L’effondrement d’une mine artisanale à Zamboï, en Centrafrique, a mis en lumière les dangers persistants qui guettent les orpailleurs du Cameroun. Ce tragique accident rappelle avec force les failles structurelles d’un secteur minier confronté à des pratiques non régulées, à l’exploitation abusive des travailleurs et à l’absence de mesures de sécurité adéquates.
Des conditions de travail extrêmement dangereuses
Dans les profondeurs des sites miniers artisanaux du Cameroun, les orpailleurs évoluent dans un environnement où chaque jour peut devenir une épreuve mortelle. Les galeries instables, les outils rudimentaires et l’absence de protections collectives transforment ces chantiers en zones à haut risque. À Bétaré-Oya, dans la région de l’Est, les travailleurs s’aventurent dans des tunnels étroits, souvent creusés à la main, sans aucun équipement de sécurité fiable.
Les rapports d’accidents se multiplient, mais les mesures correctives restent rares. Les autorités locales, débordées par l’ampleur du phénomène, peinent à imposer des normes strictes. Résultat : des effondrements comme celui de Zamboï ne surprennent plus les observateurs du secteur.
Un secteur minier sous l’emprise de l’informel
L’exploitation artisanale de l’or au Cameroun repose largement sur l’économie informelle, échappant à tout contrôle rigoureux. Les mineurs, souvent des populations rurales en quête de revenus, opèrent sans contrats, sans assurances et sans accès aux soins en cas d’accident. Leur dépendance vis-à-vis des intermédiaires – qui achètent l’or à bas prix – aggrave leur précarité.
Cette situation favorise également les dérives économiques : pillages, corruption des agents locaux et trafic d’or illégal. Les communautés environnantes, privées de retombées financières équitables, subissent les conséquences d’un système où les bénéfices profitent à une minorité.
Des initiatives locales pour tenter de réguler le marché
Face à l’urgence, certaines associations et coopératives tentent d’apporter des solutions. Des programmes de formation sur les techniques d’extraction sûres sont mis en place, tandis que des campagnes de sensibilisation alertent sur les dangers encourus. Cependant, leur impact reste limité face à l’ampleur des besoins.
Les ONG locales et internationales appellent à une réforme globale du secteur minier camerounais. Elles réclament notamment l’enregistrement obligatoire des sites, la fourniture d’équipements de protection et la mise en place de mécanismes de traçabilité pour l’or produit.
Quelles perspectives pour l’avenir ?
Le drame de Zamboï rappelle que le Cameroun doit agir rapidement pour éviter de nouveaux accidents. Une approche intégrée, combinant sécurité des mineurs, régulation du secteur et soutien aux communautés, s’impose. Sans cela, les orpailleurs continueront de payer le prix fort pour un or qui, paradoxalement, enrichit d’autres.
