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  • Kandadji : États généraux pour relancer le chantier du barrage

    Kandadji : États généraux pour relancer le chantier du barrage

    Trois jours pour lever les verrous d’un chantier vieux de plusieurs décennies. Sous l’impulsion du président de la République Abdourahamane Tiani, le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a ouvert ce mercredi 8 juillet 2026 les États généraux de Kandadji. Un sommet politique et technique crucial où le mot d’ordre est clair : rompre avec l’enlisement.

    Niamey, le 8 juillet 2026 — La grande salle de conférence, sous son dôme, vibre d’une effervescence particulière ce mercredi matin. Autour de la table, membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), responsables institutionnels, représentants du corps diplomatique et ingénieurs et financiers du développement marquent la solennité de l’ouverture des États généraux du Programme du barrage de Kandadji.

    En lançant ces assises, le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a voulu donner un nouveau souffle à un projet longtemps embourbé. Sur instruction du président de la transition, le général d’armée Abdourahamane Tiani, ces trois jours visent, selon le gouvernement, à faire le point et à débloquer les verrous qui freinent l’avancement du chantier. « Ces assises doivent être un moment de vérité, de responsabilité et d’engagement collectif », a déclaré le chef du gouvernement lors de son discours d’ouverture.

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    Un projet ancien, des retards récurrents

    Le programme de Kandadji traîne depuis plusieurs décennies. Entre crises politiques, suspensions de financements extérieurs et difficultés logistiques, les travaux ont connu de nombreuses interruptions. Les autorités ont insisté sur la nécessité d’un audit précis de l’état des infrastructures et d’un calendrier applicatif permettant de transformer les engagements en réalisations tangibles.

    « Il ne s’agit plus de lister des promesses », a martelé le Premier ministre, appelant à lever « les obstacles qui freinent la réalisation de cet ouvrage ». Pour l’exécutif, la relance du chantier est aussi une question de souveraineté nationale — sur les plans énergétique, alimentaire et économique.

    Kandadji, priorité stratégique — mais quelles garanties ?

    Le gouvernement présente Kandadji comme un pilier de la « doctrine de résilience » nigérienne. Selon Niamey, le barrage doit réduire la dépendance électrique vis‑à‑vis des voisins, permettre le développement d’une agriculture irriguée à grande échelle face au dérèglement climatique, et assurer une gestion durable des ressources du fleuve Niger afin d’améliorer les conditions de vie des populations riveraines.

    Ces objectifs sont formulés comme des priorités politiques. Mais plusieurs acteurs extérieurs — experts en ressources hydrauliques, ONG environnementales et analystes économiques — appellent à la prudence. Ils pointent également des risques non négligeables : coûts budgétaires élevés, impacts environnementaux et sociaux liés aux zones inondées, et dépendance possible aux partenaires techniques et financiers. Sans calendrier chiffré ni plan de financement ferme, ces ambitions restent pour l’heure des promesses.

    Les quatre dossiers chauds sur la table

    Les travaux des trois jours se concentrent sur quatre axes opérationnels. D’abord l’état des infrastructures : il faudra établir un diagnostic précis de ce qui a été réalisé et des chantiers prioritaires à relancer. Ensuite, la question financière : la sécurisation des fonds et la restructuration éventuelle des budgets sont présentées comme indispensables pour accélérer les travaux.

    Troisièmement, la question sociale : la réinstallation des populations affectées par la montée des eaux exige des mécanismes de compensation et des garanties de relogement digne. Enfin, le mode de pilotage : plusieurs intervenants ont mis en avant la nécessité de repenser le cadre institutionnel chargé du projet pour lui donner davantage d’agilité et de responsabilités claires.

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    Transparence technique et défi politique

    En promouvant la « transparence technique », le pouvoir espère montrer que Kandadji est une affaire d’État et non seulement un dossier ministériel. Par ailleurs, la réussite du chantier revêt une importance capitale, faisant de ce projet un enjeu politique majeur pour la transition.

    Reste que la détermination affichée ne suffit pas : la véritable mesure du succès des États généraux sera concrète. Les indicateurs à suivre sont clairs : adoption d’un calendrier précis, engagement de financements confirmés, formulation d’un plan de réinstallation pour les populations concernées, et mise en place d’un pilotage opérationnel doté de responsabilités et de moyens. Sans ces jalons, la reprise des travaux sur le terrain risque de rester lente.

    Le peuple attend l’eau et la lumière

    Au terme des débats, les dirigeants nigériens devront transformer les paroles en actes. Pour les populations qui espèrent une amélioration rapide des conditions de vie, l’enjeu est immédiat : Kandadji n’est pas seulement un chantier d’ingénierie, c’est une promesse tangible d’accès à l’eau et à l’électricité. Mais, pour respecter cette promesse, les responsables politiques doivent assortir leurs engagements de garanties financières, environnementales et sociales, et les soumettre au suivi d’observateurs indépendants.

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  • Construction de logements au Gabon : Mays MOUISSI inspecte les sites SNI de Nkok, Essassa, Bikélé et Akanda

    Construction de logements au Gabon : Mays MOUISSI inspecte les sites SNI de Nkok, Essassa, Bikélé et Akanda

    Construction de logements au Gabon : Mays MOUISSI inspecte les sites SNI de Nkok, Essassa, Bikélé et Akanda

  • Asile politique : des diplomates burkinabè à Paris tournent le dos à Ouagadougou

    Asile politique : des diplomates burkinabè à Paris tournent le dos à Ouagadougou

    Une crise diplomatique inédite secoue l’ambassade du Burkina Faso en France

    Les autorités de transition du Burkina Faso se trouvent confrontées à une situation sans précédent : plusieurs membres du personnel diplomatique de l’ambassade de Ouagadougou à Paris ont sollicité l’asile politique auprès des autorités françaises. Ce mouvement, qui reflète une crise de confiance au sein même de l’appareil d’État, intervient dans un contexte marqué par des remaniements fréquents au sein de la diplomatie burkinabè.

    Les récentes décisions du régime militaire, notamment le rappel massif de diplomates en poste à l’étranger, ont été officiellement présentées comme une simple réorganisation administrative. Pourtant, pour les agents concernés, ces décisions s’apparentent à une rupture brutale avec leur vie professionnelle et personnelle, accumulée sur plusieurs années en France.

    Des vies bouleversées par des choix politiques

    Dans un témoignage collectif largement diffusé, les diplomates expliquent avec une sincérité poignante les raisons de leur démarche :

    « Nous avons construit notre existence ici, en France. Nos enfants sont scolarisés, nos familles sont installées. Rentrer au Burkina Faso aujourd’hui, ce serait comme sauter dans l’inconnu. C’est pourquoi nous avons choisi de demander l’asile. »

    Leur inquiétude ne se limite pas à des considérations matérielles. Elle s’étend à leur sécurité personnelle et professionnelle dans un pays où la crise sécuritaire s’aggrave. Les diplomates évoquent, sans détour, les risques liés aux réquisitions arbitraires et aux déplacements forcés dans des zones d’opérations militaires, des pratiques qui alimentent un climat de méfiance au sein de la société burkinabè.

    Un contexte sécuritaire et politique sous haute tension

    Les observateurs soulignent que cette demande d’asile survient à un moment où le Burkina Faso est en proie à une insécurité croissante. Les groupes armés non étatiques intensifient leurs actions, tandis que les autorités militaires multiplient les mesures exceptionnelles pour y faire face. Parmi ces mesures, les réquisitions de civils, souvent critiquées pour leur manque de transparence, suscitent des craintes chez les fonctionnaires rappelés au pays.

    Certains diplomates, ayant critiqué publiquement les nouvelles directives ou ayant été désignés pour des missions controversées, affirment avoir été envoyés dans des zones à haut risque sans préparation adéquate. Bien que ces allégations soient contestées par le gouvernement, elles contribuent à renforcer le sentiment d’insécurité parmi les agents de l’État, y compris ceux stationed à l’étranger.

    Une gouvernance centralisée et ses conséquences humaines

    Cette crise met en lumière les méthodes de gouvernance du capitaine Ibrahim Traoré, souvent décrites comme hypercentralisées. Les critiques dénoncent des décisions administratives brutales, prises sans égard pour les conséquences humaines qu’elles engendrent. Le rappel précipité de diplomates installés depuis des années en France illustre, selon eux, une approche où l’efficacité bureaucratique prime sur le bien-être des individus et de leurs familles.

    Pour les détracteurs du régime, ces choix politiques illustrent un mépris inquiétant pour les parcours personnels et professionnels des agents de l’État. Une absence de période de transition ou d’accompagnement social aggrave encore la situation, poussant certains à envisager l’exil comme une solution moins périlleuse que le retour au Burkina Faso.

    Un symbole politique lourd de conséquences

    La demande d’asile de diplomates burkinabè en poste à Paris dépasse le simple cadre administratif. Elle envoie un message fort : celui d’une défiance croissante envers les institutions nationales. Lorsqu’un représentant officiel de l’État choisit de se mettre sous la protection d’un autre pays plutôt que de regagner son territoire, cela interroge inévitablement sur la légitimité et la stabilité du régime en place.

    Pour le gouvernement de transition, cette affaire représente un défi majeur en termes d’image internationale. Malgré ses déclarations visant à restaurer la souveraineté nationale et la confiance des citoyens, la situation actuelle nourrit les doutes quant à la réalité des garanties offertes aux agents de l’État, y compris à ceux qui œuvrent à l’étranger.

    L’humain au cœur de la crise

    Au-delà des enjeux politiques et diplomatiques, cette affaire rappelle une réalité souvent occultée : celle des femmes et des hommes dont les vies sont directement impactées par les décisions administratives. Derrière chaque diplomate se cache une famille, des projets de vie, des espoirs parfois brisés par des choix politiques mal anticipés.

    Le témoignage de ces agents illustre une vérité simple : les décisions prises au sommet de l’État ont des répercussions concrètes sur des existences. Pour certains, l’exil devient une option légitime face à l’incertitude d’un retour au Burkina Faso, où les risques sécuritaires et politiques s’accumulent.

    Cette séquence inédite rappelle, si besoin était, que la diplomatie ne se résume pas à des rapports entre États. Elle est avant tout l’affaire d’hommes et de femmes, dont les destins se jouent parfois dans l’ombre des communiqués officiels.

  • Au Burkina Faso, quand l’état encadre la solidarité citoyenne

    Au Burkina Faso, quand l’état encadre la solidarité citoyenne

    Au Burkina Faso, l’acte de compassion, autrefois spontané, se heurte désormais à une exigence administrative. Le ministère en charge de la Solidarité nationale a instauré une règle stricte : toute initiative caritative doit désormais obtenir une autorisation préalable sous peine de sanctions. Si l’objectif affiché vise à préserver la dignité des personnes vulnérables et à lutter contre les abus en ligne, cette mesure interroge bien au-delà de ses justifications officielles. Dans un pays où la solidarité a toujours été le fait d’individus, de communautés ou d’associations, cette réglementation ne risque-t-elle pas de transformer un élan naturel en une activité suspecte, nécessitant l’aval des autorités ?

    Un contrôle administratif qui interroge la liberté d’entreprendre le bien

    À première vue, l’encadrement des collectes caritatives peut sembler justifié. Les réseaux sociaux, parfois, transforment la souffrance en spectacle, voire en opportunité de profit. Pourtant, en optant pour une approche généralisée plutôt que ciblée, les autorités prennent le risque de criminaliser toute action de solidarité non validée par l’État. Cette logique soulève une question cruciale : comment concilier la nécessité de réguler les dérives et le respect d’une liberté fondamentale, celle de venir en aide à autrui sans formalités préalables ?

    Imposer une autorisation pour tendre la main à son prochain revient à remettre en cause un principe intangible : la liberté individuelle. Dans un contexte où les autorités semblent percevoir le mal même dans les gestes les plus désintéressés, cette mesure dessine les contours d’un pouvoir qui s’arroge le droit de valider ou d’interdire l’empathie. Une telle approche ne risque-t-elle pas de saper les fondements mêmes de la cohésion sociale ?

    La société civile, un acteur essentiel marginalisé

    Dans de nombreuses situations de crise, ce sont les citoyens, les associations locales ou les communautés religieuses qui interviennent en premier. Leur réactivité repose sur leur autonomie et leur capacité à agir sans délais bureaucratiques. En soumettant cette solidarité spontanée à une validation administrative, le gouvernement risque de briser un mécanisme essentiel de résilience collective. Comment justifier que l’aide d’urgence doive attendre l’approbation d’un fonctionnaire, alors que chaque minute compte pour les personnes en détresse ?

    Cette centralisation excessive de l’action sociale révèle une méfiance croissante envers les initiatives citoyennes. En s’érigeant en arbitre unique de la bonté, l’État risque de saper les liens sociaux qui maintiennent la société burkinabè debout. La solidarité ne peut être le monopole d’une administration, aussi bien intentionnée soit-elle.

    Une politique déconnectée des réalités du terrain

    Cette décision illustre une déconnexion frappante entre les décisions politiques et les besoins concrets des populations. Le gouvernement semble ignorer que les ressources humaines et financières de l’État sont insuffisantes pour remplacer l’aide citoyenne. En interdisant les initiatives spontanées, il crée un vide que ses propres structures sont incapables de combler. Les familles vulnérables, les déplacés internes ou les communautés isolées se retrouvent ainsi privées d’un soutien essentiel, tandis que les décrets s’empilent dans les tiroirs des ministères.

    Le Burkina Faso fait face à une crise humanitaire et sécuritaire sans précédent. Dans ce contexte, chaque acteur de la solidarité compte : la diaspora, les associations locales, les groupes religieux. Les freiner au nom du contrôle administratif revient à aggraver les vulnérabilités existantes. La bureaucratie n’a pas le temps de la survie : une urgence médicale ou alimentaire ne peut attendre qu’un dossier soit traité.

    Le risque d’un effet dissuasif sur la générosité

    Cette réglementation pourrait également produire un effet pervers. Par crainte des sanctions ou des lourdeurs administratives, de nombreux citoyens pourraient renoncer à aider, par peur de s’exposer à des complications. Une société où la générosité devient un acte risqué est une société où le lien social s’effrite progressivement. Comment maintenir la cohésion nationale lorsque l’État transforme l’entraide en une activité réglementée ?

    Dignité ou invisibilisation de la souffrance ?

    Les autorités invoquent la préservation de la dignité des personnes vulnérables. Pourtant, cette notion est-elle respectée lorsque des familles sont contraintes de cacher leur détresse pour éviter les sanctions ? La dignité ne se réduit pas à une question d’image publique ; elle implique avant tout un accès rapide à l’assistance lorsque cela est nécessaire. Entre l’exposition abusive de la misère et son effacement total, il existe un équilibre à trouver, fondé sur l’éthique, la transparence et le respect des individus.

    En paralysant les élans de solidarité sous prétexte de les réguler, le pouvoir choisit de sacrifier les filets de sécurité des citoyens. Aucune garantie n’est offerte quant au remplacement effectif de cette aide par les services publics. Cette politique du contrôle absolu, au détriment de l’efficacité et de l’humanité, risque de laisser des milliers de familles sans secours, au nom d’une obsession administrative qui perd de vue l’essentiel : la survie des populations.

  • Au Togo, les 8 000 entreprises en six mois : une croissance réelle ou un leurre financier ?

    Au Togo, les 8 000 entreprises en six mois : une croissance réelle ou un leurre financier ?

    au Togo, les 8 000 entreprises en six mois : une croissance réelle ou un leurre financier ?

    Lomé affiche fièrement la création de plus de 8 000 entreprises en seulement six mois, un chiffre présenté comme un tournant économique après deux années de ralentissement. Les autorités mettent en avant la simplification administrative et les réformes du Centre de formalités des entreprises (CFE) pour expliquer ce bond spectaculaire. Pourtant, derrière cette performance statistique se cache une pratique bien connue des spécialistes de la finance opaque : l’émergence massive de sociétés écrans.

    des sociétés écrans, des coquilles vides sans substance économique

    Ouvrir une entreprise en ligne en quelques heures pour quelques milliers de francs CFA n’a rien d’une révolution administrative. Lorsque ces structures naissent par milliers sans salariés, sans locaux et avec des objectifs flous, elles ne contribuent pas à l’économie réelle : elles en sont même le contraire. Ces entités, souvent sans activité concrète, servent principalement à masquer l’identité de leurs véritables propriétaires, généralement des acteurs politiques ou des hommes d’affaires influents.

    Dans un pays où la transparence reste un défi, ces sociétés écrans fonctionnent comme des façades juridiques, idéales pour fragmenter des flux financiers douteux. Leur multiplication exponentielle n’est pas un signe de prospérité, mais plutôt une méthode sophistiquée pour détourner des fonds publics ou internationaux.

    le financement de la banque mondiale, une aubaine pour les réseaux d’escroquerie

    Ce boom des immatriculations coïncide avec l’arrivée d’un colossal financement de 200 millions de dollars accordé par la Banque mondiale pour moderniser les infrastructures logistiques du Grand Lomé. Pour détourner une telle somme sans éveiller les soupçons des auditeurs, les détournements doivent être subtils et dispersés.

    Les sociétés écrans deviennent alors des outils redoutables pour camoufler les détournements :

    • La fragmentation des contrats : Les grands projets financés par la Banque mondiale sont divisés en centaines de sous-contrats fictifs (études bidon, livraisons de matériaux inexistants, prestations informatiques inventées).
    • L’opacité juridique : En attribuant ces marchés à des dizaines de sociétés écrans gérées par des prête-noms ou des cabinets complices, les bénéficiaires réels des fonds disparaissent des radars des contrôleurs.
    • L’éparpillement des flux : Recevoir 100 000 dollars sur 500 comptes bancaires différents, chacun appartenant à une entreprise « légalement enregistrée », est la technique ultime pour vider les 200 millions de dollars sans déclencher d’alerte.

    un leurre économique aux conséquences désastreuses

    Célébrer la création de 8 000 entreprises comme un indicateur de dynamisme économique relève de l’illusion si l’État ne dispose ni des moyens ni de la volonté de vérifier leur légitimité. Si ces structures ne sont que des outils juridiques pour infiltrer la commande publique et capter l’aide internationale, le Togo ne crée pas de richesse : il perfectionne son système de blanchiment et de détournement.

    Pendant que les rapports officiels louent l’amélioration du climat des affaires, les 200 millions de dollars de la Banque mondiale risquent de se dissoudre dans ce réseau de sociétés écrans. La modernisation des infrastructures attendra ; en revanche, l’industrie de la facturation fictive, elle, tourne déjà à plein régime.

  • Le pouvoir civil sous les juntes au Niger : le cas de Lamine Zeine en question

    Le pouvoir civil sous les juntes au Niger : le cas de Lamine Zeine en question

    Un Premier ministre nigérien sous haute surveillance

    Au Niger, l’ambiguïté des transitions militaires se révèle une fois encore à travers le sort réservé à Ali Mahamane Lamine Zeine, Premier ministre de transition. Depuis plusieurs jours, une atmosphère de méfiance entoure cette figure civile, dont la garde rapprochée a été entièrement remplacée sans explication officielle. Les rares personnes autorisées à le rencontrer subissent désormais des contrôles stricts, tandis que son absence prolongée de son bureau est officiellement attribuée à une crise de paludisme. Pourtant, en coulisses, la rumeur d’une mise en résidence surveillée s’amplifie, alimentée par des spéculations persistantes sur une éventuelle démission.

    Entre sécurité et stratégie politique

    Cette situation met en lumière une réalité bien connue des régimes militaires sahéliens : l’art de la neutralisation discrète. Lorsqu’un technocrate civil ne se plie pas aux orientations stratégiques imposées par les hommes en uniforme, les dispositifs de surveillance se renforcent. Plutôt que de procéder à un limogeage public, souvent source de tensions, les juntes optent pour une exclusion progressive. Le contrôle des déplacements, la restriction des contacts et la surveillance accrue des communications deviennent alors des outils de gouvernance.

    Cette méthode présente un double avantage : elle préserve l’image d’une unité nationale factice tout en permettant aux autorités militaires de reprendre discrètement les rênes du pouvoir. Elle offre également la possibilité d’évaluer les réactions des partenaires étrangers et des différentes factions internes avant d’agir de manière plus radicale.

    L’autonomie des civils, une illusion sous contrôle

    Le cas de Lamine Zeine soulève une question cruciale : dans quelle mesure les responsables civils disposent-ils d’une réelle marge de manœuvre au sein de ces transitions militaires ? Souvent recrutés pour leur expertise économique ou leur capacité à rassurer les bailleurs de fonds, ces cadres sont généralement tenus de se soumettre sans réserve aux décisions du commandement militaire. Leur légitimité institutionnelle reste ainsi subordonnée à une loyauté politique sans faille.

    Cette dynamique n’est pas spécifique au Niger. D’autres pays de l’Alliance des États du Sahel ont connu des situations comparables. Le Mali, avec Choguel Maïga, ou le Burkina Faso, avec Apollinaire Kyélem de Tambèla, illustrent cette règle implacable : le pouvoir civil n’est toléré que tant qu’il sert d’alibi ou de caution. Dès qu’un désaccord perce, la réponse est immédiate et sans appel.

    Un message clair à l’ensemble de l’appareil d’État

    Dans ce contexte, les mesures de surveillance ne visent pas uniquement à prévenir une éventuelle contestation. Elles envoient un signal fort à tous les acteurs de l’État : aucun responsable, quelle que soit sa position, ne peut échapper à l’autorité du noyau militaire dirigeant. Le renouvellement d’une garde rapprochée, la limitation des accès ou le filtrage des communications deviennent alors des outils politiques à part entière, bien au-delà de leur fonction sécuritaire initiale.

    Pour Ali Mahamane Lamine Zeine, l’enjeu est désormais de survivre dans un système où chaque déplacement est scruté et chaque silence interprété. Plus largement, cette séquence rappelle une vérité souvent occultée : sous les juntes, la présence des civils dans l’organigramme ne garantit en rien leur autonomie réelle. Leur pouvoir reste précaire, conditionnel et entièrement soumis à l’appréciation du pouvoir militaire.

    L’illusion d’une gouvernance partagée masque ainsi une réalité plus crue : dans les régimes d’exception, la confiance accordée aux civils n’est jamais acquise, mais toujours révocable.

  • Production d’or au Burkina Faso : le défi économique de la nationalisation des mines

    Production d’or au Burkina Faso : le défi économique de la nationalisation des mines

    Le Burkina Faso mise sur l’or pour affirmer sa souveraineté économique

    En 2024, le Burkina Faso a franchi une étape historique en nationalisant deux de ses principales mines d’or : Boungou et Wahgnion. Cette décision, portée par l’État via la Société de participation minière du Burkina (SOPAMIB), visait à reprendre le contrôle de ses ressources stratégiques et à maximiser les retombées financières pour le budget national. Deux ans plus tard, Ouagadougou doit désormais relever un défi de taille : relancer des infrastructures minières en difficulté tout en gérant des coûts opérationnels explosifs.

    Des mines florissantes à la paralysie : le parcours chaotique de Boungou et Wahgnion

    En 2022, sous la gestion du groupe canadien Endeavour Mining, les deux sites affichaient une production record avec un total de 240 000 onces d’or, dont 116 000 pour Boungou et 124 000 pour Wahgnion. Cependant, la transition vers une nouvelle société d’exploitation, Lilium Mining, puis la reprise en main par l’État ont perturbé cette dynamique. Résultat : le site de Boungou est resté à l’arrêt pendant deux ans, ne reprenant son activité qu’en juillet 2025 sous pavillon public.

    Pour 2026, les autorités misent sur une reprise progressive. La SOPAMIB table sur une production de 92 000 onces pour Wahgnion, tandis que le ministère des Mines ambitionne un total cumulé dépassant 7 tonnes d’or (225 000 onces) pour les deux sites. Un objectif ambitieux, mais conditionné par un facteur clé : le financement.

    Un prêt de 45,7 millions d’euros pour moderniser l’exploitation

    Pour concrétiser ces ambitions, le gouvernement burkinabè a obtenu un prêt de 45,7 millions d’euros (30 milliards de FCFA) de la part de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD). Cette enveloppe, complétée par un apport de 3,21 milliards de FCFA (4,9 millions d’euros) de l’État, servira exclusivement à des investissements structurels :

    • Acquisition d’équipements lourds pour moderniser la flotte d’exploitation.
    • Renforcement des parcs à résidus miniers, une nécessité environnementale et technique.
    • Raccordement électrique de Wahgnion au réseau national via une ligne dédiée, réduisant ainsi la dépendance aux énergies fossiles importées.

    Réduire les coûts, un impératif pour la rentabilité

    La SOPAMIB a hérité d’un parc d’équipements vieillissant et d’une dépendance coûteuse à la sous-traitance. Selon les déclarations du ministre des Mines, Yacouba Zabré Gouba, la location de matériel et les prestations externes représentent un gouffre financier : plus de 3 milliards de FCFA (4,57 millions d’euros) par mois pour Wahgnion seul. Une situation insoutenable à long terme, même avec un cours de l’or favorable sur les marchés internationaux.

    L’achat de matériel propre et l’internalisation des opérations sont donc devenus une priorité absolue. L’État espère ainsi restaurer des marges de manœuvre financières et rentabiliser son investissement initial dans ces mines.

    Un modèle minier étatique sous surveillance

    La stratégie du Burkina Faso en matière d’exploitation aurifère est observée avec attention par ses voisins de l’Alliance des États du Sahel (AES) et les investisseurs internationaux. Dans une région où le secteur minier a longtemps été dominé par des multinationales occidentales, Ouagadougou tente de prouver qu’un modèle étatique peut être viable.

    Cependant, le succès de cette approche dépend de deux conditions essentielles :

    • Une gestion rigoureuse pour éviter les pièges de la bureaucratie ou de la mauvaise gouvernance.
    • Une sécurisation renforcée des sites et des axes logistiques, dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes.

    Entre symbole politique et réalité industrielle, le défi de la pérennité

    La nationalisation des mines de Boungou et Wahgnion a été saluée comme une victoire symbolique par une partie de la population burkinabè, avide de voir les ressources naturelles profiter directement au pays. Mais le véritable enjeu réside désormais dans la transformation de cette ambition en une entreprise publique rentable et durable.

    Si le Burkina Faso parvient à rationaliser ses coûts, stabiliser sa production et atteindre ses objectifs pour 2026, le pays pourrait inspirer un nouveau modèle de gouvernance minière en Afrique de l’Ouest. Dans le cas contraire, le rêve d’une souveraineté économique fondée sur l’or nationalisé risquerait de peser lourdement sur les finances publiques d’un État déjà sous forte pression.

  • Tchad : au Moyen

    Tchad : au Moyen

    Tchad

    Tchad : au Moyen-Chari, 247 armes saisies lors des opérations de désarmement

    Le ministre des Armées, Issaka Malloua Djamouss, s’est rendu à Sarh pour évaluer la sécurité et encourager le désarmement. 247 armes ont été récupérées lors d’opérations récentes.

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    Tchad : au Moyen-Chari, 247 armes saisies lors des opérations de désarmement

    Par Elwood Dk

    Le ministre des Armées, des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre, le Général de corps d’armée Issaka Malloua Djamouss, est arrivé ce mardi 7 juillet 2026 à Sarh, chef-lieu de la province du Moyen-Chari, dans le cadre d’une mission de travail consacrée à la sécurité.

    À son arrivée, il a été reçu à l’aéroport de Sarh par le délégué général du gouvernement auprès de la province du Moyen-Chari, Abderaman Ahmat Bargou, en présence des autorités administratives, militaires et des responsables des forces de défense et de sécurité.

    Cette mission vise à échanger avec les responsables militaires de la province, à évaluer la situation sécuritaire et à encourager les actions engagées pour renforcer la protection des populations et de leurs biens.

    Au cours de cette visite, les autorités ont présenté au ministre un lot de 247 armes, comprenant des armes de guerre et des armes artisanales, récupérées auprès de civils lors des opérations de désarmement menées ces dernières semaines par les forces de défense et de sécurité, avec l’appui de la Force mixte Tchad–République centrafricaine.

    Illustration

    Le délégué général du Gouvernement, Abderaman Ahmat Bargou, a rappelé que la province poursuit un objectif clair : « Zéro arme entre les mains des civils en 2026 et 2027. » Il a salué les efforts des forces engagées dans cette campagne de désarmement.

    Après avoir constaté l’importance des armes saisies, le ministre Issaka Malloua Djamouss a félicité les différentes forces de défense et de sécurité pour leur engagement. Il a également encouragé les autorités provinciales à poursuivre les actions destinées à garantir la paix et la stabilité dans le Moyen-Chari.

    Au cours de son séjour à Sarh, le ministre tiendra plusieurs séances de travail avec les responsables militaires et sécuritaires afin d’évaluer les défis du moment et de définir de nouvelles orientations pour renforcer la sécurité dans la province du Moyen-Chari.

  • Cameroun: pourquoi le test de paternité est entré par effraction dans les mœurs

    Cameroun: pourquoi le test de paternité est entré par effraction dans les mœurs

    Certains Camerounais ne se limitent plus aux simples déclarations de leurs conjointes leur annonçant l’arrivée imminente d’un nouveau-né dans la famille.

    Pour néanmoins rester en cohésion avec sa compagne, chacun de ces citoyens prend généralement ses responsabilités dès les premières visites prénatales jusqu’à l’accouchement. C’est bien après qu’il cherche à se rassurer s’il est effectivement parent de l’enfant qui vient de naître.

    Cette pratique a cours non seulement dans les couples d’union libre mais aussi dans les foyers où les deux époux sont liés suivant les normes édictées par le droit civil du Cameroun en matière de mariage.

    Les raisons évoquées diffèrent d’une personne à une autre avec un seul point d’encrage, éviter de se faire duper par des femmes, comme semble le penser Georges Ebanga, habitant du quartier Tsinga à Yaoundé: «Les femmes sont devenues trop ingénieuses. Pour une seule grossesse, certaines attribuent la paternité à plusieurs hommes dans le but de se faire de l’argent. Et moi j’ai donc décidé de tout vérifier parce que je suis prêt à poursuivre en justice pour abus de confiance et escroquerie, quiconque oserait me duper», a-t-il déclaré.

    Non loin de là, au quartier Bastos, c’est une victime de cette malhonnêteté que nous avons rencontrée dans un taxi de ville: «J’ai vécu douze ans avec une enfant que je croyais mienne. Un jour, sa mère est allée la remettre à son vrai géniteur. Je vous jure, j’ai failli piquer une crise. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé d’effectuer un test de parenté sur tout enfant qu’on m’attribue», a-t-il dit.

    Le test de paternité n’est pas bien perçu par touts les Camerounais qui le considèrent encore comme l’une des pratiques occidentales, loin des valeurs ancestrales africaines qui voudraient qu’un enfant appartienne à toute sa communauté et non à ses seuls parents.

    Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
    Le 08/07/2026 à 10h04
  • Diplomatie africaine : l’alliance Togo-burkinabè à l’épreuve des intérêts

    Diplomatie africaine : l’alliance Togo-burkinabè à l’épreuve des intérêts

    Une distinction honorifique récente entre le Togo et le Burkina Faso soulève des interrogations quant à la nature réelle des relations diplomatiques entre ces deux nations voisines. Le ministre des Affaires étrangères togolais s’est vu attribuer la plus haute décoration burkinabè, l’Ordre des Étalons, un titre officiel célébrant officiellement une « diplomatie d’ouverture et de solidarité ». Pourtant, derrière cette annonce se dissimule une réalité plus complexe, marquée par des choix politiques et économiques stratégiques.

    Une distinction aux motivations ambiguës

    Les cérémonies protocolaires ont mis en avant une relation bilatérale exemplaire, fondée sur des valeurs communes. Cependant, cette reconnaissance intervient dans un contexte où les intérêts économiques semblent primer sur les principes diplomatiques traditionnels. En effet, cette distinction survient après qu’un épisode politique délicat ait révélé les priorités du régime togolais.

    L’asile politique sacrifié sur l’autel des échanges commerciaux

    Le Burkina Faso, dirigé par le président Roch Marc Christian Kaboré, avait bénéficié d’un asile temporaire au Togo. Pourtant, cette hospitalité n’a pas résisté à la pression des enjeux économiques. Faure Gnassingbé, président togolais, a choisi de rompre cette solidarité en livrant ou en marginalisant l’ancien dirigeant burkinabè, au profit de nouveaux accords stratégiques avec Ouagadougou.

    Cette décision illustre une fois de plus la tendance croissante des États africains à privilégier les alliances économiques au détriment des engagements politiques ou moraux. Les régimes en quête de stabilité et de croissance économique n’hésitent pas à ajuster leurs positions diplomatiques selon les opportunités du moment.

    Une interdépendance économique au service des deux capitales

    Le rapprochement entre Lomé et Ouagadougou s’explique avant tout par une nécessité logistique partagée. Le Burkina Faso, dépourvu d’accès à la mer, dépend largement des infrastructures portuaires de ses voisins, notamment du Port autonome de Lomé. Ce corridor maritime représente un axe vital pour son approvisionnement en biens essentiels.

    Le Togo, de son côté, tire une part substantielle de ses revenus des activités de transit. La convergence des intérêts économiques a ainsi favorisé un partenariat où chaque partie y trouve son compte. Cette interdépendance, bien que mutuellement bénéfique, soulève des questions sur la durabilité et l’équilibre de ces relations.

    La diplomatie transactionnelle, nouvelle norme en Afrique de l’Ouest ?

    Cette distinction honorifique s’inscrit dans une dynamique régionale où les alliances se forgent désormais autour de la sécurité, des échanges commerciaux et des logiques logistiques. Les principes de solidarité africaine, souvent évoqués dans les discours officiels, semblent céder la place à une approche plus pragmatique, où les décisions sont dictées par des impératifs économiques immédiats.

    Les observateurs s’interrogent : cette diplomatie transactionnelle, qui place les intérêts commerciaux au cœur des relations interétatiques, est-elle en train de devenir la norme dans l’espace ouest-africain ? Le cas du Togo et du Burkina Faso en est une illustration frappante.

    Le décalage entre communication et réalité politique

    Les autorités des deux pays présentent cette distinction comme un symbole de fraternité et de coopération renforcée. Pourtant, cette narration officielle contraste avec les choix concrets effectués par le Togo, où l’asile politique a été sacrifié pour des considérations commerciales. Ce décalage entre le discours et les actes alimente les critiques et interroge sur la crédibilité des engagements pris.

    Dans ce contexte, la diplomatie africaine moderne semble osciller entre deux forces : d’un côté, l’image d’une solidarité continentale, de l’autre, la réalité d’un réalisme politique où la raison d’État prime sur les valeurs. Cette dualité nourrit un débat essentiel sur l’avenir des relations interafricaines et la place des principes éthiques dans la gouvernance régionale.

  • Renforcement des liens entre la Russie et l’AES : vers une nouvelle forme de dépendance ?

    Renforcement des liens entre la Russie et l’AES : vers une nouvelle forme de dépendance ?

    Un partenariat présenté comme une avancée souveraine

    Les ministres des Affaires étrangères de la Confédération des États du Sahel (AES) ont rencontré leur homologue russe, Sergueï Lavrov, lors d’une réunion organisée à Niamey le 8 juillet 2026. Selon les déclarations officielles, cet échange s’inscrit dans une dynamique de coopération stratégique fondée sur la souveraineté et le respect mutuel. Pourtant, cette alliance, présentée comme un choix délibéré d’autonomie, suscite des interrogations quant à ses réelles implications.

    L’ombre d’une dépendance renouvelée

    Depuis plusieurs années, les dirigeants de l’AES critiquent ouvertement l’influence persistante des anciennes puissances coloniales, notamment celle de la France, au nom de la défense de la souveraineté nationale. Cependant, remplacer un partenaire étranger par un autre ne garantit pas nécessairement une indépendance accrue. Les relations entre États, qu’elles soient bilatérales ou multilatérales, s’articulent souvent autour d’intérêts géopolitiques, économiques et stratégiques, parfois au détriment des nations concernées.

    L’influence russe au Sahel : une expansion méthodique

    La Russie étend progressivement son emprise dans la région du Sahel à travers divers canaux : coopération militaire, accords diplomatiques, échanges commerciaux, influence culturelle et médiatique. Officiellement, cette diversification des partenariats est présentée par les gouvernements de l’AES comme un acte souverain. Toutefois, certains observateurs s’interrogent sur les limites de cette influence et sur les risques de voir émerger une nouvelle forme de dépendance vis-à-vis de Moscou.

    Des partenariats motivés par des intérêts stratégiques

    Les grandes puissances n’investissent pas dans une région sans en tirer un avantage concret. Que ce soit pour sécuriser l’accès aux ressources naturelles, renforcer leur influence diplomatique ou consolider leur positionnement en Afrique, chaque alliance répond à des objectifs nationaux. La Russie ne déroge pas à cette règle : ses engagements au Sahel s’inscrivent dans une logique d’intérêts bien définis.

    Les risques d’une diplomatie déséquilibrée

    Une collaboration trop étroite avec un seul acteur international peut réduire la marge de manœuvre des États du Sahel, limiter leur capacité à diversifier leurs alliances et les exposer davantage aux tensions géopolitiques mondiales. Dans un contexte marqué par la compétition entre grandes puissances, le risque est réel de voir la région devenir un terrain de rivalité plutôt qu’un espace de coopération équilibrée.

    La souveraineté, un concept exigeant

    La souveraineté ne se limite pas au choix d’un nouveau partenaire. Elle implique la capacité d’un État à préserver son indépendance décisionnelle, à maintenir des relations équilibrées et à défendre ses intérêts sans tomber dans une logique d’alignement systématique. Cette autonomie repose sur des résultats tangibles : sécurité renforcée, développement économique, création d’emplois, transfert de savoir-faire et consolidation des institutions locales.

    Entre promesses et réalités

    Les autorités de l’AES insistent sur le caractère « mutuellement bénéfique » de leur partenariat avec la Russie. Pourtant, cette affirmation devra être évaluée à l’aune des progrès concrets. Sans améliorations durables dans les domaines de la sécurité, de l’économie et de la gouvernance, les discours sur la souveraineté risquent de n’être perçus que comme des déclarations politiques déconnectées des réalités vécues par les populations.

    L’avenir incertain d’une alliance

    Il appartient désormais au temps de révéler si cette coopération avec la Russie permettra aux pays de l’AES de renforcer leur autonomie ou si elle ne constituera qu’un simple déplacement de sphère d’influence. Pour de nombreux analystes, la véritable indépendance ne réside pas dans le changement d’un partenaire dominant, mais dans la construction d’une diplomatie capable d’interagir avec tous les acteurs internationaux sans tomber sous la dépendance de l’un d’eux.

  • Côte d’Ivoire | Transition urbaine : quand Abidjan dessine la ville durable africaine de demain

    Côte d’Ivoire | Transition urbaine : quand Abidjan dessine la ville durable africaine de demain

    Face à la croissance démographique, le Grand Abidjan fait l’objet d’une réorganisation structurelle majeure. Entre grands chantiers d’infrastructures et programmes de logements, les autorités ivoiriennes déploient une stratégie sectorielle visant à instaurer une planification urbaine plus moderne, ordonnée et sécurisée à l’horizon 2030.

    La dynamique démographique de la Côte d’Ivoire  propulse le pays à l’avant-garde de la transition urbaine en Afrique de l’Ouest. Les projections de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), estiment que le pays devrait devenir le plus urbanisé de cet espace d’ici 2030, avec un taux franchissant les 58 %. Cette accélération se traduit directement sur le terrain : selon une analyse sectorielle de l’entreprise d’ingénierie BEPCO s’appuyant sur les chiffres du ministère de la Construction, la valeur des permis de construire délivrés dans le Grand Abidjan a progressé de 18 % en glissement annuel. Pour encadrer cette croissance et limiter l’impact de la congestion urbaine, un fléau dont le coût est estimé par l’exécutif jusqu’à 5 % du revenu national, le Parlement a approuvé un budget 2026 de 123,2 milliards de FCFA alloué au ministère de la Construction. Cette stratégie s’intègre dans les priorités du PND 2026-2030 pour bâtir une métropole modernisée et interconnectée avec le reste du territoire.

    Bientôt le métro

    La transformation d’Abidjan repose sur une ambition forte : remplacer la mobilité informelle et polluante par des infrastructures de masse éco-responsables, alignées sur les exigences de la transition écologique. Au cœur de cette stratégie de décarbonation des transports, la ligne 1 du Métro d’Abidjan a franchi un cap décisif en entrant en phase d’électrification début 2026. Ce projet, mené en partenariat avec Alstom, est calibré pour transporter 500 000 passagers quotidiens d’ici sa mise en service en 2029, permettant ainsi une réduction massive de l’embouteillage mais aussi des émissions de gaz à effet de serre. Pour compléter ce maillage résilient face au défi climatique, l’exécutif mise sur la durabilité avec le déploiement d’un Bus Rapid Transit (BRT) 100 % électrique Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoiresur un corridor réservé de 20 kilomètres entre Yopougon et Bingerville. Cette solution de transport propre s’inscrit pleinement dans les objectifs de développement durable du pays, conciliant sobriété carbone et amélioration du cadre de vie des ménages.

    Mais la vision gouvernementale dépasse le seul périmètre de la capitale économique. L’objectif est de lier l’effervescence d’Abidjan à la connectivité de tout le territoire national. C’est dans cette perspective que s’inscrit le projet d’une ligne ferroviaire à grande vitesse (TGV) reliant Abidjan à Ferkessédougou. En rapprochant le grand Nord et le Sud, cette infrastructure fera de la Côte d’Ivoire le deuxième pays du continent africain à se doter d’un réseau à grande vitesse.

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    Planification sécurisée : entre ordre urbain, résilience et accès au logement

    Pour accompagner efficacement ces grands chantiers, le gouvernement mise sur une réorganisation de l’espace urbain. Les autorités appliquent désormais une politique de fermeté pour libérer les terrains nécessaires aux nouvelles infrastructures et pour empêcher les constructions illégales dans les secteurs dangereux. Cette démarche de sécurisation s’articule avec le Projet d’Assainissement et de Résilience Urbaine (PARU). Financé principalement par la Banque mondiale, le PARU progresse dans la construction de grands réseaux de drainage et le reprofilage des voies pour prémunir les quartiers d’habitation face aux risques d’inondations.

    Parallèlement à cette rigueur foncière, l’accès à un habitat formel et sécurisé constitue le second pilier de la politique d’aménagement. L’État a ainsi formalisé le projet de construction de 4 300 logements sociaux et économiques. Ces futures habitations, répondant aux normes architecturales modernes, visent à intégrer les ménages à revenus modestes et intermédiaires au tissu urbain légal. En associant rationalisation de l’espace, grands projets de transport et offre de logements dédiés, la Côte d’Ivoire est en train de structurer la croissance de sa capitale autour de critères de sécurité et d’efficacité économique.