Catégorie : Actualités

  • Côte d’Ivoire : inauguration d’infrastructures militaires et rapport de la HACA en revue de presse

    Abidjan, 22 mai 2026 — Les principaux titres de la presse ivoirienne mettent en lumière deux axes majeurs ce vendredi : l’inauguration d’ouvrages stratégiques dans le Nord du pays et la remise du rapport annuel 2024-2025 de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA). Ces sujets illustrent respectivement les efforts en matière de défense et de régulation médiatique.

    Des infrastructures militaires renforcées dans le Nord grâce à l’Union européenne

    Plusieurs quotidiens accordent une large place à l’inauguration de nouvelles infrastructures de défense et de sécurité dans le Nord de la Côte d’Ivoire. Le Jour Plus titre sur l’événement en précisant que le vice-président Téné Birahima Ouattara a procédé à l’inauguration d’ouvrages d’une valeur de plus de 8 milliards de FCFA à Korhogo et Ferké. Ces réalisations s’inscrivent dans un partenariat renforcé avec l’Union européenne, qui a annoncé des investissements supplémentaires pour sécuriser les frontières.

    Le Matin souligne l’impact de ces infrastructures, évoquant un soutien européen de 200 millions d’euros destiné à doter l’Armée ivoirienne d’équipements et de centres logistiques. Le vice-président a salué cet engagement en déclarant : « C’est la concrétisation de l’accompagnement de l’UE à nos côtés. »

    D’autres médias comme Fraternité Matin et Soir Info relèvent la mise en service d’un centre médical des Armées, d’ateliers de maintenance et de bases opérationnelles, renforçant ainsi les capacités militaires dans une zone stratégique. Le Patriote et L’Avenir confirment cette dynamique, précisant que ces infrastructures visent à améliorer le quotidien des militaires tout en prévenant les menaces dans le Nord.

    La HACA présente son rapport 2024-2025 : vers une régulation proactive

    Le rapport annuel de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) a également retenu l’attention de la presse. Fraternité Matin en fait la Une, citant Tiémoko Meyliet Koné, président de la HACA, qui insiste sur la nécessité d’une régulation fondée sur l’anticipation et la veille stratégique. Il déclare : « L’espace médiatique doit désormais reposer sur des mécanismes proactifs. »

    Le Matin et L’Expression reprennent cette thématique, mettant en avant l’engagement de l’État pour un secteur médiatique « crédible et résilient ». Le président Alassane Ouattara y voit un levier essentiel pour renforcer la confiance des citoyens dans les médias. Le Mandat souligne quant à lui les efforts salués par Tiémoko Meyliet Koné pour une gouvernance audiovisuelle transparente.

    Tabaski 2026 : les préparatifs et les enjeux économiques

    La presse consacre également des colonnes à la fête de la Tabaski, prévue le 27 mai 2026. Notre Voie et Le Rassemblement relèvent la fixation de la date par le Conseil supérieur islamique de Côte d’Ivoire (COSIM). Les prix des moutons, encadrés par l’État, font l’objet d’une attention particulière, avec des appels à privilégier l’élevage local pour soutenir l’économie nationale.

    L’Inter confirme la date du 27 mai pour la célébration, tandis que Le Jour Plus rappelle les défis structurels du secteur et l’appel du ministre Sidi Touré à la communauté musulmane pour dynamiser la filière bovine.

    L’hémicycle en action : adoption de projets de loi majeurs

    L’Assemblée nationale est également au cœur de l’actualité avec l’adoption à l’unanimité de trois projets de loi présentés par le ministre Adama Coulibaly. Soir Info et Le Patriote relèvent que ces textes portent sur la fiscalité, l’électricité et la filière agro-industrielle, marquant une avancée significative pour l’économie ivoirienne.

    Le Matin précise que ces projets s’inscrivent dans la mise en place du Millenium Challenge Account (MCA) régional, visant à renforcer la coopération économique en Afrique de l’Ouest.

    CESEC : l’Inspection générale d’État dresse un bilan positif de la gouvernance

    Enfin, L’Expression et Le Matin rapportent une intervention de l’Inspection générale d’État (IGE) devant le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC). Aka Aouélé, représentant l’IGE, a souligné les progrès réalisés sous le mandat du président Ouattara, notamment en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption. Ces avancées, selon lui, consolident la confiance des Ivoiriens envers leurs institutions.

  • La CEDEAO et ONU femmes lancent un programme pionnier pour l’égalité et l’économie verte en afrique de l’ouest

    Un projet régional ambitieux pour concilier genre et durabilité

    Abidjan a été le théâtre d’une avancée majeure en matière de politique régionale. Le Centre de la CEDEAO pour le développement du genre (CCDG), en partenariat avec ONU Femmes et plusieurs agences spécialisées de l’organisation ouest-africaine, a validé un programme novateur. Ce dernier vise à fusionner les enjeux de genre, changement climatique et économie verte à l’échelle continentale.

    Une feuille de route définie lors d’un atelier décisif

    Les 15 et 16 mai derniers, les représentants des institutions ont finalisé le document stratégique de ce programme lors d’une réunion tenue à la Représentation résidente de la CEDEAO en Côte d’Ivoire. L’objectif ? Établir une feuille de route claire pour sa mise en œuvre progressive, en alignement avec les priorités des États membres.

    Des ambitions alignées sur les défis climatiques

    Ce projet s’inscrit dans une démarche globale pour renforcer la résilience face aux défis climatiques tout en accélérant la transition écologique. Il s’appuie sur le Plan d’action de la CEDEAO sur le genre et le changement climatique, dont il vise à consolider le financement et l’impact. Une attention particulière sera portée aux mécanismes permettant aux femmes et aux jeunes filles de jouer un rôle central dans cette transition.

    Les voix clés du projet

    La directrice du CCDG, Sandra Oulaté Fattoh, a mis en lumière l’importance de cette initiative pour l’autonomisation des femmes et des jeunes filles. Selon elle, la transition écologique représente à la fois un défi et une opportunité sans précédent pour renforcer leur participation économique et sociale en Afrique de l’Ouest.

    De son côté, Adjaratou Fatou Ndiaye, représentante résidente d’ONU Femmes en Côte d’Ivoire, a salué le passage « du discours politique à l’action concrète ». Pour elle, ce programme marque une étape cruciale dans la lutte contre les inégalités et la dégradation environnementale dans la région.

    Le commissaire de la CEDEAO chargé des Affaires économiques et de l’Agriculture, Dr Kalilou Sylla, a insisté sur la nécessité d’une transition verte inclusive. Il a souligné l’urgence de créer des opportunités tangibles pour les femmes et les jeunes, afin de garantir que personne ne soit laissé pour compte dans ce processus de transformation.

    Prochaine étape : l’adoption du document final

    Le texte définitif du programme sera soumis à l’approbation des parties prenantes lors d’une session de travail prévue du 29 juin au 6 juillet 2026 à Lomé, au Togo. Une étape déterminante pour concrétiser cette vision et lancer les premières actions sur le terrain.

  • N’Djamena accueille le forum africain de l’eau en 2026

    N’Djamena accueille le forum africain de l’eau en 2026

    N’Djamena, capitale du Forum Africain de l’Eau 2026

    Les 15 et 16 juillet 2026, la ville de N’Djamena deviendra le cœur des débats stratégiques sur l’eau en Afrique. Le Tchad accueillera le Forum Africain de l’Eau sous le thème « De la vision à l’action », un événement majeur réunissant les décideurs, experts et partenaires internationaux pour examiner les enjeux hydriques du continent.

    Le ministre des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération Internationale a détaillé les ambitions de ce rassemblement : « Ce forum est bien plus qu’une rencontre, c’est un engagement concret pour transformer nos défis en opportunités ». Il a également souligné l’importance des ressources hydriques tchadiennes, parmi lesquelles figurent le lac Tchad, les fleuves Chari et Logone, ainsi que les lacs Fitri, Léré et Iro. Ces écosystèmes, partagés avec plusieurs pays voisins, constituent un atout stratégique pour la région.

    N’Djamena, ville hôte du Forum Africain de l’Eau 2026

    Un pays au cœur des ressources hydriques africaines

    Le Tchad, situé au cœur du Sahel, fait face à des défis majeurs liés à l’eau : pression climatique accrue, croissance démographique rapide et infrastructures parfois fragiles. Pourtant, son territoire abrite des ressources hydriques essentielles, comme le lac Tchad, un écosystème partagé avec le Cameroun, le Nigeria et le Niger. Le pays joue également un rôle clé dans la gestion des bassins transfrontaliers, notamment le grès de Nubie et les systèmes du Chari et du Logone.

    Le gouvernement tchadien a fait de la sécurité hydrique une priorité nationale. L’accès à l’eau potable, l’assainissement et l’irrigation sont au centre des préoccupations. Les projets en cours visent à renforcer la résilience des communautés, notamment les plus vulnérables, et à sécuriser les productions agricoles grâce à une gestion durable des ressources.

    Un partenariat renforcé avec la Banque mondiale

    Le représentant résident de la Banque mondiale au Tchad a réaffirmé l’engagement de l’institution aux côtés du gouvernement. Un nouveau projet, actuellement en préparation, s’inscrit dans une vision à long terme pour le secteur de l’eau. Cette collaboration s’appuie sur l’initiative « Water Forward », dont les principes — eau pour les populations, pour l’alimentation et pour la planète — guident le plan national de développement du Tchad.

    Des attentes fortes pour un impact concret

    Le Forum Africain de l’Eau 2026 vise à produire des résultats tangibles : des compacts nationaux pour l’eau, des mécanismes de suivi rigoureux et des engagements clairs de la part des pays participants. Le Tchad, en tant que pays hôte, se positionne comme un acteur engagé dans la transformation hydrique du continent, tout en réaffirmant son rôle de leader dans la gestion des ressources partagées.

    Ce rassemblement représente une opportunité unique de fédérer les efforts régionaux et internationaux pour répondre aux défis de l’eau en Afrique, tout en consolidant la position du Tchad comme un acteur incontournable de ce secteur.

  • Tchad : condamnation définitive de Succès Masra à 20 ans de prison ferme

    Tchad : condamnation définitive de Succès Masra à 20 ans de prison ferme

    Tchad : condamnation définitive de Succès Masra à 20 ans de prison ferme

    La Cour suprême de N’Djamena a clos définitivement le dossier judiciaire de l’ancien Premier ministre Succès Masra en rejetant son pourvoi en cassation.

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    La justice tchadienne a mis un point final à l’affaire Succès Masra en confirmant sa condamnation à 20 ans de prison ferme. La Cour suprême de N’Djamena a rejeté le pourvoi en cassation présenté par ses avocats, rendant ainsi le verdict irrévocable.

    L’ancien Premier ministre et leader du parti Les Transformateurs, Succès Masra, voit sa condamnation définitive pour son implication présumée dans les violences de Mandakao. Jeudi dernier, la plus haute juridiction du pays a statué sans appel sur ce dossier épineux, mettant fin aux espoirs de recours internes.

    En août de l’année précédente, la Cour criminelle de N’Djamena l’avait condamné pour « diffusion de messages incitant à la haine raciale et xénophobe », « association de malfaiteurs » et « complicité de meurtre ». Ces chefs d’accusation découlent notamment d’une publication controversée de 2023, jugée responsable d’avoir attisé les tensions intercommunautaires ayant dégénéré en affrontements sanglants à Mandakao en mai 2025.

    Lors de l’audience décisive, un important dispositif sécuritaire a été déployé autour du palais de justice. Malgré le caractère public de la procédure, les forces de l’ordre ont strictement régulé l’accès aux lieux, illustrant la sensibilité du dossier.

    Avec cette décision, Succès Masra épuise toutes les voies de recours nationales. Ses soutiens évoquent désormais la possibilité d’une intervention des instances judiciaires régionales ou internationales. « Nous espérons qu’une issue politique pourra être envisagée », a confié Claudia Hoinathy, cadre du parti Les Transformateurs, soulignant le caractère politique qu’ils prêtent à ce jugement.

  • Tchad : comment lutter contre l’indiscipline scolaire qui mine l’avenir des élèves

    Tchad : comment lutter contre l’indiscipline scolaire qui mine l’avenir des élèves

    Tchad : comment lutter contre l’indiscipline scolaire qui mine l’avenir des élèves

    Dans les établissements tchadiens, l’indiscipline scolaire perturbe gravement l’apprentissage. Une mobilisation conjointe des écoles et des familles s’impose pour redonner à l’éducation ses lettres de noblesse.

    Tchad : comment lutter contre l'indiscipline scolaire qui mine l'avenir des élèves

    Les salles de classe tchadiennes sont aujourd’hui le théâtre d’une crise éducative aux conséquences redoutables. L’indiscipline scolaire, autrefois exceptionnelle, s’est généralisée et menace directement la qualité de la formation des jeunes générations. Entre manque de respect envers les enseignants, violences verbales et matérielles, et utilisation anarchique des téléphones portables, le système éducatif tchadien vacille.

    À N’Djamena comme dans les villes de l’intérieur, les établissements scolaires peinent à maintenir un cadre d’apprentissage serein. Les enseignants, confrontés à des élèves de plus en plus hostiles à toute forme d’autorité, voient leur tâche pédagogique se complexifier chaque jour. « Maintenir l’ordre en classe relève parfois du parcours du combattant », confie un professeur de mathématiques d’un lycée de la capitale. Les règlements intérieurs, bien que stricts, semblent impuissants face à l’ampleur du phénomène.

    Pourtant, l’école n’est qu’un maillon d’une chaîne éducative où la famille joue un rôle primordial. C’est au sein du foyer que l’enfant devrait apprendre les valeurs essentielles : respect des aînés, persévérance, discipline et limites. Or, dans de nombreux cas, cette mission éducative est négligée. « Certains parents, accablés par la précarité économique, ne trouvent plus le temps de superviser l’éducation de leurs enfants », explique une mère de famille rencontrée dans le quartier Walia Barrière à N’Djamena. « Les écrans et les réseaux sociaux ont pris le dessus, transformant nos enfants en victimes passives de leur propre éducation. »

    Cette démission des familles a des répercussions directes sur le comportement des élèves. Privés de repères stables, ces derniers deviennent vulnérables aux influences extérieures, qu’elles viennent des mauvaises fréquentations ou des contenus en ligne. Résultat : un nombre croissant d’adolescents grandissent sans comprendre l’importance de l’effort ou de l’autorité, deux piliers fondamentaux d’une scolarité réussie.

    Face à cette situation, les enseignants se retrouvent en première ligne, mais leur action est limitée sans le soutien des parents. « Nous ne pouvons pas tout porter seuls », reconnaît une professeure de français. « Sans un encadrement familial solide, les efforts déployés en classe pour instaurer la discipline et transmettre des connaissances perdent une grande partie de leur efficacité. »

    Pour inverser cette tendance, une mobilisation collective s’impose. Plusieurs pistes méritent d’être explorées :

    • Organiser des rencontres régulières entre parents et enseignants pour un suivi personnalisé de chaque élève ;
    • Développer des espaces de dialogue avec les adolescents afin d’identifier et de résoudre leurs difficultés ;
    • Soutenir activement les associations de parents d’élèves pour renforcer leur rôle dans la communauté ;
    • Lancer des campagnes de sensibilisation sur l’importance de la discipline et du respect des règles scolaires.

    L’avenir du Tchad se construit dans les classes. Pour que ce pays puisse espérer un développement durable, il est impératif de restaurer l’autorité scolaire et de rétablir une collaboration étroite entre l’école et les familles. L’heure n’est plus aux constats, mais à l’action concertée. Chaque acteur — enseignants, parents, responsables éducatifs — doit prendre conscience de son rôle et agir avec détermination.

  • Tabaski à Bamako : le blocus jihadiste bouleverse les fêtes et les prix

    Tabaski à Bamako : le blocus jihadiste bouleverse les fêtes et les prix

    Tabaski à Bamako : le blocus jihadiste bouleverse les fêtes et les prix

    Alpha Amadou Kané, un Malien de 40 ans originaire de Mopti, ne célèbrera pas cette année l’Aïd al-Adha, communément appelée Tabaski, dans sa famille. Une première en trois décennies. La raison ? L’intensification des attaques jihadistes qui paralysent les axes routiers menant à Bamako depuis fin avril. Ces groupes armés, affiliés à la branche sahélienne d’Al-Qaïda, ont imposé un blocus partiel sur les principaux corridors, brûlant des dizaines de véhicules et dissuadant les compagnies de transport de relier la capitale.

    • Un parc à bétail improvisé dans les rues de Bamako, où les moutons s’entassent avant le sacrifice rituel
    • Transport de bétail vers Bamako, un défi devenu périlleux en raison des attaques
    • Les Malien·ne·s s’adaptent aux contraintes en transportant le bétail par tous les moyens

    Un blocus qui étouffe la capitale et ses habitants

    Le blocus imposé par les groupes jihadistes a des répercussions dramatiques sur la vie quotidienne à Bamako. Les gares routières, habituellement bondées avant les fêtes, sont aujourd’hui désertes. Les compagnies de transport, confrontées à des pénuries de carburant et à la destruction de plusieurs de leurs véhicules, ont drastiquement réduit leurs activités.

    Une agence locale avoue sous couvert d’anonymat : « Non seulement nous manquons de gazole pour maintenir nos rotations, mais nous avons aussi perdu plusieurs bus dans les attaques récentes. C’est une perte économique colossale. »

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en temps normal, une compagnie majeure pouvait transporter plus de 50 000 passagers entre Bamako et l’intérieur du pays pour la Tabaski. Cette année, aucun trajet n’est prévu.

    Wara Bagayoko, lui aussi, renonce à sa tradition. Depuis 30 ans, il rejoignait chaque année sa région d’origine, Ségou, pour célébrer la fête en famille. « La route est trop dangereuse. Ce sera la première fois que je ne fêterai pas là-bas. »

    Seuls quelques minibus parviennent encore à circuler, soit par des itinéraires détournés, soit sous escorte militaire sur certains tronçons.

    Le bétail, victime collatérale de l’insécurité

    La filière du bétail, essentielle pour le sacrifice rituel de la Tabaski, est en crise. Les éleveurs et commerçants des zones pastorales peinent à acheminer leurs troupeaux vers Bamako, principal marché du pays. Le coût du transport d’un mouton, qui s’élevait habituellement entre 2 500 et 2 750 francs CFA (4 euros), a explosé pour atteindre 15 000 à 18 000 francs CFA (22 à 27 euros).

    Alassane Maïga, transporteur, explique cette hausse par les détours imposés et la hausse des risques. Conséquence directe : le prix des moutons a flambé. « Avant, on en trouvait à 75 000 francs CFA (114 euros). Aujourd’hui, ils se vendent à 300 000 francs CFA (457 euros). »

    Hama Ba, vendeur à Bamako, confirme : « Beaucoup de camions de moutons ont été brûlés. En temps normal, j’avais plus de 1 000 têtes en stock. Aujourd’hui, il n’en reste aucune. »

    Les Malien·ne·s, dont le salaire minimum est de 40 000 francs CFA (60 euros), se retrouvent face à un dilemme : acheter un mouton à ce prix exorbitant ou renoncer à la tradition. Iyi, qui cherche désespérément un bélier abordable, résume la situation : « Avant, on avait un large choix. Aujourd’hui, le mouton est introuvable à Bamako. »

    Des coupures d’électricité aggravées par la crise

    À la menace jihadiste s’ajoutent des coupures d’électricité massives et des pénuries d’eau potable. La société Énergie du Mali, qui exploite des centrales thermiques au fioul et au diesel, peine à s’approvisionner normalement en carburant à cause du blocus. Les délestages électriques, déjà fréquents, se sont intensifiés.

    Les couturiers, qui préparent les tenues traditionnelles pour la fête, sont particulièrement touchés. Alou Diallo, l’un d’eux, confie : « On a tenté d’acheter un petit panneau solaire, mais ça ne remplace pas le courant. »

    Les ménages s’inquiètent aussi de la conservation des aliments. Une mère de famille du quartier de Sirakoro s’interroge : « Comment conserver la viande sans électricité ? Acheter un mouton à ce prix pour risquer de perdre la viande en 24 heures à cause des coupures, c’est une vraie hantise. »

    Face à cette situation, les autorités maliennes ont annoncé l’arrivée de centaines de camions-citernes de carburant à Bamako ces derniers jours.

    Malgré l’adversité, les Bamakois·es restent déterminé·e·s à célébrer la Tabaski, même à distance. Les sacrifices rituels auront lieu, mais l’esprit festif sera terni par l’absence des familles dispersées et les défis économiques et sécuritaires.

  • Condamnation de Succès Masra : la cour suprême tchadienne confirme la détention

    Condamnation de Succès Masra : la cour suprême tchadienne confirme la détention

    Condamnation de Succès Masra : la Cour suprême tchadienne confirme sa détention

    La Cour suprême du Tchad a rendu sa décision ce 21 mai : elle confirme la condamnation de l’ancien Premier ministre et figure de l’opposition, Succès Masra. L’opposant tchadien reste donc incarcéré, malgré le rejet de son appel. Une annonce qui intervient dans un contexte de tensions politiques exacerbées à N’Djamena.

    Condamnation de Succès Masra : la Cour suprême tchadienne confirme sa détention

    Un rejet de l’appel qui maintient Succès Masra en prison

    L’avocat de Succès Masra, Me Francis Kadjilembaye, a confirmé l’issue de l’audience : « Malgré les arguments juridiques présentés, la Cour suprême a décidé de rejeter l’appel ». Arrêté en mai 2025, l’opposant tchadien avait été condamné en août 2024 à 20 ans de prison ferme pour « diffusion de messages à caractère haineux et xénophobe » ainsi que pour « complicité de meurtre ». Une peine lourde qui suscite de vives réactions.

    Une procédure jugée politique par les défenseurs des droits humains

    L’organisation Human Rights Watch dénonce une procédure « à motivation politique » et souligne que la détention prolongée de Succès Masra reflète « l’intolérance du gouvernement face à la dissidence ». À N’Djamena, un important dispositif policier entourait la Cour suprême lors de l’audience. Plusieurs journalistes ont, selon des témoins, été empêchés d’assister aux débats.

    Un climat politique explosif au Tchad

    Cette décision intervient alors que le Tchad traverse une période de forte tension. Début mai, huit responsables de l’opposition ont été condamnés à huit ans de prison, notamment pour « insurrection ». Peu avant ces verdicts, les autorités ont dissous la principale coalition d’opposition. Les partis opposés au pouvoir dénoncent régulièrement des pressions et l’interdiction de manifester. Fin avril, un militant du parti Les Transformateurs, dirigé par Succès Masra, a été tué par les forces de l’ordre lors d’un rassemblement réclamant sa libération.

    Un parcours politique marqué par l’opposition puis une brève alliance

    Économiste formé en France et au Cameroun, Succès Masra s’était imposé comme l’un des principaux rivaux du président Mahamat Idriss Déby Itno avant d’être nommé Premier ministre en 2024. Lors de l’élection présidentielle de la même année, il s’était présenté contre le chef de l’État. Selon les chiffres officiels, Mahamat Déby avait obtenu 61,3 % des voix, contre 18,5 % pour Succès Masra, qui avait contesté ces résultats et revendié la victoire.

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    • Les Transformateurs
  • Le Premier ministre Ousmane Sonko révèle un état des lieux alarmant des infrastructures nigériennes

    Le Premier ministre Ousmane Sonko révèle un état des lieux alarmant des infrastructures nigériennes

    Un inventaire complet des infrastructures nigériennes en cours de réalisation ou abandonnées révèle des dysfonctionnements majeurs, selon les données présentées par le Premier ministre Ousmane Sonko.

    Le Premier ministre Ousmane Sonko lors du conseil interministériel sur les infrastructures

    Lors d’un conseil interministériel dédié aux infrastructures, Ousmane Sonko a présenté un bilan détaillé des 245 actifs et projets identifiés à travers les différents ministères. Ces infrastructures, réparties en quatre catégories patrimoniales, soulèvent des enjeux financiers et opérationnels majeurs pour l’État.

    Quatre catégories d’infrastructures à surveiller

    1. Les actifs dormants : infrastructures achevées mais non exploitées

    Parmi les 30 projets achevés mais non mis en service, 25 sont actuellement bloqués, représentant un investissement gelé de 279 milliards de francs CFA. Quinze de ces projets ont été classés comme prioritaires en raison de leur impact financier et des blocages persistants.

    2. Les infrastructures recyclables ou valorisables

    Vingt-trois actifs déjà en service pourraient être optimisés ou réaffectés. Répartis dans huit secteurs différents et gérés par 13 entités, ces infrastructures ont une valeur estimée à 1 065 milliards de francs CFA.

    3. Les projets en cours nécessitant un achèvement urgent

    Sur les 94 projets en cours, 62 sont bloqués. Leur coût total s’élève à 5 227 milliards de francs CFA, avec un besoin de financement complémentaire de 973 milliards pour les finaliser.

    4. Le patrimoine immobilier et foncier recyclable

    L’État nigérien recense 97 biens, dont 91 situés à Dakar. Leur valeur marchande globale est estimée à 132 milliards de francs CFA, tandis que leur rénovation nécessiterait un budget de 12,1 milliards.

    Les causes des blocages : un cocktail de dysfonctionnements

    Les retards et les arrêts de projets s’expliquent par plusieurs facteurs :

    • Blocages financiers (42 projets) : insuffisance de crédits, non-paiement des échéances ou défauts de paiement entraînant l’arrêt des travaux et l’absence d’équipements.
    • Blocages techniques (18 projets) : manque de coordination entre les acteurs, défauts de raccordement, équipements manquants ou sites non disponibles.
    • Blocages juridiques (14 projets) : conflits juridiques, marchés annulés, blocages administratifs ou absence de statut institutionnel formalisé.
    • Blocages opérationnels (13 projets) : infrastructures achevées sans modèle d’exploitation ou de gestion, parfois depuis plusieurs années.

    Parmi les causes récurrentes, Ousmane Sonko cite également l’inadéquation entre les infrastructures et les besoins réels, ainsi que l’absence de réception formelle delaying leur mise en service.

    Des mesures immédiates pour limiter les pertes

    Face à cette situation, le Premier ministre a annoncé deux décisions majeures :

    • La création d’un comité spécialisé à la Primature pour approfondir l’inventaire et proposer des solutions concrètes.
    • Une demande formelle de compléter l’inventaire, jugé incomplet, afin d’identifier l’ensemble des infrastructures concernées.

    Ousmane Sonko a également insisté sur la nécessité d’anticiper les problèmes techniques liés aux raccordements hydrauliques et électriques, et de repenser la planification des infrastructures pour inclure leur exploitation dès la conception. Il a dénoncé les pertes colossales engendrées par ces dysfonctionnements, attribuant les retards aux roublardises, négligences et laxismes de certains acteurs. Il est désormais impératif d’appliquer une tolérance zéro face à ces manquements, a-t-il conclu.

  • Tabaski à Niamey : les moutons, omniprésents, mais inabordables pour les foyers nigériens

    Tabaski à Niamey : les moutons, omniprésents, mais inabordables pour les foyers nigériens

    Quelques jours avant l’Aïd al-Adha, les artères de Niamey se transforment en autoroutes à bétail. Les camions s’immobilisent en file indienne aux portes des marchés, tandis que les étals regorgent de moutons. Pourtant, l’abondance affichée ne se traduit pas par une baisse des tarifs : l’inflation étouffe le budget des habitants.

    Niamey, fin mai 2026 – Le spectacle est saisissant : des troupeaux à perte de vue, des bêlements résonnant entre les ruelles, et cette odeur caractéristique qui imprègne l’air. Les routes asphaltées et les pistes de terre sont sillonnées par des convois de camions lourds, venus des quatre coins du Niger pour alimenter les étals de la capitale. Niamey vit au rythme de l’Aïd, mais cette année, la fête rime avec dépenses exorbitantes.

    Contrairement à 2025, marquée par une relative modération des prix, l’édition 2026 confirme la tendance à la hausse, plongeant les ménages dans l’embarras. Les familles, déjà fragilisées par la hausse généralisée des produits de base, doivent désormais faire face à ce nouveau choc tarifaire.

    DR

    Des écarts de prix vertigineux sur les marchés de Niamey

    Sur les places de vente, les étiquettes des moutons affichent des chiffres qui donnent le vertige. Les tarifs oscillent désormais entre 85 000 et 450 000 FCFA, selon la catégorie de l’animal. Voici ce que révèlent les dernières cotations :

    • Segment d’entrée (80 000 – 100 000 FCFA) : des agneaux ou jeunes moutons, idéaux pour les budgets serrés, mais dont la qualité laisse souvent à désirer.
    • Gamme intermédiaire (120 000 – 200 000 FCFA) : la catégorie la plus plébiscitée par les classes moyennes. Ces bêtes, bien charpentées, représentent déjà un effort financier conséquent pour de nombreuses familles.
    • Haut de gamme (250 000 – 450 000 FCFA) : des spécimens imposants, parfois issus de races rares, réservés à une clientèle aisée. Un luxe désormais inaccessible pour l’immense majorité des Nigériens.

    L’inflation frappe aussi les condiments essentiels

    Le piment sec, star des grillades de l’Aïd, subit lui aussi les affres de la hausse des prix. Malgré des stocks largement suffisants, son coût a explosé en une semaine. Un sac de 100 kg, qui coûtait 20 000 FCFA la semaine dernière, s’affiche désormais à 30 000 FCFA. À l’unité, la petite mesure de 800 grammes se monnaie à 1 000 FCFA.

    DR

    Le pouvoir d’achat des Nigériens mis à rude épreuve

    « On voit des moutons partout, mais personne ne peut se les offrir », confie un client désabusé devant un marché de la périphérie de Niamey. Ce constat reflète l’état d’esprit général dans la capitale. À l’approche de l’Aïd al-Adha, la pression sur les finances des familles nigériennes atteint des sommets.

    Malgré l’afflux massif de bétail et la diversité des offres, la spéculation et la frénésie des derniers jours risquent de marginaliser une partie de la population. Résultat : pour beaucoup de foyers, cette Tabaski 2026 s’annonce sous le signe des sacrifices et des compromis douloureux.

  • Visite historique d’Ousmane Sonko à Popenguine avant le pèlerinage marial

    Visite historique d’Ousmane Sonko à Popenguine avant le pèlerinage marial

    Une rencontre empreinte de solennité avant le pèlerinage marial de Popenguine

    Alors que le Sénégal s’apprête à vivre un moment fort de son calendrier religieux, le Premier ministre Ousmane Sonko a rencontré Monseigneur André Guéye à Popenguine. Cette visite, placée sous le signe du dialogue et de la convivialité, s’est tenue à quelques jours d’un événement attendu par des milliers de fidèles : le pèlerinage marial.

    Ousmane Sonko et Monseigneur André Guéye en discussion à Popenguine avant le pèlerinage marial

    L’entretien, qui s’est déroulé dans une atmosphère marquée par la simplicité et la bienveillance, a permis aux deux personnalités de partager leurs réflexions sur l’importance spirituelle et sociale du pèlerinage. Ce rassemblement, l’un des plus significatifs du pays, rassemble chaque année des fidèles venus de toutes les régions du Sénégal pour honorer la Vierge Marie.

    Des échanges au service de la paix et de la cohésion nationale

    À l’issue de leur discussion, Monseigneur André Guéye a exprimé des vœux forts pour le Sénégal. Ses prières, porteuses d’espoir, ont souligné l’importance de la paix, de la stabilité et du progrès pour le pays. Il a également mis en avant les valeurs de solidarité et d’unité, essentielles à l’approche de ce grand rassemblement religieux.

    Cette visite s’inscrit dans une tradition bien ancrée : celle des autorités politiques qui, à chaque édition du pèlerinage, rendent hommage aux communautés religieuses et aux figures spirituelles du pays. Une démarche qui renforce les liens entre les institutions et les acteurs spirituels, tout en soulignant l’importance de la foi dans la vie nationale.

    Un pèlerinage marial au cœur de la vie religieuse sénégalaise

    Le pèlerinage de Popenguine, événement phare du calendrier sénégalais, attire chaque année des milliers de pèlerins. Ce rassemblement, centré sur la dévotion à la Vierge Marie, est l’occasion pour les fidèles de se retrouver dans un esprit de partage et de recueillement. La présence d’Ousmane Sonko à ses côtés avant l’événement souligne l’intérêt des autorités pour ces grands moments de foi, tout en réaffirmant le rôle central de la religion dans la société sénégalaise.

  • Le Sénégal accélère la finalisation des infrastructures stratégiques sous l’impulsion du premier ministre

    Le Sénégal accélère la finalisation des infrastructures stratégiques sous l’impulsion du premier ministre

    Dakar, capitale dynamique du Sénégal, a été le théâtre d’une réunion interministérielle décisive. Le Premier ministre, Ousmane Sonko, y a tracé une feuille de route claire pour les membres du gouvernement : donner une impulsion forte à l’achèvement et à la mise en service des infrastructures en cours de réalisation dans chaque département ministériel.

    des mesures ciblées pour les infrastructures maritimes et portuaires

    Dans ce cadre, une attention particulière a été portée sur les infrastructures maritimes et portuaires. Ousmane Sonko a appelé le ministre des Pêches et de l’Économie maritime à agir promptement pour leur exploitation optimale, notamment via des partenariats public-privé. Plusieurs projets phares sont concernés :

    • le port de Foundiougne-Ndakhonga ;
    • le quai de pêche de Ndangane Sambou (centre du pays) ;
    • le point de débarquement aménagé de Soumbédioune ;
    • les sites de transformation de Rufisque (ouest).

    Les dragues de l’Agence nationale des affaires maritimes, basées dans les régions de Kaolack et Fatick, ont également été mentionnées, soulignant l’importance de leur rôle dans la modernisation des infrastructures hydrauliques.

    62 projets bloqués en ligne de mire pour une relance rapide

    Le gouvernement a identifié 62 projets d’infrastructures actuellement en souffrance. Parmi les plus emblématiques figurent :

    • l’université du Sine-Saloum El Hâdj Ibrahima Niass ;
    • les espaces numériques ouverts ;
    • les aéroports régionaux de Saint-Louis, Matam (nord) et Kolda (sud) ;
    • le terminal à conteneurs du port de Nadayane (ouest) ;
    • les chambres froides et le mémorial du bateau Le Joola ;
    • la reconstruction de l’hôpital Aristide-Le-Dantec de Dakar.

    un comité dédié pour un suivi rigoureux

    Pour garantir la reprise et la finalisation de ces projets, un comité spécial sera mis en place. Ce dernier aura pour mission de prendre les dispositions financières, administratives et juridiques nécessaires. Ousmane Sonko a insisté sur un point crucial : « Le respect de toutes les exigences de qualité et de coût requises sera une priorité absolue »*.

    des infrastructures techniques et sociales au cœur des priorités

    Le Premier ministre a également souligné l’importance de bien dimensionner les aspects techniques des projets, notamment les réseaux d’eau, d’électricité et de télécommunication. Il a demandé aux ministres de veiller à :

    • l’équipement adéquat de ces réseaux ;
    • la définition de modèles d’exploitation adaptés ;
    • une gestion durable et une maintenance efficace.

    Les maisons de la jeunesse et de la citoyenneté, en construction dans plusieurs villes comme Tivaouane, Mbour, Linguère, Ranérou, Bambey, Diourbel, Kaolack et Tambacounda, ont également été évoquées. Leur équipement et leur mise en service sont attendus pour novembre 2026.

    valoriser les infrastructures agroindustrielles et sportives

    Le gouvernement a également discuté des 11 fermes villageoises « Naatangué », réparties dans les régions de Fatick, Kaolack, Louga, Thiès et Tambacounda. Les agropoles de Mpal, Adéane, Dioulacolon et Mbellacadiao ont également été abordées lors de cette réunion.

    Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de définir des modèles d’exploitation durables avec des partenaires privés, en tenant compte des besoins locaux. Il a demandé aux ministères concernés d’explorer des options de valorisation pour chaque infrastructure, telles que :

    • la cession de droits d’usage ;
    • le bail emphytéotique ;
    • la location ;
    • la concession de longue durée ;
    • la réhabilitation ;
    • l’affectation administrative ;
    • ou tout autre mode de partenariat public-privé.

    Les stades nationaux et autres infrastructures sportives ne sont pas en reste. Le Premier ministre a recommandé leur mise en exploitation optimale, éventuellement via des partenariats public-privé.

    valoriser le patrimoine public et immobilier

    Le patrimoine immobilier et foncier des missions diplomatiques et consulaires sénégalaises à l’étranger a également été passé au crible. Ousmane Sonko a demandé au ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur de proposer un mécanisme de valorisation ou de recyclage, respectueux des législations locales et de l’intérêt national. Une réunion interministérielle sera organisée pour définir une doctrine appropriée.

    Le gouvernement a également abordé la question du patrimoine immobilier et foncier de La Poste, des secteurs ferroviaire et aéroportuaire, des autoroutes, des universités publiques et des hôpitaux. Il a recommandé aux structures concernées de prendre les mesures nécessaires pour leur recyclage ou leur valorisation.

    Enfin, pour le patrimoine immobilier des armées, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de trouver le mode de gestion le plus adapté, y compris en impliquant le secteur privé pour une exploitation optimale.

  • Ousmane Sonko mobilise une task force pour relancer 245 infrastructures au Sénégal

    Ousmane Sonko mobilise une task force pour relancer 245 infrastructures au Sénégal

    Un diagnostic alarmant des infrastructures publiques

    Le Premier ministre Ousmane Sonko a convoqué ce jeudi un Conseil interministériel dédié aux infrastructures, au Building administratif Président Mamadou Dia. Les résultats de l’audit mené par l’État révèlent une situation critique : 245 projets et actifs publics, représentant des investissements colossaux, sont paralysés par des blocages financiers, juridiques ou techniques.

    Des milliards de FCFA bloqués dans des infrastructures inutilisées

    Parmi les constats les plus préoccupants, 30 infrastructures achevées ne sont pas exploitées, dont 25 sont actuellement à l’arrêt. Ces projets, estimés à 279 milliards de FCFA, sont gelés malgré leur achèvement. Quinze d’entre eux ont été classés en haute priorité en raison de leur importance stratégique pour l’économie sénégalaise.

    L’État a également recensé 23 actifs déjà en service, mais sous-exploités ou sous-valorisés, pour une valeur de 1 065 milliards de FCFA. Parallèlement, 94 projets en cours de réalisation, dont 62 sont à l’arrêt, mobilisent un investissement global de 5 227 milliards de FCFA. Leur finalisation nécessiterait un apport financier supplémentaire de 973 milliards de FCFA.

    Un patrimoine immobilier et foncier à optimiser

    Le gouvernement a également passé au crible le patrimoine immobilier et foncier de l’État. À Dakar, 97 biens ont été identifiés, avec une valeur marchande estimée à 132 milliards de FCFA. Ces actifs représentent une opportunité majeure pour renforcer les recettes publiques et dynamiser l’économie locale.

    Une task force pour accélérer les solutions

    Face à cette situation, Ousmane Sonko a ordonné la création immédiate d’une task force, placée sous l’égide du Secrétaire général du Gouvernement. Cette structure, dont le suivi sera hebdomadaire, devra remettre une feuille de route opérationnelle avant le 30 juin 2026. Ses missions incluent la finalisation des chantiers, la définition de modèles de gestion viables et la valorisation des actifs publics.

    Le Premier ministre a souligné l’absurdité de certaines infrastructures achevées mais jamais utilisées, parfois depuis des années. Ces blocages s’expliquent par un manque de coordination entre les acteurs, des retards administratifs ou encore l’absence de modèles d’exploitation adaptés.

    Les projets emblématiques concernés

    • Infrastructures portuaires et maritimes : Foundiougne, Soumbédioune, Ndangane
    • Maisons de la Jeunesse et de la Citoyenneté dans plusieurs régions
    • Fermes villageoises Naatangué ANIDA et agropoles : Mpal, Adéane, Dioulacoulon, Mbellacadiao
    • Grandes infrastructures bloquées : Université du Sine-Saloum, 45 Espaces numériques ouverts (ENO), aéroports régionaux (Saint-Louis, Matam, Kolda)
    • Projets stratégiques : Terminal à conteneurs du Port de Ndayane, Mémorial du Bateau Le Joola, hôpital Aristide Le Dantec

    Vers des partenariats public-privé pour dynamiser les infrastructures

    Le gouvernement mise sur les partenariats public-privé (PPP) pour optimiser l’exploitation de plusieurs actifs. Parmi les projets concernés figurent les stades nationaux, les parcs et réserves naturelles, ainsi que certains biens immobiliers de l’État et des représentations diplomatiques sénégalaises à l’étranger.

    Objectif : réduire les actifs dormants et améliorer la rentabilité

    Cette vaste opération de recensement et de rationalisation vise à renforcer l’efficacité des investissements publics, réduire le nombre d’infrastructures inutilisées et améliorer leur rentabilité. En identifiant les blocages et en proposant des solutions adaptées, l’exécutif entend redynamiser l’économie sénégalaise et maximiser l’impact des projets financés par l’État.