Catégorie : Actualités

  • La route Douala-Bafoussam en péril : un axe routier meurtrier en Cameroun

    La route Douala-Bafoussam en péril : un axe routier meurtrier en Cameroun

    La route Douala-Bafoussam en péril : un axe routier meurtrier en Cameroun

    L’artère économique reliant Douala à Bafoussam et Bamenda, au Cameroun, est aujourd’hui dans un état déplorable. La route nationale 5, vitale pour l’économie nationale, cumule les records tragiques : dégradation avancée et mortalité routière alarmante. Cette situation s’explique par plusieurs facteurs : le trafic intense de camions et de bus interurbains, le manque criant d’investissements dans sa rénovation, ainsi que l’impact croissant du changement climatique. Les pluies de plus en plus violentes aggravent en effet les dégradations de cet axe stratégique.

    Cameroun : une intersection déserte à Bamenda (illustration)

    Un voyage devenu cauchemar

    Sillonner la route nationale 5 entre Douala et Bafoussam relève désormais de l’aventure. Les pluies diluviennes transforment l’asphalte en un terrain instable, creusant des nids-de-poule géants et provoquant des affaissements de terrain. Autrefois parcourue en trois heures et demie pour 250 kilomètres, cette route mythique exige aujourd’hui plus de dix heures de trajet, dans des conditions d’inconfort extrême.

    Les conducteurs de bus n’ont d’autre choix que de multiplier les détours pour éviter les passages les plus dangereux. Alice, une passagère rencontrée en cours de route, témoigne : « Cela fait 14 heures que nous sommes partis de Bafoussam. La route principale est carrément impraticable dans le département du Haut-Nkam. Nous avons dû emprunter la route de Yaoundé, alors que nous n’allions pas à Yaoundé, et bifurquer au niveau de Bagangté pour retrouver l’axe menant à Douala. Nous sommes épuisés, courbaturés, et cette situation est inacceptable. »

    Le « triangle de la mort »

    Le relief accidenté de l’Ouest camerounais, couplé à des pluies de plus en plus intenses, fragilise dangereusement cet axe routier. Le drame de la falaise de Dschang, survenu le 5 novembre 2024, a marqué les esprits : un double éboulement a englouti des bus et des voitures, causant la mort de 14 personnes. Ce corridor routier, surnommé le « triangle de la mort », enregistrerait près de 100 décès par mois selon certaines estimations.

    Pour les usagers, arriver à destination relève toujours d’une épreuve épuisante. Un voyageur anonyme confie : « Je suis arrivé ce matin à 2 heures. C’était un vrai calvaire. Franchement, je proposerais même que les compagnies de transport prennent l’itinéraire Douala-Yaoundé-Bafoussam via la Nationale 3 et la Nationale 6. Même si cela coûte le double, au moins, nous éviterions de passer dix ou onze heures sur la Nationale 5 et de risquer de nous retrouver en morceaux. »

    Réhabilitation en suspens : colère des usagers

    Face à cette situation critique, le gouvernement camerounais a annoncé un budget de 180 milliards de francs CFA pour la réhabilitation de la route. Pourtant, sur le terrain, la colère gronde. Les usagers dénoncent le paiement de péages pour circuler sur une route en ruines. Mika Séma, un transporteur, s’insurge : « Les péages sont censés financer l’entretien des routes. Mais comment justifier ces prélèvements lorsque la route est impraticable ? Il est temps que les autorités camerounaises agissent concrètement pour sauver cet axe vital. »

    Avec des saisons des pluies de plus en plus violentes et l’absence de travaux d’envergure, la route Douala-Bafoussam risque de continuer à être le théâtre des pires drames de la circulation routière au Cameroun.

  • Sénégal : les infos clés du vendredi 14 août 2026

    Sénégal : les infos clés du vendredi 14 août 2026

    Sénégal : les infos clés du vendredi 14 août 2026

    Sénégal : les infos clés du vendredi 14 août 2026

    Une journée riche en actualités au Sénégal ce vendredi 14 août 2026. Waly Diouf Bodiang a quitté officiellement ses fonctions à la tête du Port autonome de Dakar après son limogeage par le président Bassirou Diomaye Faye. Par ailleurs, des pluies intenses sont annoncées cette nuit sur plusieurs zones, notamment Kolda et Kaffrine, où les risques sont estimés à 63 % et 61 %. La Fédération sénégalaise de football devrait quant à elle officialiser le nom de son nouveau sélectionneur dès mardi.

    Waly Diouf Bodiang quitte le Port autonome de Dakar après son limogeage

    Le directeur général Waly Diouf Bodiang a officiellement passé le relais ce jeudi, après avoir été démis de ses fonctions par le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye. Proche d’Ousmane Sonko, il incarnait depuis plusieurs années l’un des piliers du mouvement Pastef.

    Pluies torrentielles attendues dans le sud du Sénégal

    Les prévisions météorologiques annoncent des précipitations abondantes pour la nuit à venir, particulièrement sur les localités de Kolda et Kaffrine. Les autorités locales ont été mobilisées pour anticiper les conséquences de ces intempéries, avec des risques estimés à 63 % pour Kolda et 61 % pour Kaffrine.

    Nouveau sélectionneur de l’équipe nationale : l’officialisation prévue mardi

    Abdoulaye Fall, président de la Fédération sénégalaise de football, dévoilera le nom du successeur de Pape Thiaw lors d’une conférence de presse au stade Léopold Sédar Senghor. Le poste est vacant depuis le 11 juillet 2026.

    Souleymane Jules Diop s’exprime sur la gestion des fonds politiques de la Primature

    Souleymane Jules Diop revient sur le débat concernant l’utilisation des fonds alloués à la Primature, notamment le fonds « Aide et secours ». Il soulève des questions sur leur gestion et leur accès par les Premiers ministres successifs.

    Gamou 2026 : la date définitive fixée au 25 août

    Après observation lunaire, la date du Gamou 2026 a été officiellement annoncée pour le 25 août. Les célébrations religieuses débuteront dès le 14 août avec la cérémonie du Burd.

    Corridor Dakar-Bamako : des aménagements en discussion

    Une délégation du COSEC mène actuellement une enquête sur les obstacles persistants le long du corridor reliant Dakar à Bamako. Parmi les problèmes identifiés, des bouchons de 15 kilomètres et un état défectueux de la chaussée sont régulièrement signalés.

    Points forts de cette journée au Sénégal

    • Démission de Waly Diouf Bodiang du Port autonome de Dakar après limogeage présidentiel
    • Risque élevé de pluies diluviennes à Kolda et Kaffrine
    • Révélation du nouveau sélectionneur de l’équipe nationale de football prévue mardi
    • Clarification de Souleymane Jules Diop sur les fonds politiques de la Primature
    • Gamou 2026 programmé pour le 25 août
    • Projets de modernisation du corridor Dakar-Bamako
    • L’essentiel du jour
  • Interpellation à N’Djamena : le président du Conseil provincial du Borkou placé en garde à vue pour diffamation

    Interpellation à N’Djamena : le président du Conseil provincial du Borkou placé en garde à vue pour diffamation

    Le président du Conseil provincial du Borkou, Ahmat Bedei Toullomi, a été appréhendé jeudi en fin de journée à N’Djamena, avant d’être transféré à la Coordination générale de la Police judiciaire. Cette opération s’est déroulée dans l’enceinte de l’hôtel La Résidence, peu avant 17 heures.

    Cette interpellation s’inscrit dans le cadre d’une procédure judiciaire initiée suite à une plainte déposée pour diffamation et injures publiques. Les plaignants, Goudje Gueillet Hemchi et Kodou Omari, reprochent à Ahmat Bedei Toullomi d’avoir relayé sur les réseaux sociaux des accusations graves à leur encontre, les impliquant prétendument dans un trafic de cocaïne au Tchad.

    Goudje Gueillet Hemchi et Kodou Omari rejettent catégoriquement ces allégations, les qualifiant de « fausses, infondées et mensongères ». Ils estiment que ces déclarations ont porté atteinte à leur intégrité et à leur réputation professionnelle.

    Un mandat d’amener avait été émis le 4 août 2026 par le parquet près le Tribunal de grande instance de N’Djamena, visant Ahmat Bedei Toullomi. Ce dernier avait été convoqué à plusieurs reprises sans donner suite, ce qui a conduit les autorités à procéder à son arrestation après plus de dix jours d’absence de réponse.

    Peu après son interpellation, une publication a été partagée sur sa page Facebook à 17h10, dans laquelle il déclare : « Soit le Maréchal est pour nous tous, soit les trafiquants sont plus forts que la loi. J’ai été enlevé ».

    Il convient de préciser qu’il s’agit d’une procédure judiciaire classique, et non d’une mesure arbitraire.

  • Grand Tour des Motards du Faso : un périple de 3 000 km pour la sécurité routière

    Grand Tour des Motards du Faso : un périple de 3 000 km pour la sécurité routière

    Grand Tour des Motards du Faso : un périple de 3 000 km pour la sécurité routière

    Une vingtaine de membres des Motards du Faso ont achevé leur Grand Tour Régional 2026 dans la capitale burkinabè, après avoir sillonné plus de 3 000 kilomètres à travers cinq pays d’Afrique de l’Ouest. Parti de Ouagadougou le 2 août, le groupe est rentré le 11 août 2026, marquant ainsi la fin d’une aventure à la fois sportive, solidaire et porteuse de messages forts pour la sécurité routière.

    Ce voyage, qui a traversé le Burkina Faso, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigeria, avait pour double objectif de promouvoir la prévention routière et de renforcer les liens entre les communautés motardes de la sous-région. À chaque étape, les participants ont insisté sur l’importance du port du casque, un équipement indispensable pour réduire les risques d’accidents.

    Un défi humain et sportif sous le signe de la fraternité

    L’accueil enthousiaste réservé aux Motards du Faso à leur retour à Ouagadougou témoignait de l’impact de cette initiative. Le parcours, rythmé par des rencontres et des échanges culturels, a débuté par une étape particulièrement intense : un trajet de près de 23 heures entre la capitale burkinabè et Accra, au Ghana, avec un départ à 4 h 30 pour une arrivée à 3 h 30 le lendemain.

    Abel Aziz Konaté, président des Motards du Faso, a souligné la dimension symbolique de cette tournée : « Ce Grand Tour s’inscrit dans une logique de partage et de solidarité entre motards. Nous avons voulu transmettre nos salutations à nos homologues des pays visités, notamment après notre édition 2025 des 72 Heures des Motards du Burkina, qui avait rassemblé des centaines de passionnés. »

    Vêtus de blousons et de casques, les motards ont sillonné les routes sous une bannière commune, mêlant passion pour les deux-roues et engagement citoyen. Leur périple a été jalonné de moments forts, où l’hospitalité des populations locales a renforcé le sentiment d’une communauté soudée.

    Sensibilisation et prévention : des messages clés portés haut

    Au-delà de l’aspect sportif, cette aventure avait une vocation pédagogique. Les Motards du Faso ont multiplié les interventions pour encourager le port systématique du casque, un geste simple mais vital pour la sécurité de tous. Abel Aziz Konaté a réaffirmé cette mission : « Notre objectif est clair : faire du port du casque une habitude naturelle, bien au-delà des contraintes légales. La sécurité routière ne doit pas être une question de répression, mais de bon sens. »

    Le groupe a également profité de ce tour pour échanger avec les autorités locales et les usagers de la route, afin de partager des bonnes pratiques et de recueillir des retours sur les enjeux de mobilité dans chaque pays traversé.

    Une aventure qui inspire de nouvelles ambitions

    De retour à Ouagadougou, les Motards du Faso ne comptent pas s’arrêter là. Leur prochain défi ? Poursuivre leur engagement en faveur de la sécurité routière, tout en préparant de nouvelles initiatives pour fédérer toujours plus de passionnés autour de cette cause. Leur devise reste inchangée : rouler ensemble, pour une route plus sûre.

  • Bénin : un modèle de rigueur pour l’Eco en 2027 ?

    Bénin : un modèle de rigueur pour l’Eco en 2027 ?

    L’Eco de la CEDEAO : un projet ambitieux face à des réalités contrastées

    L’Union monétaire ouest-africaine, prévue pour 2027, se heurte à des défis économiques majeurs au sein de la CEDEAO. Si l’ambition politique est forte, les disparités entre les États membres en matière de stabilité macroéconomique, d’inflation ou de dette publique rendent une intégration simultanée peu probable. Dans ce paysage contrasté, le Bénin émerge comme un acteur clé, capable de respecter dès à présent les exigences d’une future monnaie commune.

    Le Bénin, seul pays à respecter l’intégralité des critères de convergence

    Parmi les États membres de la CEDEAO, le Bénin se distingue par sa performance économique exceptionnelle. En 2024, il a été le seul pays à remplir simultanément les six critères de convergence essentiels à la mise en place de l’Eco. Ces indicateurs, bien plus qu’une simple compilation de chiffres, reflètent une politique macroéconomique cohérente et maîtrisée.

    Les six piliers de la convergence monétaire

    Les critères retenus par la CEDEAO couvrent des aspects fondamentaux pour assurer la viabilité d’une monnaie commune :

    • Maîtrise de l’inflation : un taux contenu pour préserver le pouvoir d’achat et la stabilité monétaire ;
    • Déficit budgétaire maîtrisé : des dépenses publiques alignées sur les règles communautaires ;
    • Financement monétaire du déficit : éviter une création excessive de monnaie pour couvrir les dépenses ;
    • Réserves de change suffisantes : un matelas financier permettant de couvrir plusieurs mois d’importations ;
    • Stabilité du taux de change : une condition sine qua non pour une intégration monétaire crédible ;
    • Dette publique soutenable : un endettement raisonnable pour éviter les déséquilibres futurs.

    Une trajectoire économique construite sur des réformes structurelles

    La performance du Bénin n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte d’un effort continu de réformes visant à renforcer la collecte des recettes, à optimiser la gestion des finances publiques et à investir dans des infrastructures essentielles. Pourtant, ces avancées s’accompagnent d’arbitrages difficiles : concilier discipline budgétaire, investissements publics et programmes sociaux représente un défi de taille pour une économie émergente.

    L’enjeu désormais est de pérenniser ces résultats. Respecter les critères une année est un premier pas, mais les maintenir sur le long terme est indispensable pour asseoir la crédibilité du Bénin dans le projet Eco. Cela implique de poursuivre les efforts de réduction de l’endettement, de contenir les pressions inflationnistes et de consolider les réformes engagées.

    Une intégration progressive de l’Eco : une solution réaliste

    L’hétérogénéité des économies ouest-africaines rend improbable une adoption simultanée de l’Eco par tous les États membres. Certains pays peinent à maîtriser leur inflation, tandis que d’autres font face à des déficits publics chroniques ou à des crises sécuritaires persistantes. Dans ce contexte, une approche progressive, où les pays les plus avancés intègrent le dispositif en premier, apparaît comme la voie la plus pragmatique.

    Le Bénin, grâce à ses résultats macroéconomiques, pourrait ainsi figurer parmi les premiers participants à l’Eco. Cette position lui offrirait un avantage stratégique : non seulement en termes de crédibilité financière, mais aussi d’attractivité économique et d’influence régionale. Une monnaie commune ne se limite pas à un simple changement de devise ; elle implique une coordination renforcée des politiques économiques, budgétaires et commerciales.

    Les incertitudes qui pèsent sur le calendrier de 2027

    Malgré les avancées enregistrées, l’avenir de l’Eco reste incertain. Le succès du projet dépendra autant des performances économiques individuelles que des décisions politiques collectives. La gouvernance de la future monnaie, les mécanismes de solidarité entre États et la coordination des politiques monétaires seront déterminants pour assurer sa pérennité.

    Par ailleurs, le retrait de certains pays de la CEDEAO, notamment ceux membres de l’Alliance des États du Sahel, complexifie davantage le paysage régional. L’intégration monétaire doit désormais s’adapter à un environnement institutionnel en mutation, loin de celui envisagé initialement.

    Un avantage à préserver avec vigilance

    Le Bénin a su démontrer sa capacité à respecter les critères de convergence dans un contexte régional exigeant. Cependant, cet avantage n’est pas figé. Pour rester dans le groupe de tête, le pays devra redoubler de vigilance : maîtriser l’endettement, contenir l’inflation et poursuivre les réformes structurelles seront des impératifs absolus.

    À l’aube de 2027, le véritable défi ne sera pas seulement de figurer parmi les premiers pays prêts pour l’Eco, mais de conserver cette position lorsque la monnaie commune passera du stade de projet à celui de réalité économique. Si le calendrier progressif se confirme, le Bénin pourrait alors tirer pleinement profit de cette dynamique, s’imposant comme un acteur clé de l’intégration monétaire ouest-africaine.

  • Le premier ministre algérien en mission au Niger pour le forage de kafra sud-est 1

    Le Premier ministre algérien en mission officielle au Niger pour superviser le forage du puits Kafra Sud-Est 1

    Le Premier ministre de la République algérienne démocratique et populaire, accompagné d’une délégation de haut niveau, a atterri ce matin à Niamey. Cette visite de travail, orchestrée à la demande du président Abdelmadjid Tebboune, marque un tournant dans les relations bilatérales entre l’Algérie et le Niger. L’objectif principal : présider, aux côtés du chef du gouvernement nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine, le lancement solennel des travaux de forage du puits d’exploration Kafra Sud-Est 1.

    Installés dans la région d’Agadez, les préparatifs pour cette cérémonie historique ont mobilisé les autorités locales et les équipes techniques. Cette opération s’inscrit dans le cadre d’une collaboration renforcée entre les deux pays voisins, visant à développer les ressources hydrauliques et énergétiques de la zone. Le puits Kafra Sud-Est 1 représente un projet d’envergure, promettant de dynamiser l’économie régionale tout en répondant aux besoins croissants en eau potable.

    Une visite sous le signe de la coopération bilatérale renforcée

    L’arrivée du Premier ministre algérien à Niamey s’est déroulée dans un climat d’attente et de mobilisation générale. Les autorités nigériennes ont réservé un accueil chaleureux à la délégation, soulignant l’importance stratégique de ce partenariat. Lors de cette visite, plusieurs accords et protocoles d’entente devraient être signés, consolidant ainsi les liens économiques et techniques entre les deux nations.

    Les enjeux du projet Kafra Sud-Est 1

    Le forage du puits Kafra Sud-Est 1 n’est pas seulement un projet technique, mais aussi un symbole de progrès pour la région d’Agadez. Ce chantier, qui s’étendra sur plusieurs mois, mobilisera des moyens humains et matériels considérables. Les retombées attendues incluent :

    • Une amélioration de l’accès à l’eau pour les populations locales, souvent confrontées à des défis hydriques;
    • La création d’emplois locaux grâce à la formation et à l’embauche de main-d’œuvre nigérienne;
    • Un renforcement de l’autonomie énergétique pour le Niger, avec la possibilité d’exploiter de nouvelles ressources;
    • L’approfondissement des relations algéro-nigériennes, dans un contexte régional marqué par des enjeux sécuritaires et économiques complexes.

    Les responsables des deux pays ont insisté sur l’importance de ce projet, qui s’inscrit dans une vision à long terme de développement durable. Les travaux de forage débuteront officiellement aujourd’hui, sous la supervision conjointe des deux gouvernements.

    Un symbole de l’engagement algérien en Afrique

    Cette mission au Niger illustre l’engagement croissant de l’Algérie en Afrique subsaharienne. Dans un contexte où les défis sécuritaires et climatiques pèsent lourdement sur les pays de la région, Alger mise sur des partenariats concrets pour renforcer la stabilité et la prospérité. Le projet Kafra Sud-Est 1 en est un exemple marquant, démontrant la capacité des deux pays à unir leurs forces pour des objectifs communs.

    Les observateurs s’accordent à dire que cette initiative pourrait servir de modèle pour d’autres projets similaires dans la sous-région, offrant ainsi une lueur d’espoir pour les populations confrontées à des conditions difficiles.

  • Fiscalité du tabac : un levier clé pour la santé au Cameroun

    Fiscalité du tabac : un levier clé pour la santé au Cameroun

    Pendant trois jours, des experts, responsables publics et acteurs de la société civile se sont réunis à Mbankomo pour explorer une solution inattendue : utiliser la fiscalité du tabac comme bouclier sanitaire et économique. Plutôt que de se concentrer sur les hôpitaux ou les médicaments, les débats ont porté sur les taxes, révélant leur potentiel insoupçonné pour transformer le paysage de la santé publique camerounaise.

    Ces échanges, soutenus par l’OMS et réunissant des représentants des ministères de la Santé, des Finances et des Douanes, ainsi que des parlementaires et des partenaires techniques, ont mis en lumière un constat alarmant : le tabagisme reste une menace majeure pour le pays.

    Un fléau sanitaire sous-estimé qui pèse sur le Cameroun

    Le tabac figure parmi les premières causes évitables de mortalité dans le monde, et le Cameroun n’y échappe pas. Avec une prévalence de 9 % chez les adultes et plus de 10 % chez les jeunes de 13 à 15 ans, la consommation de tabac expose des milliers de Camerounais à des risques graves. L’exposition à la fumée secondaire touche même 37 % de la population.

    Chaque année, 66 000 décès sont directement liés au tabac dans le pays. Les conséquences sanitaires sont lourdes : cancers, maladies cardiovasculaires, AVC et maladies respiratoires chroniques. Sans oublier l’impact économique, qui pèse sur les ménages, les services de santé et la croissance nationale.

    Pourtant, malgré ce bilan désastreux, les cigarettes restent trop accessibles au Cameroun. En 2024, un paquet de cigarettes coûtait en moyenne 4,07 dollars (ajusté au pouvoir d’achat), bien en dessous de la moyenne africaine (5,06 dollars) et mondiale (6,98 dollars). Pire encore, les taxes ne représentaient que 36 % du prix de vente, loin des 75 % recommandés par l’OMS.

    Des hausses de taxes pour sauver des vies et financer la santé

    Les participants ont souligné qu’augmenter les taxes sur le tabac est l’une des mesures les plus efficaces pour réduire sa consommation. Les jeunes, particulièrement sensibles aux variations de prix, seraient les premiers bénéficiaires : une hausse des taxes pourrait les dissuader de commencer à fumer.

    Mais les avantages dépassent la simple réduction de la consommation. Une fiscalité mieux conçue permet de mobiliser des ressources supplémentaires pour renforcer le système de santé, financer la prévention des maladies non transmissibles et accélérer la couverture sanitaire universelle.

    Des données solides pour des politiques publiques éclairées

    Pour concevoir des réformes efficaces, les décideurs ont besoin d’analyses précises. L’atelier a permis d’étudier en profondeur les habitudes de consommation, l’impact économique du tabac, les structures fiscales actuelles et les meilleures pratiques internationales.

    Le Dr William Maina, expert à l’OMS Afrique, a rappelé que le tabac ne se limite pas aux cancers : il aggrave aussi les maladies cardiovasculaires, les AVC et les affections respiratoires chroniques. La nicotine, en outre, favorise la dépendance et affecte la santé des jeunes, notamment leur développement cérébral.

    Les discussions ont permis de démystifier plusieurs idées reçues sur l’augmentation des taxes, comme la crainte d’une baisse des recettes publiques ou d’une explosion du commerce illicite. Les experts ont confirmé que ces craintes ne se vérifient pas lorsque les réformes sont bien encadrées.

    Des simulations qui parlent d’elles-mêmes

    L’un des temps forts de l’atelier a été la présentation du modèle WHO TaXSiM, un outil de l’OMS permettant d’évaluer l’impact sanitaire et fiscal des réformes avant leur mise en œuvre.

    Plusieurs scénarios ont été testés, avec des résultats sans ambiguïté. Deux mesures clés ont été simulées :

    • Une hausse de la taxe spécifique minimale de 5 000 FCFA à 10 000 FCFA pour 1 000 cigarettes en 2027 ;
    • Une nouvelle augmentation à 15 000 FCFA en 2028, appliquée uniformément aux produits locaux et importés.

    Les projections sont éloquentes : les ventes de cigarettes chuteraient de 162,9 millions de paquets en 2026 à 131,9 millions en 2028, soit une baisse d’environ 19 %. Parallèlement, le nombre de fumeurs diminuerait de 810 000 à 744 000, évitant près de 66 000 nouveaux cas de tabagisme d’ici 2028.

    Côté finances, les recettes d’accise passeraient de 15,2 à 38,3 milliards FCFA, générant 25 milliards FCFA supplémentaires par rapport à la situation actuelle. Pour les experts, ces chiffres prouvent qu’il n’y a pas de contradiction entre santé publique et développement économique.

    Un outil stratégique pour un système de santé plus résilient

    Dans un contexte de réduction progressive des financements internationaux, la fiscalité du tabac devient un levier crucial pour mobiliser des ressources locales. Les recettes supplémentaires pourraient servir à :

    • Financer la Couverture Sanitaire Universelle ;
    • Lancer des programmes de prévention des maladies non transmissibles ;
    • Développer des services d’aide au sevrage tabagique ;
    • Renforcer les infrastructures sanitaires ;
    • Promouvoir des campagnes de santé publique.

    Pour les participants, cette fiscalité représente l’une des rares politiques capables d’améliorer simultanément la santé des populations, de réduire les dépenses futures liées aux maladies et de consolider les finances publiques.

    Une nouvelle menace : les produits nicotiniques émergents

    Les échanges ont aussi révélé l’essor inquiétant de produits nicotiniques innovants, souvent présentés sous forme de stylos, montres connectées, bonbons ou chewing-gums. Ces articles, ciblant les jeunes via des stratégies marketing sophistiquées, créent une dépendance et exposent à des substances toxiques.

    Une vidéo projetée lors de l’atelier, montrant un adolescent utilisant une cigarette électronique dissimulée dans une montre, a marqué les esprits. L’OMS met en garde : ces produits ne sont pas anodins. Ils risquent de banaliser la consommation de nicotine chez les plus jeunes.

    Les participants ont recommandé d’anticiper leur encadrement fiscal et réglementaire avant qu’ils ne s’implantent durablement sur le marché camerounais.

    Une feuille de route pour transformer les données en actions

    À l’issue des trois jours de travaux, les participants ont adopté une série de recommandations pour ancrer ces réformes dans la réalité :

    • Hausse progressive de la taxe spécifique minimale jusqu’à 15 000 FCFA pour 1 000 cigarettes ;
    • Application uniforme de cette fiscalité aux produits importés et locaux ;
    • Renforcement du dialogue au niveau de la CEMAC sur les droits d’accise ;
    • Création d’un groupe technique national dédié à la fiscalité du tabac ;
    • Mise en place d’un système de suivi-évaluation permanent ;
    • Amélioration de la disponibilité des données fiscales et commerciales ;
    • Création accélérée d’un Fonds national de lutte contre le tabac ;
    • Développement d’un système national de traçabilité des produits du tabac.

    Ils ont aussi insisté sur la nécessité d’intensifier les campagnes de sensibilisation, notamment auprès des jeunes, d’accompagner les producteurs de tabac vers des cultures alternatives et de mettre en œuvre le Protocole pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac.

    Un engagement collectif pour l’avenir

    Le Dr Colette Taka Joro, Secrétaire Permanent du Comité National de Lutte contre la Drogue, a souligné l’importance des dialogues de haut niveau avec le gouvernement, les parlementaires et toutes les parties prenantes pour accélérer l’adoption de ces réformes.

    En clôturant l’atelier, le Dr Hassan Ben Bachir, Directeur de la Promotion de la Santé au ministère de la Santé publique, a résumé l’esprit des débats :

    « La fiscalité du tabac n’est pas qu’un outil de mobilisation des recettes. C’est un investissement dans la santé de notre population. En protégeant les jeunes contre l’initiation au tabagisme et en renforçant durablement le financement de notre système de santé, nous bâtissons l’avenir du Cameroun. Les recommandations issues de cet atelier offrent une feuille de route concrète pour transformer les données scientifiques en actions politiques au service de tous. »

    Les participants sont repartis avec une conviction commune : la fiscalité du tabac est bien plus qu’une question budgétaire. C’est un instrument de prévention, un bouclier pour les jeunes, un moteur de financement national et un investissement dans le capital humain du pays.

    Les données analysées durant l’atelier prouvent qu’une fiscalité ambitieuse peut réduire la consommation, sauver des vies, alléger le poids des maladies non transmissibles et générer des ressources substantielles pour financer les priorités sanitaires. Chaque hausse de taxe représente des milliers de vies préservées. Chaque réforme fondée sur des preuves dessine un Cameroun où moins de jeunes commencent à fumer, où les familles sont mieux protégées et où le système de santé dispose des moyens nécessaires pour répondre aux besoins de la population.

    En faisant de la fiscalité du tabac un levier stratégique de santé publique et de financement durable, le Cameroun a la possibilité d’investir dès aujourd’hui dans la santé des générations futures.

  • Nouveau siège du giaba à Abidjan : un pas majeur contre la criminalité financière

    Nouveau siège du giaba à Abidjan : un pas majeur contre la criminalité financière

    Un édifice moderne pour renforcer la lutte financière régionale

    Abidjan, Deux-Plateaux – Le ministre Adama Coulibaly, en charge de l’Économie, des Finances et du Budget, a officiellement inauguré ce mercredi le nouveau siège flambant neuf du GIABA (Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest) à Abidjan. L’événement a été marqué par la remise solennelle des clés de ce bâtiment entièrement rénové, conçu pour répondre aux enjeux contemporains de la lutte contre les flux financiers illicites.

    Un engagement fort de la Côte d’Ivoire

    Lors de la cérémonie, le ministre a souligné l’importance de cette initiative : « Nous matérialisons aujourd’hui notre engagement aux côtés du GIABA en offrant un espace dédié à l’échange d’expertises et à la coordination des actions contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Ce siège incarne la détermination de la Côte d’Ivoire à jouer un rôle central dans la stabilité financière de l’Afrique de l’Ouest. »

    Rappelons que l’accord de siège entre la Côte d’Ivoire et le GIABA a été signé en 2014 à Yamoussoukro, en marge du sommet de la CEDEAO. Cette décision s’inscrivait dans une stratégie régionale visant à créer deux pôles d’information dédiés : l’un à Lagos pour les pays anglophones, l’autre à Abidjan pour les francophones et lusophones.

    Des résultats concrets et une mobilisation collective

    Le ministre a également salué les avancées réalisées par la Côte d’Ivoire dans ce domaine. « Grâce à l’accompagnement technique du GIABA, notre pays a non seulement respecté les échéances fixées par le GAFI (Groupe d’Action Financière), mais a aussi renforcé son arsenal juridique et institutionnel pour contrer les réseaux criminels. » Il a appelé l’ensemble des acteurs publics et privés à s’unir pour tarir les ressources des organisations illicites.

    Edwin Harris Junior, Directeur général du GIABA, a exprimé sa satisfaction : « Ce nouveau siège reflète la confiance accordée à notre organisation et la volonté des autorités ivoiriennes de consolider les mécanismes régionaux de prévention. Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude au Président Alassane Ouattara et à son gouvernement pour leur soutien sans faille. »

    Un outil stratégique pour l’Afrique de l’Ouest

    Le Général Idrissa Touré, président de la CENTIF (Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières), a précisé les missions de ce centre : « Ce site servira de plateforme de formation, de recherche et de coopération pour les États francophones et lusophones. Il permettra d’amplifier les actions de sensibilisation et de renforcer les synergies entre les acteurs. »

    La cérémonie a rassemblé des représentants de haut niveau, dont les ministères des Affaires étrangères, de la Justice et du Plan, ainsi que des ambassadeurs et des partenaires internationaux comme le PNUD et l’Unicef.

  • Justice sénégalaise : la dgpu l’emporte face à atos à Dakar

    Justice sénégalaise : la dgpu l’emporte face à atos à Dakar

    justice sénégalaise : la dgpu l’emporte face à atos à Dakar

    La justice sénégalaise a rendu une décision historique en faveur de la Délégation générale à la promotion des pôles urbains (DGPU) dans son conflit avec Atos, géant européen des services numériques. Le tribunal de commerce hors classe de Dakar a condamné le groupe français, offrant ainsi à l’agence publique une victoire aux répercussions bien au-delà du cadre judiciaire. Cette affaire, suivie avec attention par les acteurs économiques de la sous-région, met en lumière l’engagement des autorités sénégalaises à faire respecter les engagements contractuels envers les prestataires étrangers.

    Une décision qui renforce le rôle de la DGPU

    La DGPU, pilier des grands projets urbains du Sénégal comme le pôle de Diamniadio, voit sa position consolidée par cette décision. Atos, dont les revenus mondiaux dépassent plusieurs milliards d’euros, est un acteur historique des solutions informatiques pour les administrations et entreprises. Le tribunal dakarois a reconnu la légitimité des revendications de l’agence publique, condamnant le groupe européen. Cette issue renforce la crédibilité de la DGPU dans son rôle de maître d’ouvrage délégué pour des projets d’envergure nationale.

    Un message clair pour les entreprises internationales

    Au-delà du litige spécifique, ce jugement envoie un signal fort aux multinationales présentes au Sénégal. Les juridictions commerciales locales traitent désormais avec la même rigueur les conflits impliquant des acteurs locaux et des groupes internationaux. Cette approche s’inscrit dans une dynamique observée dans plusieurs capitales ouest-africaines, où les États cherchent à rééquilibrer les relations contractuelles avec les fournisseurs étrangers de technologies. L’exercice souverain de la justice s’illustre ici par une application concrète du pouvoir judiciaire.

    Atos traverse par ailleurs une période difficile à l’échelle mondiale, marquée par des restructurations et des interrogations sur son avenir stratégique. Le groupe, autrefois symbole du numérique européen, subit un revers judiciaire dans une région où il ambitionnait de renforcer ses positions. Pour ses concurrents, notamment américains et asiatiques, cette affaire pourrait créer des opportunités sur un marché africain francophone en pleine structuration.

    Diamniadio : un projet phare sous le feu des projecteurs

    La DGPU pilote depuis plusieurs années la transformation du pôle urbain de Diamniadio, situé à une trentaine de kilomètres de Dakar. Ce projet, présenté comme un symbole de la modernisation sénégalaise, repose sur une infrastructure numérique complexe, incluant des systèmes de gestion urbaine et des réseaux de connectivité. Les contrats signés avec les grands intégrateurs internationaux y jouent un rôle central. Le litige avec Atos révèle les tensions inhérentes à ces marchés exigeants, où les livrables techniques et les engagements contractuels donnent souvent lieu à des désaccords.

    Le tribunal de commerce hors classe de Dakar, instance spécialisée dans les litiges économiques, confirme avec cette décision son rôle clé de régulateur de la vie économique. Sa jurisprudence est scrutée par les investisseurs étrangers, qui y voient un indicateur du climat des affaires au Sénégal. En tranchant en faveur d’une agence publique face à une multinationale, la juridiction illustre son indépendance et sa capacité à gérer des dossiers techniques complexes. Il reste à voir si Atos décidera de recourir aux voies de recours prévues par le droit sénégalais.

    Dans le contexte de la relation économique franco-sénégalaise, ce jugement intervient à un moment où Dakar affirme avec détermination ses orientations souveraines. Les nouvelles autorités sénégalaises ont multiplié les initiatives pour renégocier les équilibres hérités du passé, notamment dans les secteurs stratégiques. Le numérique, pierre angulaire de la transformation économique, occupe une place centrale dans cette refonte. En pratique, la victoire judiciaire de la DGPU pourrait inspirer d’autres structures publiques engagées dans des conflits similaires avec des prestataires étrangers.

  • Mali : la dirpa et ses bilans militaires, une communication sans fondement ?

    Mali : la dirpa et ses bilans militaires, une communication sans fondement ?

    Mali : la DIRPA et ses bilans militaires, une communication sans fondement ?

    Au Mali, la guerre ne se joue pas seulement sur les champs de bataille, mais aussi dans l’arène médiatique. Le mois dernier, la Direction de l’information et des relations publiques des Armées (DIRPA) a une fois de plus dévoilé des chiffres qui laissent pantois : près de 1 850 terroristes « neutralisés », 45 bases détruites et des centaines de véhicules réduits en cendres pour les seuls mois de juin et juillet. Une performance qui, à première vue, impressionne. Pourtant, derrière ces annonces se cache une méthode de communication aussi floue qu’inquiétante.

    Des statistiques qui défient le bon sens

    Comment une armée peut-elle comptabiliser avec une telle précision des milliers de pertes ennemies sans fournir la moindre preuve tangible ? Dans cette région d’Afrique de l’Ouest, la communication militaire semble désormais échapper à toute logique de vérification. Ni observateurs indépendants, ni journalistes, ni même des représentants de la société civile ne sont autorisés à accéder aux zones de conflit pour confirmer ces chiffres. Le terme « neutralisé », utilisé à tour de bras, reste un concept suffisamment vague pour englober aussi bien des combattants armés que des civils pris dans des opérations mal contrôlées.

    Les listes nominatives ? Aucune. Les protocoles d’identification ? Absents. Dans un contexte où les zones de combat sont hermétiquement closes aux regards extérieurs, l’amalgame entre populations locales et groupes armés devient une menace permanente. Qui peut garantir que ces bilans ne sont pas gonflés, voire totalement inventés ?

    Un décalage criant entre les annonces et la réalité

    Si les communiqués de la DIRPA laissent entrevoir une victoire imminente, la vie des Maliens raconte une tout autre histoire. Comment expliquer que les axes routiers majeurs restent sous la menace constante d’embuscades ? Pourquoi l’armée doit-elle mobiliser des ressources colossales pour protéger de simples convois de carburant si les bastions terroristes ont été éradiqués ?

    Les attaques récentes contre des positions stratégiques comme San ou Konna, ainsi que les offensives coordonnées du JNIM dans le Nord et l’Est, démentent catégoriquement l’idée d’un ennemi « fortement affaibli ». Une rhétorique qui frise l’absurde lorsque des garnisons clés sont prises pour cible. La réalité du terrain semble bien éloignée des triomphalismes affichés.

    Une stratégie de communication au service d’un récit imposé

    Cette communication militaire ne vise pas seulement à informer : elle a pour objectif de légitimer les choix politiques et sécuritaires du gouvernement malien. En mettant en avant des bilans spectaculaires, la hiérarchie militaire cherche à justifier le recours au Plan Dougoukoloko et le partenariat controversé avec le contingent russe d’Africa Corps. Des décisions coûteuses qui nécessitent une validation par les résultats.

    À Bamako, l’accès à l’information est désormais verrouillé. Toute critique ou analyse dissidente de la situation sécuritaire est systématiquement criminalisée. Résultat : un récit unique s’impose, où la victoire est toujours annoncée, mais jamais démontrée. Tant que la DIRPA privilégiera les chiffres à l’évidence, ces bilans continueront de nourrir le doute chez ceux qui subissent, au quotidien, les conséquences de cette insécurité persistante.

  • La souveraineté judiciaire au Sahel face à l’avenir de la CPI

    La souveraineté judiciaire au Sahel face à l’avenir de la CPI

    Une décision politique qui interroge la crédibilité de la justice internationale

    L’annonce récente du retrait du Tchad de la Cour pénale internationale (CPI) s’inscrit dans un mouvement plus large initié par le Mali, le Burkina Faso et le Niger en 2025. Ce choix, justifié par des critiques répétées envers le fonctionnement de l’institution, reflète une remise en cause profonde des mécanismes judiciaires internationaux par les autorités sahéliennes. Pourtant, cette démarche soulève des interrogations majeures sur les alternatives envisagées pour préserver la lutte contre l’impunité.

    Des critiques fondées, mais des solutions incomplètes

    Les gouvernements concernés dénoncent une application inégale de la justice par la CPI, évoquant notamment la concentration des procédures sur l’Afrique, tandis que des puissances mondiales échappent à son champ de compétence. Ces reproches, bien que partagés par de nombreux observateurs, ne sauraient occulter l’absence de propositions concrètes pour combler le vide laissé par un éventuel retrait. La question n’est donc pas tant de savoir si la CPI est perfectible, mais plutôt comment garantir une justice efficace une fois cette institution écartée.

    Le risque d’un affaiblissement des recours pour les victimes

    Dans les pays sahéliens, les conflits ont donné lieu à des exactions documentées par des organisations de défense des droits humains. Si le retrait de la CPI est présenté comme une mesure souveraine, il pourrait priver les victimes de mécanismes essentiels pour obtenir réparation. Amnesty International a d’ailleurs alerté sur les conséquences d’un tel choix, notamment pour les populations civiles prises dans l’étau des violences.

    Pour que la souveraineté judiciaire soit légitime, elle doit s’accompagner de garanties solides : indépendance des tribunaux, moyens suffisants et capacité à enquêter sur toutes les parties, y compris les forces étatiques. Sans ces éléments, le risque est de voir la souveraineté devenir un bouclier pour les responsables plutôt qu’un rempart pour les citoyens.

    Un retrait qui ne supprime pas les obligations immédiates

    Contrairement à une idée reçue, le départ du Statut de Rome n’a pas d’effet immédiat. Pour le Tchad, par exemple, la notification déposée en juillet 2026 n’entrera en vigueur qu’un an plus tard, maintenant ainsi les obligations légales durant cette période. De plus, les procédures engagées avant le retrait restent valables. Cette nuance est cruciale : quitter la CPI ne signifie pas échapper à la responsabilité pénale internationale.

    Vers une justice africaine : une ambition à concrétiser

    Les partisans du retrait mettent en avant la nécessité de développer des mécanismes judiciaires africains, mieux adaptés aux réalités locales. Cette perspective, bien que louable, exige des actes concrets : des juridictions nationales renforcées, des procédures transparentes et une protection effective des témoins et victimes. L’exemple du procès de Hissène Habré démontre qu’une justice continentale peut fonctionner, mais son extension dépendra de la volonté politique et des ressources allouées.

    Le véritable défi réside dans la capacité à maintenir une justice indépendante, capable de poursuivre les crimes graves, quels que soient les auteurs. Sans cela, le discours sur la souveraineté judiciaire perdra toute crédibilité.

    Les victimes, premières concernées par ce débat

    Pour les populations sahéliennes, la justice ne se limite pas à des débats institutionnels. Une famille ayant perdu un proche, une victime de violences ou une communauté déplacée attend des réponses tangibles. La CPI, malgré ses limites, représente un filet de sécurité. Son affaiblissement pourrait laisser les victimes sans recours, dans un contexte où les juridictions nationales peinent déjà à garantir l’accès à la justice.

    Un système international sous tension

    Le retrait du Tchad intervient dans une période où la CPI traverse une crise institutionnelle, marquée par des pressions extérieures et des difficultés de gouvernance. Chaque départ réduit la portée universelle de cette juridiction et risque d’encourager d’autres États à contourner les mécanismes de responsabilité internationale. Or, une justice crédible ne peut exister que si elle s’applique à tous, sans distinction de puissance ou d’influence politique.

    Construire une alternative crédible : le défi des États sahéliens

    Quitter la CPI ne doit pas être une fin en soi. Pour que les gouvernements sahéliens prouvent leur engagement envers une justice souveraine, ils devront investir dans des solutions durables :

    • Renforcer les capacités des tribunaux nationaux pour traiter les crimes les plus graves ;
    • Garantir l’indépendance des magistrats et la protection des témoins ;
    • Documenter systématiquement les violations des droits humains ;
    • Créer des mécanismes régionaux capables de poursuivre les responsables de crimes internationaux.

    Ces mesures sont indispensables pour éviter que la souveraineté ne devienne un prétexte à l’impunité. Le véritable enjeu est de construire un système où aucun acteur, qu’il soit étatique, militaire ou armé, ne puisse se soustraire à la loi.

    La souveraineté ne doit pas rimer avec impunité

    Le choix de quitter la CPI peut être présenté comme un acte de souveraineté. Mais une réelle souveraineté judiciaire se mesure à la capacité d’un État à garantir justice et réparation pour ses citoyens, sans compromis. Les gouvernements du Sahel ont désormais l’opportunité de transformer ce discours en réalité. Le défi est immense, mais les victimes de violences attendent des actes concrets.

  • Maroc : arrestation des organisateurs d’une tentative de franchissement vers Ceuta

    Maroc : arrestation des organisateurs d’une tentative de franchissement vers Ceuta

    Maroc : arrestation des organisateurs d’une tentative de franchissement vers Ceuta

    Le porte-parole du ministère marocain de l’Intérieur, Rachid El Khalfi, a confirmé l’arrestation des instigateurs d’un appel à un franchissement massif de la frontière vers Ceuta prévu le 15 août. Il a également dénoncé une campagne de désinformation sur les réseaux sociaux et appelé l’Espagne à accélérer le rapatriement des mineurs non accompagnés.

    1. Surveillance permanente et renforcée
    2. Coopération avec l’Espagne et retour des mineurs

    Les autorités marocaines ont adopté une position ferme face à toute tentative de franchissement illégal des frontières vers Ceuta et Melilla. C’est ce qu’a déclaré Rachid El Khalfi, porte-parole du ministère de l’Intérieur, après la découverte de publications et de messages anonymes sur les réseaux sociaux appelant à un assaut massif prévu le 15 août prochain.

    Dans une allocution à la presse, M. El Khalfi a confirmé que plusieurs individus ont déjà été interpellés pour incitation à l’illégalité. Ces personnes font l’objet d’une enquête judiciaire sous supervision du parquet compétent. Le ministère a souligné que ces appels exposent les participants à des risques graves pour leur sécurité et constituent une infraction punie par la loi. Les organisateurs de ces campagnes en ligne, tout comme les participants, seront traduits en justice.

    Surveillance permanente et renforcée

    Le ministère de l’Intérieur a précisé que les dispositifs de sécurité coordonnés par la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) ne se limitent pas à une date précise. Ils s’inscrivent dans une stratégie de vigilance continue et adaptative, notamment aux abords des postes-frontières de Ceuta et Melilla. Ces mesures sont ajustées en temps réel en fonction de l’évolution des menaces et des risques identifiés sur le terrain.

    Les autorités marocaines ont également appelé la population à la prudence et à ne pas se laisser influencer par des consignes jugées « trompeuses et dangereuses », rappelant que la lutte contre l’immigration irrégulière s’inscrit dans un cadre légal strict.

    Coopération avec l’Espagne et retour des mineurs

    Le communiqué officiel met en avant la nécessité d’une « responsabilité partagée » dans la lutte contre l’immigration irrégulière et les réseaux de traite d’êtres humains. À ce titre, le ministère de l’Intérieur a sollicité une accélération des procédures de rapatriement vers le Maroc des mineurs non accompagnés présents à Ceuta, afin qu’ils puissent rejoindre leurs familles.

    Rabat a réitéré l’importance du mécanisme de « reconduite immédiate », soulignant son efficacité lors d’opérations antérieures pour assurer une gestion sécurisée des frontières. Les autorités marocaines ont réaffirmé leur engagement à maintenir un niveau élevé de préparation et une coordination constante avec les partenaires espagnols, dans le respect total des dispositions légales en vigueur.