Crise militaire au Mali : le régime d’Assimi Goïta vacille face aux offensives djihadistes

Le Mali sous pression : l’échec cuisant de la stratégie militaire d’Assimi Goïta

Le Mali traverse actuellement l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente. Depuis son accession au pouvoir par un coup d’État en 2020, puis son renforcement par un second putsch en 2021, le colonel Assimi Goïta avait érigé la sécurité nationale en priorité absolue. Pourtant, six ans plus tard, son pouvoir vacille, miné par une réalité implacable : l’incapacité à endiguer la menace djihadiste.

Mercenaires Africa Corps protégeant le régime malien

Les forces du groupe Africa Corps, engagées pour soutenir Bamako, illustrent les limites d’une stratégie militaire de plus en plus contestée.

Une offensive éclair qui révèle les failles du pouvoir

Le 25 avril, le Mali a subi une série d’attaques d’une violence inédite. Des groupes armés tels que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et le Front de libération de l’Azawad (FLA) ont frappé simultanément plusieurs positions stratégiques, y compris dans la région de Bamako. Le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, a trouvé la mort lors de ces combats. Dans le nord du pays, des villes clés comme Kidal sont tombées sous le contrôle de groupes rebelles, portant un coup dur à la crédibilité de l’armée nationale.

Cette offensive a révélé sous un jour cru l’impréparation et le manque de coordination des forces maliennes, malgré les moyens humains et matériels mobilisés. La promesse de restauration de la souveraineté territoriale s’est transformée en un échec retentissant.

Souveraineté affichée, insécurité grandissante : le paradoxe malien

Pour contrer la dépendance vis-à-vis des partenaires traditionnels, Bamako a rompu avec la France, expulsé les forces de la MINUSMA et misé sur le soutien des mercenaires russes d’Africa Corps. Officiellement, cette orientation devait permettre au Mali de retrouver sa pleine autonomie. Dans les faits, la situation sécuritaire s’est dramatiquement dégradée : les groupes jihadistes étendent leur emprise, les tensions intercommunautaires s’intensifient, et la population civile endure les conséquences d’un conflit sans fin.

Le discours souverainiste, brandi comme un bouclier politique, a surtout servi à justifier une concentration du pouvoir aux mains de la junte. Les partis d’opposition sont muselés, les médias sous surveillance, et toute voix dissidente est systématiquement réprimée. La légitimité du régime, autrefois fondée sur la promesse de stabilité, s’effrite jour après jour.

Un pouvoir assiégé, des perspectives sombres

Le Mali se trouve aujourd’hui pris en étau. Sur le plan militaire, les groupes armés démontrent une résilience et une capacité de nuisance intactes. Sur le plan politique, les divisions internes au sein de la junte et l’usure du pouvoir affaiblissent davantage le gouvernement. Les alliances fragiles, comme celle avec les mercenaires d’Africa Corps, peinent à compenser les défaillances structurelles de l’État malien.

Assimi Goïta, qui se présentait comme le sauveur de la nation, risque de laisser derrière lui un pays plus divisé et plus instable que jamais. Son incapacité à rétablir la sécurité et son entêtement à maintenir un régime autoritaire pourraient bien sceller le déclin d’un projet politique déjà sérieusement ébranlé.