Diplomatie africaine : le Togo au cœur des efforts de paix dans l’Est de la RDC
- Sécurité internationale
Dans un contexte régional marqué par une instabilité persistante, le président togolais Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur désigné par l’Union africaine pour résoudre la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo, a reçu ce 14 juillet à Lomé l’émissaire du président congolais Félix Tshisekedi, Floribert Anzuluni.
Cette rencontre s’inscrit dans une série de consultations diplomatiques visant à renforcer la coopération entre les deux pays et à examiner les défis sécuritaires auxquels fait face la région des Grands Lacs. Selon des sources proches du dossier, les discussions ont porté sur l’intensification des efforts de médiation pour mettre fin aux hostilités dans l’Est de la RDC, où la rébellion du M23, soutenue selon Kinshasa par le Rwanda, continue de menacer la stabilité régionale.
« Le président Floribert Anzuluni a salué l’engagement personnel de Faure Gnassingbé dans la recherche d’une solution durable à la crise qui secoue la région des Grands Lacs. En tant que médiateur de l’Union africaine, le chef de l’État togolais multiplie les initiatives pour favoriser un règlement pacifique du conflit », a indiqué un communiqué officiel.
L’émissaire congolais s’est rendu auparavant en Ouganda, où il a transmis un message de Félix Tshisekedi à son homologue Yoweri Museveni. Ces échanges surviennent alors que les combats s’intensifient dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où le M23 consolide ses positions malgré les appels internationaux à la cessation des hostilités.
Les pourparlers de Lomé s’ajoutent à une série d’initiatives diplomatiques récentes, incluant des rencontres à Washington et Doha, bien que ces efforts peinent encore à aboutir à un accord concret. Parallèlement, les débats sur une éventuelle révision constitutionnelle en RDC alimentent les tensions politiques internes, à deux ans de la fin du mandat de Félix Tshisekedi.
Une diplomatie régionale en pleine effervescence
Cette visite s’inscrit dans un calendrier diplomatique chargé. Kinshasa et Luanda maintiennent des consultations régulières sur les enjeux de paix et de sécurité, tandis que Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, a récemment mené des discussions avec les principales confessions religieuses de la RDC et des leaders de l’opposition.
Autre développement notable : le récent déplacement de Félix Tshisekedi à Brazzaville pour échanger avec son homologue Denis Sassou Nguesso, dans le cadre d’une dynamique de coopération sous-régionale. Ces échanges font suite à la visite d’État d’Évariste Ndayishimiye à Kinshasa, soulignant l’importance d’une approche concertée pour résoudre la crise congolaise.
Lomé, plateforme centrale des négociations
L’arrivée de Floribert Anzuluni à Lomé intervient quelques semaines après la tenue à Pya, dans la préfecture de la Kozah, d’une session technique d’évaluation du processus de paix. Organisée du 7 au 8 juin 2026 à l’initiative de Faure Gnassingbé, cette réunion avait réuni les principaux acteurs engagés dans la médiation.
Lors de cet événement, le médiateur togolais avait insisté sur la nécessité de renforcer la cohérence et la coordination entre les différents mécanismes de paix en place. « Seule une action collective et déterminée des acteurs régionaux et internationaux permettra de consolider les avancées et d’instaurer une paix durable », avait-il déclaré.
Cette session faisait écho à une réunion de haut niveau organisée les 16 et 17 janvier 2026 à Lomé, réunissant d’anciens chefs d’État, des représentants de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), ainsi que des partenaires internationaux. L’objectif : renforcer la confiance entre les parties et veiller au respect des engagements pris.
Pour Faure Gnassingbé, ces initiatives s’inscrivent dans une vision plus large de stabilisation de la région des Grands Lacs, où la paix et la sécurité restent des priorités absolues pour le développement économique et social de l’Afrique centrale.
