Catégorie : Actualités

  • Renforcement sécuritaire pour la Tabaski au Tchad : mesures exceptionnelles annoncées

    Renforcement sécuritaire pour la Tabaski au Tchad : mesures exceptionnelles annoncées

    Tabaski au Tchad : les autorités renforcent la sécurité des lieux de culte et publics

    Le général Ali Ahmat Aghabache, ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, a donné des directives fermes pour garantir la tranquillité pendant les célébrations de la Tabaski. Ces instructions, adressées aux forces de l’ordre, visent à sécuriser l’ensemble des espaces fréquentés lors de cette fête majeure.

    Une vigilance accrue dans tous les lieux stratégiques

    Dans un communiqué officiel, le général Ali Ahmat Aghabache exige une mobilisation totale des services de sécurité. L’objectif est double : protéger les mosquées, églises et autres lieux de culte, ainsi que les marchés et édifices publics où se rassemblent les fidèles. Chaque zone susceptible d’accueillir des rassemblements doit bénéficier d’une surveillance renforcée pour éviter tout incident.

    Tabaski : une période propice aux rassemblements massifs

    La Tabaski, ou Aïd al-Adha, est l’une des fêtes religieuses les plus importantes de l’islam. Elle se caractérise par des prières collectives, des sacrifices d’animaux et des rencontres familiales et communautaires. Ces traditions entraînent une affluence exceptionnelle dans les lieux de culte et les espaces publics, rendant la sécurisation d’autant plus cruciale.

    Pour éviter tout trouble, les autorités ont insisté sur le respect scrupuleux des protocoles de sécurité pendant toute la durée des festivités. Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte où les défis sécuritaires persistent dans la région.

    Un dispositif préventif face aux menaces régionales

    Les mesures renforcées visent à anticiper les risques et à garantir le bon déroulement des célébrations. En mettant l’accent sur la prévention, le gouvernement tchadien cherche à préserver la sérénité des citoyens et la cohésion sociale pendant cette période festive.

  • Dégagement de la voie publique au 7e arrondissement de N’Djaména

    Dégagement de la voie publique au 7e arrondissement de N’Djaména

    une opération de nettoyage urbain pour désengorger l’avenue Taïwan

    L’administration du 7e arrondissement de N’Djaména a initié hier, lundi 25 mai, une vaste campagne de dégagement des espaces publics sur l’avenue Taïwan. Cette initiative municipale a pour objectif principal de restaurer la fluidité du trafic routier, d’assurer la sécurité des usagers et d’embellir cette artère centrale située dans la capitale tchadienne.

    des installations anarchiques à l’origine des blocages

    Sous la supervision directe du maire du secteur, Adoum Hassan Djimet, cette opération se concentre sur l’élimination des obstacles illégaux qui entravent la circulation. Il s’agit notamment des étals commerciaux improvisés, des constructions non autorisées empiétant sur la chaussée, ainsi que des animaux errants qui aggravent les risques d’accidents.

    un appel à la responsabilité collective

    Face à l’urgence de la situation, le premier magistrat du 7e arrondissement a interpellé les habitants pour qu’ils participent activement à ce changement. Dans une déclaration publique, il a souligné l’impact dramatique des occupations illégales : « La circulation doit respirer. Tous les citoyens du 7e arrondissement doivent adopter un nouveau comportement. Chaque jour, des vies sont perdues à cause de l’obstruction des routes par des installations anarchiques ».

    des sanctions immédiates pour les contrevenants

    Le maire a annoncé une tolérance zéro envers les récalcitrants. Toute occupation illégale des voies sera systématiquement démantelée, avec saisie immédiate des marchandises exposées sans autorisation. De même, les animaux en divagation seront interceptés et placés sous surveillance municipale. « Ceux qui continuent à obstruer les axes routiers seront interpellés et leurs biens confisqués. Les animaux errants seront également confisqués », a-t-il martelé.

  • Rebelles touaregs à Kidal : une situation explosive au Mali

    Rebelles touaregs à Kidal : une situation explosive au Mali

    rebelles touaregs à Kidal : une situation explosive au Mali

    Une offensive éclair menée par des groupes armés touaregs alliés à des factions djihadistes a bouleversé la situation sécuritaire au Mali ces dernières semaines. À Kidal, ville stratégique du nord du pays, les rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont repris le contrôle de la cité, abandonnée par l’armée malienne et ses alliés depuis fin avril. Une avancée qui s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes et de recompositions géopolitiques.

    une alliance inédite entre touaregs et djihadistes

    L’ascension récente des rebelles touaregs du FLA ne peut être dissociée de leur rapprochement avec le JNIM, groupe terroriste affilié à Al-Qaeda. Ensemble, ils ont orchestré une série d’attaques coordonnées qui ont mis en déroute les forces maliennes et leurs partenaires, notamment les mercenaires russes de l’Africa Corps, dans plusieurs localités du nord malien. Ces événements ont contraint la population locale à évacuer Kidal, vidant la ville de ses habitants.

    Sur place, nos équipes ont pu constater l’ampleur des dégâts et recueillir les témoignages des combattants touaregs. Ceux-ci se préparent désormais à une possible contre-offensive de l’armée malienne, soutenue par des alliés internationaux. La situation à Kidal illustre la complexité des enjeux sécuritaires au Sahel, où les dynamiques locales et les alliances temporaires redessinent constamment la carte des conflits.

    Kidal, une ville au cœur des tensions

    Kidal, située dans l’extrême nord-est du Mali, est une région riche en ressources mais marquée par des décennies de revendications autonomistes. La reprise de la ville par les rebelles touaregs du FLA marque un tournant dans le conflit, d’autant plus que cette faction avait perdu le contrôle de Kidal fin 2023. Aujourd’hui, leur alliance avec le JNIM leur permet de renforcer leur position et de défier le pouvoir central de Bamako.

    Les autorités maliennes, déjà fragilisées par des années d’instabilité, doivent désormais composer avec cette nouvelle donne. L’armée malienne, appuyée par des forces étrangères, tente de se réorganiser pour contrer cette avancée. Pourtant, la population civile paie le prix fort de ces affrontements, avec des déplacements massifs et une insécurité grandissante.

    un avenir incertain pour le Sahel

    Cette situation met en lumière les défis auxquels le Mali et ses voisins du Sahel doivent faire face. Les alliances changeantes entre groupes armés, les interventions étrangères et les revendications autonomistes créent un environnement explosif. À Kidal, comme ailleurs dans la région, la paix reste un objectif lointain, tandis que les habitants subissent les conséquences d’un conflit qui semble sans fin.

    Les observateurs s’interrogent : comment Bamako parviendra-t-il à reprendre le contrôle de Kidal ? Quelles seront les réactions des partenaires internationaux ? Et surtout, quel sort est réservé à la population touarègue, prise en étau entre les différents acteurs du conflit ? Autant de questions sans réponses, dans un contexte où chaque décision pourrait aggraver ou apaiser les tensions.

  • Cérémonie à Cotonou : la diplomatie nigérienne et ses alliés de l’AES en première ligne

    Cérémonie à Cotonou : la diplomatie nigérienne et ses alliés de l’AES en première ligne

    Une présence symbolique aux répercussions géopolitiques

    Sur le sol béninois, un événement diplomatique majeur s’est joué, loin des tumultes habituels. Le Premier ministre nigérien en fonction, accompagné des ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso et du Mali, a marqué de sa présence la cérémonie d’investiture de Romuald Wadagni à Cotonou. Cette initiative, bien au-delà de sa dimension protocolaire, s’inscrit comme un signe tangible de détente dans une région marquée par des tensions persistantes.

    La fin d’un isolement diplomatique ?

    L’arrivée d’Ali Mahamane Lamine Zeine dans la capitale économique du Bénin, aux côtés de ses homologues sahéliens, ne relève pas du hasard. Elle intervient après des mois de tensions frontalières exacerbées par la fermeture prolongée de la frontière entre le Niger et le Bénin, un conflit larvé depuis l’été 2023. Cette fermeture, assortie de tensions logistiques autour du transit du pétrole nigérien via Sèmè-Podji, a mis à rude épreuve les relations bilatérales entre les deux pays.

    L’Alliance des États du Sahel (AES) en première ligne

    La délégation nigérienne n’était pas seule. La présence conjointe des trois pays membres de l’AES — le Niger, le Burkina Faso et le Mali — lors d’une cérémonie officielle béninoise envoie un message clair. Deux interprétations se dégagent de cette mobilisation :

    • Le maintien des échanges économiques : Romuald Wadagni, acteur central de la gestion financière du Bénin et interlocuteur privilégié des instances internationales, conserve des canaux de dialogue ouverts avec les autorités sahéliennes, malgré les divergences politiques.
    • L’amorce d’un réchauffement des relations : Après des mois de blocages administratifs et de restrictions douanières à la frontière nord du Bénin, cette rencontre illustre une volonté commune de désamorcer les tensions et de rétablir un climat de confiance.

    L’économie, moteur d’une réconciliation forcée

    Si le coup d’État de juillet 2023 à Niamey a figé les relations diplomatiques, la réalité économique s’impose comme un impératif incontournable. Le Bénin subit les conséquences directes du blocage des échanges transfrontaliers, tandis que le Niger fait face à des défis logistiques majeurs, aggravés par son enclavement. La fermeture de la frontière terrestre, effective depuis près de trois ans, étouffe les échanges commerciaux historiques entre les deux nations.

    Cette visite de haut niveau pourrait ainsi marquer le début d’un processus de normalisation, avec pour objectif la réouverture progressive des points de passage. En réunissant les plus hauts responsables nigériens et sahéliens, Cotonou offre une bouffée d’oxygène à une diplomatie régionale sous pression, rappelant que les impératifs géographiques et économiques transcendent souvent les divergences idéologiques.

  • Tabaski à Bamako : les familles privées de retrouvailles sous la menace djihadiste

    Tabaski à Bamako : les familles privées de retrouvailles sous la menace djihadiste

    Les croyants de Bamako ont célébré l’Aïd al-Adha dans l’isolement cette année, piégés par un blocus imposé par des groupes armés aux abords de la capitale malienne.

    Originaire de Mopti, dans le centre du Mali, Alpha Amadou, 40 ans, a renoncé à son traditionnel retour au village pour la Tabaski. « Pour la première fois depuis trois décennies passées à Bamako, je fête cette fête ici », confie-t-il avec une pointe de nostalgie.

    Depuis fin avril, des combattants liés à Al-Qaïda multiplient les barrages sur les axes stratégiques menant à la capitale. Incendies de véhicules, intimidations et menaces ont dissuadé les transporteurs de prendre la route, plongeant les voyageurs dans une incertitude sans précédent.

    Pour les Maliens, l’Aïd al-Adha représente bien plus qu’un événement religieux : c’est un moment sacré où les familles, souvent éloignées pour des raisons professionnelles, se retrouvent enfin. Pourtant, cette année, les gares routières de Bamako, d’ordinaire animées par une effervescence joyeuse, affichent un calme inquiétant.

    Les difficultés ne se limitent pas à l’insécurité. Les transporteurs subissent également les conséquences d’une pénurie de carburant, aggravant leur situation déjà précaire. « Non seulement nous manquons de gazole, mais nous avons aussi perdu des bus lors d’attaques récentes. Notre activité économique est gravement touchée », explique un responsable d’agence de voyage sous anonymat.

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes : « D’ordinaire, nous transportons plus de 50 000 passagers vers les régions en une semaine pour l’Aïd. Cette année, aucun trajet n’est prévu », révèle un autre professionnel du secteur.

    Wara Bagayoko, habitué à rejoindre Ségou pour les fêtes, reste à Bamako cette année. « Même les voitures particulières sont prises pour cibles. La route est trop dangereuse », témoigne-t-il. Oumar Diarra, lui, renonce à son traditionnel voyage à moto vers Sikasso avec ses amis : « Nous resterons tous à Bamako. »

    Quelques rares minibus osent encore emprunter des voies secondaires ou circuler sous protection militaire, mais leur nombre reste dérisoire.

    Un marché du bétail en crise

    Le blocus perturbe également le commerce du bétail, indispensable pour le sacrifice rituel de l’Aïd. Les éleveurs peinent à acheminer leurs animaux vers Bamako, principal pôle de consommation du pays.

    Le coût du transport, qui oscillait entre 2 500 et 2 750 francs CFA par animal, a explosé pour atteindre entre 15 000 et 18 000 francs CFA, soit une multiplication par six. « Les camions transportant des moutons sont régulièrement incendiés par les djihadistes. D’ordinaire, j’en aurais plus de 1 000 à Bamako, mais aujourd’hui, je n’en possède plus aucun », déplore Hama Ba, commerçant local.

    Les prix flambent : un mouton, autrefois acheté 75 000 francs CFA, se négocie désormais à 300 000 francs. « Avant, nous avions l’embarras du choix. Aujourd’hui, ils se font rares », explique Iyi, en quête d’un animal à prix raisonnable pour la fête.

    Dans un contexte où le salaire minimum plafonne à 40 000 francs CFA, cette inflation aggrave les difficultés économiques des ménages.

    Bamako face à la dégradation des services essentiels

    La crise sécuritaire s’invite dans le quotidien des Bamakois. Les coupures d’électricité se multiplient, tandis que les réserves d’eau potable s’amenuisent, plongeant la capitale dans une précarité accrue.

  • Sénégal : limogé par Diomaye Faye, Sonko s’en va « le cœur léger »

    Sénégal : limogé par Diomaye Faye, Sonko s’en va « le cœur léger »

    Sénégal : limogé par Diomaye Faye, Sonko s’en va « le cœur léger »

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    Le limogeage du Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, et la dissolution de son gouvernement par le président Bassirou Diomaye Faye risque d’aggraver l’incertitude dans un pays déjà aux prises avec une crise de la dette et des négociations interminables avec le FMI.

  • Romuald wadagni prend les rênes du Bénin : un nouveau cap pour le pays

    Romuald wadagni prend les rênes du Bénin : un nouveau cap pour le pays

    Portrait de Romuald Wadagni, nouveau président du Bénin

    une victoire électorale historique

    Romuald Wadagni, 49 ans, a remporté l’élection présidentielle du 12 avril avec un score sans précédent de 94 % des suffrages. Son unique opposant, Paul Hounkpe, n’a pu rivaliser face à cette marge écrasante. Rapidement, une coalition s’est formée entre le parti de Hounkpe et la majorité présidentielle, renforçant ainsi la stabilité institutionnelle.

    une cérémonie d’investiture sous haute affluence

    Plus de 6 000 personnalités ont assisté à l’investiture de Wadagni, parmi lesquelles des membres du gouvernement, des représentants des institutions constitutionnelles, des diplomates étrangers, ainsi que les anciens présidents Nicéphore Soglo et Thomas Boni Yayi.

    un signal fort de diplomatie régionale

    La présence du Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine à l’événement a été interprétée comme un geste symbolique d’apaisement après une période de tensions entre les deux États. Une initiative qui pourrait ouvrir la voie à un renforcement des échanges économiques et sécuritaires dans la sous-région.

    un engagement présidentiel clair

    Romuald Wadagni est devenu le cinquième président du Bénin depuis le retour à la démocratie en 1990. Lors de son discours inaugural, sous l’égide de la présidente de la Cour constitutionnelle, Dorothe Sossa, il a promis de protéger la Constitution, de préserver la paix, de consolider l’unité nationale et de servir les citoyens avec une rigueur exemplaire.

    « Le Bénin ne pliera ni devant la peur ni devant la complaisance. Les menaces contre la sécurité et la cohésion nationale seront combattues avec fermeté », a-t-il déclaré.

    renforcer les liens avec les voisins du Sahel

    Parmi les priorités annoncées, Wadagni a souligné la nécessité de stabiliser les relations avec les pays voisins dirigés par des régimes militaires, notamment le Niger et le Burkina Faso. Une démarche essentielle pour préserver la sécurité transfrontalière et relancer les échanges commerciaux perturbés ces dernières années.

    un parcours marqué par l’expertise économique

    Avant d’entrer en politique, Romuald Wadagni a travaillé au sein du cabinet Deloitte, l’un des leaders mondiaux de l’audit. En 2016, il rejoint l’équipe du président Patrice Talon en tant que ministre de l’Économie et des Finances, un poste qu’il occupera jusqu’en 2021, avant d’être nommé ministre principal.

    Son passage à la tête du ministère des Finances a été salué pour ses réformes structurelles, notamment la réduction du déficit budgétaire à 3 % du PIB. Ces mesures ont permis au Bénin de maintenir une croissance économique soutenue, malgré les défis persistants comme les inégalités sociales et les tensions sécuritaires dans le nord du pays.

  • Bénin : romuald wadagni prend les rênes du pays à Cotonou

    Bénin : romuald wadagni prend les rênes du pays à Cotonou

    Ce dimanche 24 mai, Romuald Wadagni a officiellement pris ses fonctions en tant que nouveau président de la République du Bénin à Cotonou, à l’issue d’un scrutin organisé le 12 avril. L’ancien ministre de l’Économie et des Finances, considéré comme l’héritier politique de Patrice Talon, succède ainsi au chef de l’État sortant après deux mandats marqués par une rigueur budgétaire exemplaire et une modernisation accélérée des structures économiques du pays. L’investiture s’est déroulée en présence d’une quinzaine de délégations étrangères, dans un contexte régional marqué par des bouleversements politiques majeurs.

    Une transition politique sous le signe de la continuité

    Romuald Wadagni, en poste depuis 2016 au ministère de l’Économie et des Finances, a été l’architecte des réformes économiques qui ont valu au Bénin une croissance annuelle dépassant les 6 %. Son accession à la magistrature suprême confirme la poursuite d’une politique financière orthodoxe, saluée par les investisseurs internationaux. Toutefois, cette succession s’inscrit dans un climat politique tendu, marqué par l’exclusion des principaux partis d’opposition lors de la présidentielle.

    Sur le plan économique, le nouveau président hérite d’un modèle performant : industrialisation accélérée, transformation locale du coton et du soja, ainsi que des levées de fonds réussies sur les marchés internationaux. Son défi consistera à préserver cette dynamique tout en élargissant les retombées sociales pour une population en quête de prospérité.

    L’Alliance des États du Sahel présente à Cotonou : un tournant diplomatique

    Parmi les invités de marque figuraient les représentants des trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) : le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Leur présence à l’investiture de Romuald Wadagni envoie un signal fort de détente diplomatique. En effet, les relations entre le Bénin et le Niger, notamment autour de la crise liée au pipeline transportant le pétrole nigérien vers le port de Sèmè-Kpodji, avaient atteint un point critique après le coup d’État de juillet 2023 à Niamey.

    Cette invitation marque la volonté de Cotonou de rétablir un dialogue constructif avec les juntes sahéliennes, dans un contexte où la CEDEAO voit trois de ses membres quitter l’organisation pour former une nouvelle alliance. Pour le président fraîchement investi, les enjeux sont multiples : sécuriser la frontière nord du Bénin, menacée par l’activité des groupes armés, et protéger les flux logistiques qui transitent par le port de Cotonou, vital pour l’approvisionnement de l’arrière-pays sahélien.

    Sécurité et économie : les défis immédiats du nouveau mandat

    La question sécuritaire figure en tête des priorités. Depuis 2021, les départements de l’Alibori et de l’Atacora subissent des incursions répétées de groupes djihadistes en provenance du Sahel, poussant le Bénin à renforcer ses dispositifs militaires et à recruter massivement au sein des forces de défense. La coopération avec Niamey, bien que fragile, reste essentielle pour contrôler cette frontière de plus de 260 kilomètres.

    Côté économique, Romuald Wadagni devra poursuivre l’industrialisation du pays, notamment via la Zone économique spéciale de Glo-Djigbé, qui vise à capter une part croissante de la transformation textile en Afrique de l’Ouest. Le maintien de la crédibilité du Bénin sur les marchés internationaux, la gestion de la dette et la consolidation de l’agence Présidence-Investissement seront autant de tests pour son leadership.

    Enfin, la société civile et les partenaires internationaux surveilleront de près les premiers gestes du nouveau président en matière de démocratie. La question du retour des figures politiques exilées et de la révision du cadre électoral pourrait peser lourd dans l’appréciation de son mandat. Le discours d’investiture, prononcé ce dimanche au palais des Congrès de Cotonou, sera scruté avec attention pour en déceler les orientations.

  • Côte d’Ivoire : une réunion clé du GIABA pour renforcer la lutte contre le blanchiment en Afrique de l’Ouest

    Côte d’Ivoire : une réunion clé du GIABA pour renforcer la lutte contre le blanchiment en Afrique de l’Ouest

    Abidjan abrite du 18 au 23 mai 2026 la 45e session de la Commission technique du GIABA, couplée à la 31e réunion du Comité ministériel de cette organisation régionale dédiée à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. L’événement s’ouvre aujourd’hui à Cocody, en présence d’experts, de représentants des États membres de la CEDEAO, de partenaires financiers et d’observateurs internationaux.

    Co-organisée avec la Côte d’Ivoire, cette rencontre s’impose comme un rendez-vous stratégique pour évaluer les avancées et harmoniser les politiques de LBC/FT dans l’espace ouest-africain. Les discussions porteront notamment sur les rapports d’évaluation des États membres, les typologies de risques identifiées par le RTMG, ainsi que les initiatives d’assistance technique mises à disposition des pays participants.

    Renforcement des dispositifs nationaux et coopération sous-régionale

    Le représentant du gouvernement ivoirien, Moussa Sanogo, ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, a réaffirmé l’engagement de la Côte d’Ivoire à renforcer son rôle dans la lutte contre la criminalité financière. « Sous l’impulsion du Président Alassane Ouattara, notre pays a engagé des réformes structurelles pour aligner son dispositif sur les normes internationales du GAFI. Les résultats obtenus, bien que confrontés à l’évolution des réseaux criminels, restent encourageants », a-t-il souligné.

    Il a insisté sur l’importance d’une coopération renforcée entre les États de la sous-région pour faire face aux nouvelles formes de criminalité financière. « Aucun pays ne peut agir seul. Notre efficacité repose sur l’échange d’informations, la confiance mutuelle et une volonté politique constante. Cette lutte est aussi un levier pour le développement économique, la stabilité et la paix en Afrique de l’Ouest », a-t-il déclaré.

    Le ministre a également mis en avant l’assainissement des systèmes financiers comme un impératif pour attirer les investissements et sécuriser les économies nationales et régionales.

    Défis technologiques et transparence financière

    Hafsat Abubakar Bakari, présidente de la Commission technique du GIABA, a salué les progrès de la Côte d’Ivoire dans la modernisation de ses cadres législatifs et la digitalisation des Cellules de Renseignement Financier. Elle a cependant alerté sur les menaces émergentes liées aux technologies comme l’intelligence artificielle générative, les deepfakes ou les identités synthétiques, utilisées par les réseaux criminels pour contourner les procédures classiques de vérification. « Nos outils de détection, nos mécanismes de déclaration et la formation des enquêteurs doivent évoluer pour contrer ces nouvelles stratégies », a-t-elle recommandé.

    Elle a également souligné l’importance de renforcer la transparence des bénéficiaires effectifs des entités juridiques, un enjeu central du troisième cycle d’évaluations mutuelles du GIABA. Tout en saluant les avancées du Burkina Faso, du Mali et du Nigeria, sortis récemment de la liste grise du GAFI, elle a encouragé le GIABA à accompagner la Côte d’Ivoire pour une sortie rapide de cette liste.

    Cette réunion devrait aboutir à des recommandations concrètes pour consolider les mécanismes de prévention, de détection et de répression des flux financiers illicites, dans un contexte marqué par l’intensification des menaces sécuritaires et technologiques en Afrique de l’Ouest.

  • Romuald wadagni officiellement investi président du Bénin

    Romuald wadagni officiellement investi président du Bénin

    Une transition solennelle sous le regard des institutions et des voisins

    La cérémonie d’investiture de Romuald Wadagni a débuté par la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle par la Cour constitutionnelle, réunie en séance solennelle sur l’estrade présidentielle. Après cette étape décisive, l’attention s’est tournée vers le nouveau chef de l’État, invité à prêter serment dans un silence recueilli. Vêtu d’un costume bleu sobre, Romuald Wadagni a levé la main droite, prononçant avec gravité les mots sacrés : « Je jure de respecter et de défendre la Constitution du Bénin, et d’en subir les rigueurs en cas de manquement ». Douze salves d’artillerie ont retenti pour marquer l’importance de ce moment, avant que ne lui soit remis le drapeau national par le chef d’état-major des armées.

    Dans son discours, le nouveau président a réaffirmé son engagement en faveur d’une gouvernance intègre, résiliente et tournée vers l’intérêt général. Il a promis aux citoyens béninois une croissance économique inclusive, où « chaque foyer pourra tirer profit des avancées nationales ». Sur le plan sécuritaire, il a confirmé la détermination de son pays à lutter sans relâche contre le terrorisme, garantissant ainsi la stabilité et la paix intérieure.

    Un événement suivi par les figures historiques et les partenaires régionaux

    L’esplanade du Palais des congrès de Cotonou s’est transformée en un lieu de rassemblement diplomatique. Les anciennes gloires de la nation, Nicéphore Soglo et Thomas Boni Yayi, figuraient parmi les invités d’honneur, aux côtés de seize délégations étrangères. Parmi elles, une représentante du gouvernement français, ainsi que les représentants des pays voisins : le Togo, le Nigeria, le Burkina Faso et le Niger. Les relations avec ce dernier, bien que tendues, ont été évoquées lors de discours axés sur la nécessité d’une collaboration renforcée.

    Romuald Wadagni a saisi cette tribune pour réaffirmer sa vision d’une Afrique de l’Ouest unie face aux défis communs. « Notre destin est indissociable, nous devons œuvrer ensemble », a-t-il déclaré, scellant ainsi un message de solidarité régionale au cœur de son mandat.

  • Retour triomphal des supporters sénégalais graciés au Maroc

    Retour triomphal des supporters sénégalais graciés au Maroc

    Les supporters sénégalais graciés par Mohammed VI de retour à Dakar

    retour des supporters sénégalais à l'aéroport international de Ndiass
    Les supporters sénégalais accueillis à leur descente d’avion à l’aéroport international de Ndiass au Sénégal.

    Quinze supporters sénégalais, emprisonnés après les incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 au Maroc, ont retrouvé leur pays dimanche matin. Leur libération fait suite à une grâce royale accordée par le roi Mohammed VI, motivée par des « considérations humaines » et dans le cadre des célébrations de l’Aïd al-Adha.

    Les quinze partisans du Sénégal, condamnés pour « hooliganisme » à des peines allant de trois mois à un an de prison, ont atterri dans la nuit à l’aéroport international Blaise Diagne de Diamniadio, près de Dakar. Ils y ont été accueillis par le président Bassirou Diomaye Faye et des représentants de la Fédération sénégalaise de football.

    Un accueil chaleureux et des remerciements officiels

    « Nous sommes extrêmement heureux de les retrouver sur le sol national », a déclaré le chef de l’État, vêtu d’une tenue sportive, lors d’une brève allocution devant les médias. Il a rappelé avec fierté que les Lions de la Teranga sont « champions d’Afrique pour la deuxième fois », malgré les contestations en cours devant le Tribunal arbitral du sport concernant le titre.

    Le président Faye a également exprimé sa gratitude envers les autorités marocaines pour cette mesure humanitaire, prise à l’occasion de la fête de la Tabaski. « Cette décision témoigne de l’excellence des relations entre le Maroc et le Sénégal », a-t-il souligné.

    Une grâce royale saluée par la CAF

    Le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, a salué cette initiative. Pour lui, cette décision illustre « la puissance du football à rassembler les peuples en Afrique et dans le monde entier ». Il a qualifié l’acte du souverain marocain de « geste édifiant et inspirant » pour la communauté sportive africaine.

    Rappel des faits et des condamnations

    Le 18 janvier 2025, lors de la finale de la CAN au Stade de Rabat, des tensions avaient éclaté après un penalty accordé au Maroc dans les arrêts de jeu, alors qu’un but sénégalais avait été refusé quelques instants plus tôt. Plusieurs joueurs sénégalais avaient quitté le terrain, et des supporters avaient envahi la pelouse avant de lancer des projectiles.

    En février 2025, la justice marocaine avait condamné dix-huit Sénégalais à des peines de prison ferme pour « hooliganisme » et violences contre les forces de l’ordre. Trois d’entre eux avaient été libérés en avril après avoir purgé leur peine de trois mois. Les quinze autres ont bénéficié de la clémence royale ce week-end.

  • Kirtachi : les terroristes du jnim récupèrent un arsenal militaire nigérien

    Kirtachi : les terroristes du jnim récupèrent un arsenal militaire nigérien

    Un document classé « secret défense » révèle l’étendue des pertes à Kirtachi

    L’attaque dévastatrice menée contre le détachement de la Garde Nationale du Niger (GNN) à Kirtachi, dans la région de Tillabéri, a laissé derrière elle un bilan bien plus lourd que ce que les communiqués officiels laissaient entrevoir. Un message radio interne, intercepté et authentifié, met en lumière les véritables dégâts subis par les Forces de défense et de sécurité (FDS) nigériennes. Ce document militaire, estampillé « secret défense » et daté du 22 mai 2026, expose sans fard l’ampleur du butin récupéré par les terroristes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM).

    Une fuite qui lève le voile sur une contre-performance militaire

    Dans un contexte où les bilans officiels sont souvent minimisés pour préserver le moral des troupes, ce document interne marque un tournant. Émanant directement de la hiérarchie militaire nigérienne, il détaille avec une précision chirurgicale l’échec cuisant subi par les soldats nigériens à Kirtachi, une localité stratégique située dans la zone des « trois frontières ». Ce rapport d’état-major, habituellement réservé aux yeux des plus hauts gradés, éclate au grand jour et révèle une réalité bien plus sombre que les annonces publiques.

    Un arsenal militaire pillé : pick-up, armes lourdes et uniformes volés

    L’impact de cette fuite réside avant tout dans l’inventaire accablant du matériel militaire tombé entre les mains des assaillants. Le JNIM a transformé l’attaque en une opération de pillage logistique, privant les forces nigériennes de moyens cruciaux pour mener leurs missions. Selon le document, les terroristes ont emporté trois pick-up Toyota armés, dont l’un équipé d’une mitrailleuse lourde de 12,7 mm, une arme redoutable capable de décimer des positions ennemies en un temps record. Les deux autres véhicules étaient armés de mitrailleuses M80, tandis que sept motos Sababu, idéales pour les attaques éclair, ont également été saisies.

    Mais le plus préoccupant reste la disparition de plusieurs tenues de treillis de la GNN. Cette capture d’uniformes officiels ouvre la porte à des infiltrations potentielles, où des terroristes pourraient se fondre parmi les soldats nigériens pour semer la confusion lors des contrôles ou des opérations.

    Un bilan humain lourd et des otages entre les mains de l’ennemi

    Au-delà du matériel perdu, l’attaque a causé la mort de 12 éléments des FDS, tombés au combat en défendant leur position. Pire encore, quatre autres soldats nigériens ont été enlevés et leur sort reste incertain. Le JNIM a maintes fois démontré son utilisation des prisonniers comme leviers de négociation ou comme outils de propagande. Cette double tragédie, humaine et logistique, souligne la pression extrême exercée par les groupes armés dans la région de Tillabéri.

    Tabaski : une période à haut risque pour les forces nigériennes

    Face à cette situation explosive, le commandement militaire a déclenché une alerte maximale. Le document « secret défense » du 22 mai 2026 exhorte toutes les unités à redoubler de vigilance, craignant que le JNIM n’exploite son nouveau butin pour frapper à nouveau. La période de la Tabaski s’annonce particulièrement critique : les déplacements massifs de populations et la ferveur religieuse pourraient offrir aux terroristes une fenêtre d’opportunité pour semer la terreur.

    Le Niger face à l’urgence de sécuriser ses frontières et ses populations

    L’attaque de Kirtachi et la divulgation de ce document classé confirment la dégradation continue de la situation sécuritaire au Niger. En s’emparant d’un matériel aussi sophistiqué, le JNIM renforce sa capacité opérationnelle et sa mobilité dans une zone déjà instable. Pour l’armée nigérienne, le défi est désormais double : protéger les civils à l’approche des célébrations de la Tabaski et adapter ses stratégies pour contrer un ennemi désormais mieux équipé. Les prochaines semaines s’annoncent décisives dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.