Tchad : réparation urgente du site de Hilton à N’Djamena pour éviter les inondations
La capitale du Tchad, N’Djamena, se mobilise pour anticiper les risques d’inondations. Le maire de la ville, Sanoussi Hassana Abdoulaye, a mené une inspection sur le terrain ce jeudi 28 mai 2026. L’objectif ? Évaluer l’état du site exécutoire de l’hôtel Hilton, un ouvrage clé pour la gestion des eaux pluviales et fluviales.
Selon les constatations du directeur de l’urbanisme, Gadengar Roasna Rodrigue, le site joue un rôle crucial dans la régulation des flux d’eau. Il permet d’évacuer les pluies vers le fleuve Logone tout en limitant les remontées d’eau lors des crues. Pourtant, une partie de l’infrastructure montre des signes de faiblesse : le clapet anti-inondations est endommagé.
Malgré ces désordres, des mesures préparatoires ont été engagées en prévision de la saison des pluies. Le maire a confirmé avoir donné des directives fermes à la direction des travaux publics. Objectif : finaliser la réparation du clapet dans les plus brefs délais afin d’éviter tout risque de submersion.
Pourquoi cette intervention est-elle prioritaire ?
N’Djamena, située à la confluence du fleuve Logone et du Chari, est particulièrement exposée aux crues. Un dysfonctionnement du site de Hilton pourrait aggraver les conséquences des intempéries. Les autorités locales misent donc sur une action rapide pour sécuriser les infrastructures et protéger les habitants.
Les équipes techniques travaillent en coordination avec les services municipaux pour accélérer les travaux. La priorité reste la stabilisation du clapet, élément central de ce dispositif de prévention.
finale de la ligue des champions : Paris renforce ses mesures pour éviter tout débordement
Le parquet de Paris active un dispositif exceptionnel avec sept magistrats mobilisés, dont deux spécialisés pour les mineurs, afin d’anticiper d’éventuels troubles lors des célébrations.
La capitale se prépare à un week-end sous haute tension judiciaire. Le parquet de Paris a confirmé la mise en place d’un dispositif renforcé, déclenchable en cas de rassemblements massifs, à l’approche de la finale de la Ligue des champions entre le PSG et Arsenal. Cette mobilisation exceptionnelle intervient après une analyse des risques de débordements violents, jugés probables par les services de sécurité.
Selon le communiqué du ministère public, jusqu’à sept magistrats seront en permanence, dont deux dédiés aux mineurs. Une adaptation des procédures a été réalisée en coordination avec les parquets limitrophes pour garantir des interventions rapides, même en dehors de Paris. « Les permanences des mineurs ont été ajustées afin d’assurer une réactivité optimale », précise le texte.
Face à l’éventualité de troubles, la procureure de Paris insiste sur l’importance des défèrements immédiats, dès samedi, avant même les rassemblements les plus importants. Les « informations judiciaires » pourront être ouvertes pour prolonger les enquêtes au-delà de la garde à vue, tandis que toute infraction grave signalée sera suivie d’une traque approfondie pour permettre des poursuites ultérieures.
Le lieutenant-colonel Pascal Tigri, figure centrale de la tentative de coup d’État avorté survenue au Bénin début décembre 2025, reste introuvable. Pourtant, sous les déclarations lisses du régime de Niamey, une réalité bien moins reluisante émerge. Les analyses pointues d’experts, couplées à des mouvements frontaliers pour le moins troublants, révèlent aujourd’hui une stratégie de dissimulation orchestrée depuis les plus hautes sphères du pouvoir nigérien.
Des frontières nigériennes transformées en passoire à l’insu de la junte
La version officielle du Niger, qui clame son innocence dans l’affaire Pascal Tigri, s’effondre sous le poids des preuves accablantes. Un économiste reconnu, ancien conseiller technique au Sahel, a brisé le silence en confirmant la présence du militaire béninois sur le territoire nigérien. Ses déclarations, relayées par les médias, pulvérisent la thèse d’un Niger étranger à cette affaire.
Les incohérences dans la gestion des frontières parlent d’elles-mêmes. Comment expliquer l’ouverture soudaine des postes frontaliers la veille même de l’opération au Bénin, suivie d’un verrouillage immédiat dès l’échec de celle-ci ? Cette manipulation des passages ne relève pas du hasard : elle trahit une complicité passive, voire une protection déguisée, accordée à Pascal Tigri.
Les dernières investigations confirment que le fugitif a d’abord trouvé refuge au Niger, où il a pu organiser sa fuite avant de disparaître vers d’autres destinations. L’expert précise : « Il n’est plus sur le sol nigérien aujourd’hui. Il a probablement gagné les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), mais son passage au Niger est désormais un fait établi. »
Si aucune preuve ne démontre un soutien militaire ou institutionnel direct, la tolérance locale envers sa présence révèle une hypocrisie criante. Les autorités de Niamey ferment les yeux sur des agissements qui sapent leur crédibilité internationale.
La diplomatie de façade du Niger mise à mal par les faits
Ces révélations surviennent alors que le Niger tente de redorer son blason sur la scène régionale. La présence remarquée du Premier ministre nigérien, Ali Lamine Zeine, lors de l’investiture du président béninois Romuald Wadagni en mai 2025, était censée symboliser un apaisement des tensions entre les deux pays. Pourtant, les gestes symboliques ne suffisent pas à effacer les actes.
Pendant ce temps, les autorités béninoises, déterminées à faire tomber Pascal Tigri, ont offert une prime de 20 millions de francs CFA pour sa capture. Le Niger, pris dans l’étau de ses contradictions, voit sa duperie exposée au grand jour. Entre soutien de fait à un fugitif et tentative de normalisation diplomatique, le régime de Niamey joue un jeu dangereux, risquant de compromettre toute tentative de réconciliation.
La Côte d’Ivoire franchit une étape historique vers une économie verte
La Côte d’Ivoire s’engage résolument dans la lutte contre le réchauffement climatique en déployant une stratégie nationale de taxation carbone, conçue pour transformer durablement son modèle économique. Piloté par le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, ce projet ambitieux ambitionne de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre (GES) tout en stimulant une croissance plus respectueuse de l’environnement.
Un contexte économique et climatique sous pression
Depuis la reprise post-Covid, la Côte d’Ivoire affiche une croissance économique soutenue, mais cette prospérité s’accompagne d’une hausse alarmante des émissions de carbone. Les données officielles révèlent une intensité carbone passée de 0,15 à 0,18 tonne par millier de dollars entre 1990 et 2024. Plusieurs facteurs expliquent cette tendance : la dépendance aux énergies fossiles, l’expansion des transports, l’industrialisation accélérée et des pratiques agricoles émettrices.
Les autorités ivoiriennes alertent sur les risques climatiques qui pèsent déjà sur des secteurs clés, notamment l’agriculture, essentiel à l’emploi et au PIB national. Sécheresses prolongées, inondations et autres aléas climatiques menacent la sécurité alimentaire et la stabilité socio-économique.
Une réponse alignée sur les engagements internationaux
Cette réforme s’inscrit dans la Contribution Déterminée au Niveau National (CDN 3.0), un plan ambitieux visant une réduction de 33,07 % des émissions de GES de manière autonome, et jusqu’à 74 % avec un appui extérieur d’ici 2035. Elle s’articule également avec les réformes négociées dans le cadre de la Facilité pour la Résilience et la Durabilité (FRD), démontrant la cohérence entre objectifs climatiques et cadre macroéconomique.
Un arsenal fiscal existant, mais insuffisant
Plusieurs dispositifs fiscaux environnementaux sont déjà en place en Côte d’Ivoire : taxes sur les produits pétroliers, prélèvements ciblés sur l’énergie, redevances forestières et minières. Pourtant, leur efficacité reste limitée, leur finalité principale étant la collecte de recettes plutôt que la réduction des émissions.
La nouvelle stratégie de fiscalité carbone entend renforcer l’incitation financière pour orienter entreprises et ménages vers des pratiques durables, en corrigeant les lacunes des mécanismes actuels.
Une taxe carbone progressive et équilibrée
Le projet cible principalement les carburants fossiles, à l’exception du gaz butane. Des études préliminaires indiquent qu’une taxe initiale de 8 dollars par tonne de CO₂ pourrait réduire les émissions de 0,2 million de tonnes, tandis qu’un taux de 50 dollars permettrait une baisse de 1,2 million de tonnes.
Les responsables reconnaissent que cette mesure pourrait, dans un premier temps, entraîner une hausse des prix des carburants et un léger ralentissement économique. Pour atténuer ces effets, un fonds de compensation sera mis en place afin de redistribuer les recettes collectées.
Recyclage des fonds : un levier pour la transition sociale et écologique
Les ressources générées par la fiscalité carbone seront prioritairement allouées à des projets structurants :
Financement de l’accès universel à l’électricité sur l’ensemble du territoire ;
Subventions pour les cuisinières à gaz ou solaires, afin de réduire la consommation de charbon de bois ;
Soutien financier aux ménages les plus vulnérables ;
Création d’emplois verts et reconversion professionnelle dans les secteurs impactés par la transition ;
Avantages fiscaux et infrastructures pour les véhicules à faible émission (bornes de recharge, exonérations).
Un déploiement progressif et maîtrisé
La mise en œuvre s’étalera sur près d’une décennie, en trois phases distinctes :
2026-2027 : Élaboration du cadre juridique, institutionnel et technique ;
2028-2029 : Entrée en vigueur de la taxe carbone avec un taux modéré ;
2030-2035 : Consolidation du mécanisme, évaluation et ajustements.
Cette approche progressive vise à concilier croissance économique, justice sociale et préservation environnementale, répondant ainsi aux défis climatiques tout en préservant la compétitivité du pays.
Sonko président de l’Assemblée nationale : un tournant pour le Sénégal
Le Sénégal vient d’entrer dans une nouvelle ère politique avec l’élection d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale, à peine quatre jours après son départ de la Primature. Dès son discours d’investiture, il a tracé une feuille de route ambitieuse : « L’Assemblée nationale ne sera pas un simple lieu de validation, mais un acteur clé du contrôle démocratique. » Son engagement en faveur d’un suivi rigoureux des actions gouvernementales et d’une stabilité institutionnelle renforcée a immédiatement capté l’attention des observateurs.
Quels sont les leviers concrets dont dispose désormais Ousmane Sonko pour peser sur la vie politique sénégalaise ? Comment cette cohabitation inédite entre l’exécutif et le législatif va-t-elle s’articuler ?
L’Assemblée nationale, une tribune stratégique pour Sonko
L’arrivée d’Ousmane Sonko à la tête de l’Assemblée nationale représente bien plus qu’un simple changement de poste. Ce rôle lui offre une influence directe sur les orientations politiques du pays, un pouvoir que peu de personnalités ont pu exercer simultanément depuis la Primature et la présidence du législatif.
En tant que président de l’Assemblée, Sonko dispose de plusieurs prérogratives clés :
Un pouvoir de contrôle accru sur l’exécutif, lui permettant d’interpeller les ministres, d’exiger des comptes et de demander des rapports sur les politiques publiques.
Une capacité législative renforcée : il peut proposer des textes, modifier des projets de loi et peser sur leur adoption.
Un rôle de modérateur dans les débats parlementaires, où son influence pourrait orienter les choix nationaux.
Son discours inaugural a d’ailleurs confirmé cette volonté de ne pas rester spectateur : « Chaque mesure gouvernementale fera l’objet d’un examen minutieux, sans concession. » Une déclaration qui résume son approche : rigueur et responsabilité.
Une cohabitation politique inédite au sommet de l’État
Le passage d’Ousmane Sonko de la Primature à la présidence de l’Assemblée nationale crée une situation politique sans précédent au Sénégal. Comment ce nouveau rôle va-t-il s’articuler avec le pouvoir exécutif ? Quels défis cette configuration inédite pourrait-elle poser pour l’équilibre institutionnel ?
Les enjeux sont multiples :
Un contrôle accru de l’exécutif, avec un risque de tensions si les deux pouvoirs s’affrontent sur des orientations stratégiques.
La recherche d’un équilibre entre fermeté et dialogue, essentiel pour éviter une paralysie des institutions.
Un test pour la stabilité politique : cette cohabitation pourrait redéfinir les rapports de force au sommet de l’État.
Sonko a toutefois affiché une volonté de concilier fermeté et pragmatisme dans son discours : « La stabilité ne signifie pas l’absence de critiques, mais la capacité à faire entendre une voix exigeante tout en préservant l’unité nationale. » Une posture qui pourrait façonner l’avenir politique du pays.
Une chose est certaine : cette nomination marque un tournant historique pour le Sénégal, où l’Assemblée nationale devient un véritable contre-pouvoir. Ousmane Sonko, désormais à la tête du législatif, s’apprête à écrire une nouvelle page de l’histoire politique sénégalaise.
L’avènement des plateformes numériques a profondément transformé les contours du débat public. Si ces espaces virtuels offrent une tribune inédite à la liberté d’expression, ils exposent également les sociétés à des dérives où l’injure et la polarisation menacent le lien social. Dans ce contexte, l’adoption d’une attitude mesurée et respectueuse s’impose comme une nécessité pour préserver l’intégrité des institutions républicaines.
L’influence de la parole publique sur la cohésion nationale
Le président Patrice Talon, par son engagement constant en faveur d’un dialogue républicain, rappelle que le respect des institutions passe avant tout par la qualité des échanges, y compris dans l’espace numérique. Cette approche ne vise nullement à museler les opinions divergentes, mais à rappeler que la critique, pour être légitime, doit s’exercer sans porter atteinte à la dignité des fonctions publiques. Ainsi, la liberté d’expression se renforce lorsqu’elle s’accompagne d’une responsabilité collective.
Les trois principes d’un débat en ligne constructif
Face aux défis posés par la viralité des réseaux sociaux, trois fondements doivent guider chaque internaute soucieux du bien commun :
Une critique argumentée : Privilégier les faits aux attaques personnelles, transformer les échanges en opportunités d’échange plutôt qu’en conflits stériles.
Un dialogue empreint de respect : Accepter la contradiction sans sombrer dans le dénigrement systématique des institutions, pilier de notre vivre-ensemble.
Un engagement pour les valeurs républicaines : Considérer que chaque mot publié en ligne contribue à façonner l’image de notre nation et à renforcer – ou fragiliser – son unité.
Un héritage pour l’avenir de la démocratie
Encourager une culture de la responsabilité en ligne ne relève pas d’une simple question de politesse, mais d’une stratégie essentielle pour l’avenir. En promouvant l’écoute, la tolérance et le sens civique dans les échanges numériques, nous consolidons les fondations d’une démocratie plus résiliente. Le patriotisme numérique, loin d’être une option, devient le gage d’une stabilité sociale et d’une coexistence harmonieuse entre les citoyens.
Interpellations et suspension de l’Ugeb au Burkina Faso : l’étau se resserre
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Alors que le Burkina Faso commémorait le 36e anniversaire de l’assassinat de l’étudiant Dabo Boukary, perpétré sous le régime de Blaise Compaoré, l’Union générale des étudiants burkinabè (Ugeb) a vivement critiqué l’incapacité du régime actuel à garantir la sécurité, malgré les engagements pris par le capitaine Ibrahim Traoré lors de sa prise de pouvoir par un coup d’État.
Quelques jours après cette prise de parole, des individus non identifiés, revêtus de vêtements civils et armés, ont procédé à des interpellations musclées et illégales de plusieurs étudiants, dont le président de l’Ugeb, comme le relate l’association dans un communiqué.
L’Ugeb suspendue pour trois mois et accusée d’apologie du terrorisme
Le gouvernement burkinabè a réagi en suspendant l’Ugeb pour une durée initiale de trois mois, renouvelable. Pendant cette période, l’association ne pourra mener aucune activité. Parallèlement, elle est accusée d’apologie du terrorisme, une accusation qui a conduit à l’ouverture d’une enquête judiciaire.
Le procureur du Faso, près le tribunal de grande instance Ouaga2, a indiqué que les faits reprochés pourraient constituer des infractions au code pénal burkinabè, notamment une entreprise visant à démoraliser les forces de défense et de sécurité. Il a rappelé que l’apologie publique d’actes de terrorisme est passible d’une peine d’emprisonnement allant d’un à dix ans.
Arrestation d’un imam au Burkina Faso : les fidèles dénoncent une loi controversée sur les cultes
L’interpellation de l’imam Mohamed Kindo, figure religieuse influente de Ouagadougou, a ravivé les tensions autour d’un projet de loi visant à réguler les pratiques religieuses dans le pays. Cet événement s’inscrit dans une série d’arrestations qui alimentent les débats sur la liberté de culte au Burkina Faso.
Un climat tendu autour d’un texte législatif
Depuis plusieurs semaines, le Burkina Faso est secoué par des polémiques liées à un projet de loi adopté en Conseil des ministres le 19 mars. Ce texte, qui vise à encadrer les activités religieuses, interdit notamment la pratique des cultes dans les services publics comme les administrations, hôpitaux ou casernes. Une mesure qui a immédiatement suscité l’inquiétude chez de nombreux musulmans sunnites, dont l’imam Kindo est l’un des représentants les plus en vue.
L’arrestation de ce dernier, survenue mardi en début d’après-midi, a été perçue comme une provocation par ses partisans. L’imam, connu pour ses prises de position critiques envers le gouvernement, avait publiquement dénoncé ce projet de loi avant son interpellation.
Des manifestations et des affrontements en réaction
La nouvelle de son arrestation a provoqué une vague de colère chez ses fidèles. Dès le lendemain, des centaines de personnes se sont rassemblées dans les rues de Ouagadougou pour exiger sa libération. Les tensions avec les forces de l’ordre se sont rapidement intensifiées, conduisant à des échauffourées et à l’utilisation de gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Ces événements rappellent ceux qui avaient suivi, quelques semaines plus tôt, l’interpellation d’un cyber-militant pro-gouvernement, Mahamadi Baguian, décédé en détention le 31 mars.
Cette succession d’arrestations dans un contexte déjà fragile alimente les craintes d’un durcissement des mesures sécuritaires et d’une restriction des libertés au Burkina Faso. L’imam Mahmoud Barro, arrêté à Bobo-Dioulasso à la mi-avril, avait également été visé par des accusations similaires, renforçant le sentiment d’une répression ciblée envers certains leaders religieux.
Un débat qui dépasse le cadre religieux
Au-delà des questions de liberté de culte, ce projet de loi soulève des interrogations plus larges sur l’équilibre entre sécurité et droits fondamentaux dans un pays en proie à des défis sécuritaires majeurs. Les autorités justifient cette mesure par la nécessité de lutter contre l’extrémisme religieux, tandis que ses détracteurs y voient une atteinte aux libertés individuelles et une instrumentalisation politique de la religion.
Dans un contexte où le Burkina Faso fait face à des menaces terroristes persistantes, ce texte cristallise les tensions entre la volonté de contrôle de l’État et les aspirations des citoyens à préserver leurs droits et leurs traditions.
arrestation de l’imam Kindo au Burkina Faso : un événement qui enflamme les débats
L’arrestation de Mohamad Ishaq Kindo, figure religieuse majeure du Burkina Faso, a provoqué une onde de choc dans le pays. L’imam sunnite, président des Oulémas sunnites du pays, a été interpellé mardi 26 mai à Ouagadougou par des forces de sécurité. Son interpellation, survenue deux jours après ses critiques virulentes contre un projet de loi sur les libertés religieuses, suscite de vives réactions.
Les circonstances de l’arrestation
Selon le témoignage d’un proche, l’opération s’est déroulée vers 14 heures, à quelques heures de la fête de l’Aïd. « Les éléments de sécurité, policiers et militaires encagoulés, ont procédé à son arrestation de manière musclée », confie-t-il. « Les fidèles présents ont tenté de s’interposer, ce qui a engendré des tensions et des blessés », ajoute-t-il.
La Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB), dont il est proche, a immédiatement réagi en dénonçant une arrestation « aux motifs non communiqués ». L’organisation a annoncé avoir engagé des démarches auprès des autorités pour obtenir des éclaircissements sur cette interpellation.
Dans une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux avant son arrestation, l’imam Kindo avait vivement critiqué le projet de loi adopté le 19 mars dernier. Il y mettait en garde les autorités contre toute restriction des pratiques religieuses, déclarant : « Que chacun se méfie et s’abstienne de vouloir interdire les prières dans les lieux publics. Que tu sois chef ou homme fort, tu n’as ni la force ni la puissance de Dieu ».
Réactions et tensions dans la communauté
L’arrestation de l’imam a suscité une vague de protestations à Ouagadougou. « Plusieurs centaines de personnes ont manifesté pour exiger sa libération », témoigne un habitant. La marche a été dispersée par les forces de l’ordre à l’aide de gaz lacrymogènes, selon un manifestant.
Face à cette mobilisation, la FAIB a appelé les fidèles au calme et à la modération, invitant chacun à garder son sang-froid dans cette période sensible.
Le lendemain de l’arrestation, coïncidant avec la fête de Tabaski, le calme semblait revenu dans la communauté. Le président du Burkina Faso, Ibrahim Traoré, a profité de l’occasion pour s’exprimer sur les réseaux sociaux. Il a salué le travail des forces de sécurité engagées contre le terrorisme, tout en mettant en garde contre toute tentative de déstabilisation du pays. « Quiconque se mettra en travers de la marche du pays devra en assumer les conséquences », a-t-il affirmé.
Pour l’heure, aucune communication officielle n’a été faite concernant le sort réservé à l’imam Kindo.
Le projet de loi sur les libertés religieuses au cœur du débat
L’arrestation de l’imam Kindo trouve son origine dans un texte adopté en mars 2026 par le conseil des ministres. Ce projet de loi vise à encadrer les pratiques religieuses pour limiter les dérives observées sur les réseaux sociaux, notamment les discours de haine et l’extrémisme violent.
Mariem Sanogo, directrice générale des Affaires religieuses, coutumières et traditionnelles, a expliqué que cette révision était nécessaire face à la montée des tensions et des discours radicaux. « Ce texte ne fait que réactualiser des dispositions existantes pour renforcer la cohésion nationale », a-t-elle souligné.
Parmi les mesures phares du projet de loi : l’interdiction d’ériger des édifices de culte dans les services publics, à l’exception des hôpitaux, prisons et casernes. « L’État ne peut pas répondre à la demande de tous les cultes en matière d’infrastructures, aussi l’interdiction vise à garantir une égalité de traitement », précise-t-on.
Il est important de noter que le texte n’interdit pas les prières dans l’espace public, à condition qu’elles respectent les croyances d’autrui.
Depuis le début de la transition militaire en 2022, plusieurs voix critiques ont disparu. Les autorités justifient cette politique répressive par la nécessité de lutter contre les groupes armés qui menacent la stabilité du pays.
Le Burkina Faso, sous la direction du capitaine Ibrahim Traoré, traverse une période de profonde transformation, où les questions de sécurité et de liberté religieuse occupent une place centrale.
Un scandale diplomatique secoue la junte nigérienne
Le général Mohamed Toumba, ministre de l’Intérieur du Niger et troisième personnage de la junte au pouvoir depuis juillet 2023, se retrouve au cœur d’une affaire judiciaire aux répercussions politiques majeures. Son épouse, ancienne employée de l’ambassade d’Espagne à Niamey, est directement impliquée dans un vaste réseau de trafic de visas Schengen, aujourd’hui démantelé par les services de renseignement nigériens.
Une filière illicite vers l’Europe
L’enquête révèle l’existence d’un système organisé visant à faciliter l’obtention frauduleuse de titres de séjour pour l’espace Schengen. Les investigations, menées par la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure (DGDSE), ont permis de reconstituer le fonctionnement de ce réseau clandestin.
Les modalités de cette opération illégale étaient les suivantes :
Tarifs exorbitants : Les demandeurs devaient s’acquitter de sommes comprises entre 2 et 5 millions de francs CFA (3 048 à 7 622 euros) par visa.
Procédure simplifiée : Aucune présence physique en ambassade n’était requise, les démarches s’effectuant intégralement à distance.
Cible privilégiée : Le réseau a principalement profité à des ressortissants maliens, bénéficiaires d’une exemption frauduleuse de vérification de leur titre de séjour nigérien — pourtant obligatoire. Dès leur arrivée à Madrid, des complices se chargeaient de leur prise en charge.
D’après les premières conclusions des enquêteurs, près de 1 500 Maliens auraient ainsi pu accéder illégalement au territoire européen grâce à cette filière.
Des ramifications financières et des arrestations ciblées
Les investigations ont également mis en lumière des circuits de blanchiment d’argent transitant par plusieurs pays de la sous-région, notamment le Sénégal. Les autorités ont procédé à des interpellations stratégiques :
Maty Cissokho Toumba, épouse du ministre de l’Intérieur, a été entendue par la DGDSE.
Samsoudine Idrissa, identifié comme le logisticien du réseau et proche du général Toumba, a été appréhendé alors qu’il quittait la résidence du ministre.
Une complice supplémentaire, recrutée par l’épouse du ministre peu avant son départ de l’ambassade d’Espagne il y a un an, fait également l’objet de poursuites.
Un remous politique au sein de la junte
L’ouverture de cette enquête par les services de renseignement extérieur, et non par les canaux judiciaires classiques, a exacerbé les tensions internes au sein de la junte militaire. Le président de la transition, le général Abdourahamane Tchiani, semble privilégier les membres de sa communauté d’origine, les Haoussa, au détriment des autres groupes ethniques présents au sommet de l’État. Cette affaire fragilise particulièrement les responsables issus de la communauté Zarma, parmi lesquels figurent le général Toumba et le général Salifou Modi, ministre de la Défense, pourtant estimé au sein des forces armées.
Cette crise interne révèle les profondes divisions qui minent le régime en place et soulève des interrogations sur la stabilité future de la transition.
Les habitants des villages de Sia, Konga et Kwarémenguel, situés dans la province du Sourou, ont été contraints de fuir en urgence après un ultimatum imposé par des groupes armés se réclamant du JNIM. Ce départ précipité, déclenché en à peine deux jours, illustre l’intensification des violences dans la Boucle du Mouhoun et l’effondrement de la sécurité au Burkina Faso.
Un ultimatum sanglant imposé par les groupes armés
L’histoire s’est répétée avec une brutalité inouïe : des hommes armés, identifiés comme des membres du JNIM, ont fait irruption dans les trois localités. Leur message était sans ambiguïté : quitter les lieux sous quarante-huit heures, sous peine de représailles mortelles. Face à cette menace concrète, les populations n’ont eu d’autre choix que d’abandonner leurs foyers, leurs terres cultivées et leur bétail.
Les routes de la province du Sourou se sont transformées en un exode chaotique. Des milliers de civils, paniqués, ont pris la fuite dans un timing record. Les baluchons légers, les charrettes surchargées et les visages fermés des familles en détresse ont marqué cette fuite désespérée vers des zones jugées moins dangereuses.
Une fête sacrée transformée en cauchemar
L’horreur de cette situation réside dans sa temporalité. Cet exode massif coïncide avec la préparation de la Tabaski, l’une des fêtes les plus importantes de la communauté musulmane. Traditionnellement marquée par la joie, les retrouvailles et le partage, cette célébration a été réduite à néant pour ces familles.
Plus qu’un simple déplacement, cette crise prive les habitants de leurs moyens de subsistance. Les éleveurs ont dû abandonner leur bétail, les agriculteurs leurs récoltes, et les commerçants leurs marchandises. La Tabaski 2026 sera pour eux une fête de deuil et de privations, loin de l’esprit de générosité et de solidarité qui la caractérise.
Un déplacement forcé vers des centres urbains saturés
Fuyant vers des villes comme Tougan ou Dédougou, ces déplacés internes espèrent trouver une protection minimale auprès des Forces de défense et de sécurité et des Volontaires pour la défense de la patrie. Pourtant, cette arrivée massive met à rude épreuve les ressources des communes d’accueil, déjà submergées par les vagues précédentes de réfugiés.
La solidarité locale, bien que toujours présente, commence à montrer des signes d’essoufflement. Les abris de fortune se multiplient, et les denrées de première nécessité deviennent de plus en plus rares. Pour ces populations déjà fragilisées, la survie devient un combat quotidien.
Le Sourou, cible d’une stratégie terroriste dévastatrice
La province du Sourou, nichée dans la Boucle du Mouhoun, est depuis des années le théâtre d’affrontements répétés entre les groupes armés et les forces de l’ordre. Cet ultimatum simultané contre trois villages stratégiques révèle une volonté délibérée d’asphyxier la région.
En vidant les campagnes, les groupes terroristes affaiblissent le contrôle territorial de l’État. Ces zones dépeuplées deviennent des sanctuaires où les insurgés peuvent opérer en toute impunité, planifiant des attaques contre les positions militaires et les civils. Pour le Burkina Faso, la perte de ces espaces agricoles aggrave une crise alimentaire déjà préoccupante, plongeant les populations dans une précarité sans précédent.
Un cri d’alarme pour une nation en crise
Ce drame n’est malheureusement pas isolé. Il s’inscrit dans une série de violences qui frappent quotidiennement le Burkina Faso, où des milliers de familles vivent dans la peur et l’incertitude. La réponse à cette crise doit être globale : une action militaire renforcée pour reprendre le contrôle des territoires perdus, couplée à une aide humanitaire urgente et structurée.
Alors que le pays se prépare à célébrer la Tabaski dans la douleur, une question persiste : jusqu’à quand les civils paieront-ils le prix de cette guerre ? Le Burkina Faso reste debout, mais ses frontières intérieures saignent, et ses habitants attendent désespérément une issue à cette spirale infernale.
tabaski à Bamako : les déplacés de faladiè face à la précarité des fêtes
À quelques jours de l’Aïd al-Kébir, les familles évacuées du marché de Faladiè à Bamako tentent de célébrer dans des conditions difficiles.
Dans l’enceinte dévastée du camp informel des déplacés de Faladiè, à Bamako, un modeste centre éducatif subsiste tant bien que mal. Ce « Centre amis des enfants », autrefois dédié à l’apprentissage, abrite aujourd’hui des familles entières fuyant les violences dans leur région d’origine. Ces personnes, privées de leur moyen de subsistance, attendent une solution durable pour leur relogement.
À la veille de l’Aïd al-Kébir, les conditions de vie restent extrêmement difficiles. Aminata, mère de quatre enfants, a quitté sa région natale de Bandiagara en 2019 pour échapper aux combats. Après l’évacuation forcée du camp en avril, elle et sa famille se retrouvent dans ce centre sans confort, où les besoins les plus basiques ne sont pas couverts.
Son témoignage reflète l’urgence de la situation :
« L’impossibilité de bénéficier d’un site adapté aggrave notre précarité. Outre les soins médicaux, nous manquons cruellement de vivres – riz, huile – et même de vêtements décents pour que nos enfants puissent célébrer dignement cette fête. »
Des jeunes privés de leurs moyens de subsistance
À moins de 500 mètres du centre, deux adolescents, Fousseyni et Oumar, observent avec amertume l’abattage d’un mouton. Âgés de 14 et 15 ans, ils comptaient autrefois sur ce travail saisonnier pour subvenir à leurs besoins, notamment pendant le mois de Tabaski. Aujourd’hui, sans moutons à vendre ni bœufs à conduire, ils peinent à gagner quelques francs CFA.
« L’an dernier, à la même période, nous vendions des moutons et transportions des bœufs pour les clients. Nos revenus étaient bien plus élevés. Aujourd’hui, nous restons les bras croisés, impuissants. Pourtant, nous revenons chaque jour, espérant malgré tout décrocher un peu de travail. »
Une surveillance humanitaire en suspens
Malgré l’intervention de structures locales et internationales telles que le Samu Social Mali ou l’Unicef, sous l’égide de la Direction nationale du développement social, les familles du camp de Faladiè restent dans l’attente d’une solution durable. Le centre éducatif et ludique, autrefois animé, peine à remplir son rôle initial.
Pour l’instant, aucun nouveau site n’a été attribué pour leur installation. Les déplacés, dont ils sont désormais 300 familles, doivent composer avec des conditions de vie précaires, alors que la fête de Tabaski approche.