protéger les populations civiles contre les menaces terroristes et rebelles.

  • Le gouvernement congolais défend sa riposte contre l’épidémie d’Ebola en RDC

    Le gouvernement congolais défend sa riposte contre l’épidémie d’Ebola en RDC

    Patrick Muyaya, Roger Kamba et Gaby Kasongo

    Depuis Bunia, au cœur de la province de l’Ituri, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a exhorté à une évaluation impartiale des initiatives gouvernementales congolaises face à l’épidémie du virus Ebola. Cette maladie continue de frapper les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, situées dans l’Est de la République démocratique du Congo.

    Lors d’une conférence de presse conjointe tenue le jeudi 18 juin 2026, aux côtés de Roger Samuel Kamba, ministre de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale, Patrick Muyaya a réfuté les allégations de certaines organisations non gouvernementales actives dans la gestion de la crise sanitaire. Il a souligné l’ouverture du gouvernement aux critiques constructives, tout en insistant sur la nécessité de reconnaître les progrès accomplis sur le terrain. Le porte-parole a admis la persistance de défis, mais a fermement rejeté toute rhétorique alarmiste.

    « Je m’abstiendrai de nommer les ONG concernées par ces critiques. Notre démarche est clairement transparente et ouverte. Les divers intervenants que vous avez entendus n’ont reçu aucune directive préalable. Nous ne prétendons en aucun cas que la situation est parfaite, mais nous affirmons déployer toutes les actions nécessaires », a affirmé le porte-parole du gouvernement.

    Le ministre a mis en avant la proactivité de l’État congolais, qui a engagé ses propres fonds avant même l’intervention des partenaires internationaux. Patrick Muyaya a également apporté des précisions concernant les aides financières étrangères, souvent évoquées par les acteurs externes.

    « Le gouvernement n’a pas attendu l’aide des partenaires. Nous avons déjà alloué 50 millions de dollars américains de nos propres fonds, car il est essentiel de montrer l’exemple. Les financements dont vous entendez parler, qu’ils proviennent du gouvernement américain ou d’autres entités, ne sont pas directement versés au gouvernement. Ils sont destinés aux organisations non gouvernementales », a-t-il détaillé durant son allocution.

    Le porte-parole a exhorté tous les intervenants impliqués dans la riposte Ebola RDC à adopter une approche de responsabilité collective, soulignant que certaines critiques ne rendent pas toujours compte fidèlement de la situation réelle sur le terrain.

    « Notre objectif commun est d’éradiquer cette épidémie. Cependant, il est inacceptable que certains cherchent à exploiter cette crise pour obtenir des fonds supplémentaires. D’autres canaux existent pour les plaidoyers financiers », a-t-il fait valoir.

    Il a instamment demandé aux organisations concernées de faire preuve de plus de modération dans leurs déclarations. « Sous-estimer les efforts de ceux qui sont sur le terrain revient à ignorer leurs sacrifices. J’invite ces ONG à plus de retenue, car un examen de leurs propres actions sur le terrain révélerait de nombreuses lacunes », a-t-il ajouté.

    Pour sa part, Roger Samuel Kamba, ministre de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale, a affirmé sa volonté de privilégier les résultats concrets aux débats controversés.

    « Ma priorité est de rester focalisé sur les faits », a-t-il déclaré, avant de lister les critères qu’il juge fondamentaux pour évaluer l’efficacité de la riposte Ebola en République démocratique du Congo. « Je préfère examiner le nombre de tests effectués mensuellement, le déploiement des centres de traitement, le nombre de relais communautaires mobilisés, le volume d’échantillons analysés quotidiennement, et le nombre de guérisons », a-t-il précisé.

    Selon le ministre, l’efficience de la réponse doit être évaluée à l’aune des actions tangibles réalisées sur le terrain. « C’est ce qui retient mon attention. Les spéculations et les manœuvres opportunistes ne m’intéressent pas », a-t-il poursuivi. Roger Samuel Kamba a conclu en affirmant que l’évaluation finale de la crise sanitaire ne pourra être pleinement réalisée qu’une fois l’épidémie maîtrisée : « Une fois cette épidémie terminée, chacun pourra confronter son travail accompli et en tirer ses propres conclusions. »

    L’épidémie d’Ebola en RDC : un défi de santé publique internationale

    Le 17 mai 2026, à peine deux jours après l’officialisation de l’épidémie en République démocratique du Congo, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a élevé l’épidémie d’Ebola, causée par le virus Bundibugyo et étendue de la RDC à l’Ouganda, au rang d’Urgence de Santé Publique de Portée Internationale (USPPI).

    L’OMS a alerté sur une propagation géographique significative de l’épidémie, dont l’ampleur réelle pourrait être sous-évaluée. Cette situation est exacerbée par la mobilité élevée des populations, la vulnérabilité des systèmes de santé, le manque d’infrastructures sanitaires adéquates et les entraves à l’accès dans les régions affectées par les conflits.

    Un défi majeur supplémentaire réside dans l’absence actuelle de vaccin agréé et de traitement spécifique pour le virus Bundibugyo. Malgré ce tableau préoccupant, les autorités congolaises maintiennent une perspective optimiste, s’appuyant sur l’expertise forgée au cours des seize précédentes épidémies d’Ebola que le pays a réussi à juguler.

  • RDC : les rapports de Human Rights Watch et Global Witness renforcent la stratégie de Kinshasa contre Kigali et le M23

    RDC : les rapports de Human Rights Watch et Global Witness renforcent la stratégie de Kinshasa contre Kigali et le M23

    Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) intensifie sa réponse judiciaire et économique. Cette démarche fait suite aux récentes publications de Human Rights Watch et Global Witness, qui mettent en lumière la situation sécuritaire et humanitaire, ainsi que l’exploitation des ressources naturelles dans les territoires de l’Est de la RDC sous l’emprise de la rébellion de l’AFC/M23.

    Patrick Muyaya, Roger Kamba et Gaby Kasongo

    Lors d’un point de presse conjoint avec Samuel Roger Kamba, ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a souligné que ces rapports ne surprenaient pas les autorités congolaises. Il a précisé que Kinshasa déploie une stratégie sur « un front judiciaire et un front économique », annonçant des actions judiciaires imminentes orchestrées par le ministère de la Justice.

    « Les récentes analyses de Human Rights Watch et de Global Witness ne nous étonnent guère. Nous disposons de nos propres informations, et c’est pourquoi notre stratégie de riposte face à cette agression s’articule sur plusieurs axes. Les volets judiciaire et économique sont primordiaux. D’ailleurs, de nouvelles procédures légales seront initiées par le ministère de la Justice dans les jours à venir. Concernant les minerais, il est essentiel d’examiner toute la chaîne de valeur, au-delà des seuls exploitants locaux », a expliqué Patrick Muyaya aux journalistes.

    En ce qui concerne l’extraction et le commerce des minerais dans l’Est de la RDC, Patrick Muyaya a insisté sur la nécessité d’une analyse globale du circuit, plutôt que de se concentrer uniquement sur les acteurs régionaux. Il a rappelé une rencontre tenue à Genève avec la Première ministre et plusieurs négociants impliqués dans ces filières commerciales.

    « Nous avons organisé une réunion significative à Genève il y a quelques mois, en présence de la Première ministre et de divers négociants opérant dans ces circuits commerciaux. Ces rapports viennent confirmer des données que nous détenions déjà et nous apportent des éléments complémentaires pour consolider nos dossiers, tant sur le plan judiciaire qu’économique. Notre objectif est de contrer l’économie de guerre alimentée par le Rwanda, qui tire profit de l’instabilité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo », a affirmé le porte-parole du gouvernement.

    Un autre point crucial abordé par Patrick Muyaya concerne les allégations de recrutement forcé d’enfants, particulièrement détaillées dans le rapport de Human Rights Watch. Le porte-parole a révélé que les autorités congolaises recevaient des signalements à ce sujet depuis plusieurs mois. Il a imputé ces méthodes coercitives à l’impopularité de la rébellion de l’AFC/M23 dans les zones qu’elle occupe, où elle chercherait à s’imposer par la contrainte.

    « L’aspect du recrutement forcé d’enfants, notamment mis en évidence par Human Rights Watch, nous confirme l’impopularité de l’agresseur et de ses supplétifs dans les régions qu’ils contrôlent. Ils gouvernent par la peur et la violence, recourant à des tactiques coercitives, y compris envers les enfants, à l’image des pratiques au Rwanda. Nous avons maintes fois reçu des alertes de parents. Parfois, des mises en scène sont orchestrées pour présenter de prétendus volontaires dans certains camps », a-t-il détaillé.

    Il a ajouté : « Les conclusions de Human Rights Watch corroborent nos dénonciations de longue date et renforceront les procédures judiciaires déjà en cours. Les faits documentés constituent des crimes graves, y compris des crimes de guerre, pour lesquels les instances judiciaires nationales et internationales sont déjà saisies ou le seront prochainement. »

    Patrick Muyaya a réitéré l’engagement du gouvernement à poursuivre ses actions contre Kigali et l’AFC/M23 sur tous les fronts pour que la République démocratique du Congo recouvre pleinement ses droits.

    « Nous connaissons la nature et les méthodes de l’agresseur. Nous le traquerons sans relâche. Les rapports de Human Rights Watch et Global Witness, bien que précieux, ne couvrent pas l’intégralité de la situation sur le terrain. C’est pourquoi nous nous appuyons également sur le travail de nos propres services, et ces publications viennent compléter nos investigations en cours, renforçant ainsi notre capacité de réponse », a affirmé Patrick Muyaya.

    Le porte-parole a également souligné que la réaction du gouvernement dépasse les simples déclarations. Il a fait référence aux sanctions récentes imposées par les autorités américaines à certains responsables de l’armée rwandaise, y voyant un signe de la lutte contre les réseaux illicites liés à l’exploitation minière.

    « L’action gouvernementale ne se limite pas à des communiqués, mais se manifeste par des initiatives concrètes. Si les autorités américaines ont récemment sanctionné des responsables de l’armée rwandaise, c’est notamment en raison de son implication présumée dans des circuits illicites d’exploitation et de commerce de minerais. Toutes ces questions font déjà l’objet de démarches judiciaires et d’actions qui se poursuivront dans les semaines à venir », a déclaré Patrick Muyaya.

    Ces conclusions des rapports viennent consolider des enquêtes antérieures sur les violations des droits humains et le pillage des ressources naturelles dans l’Est de la République démocratique du Congo. Elles surviennent dans un contexte d’offensive continue de l’AFC/M23, un mouvement que les autorités congolaises et plusieurs rapports internationaux accusent d’être soutenu par le Rwanda, et qui contrôle de vastes zones au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Les révélations de Global Witness relancent le débat sur l’efficacité des mécanismes internationaux visant à empêcher l’intégration de minerais stratégiques issus de zones de conflit dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

    Depuis plusieurs années, le gouvernement de la République démocratique du Congo maintient que l’instabilité persistante dans l’Est du pays est motivée par des intérêts économiques liés à l’exploitation illégale des ressources minières. Kinshasa qualifie régulièrement ce conflit de « guerre économique » axée sur le pillage des minerais congolais. Kigali, de son côté, rejette systématiquement ces accusations, niant toute implication dans l’exploitation illégale des ressources naturelles de la RDC ou dans la déstabilisation de sa région orientale.

  • Togo: les enquêtes sur les enfants tués sous Faure Gnassingbé toujours absentes

    Togo: les enquêtes sur les enfants tués sous Faure Gnassingbé toujours absentes

    Le 16 juin dernier, à l’occasion de la Journée de l’enfant africain, placée sous le thème de l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène, les discours officiels au Togo ont résonné comme à l’accoutumée. Pourtant, derrière les promesses solennelles, la réalité demeure implacable : pour préserver son emprise, le régime de Lomé a trop souvent recours aux armes, frappant des enfants innocents. Retour sur une série de tragédies où les enquêtes restées sans suite se succèdent.

    De Soweto à Lomé : un lourd silence

    Instituée en mémoire des élèves de Soweto morts en 1976 pour réclamer une éducation de qualité, la Journée de l’enfant africain devait être un symbole de progrès. Mais au Togo, la répression des plus jeunes semble être devenue un instrument politique. Protéger un enfant exige bien plus que des déclarations : garantir des conditions de naissance et de croissance dignes. Dans les hôpitaux togolais, des mères accouchent encore sur le sol, faute d’équipements. Les maternités saturées deviennent des parcs où la vie tient à un fil. Alors que les organisations régionales et internationales renouvellent leurs engagements, Lomé feint de suivre, mais toute contestation juvénile est accueillie par des tirs réels. Même ceux qui ne manifestent pas, simplement en quête de subsistance, tombent sous les balles.

    Jacques Koutoglo : une noyade officielle contestée

    Près d’un an après les faits, la famille de Jacques Koutoglo, 15 ans, attend toujours justice. Ce collégien a été battu à mort puis jeté dans la lagune de Bè, à Lomé, lors des manifestations de juin 2025. Ce jour-là, il cherchait de quoi manger, sans participer au défilé. Le ministre des Droits de l’homme de l’époque, Pacôme Adjourouvi, avait d’abord évoqué une « noyade naturelle » en période de trouble, avant d’annoncer une enquête. Depuis son départ du gouvernement, aucune conclusion n’a été rendue. Le refus d’autoriser une messe de recueillement accentue le deuil impossible de cette famille.

    Joseph Zoumekey et Rachad Maman : l’impunité comme réponse

    En 2017, Joseph Zoumekey, 13 ans, a été tué par une balle réelle alors qu’il achetait des condiments à Bè-Kpota. L’autopsie indépendante menée par des experts d’Amnesty International a confirmé le tir, contredisant la version officielle. Malgré les appels de l’organisation à poursuivre les coupables, le pouvoir de Faure Gnassingbé est resté muet. La même année à Bafilo, Rachad Maman, 14 ans, a été atteint en marchant aux côtés de son père lors d’une manifestation pour des réformes démocratiques. Une pétition internationale signée par des milliers de personnes demandait la lumière sur cette affaire ; elle est restée sans effet.

    Anselme Sinandaré et Douti Sinalengue : douleur du Nord au Sud

    À Dapaong, la mémoire d’Anselme Sinandaré (12 ans) et de Douti Sinalengue (21 ans) reste vivace. En 2012, lors d’une manifestation pacifique d’élèves réclamant leurs enseignants, ils ont été abattus. Plus d’une décennie plus tard, aucune identification des tireurs n’a été effectuée. De l’extrême nord au littoral, le constat est récurrent : la vie des enfants pèse peu face aux impératifs de maintien au pouvoir. Des dizaines de familles voient leur progéniture, relève de demain, sacrifiée en toute impunité, dans une dynamique qui traverse les générations depuis l’arrivée des Gnassingbé.

    Pourtant, le Togo a ratifié la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfance le 5 mai 1998. En laissant ces crimes sans suite et ces enquêtes sans réponse, Lomé envoie un signal clair : le respect des traités s’arrête là où commence la survie politique.

  • Raphaël Edzang, nouveau président du RPG, s’apprête à fixer le cap politique au Gabon

    Raphaël Edzang, nouveau président du RPG, s’apprête à fixer le cap politique au Gabon

    Élu à la présidence du parti le 21 février dernier, Raphaël Edzang s’apprête à prendre officiellement les rênes du Rassemblement pour le Gabon (RPG). La cérémonie d’investiture est prévue pour le samedi 27 juin prochain au siège du parti, situé dans le quartier du Petit Paris à Libreville.

    Cette investiture marquera une étape clé pour le RPG. Le nouveau président aura l’opportunité de dévoiler sa vision stratégique, d’établir les grandes orientations pour les années à venir et d’exprimer sa position sur les enjeux majeurs qui animent l’actualité nationale.

    « Le RPG, c’est le changement, et le changement, c’est maintenant » : tel est le nouveau slogan que la direction actuelle, succédant à l’équipe de Laurent Angué Mezui, a choisi d’adopter pour incarner cette ère nouvelle.

    Par cette devise, le leader nouvellement désigné entend insuffler un dynamisme renouvelé au sein de la formation politique. Son action se concentrera sur la promotion de la vérité, le soutien au développement et une connexion plus étroite avec les attentes des citoyens.

    Raphaël Edzang nourrit l’ambition de repositionner le RPG comme une force de proposition influente et un acteur essentiel de la scène politique gabonaise.

    Économiste de formation, Raphaël Edzang est un haut fonctionnaire né le 25 octobre 1970 à Ellelem 1, dans la province du Woleu Ntem. Il a notamment exercé à la Direction Générale des Marchés Publics (DGMP), où il a occupé le poste de Directeur de la passation des marchés publics.

    Son engagement au sein du RPG remonte à 2009, lorsqu’il fut nommé chargé de missions auprès du président du parti. Depuis lors, il est resté fidèle à cette formation politique, qui l’a investi candidat lors des élections législatives de 2011, 2018, 2023 et 2025.

    Le RPG a été fondé vers la fin des années 90 par Paul Mba Abessole, émergeant des divisions du Rassemblement national des bûcherons (RNB). Historiquement, il s’est affirmé comme une force d’opposition majeure avant de rejoindre la majorité présidentielle sous le mandat du président Omar Bongo Ondimba, qu’il avait pourtant farouchement combattu par le passé.