Un plaidoyer percutant contre l’indifférence internationale
Accueilli avec une chaleur remarquée par le président angolais João Lourenço lors de sa visite officielle à Luanda, le chef de l’État congolais Félix Tshisekedi a marqué l’histoire par un discours d’une fermeté exceptionnelle à la tribune de l’Alliance des civilisations des Nations unies. Face à une assemblée de dirigeants mondiaux, le président a dénoncé avec véhémence l’attitude passive de la communauté internationale face au drame sécuritaire qui frappe l’Est de la RDC.
Pour lui, cette crise ne se résume pas à un simple conflit régional, mais illustre une défaillance profonde de l’ordre mondial actuel. Le président congolais a catégoriquement rejeté l’idée que cette situation puisse continuer à être traitée comme un simple fait divers, soulignant que chaque jour sans action concrète aggrave la menace sur la stabilité globale.
« Non à la banalisation de la guerre » : un message sans détour
Dans un discours dépourvu de toute diplomatie feinte, Félix Tshisekedi a livré un réquisitoire sans concession contre la « banalisation de la guerre » et l’hypocrisie des grands discours internationaux. Ses mots, choisis avec une précision chirurgicale, ont résonné comme un appel à l’action :
« Nous devons rejeter cette tendance à normaliser la violence. L’indignation sans lendemain ne suffit plus. Comment accepter que le silence des conventions prenne le pas sur la justice ? Comment tolérer que le droit international ne soit plus qu’un langage vide, dépourvu de toute portée réelle ? Chaque victime mérite mieux que des hommages éphémères et des promesses oubliées. »
Le président a directement pointé du doigt l’inaction face à l’agression du Rwanda, masquée sous le couvert du groupe rebelle du M23. Selon lui, la paix ne peut se construire sur des cessez-le-feu précaires ou des résolutions sans lendemain. Pour Kinshasa, la seule issue viable repose sur la justice, la vérité et le respect absolu de la souveraineté territoriale.
Un conflit qui met à l’épreuve la crédibilité du multilatéralisme
Élargissant son propos, Félix Tshisekedi a transformé cette crise en un miroir tendu devant l’ensemble de la communauté internationale. Pour lui, la situation dans l’Est de la RDC n’est pas seulement une question africaine, mais bien un test décisif pour l’ensemble de l’ordre mondial :
« Quand une nation souveraine voit ses frontières violées sous les yeux de tous, et que ces actes restent impunis car soutenus par des États voisins, c’est toute la notion de sécurité collective qui se trouve ébranlée. Si la loi du plus fort prime sur le droit, alors aucun pays, nulle part dans le monde, ne peut se sentir en sécurité. »
Cette analyse cinglante vise à rappeler que la stabilité de la RDC conditionne celle de toute la région des Grands Lacs, et au-delà. Une instabilité prolongée dans ce pays fragilise non seulement ses voisins immédiats, mais aussi les équilibres géopolitiques bien au-delà du continent africain.
Entretiens stratégiques en marge du sommet
En coulisses, Félix Tshisekedi a échangé longuement avec João Lourenço, médiateur de l’Union africaine pour la crise en RDC. Ces discussions ont permis d’évaluer les avancées du processus de Luanda et d’envisager des pistes concrètes pour relancer les initiatives de paix. Les deux dirigeants ont réaffirmé leur volonté commune de traduire les engagements verbaux en actions tangibles sur le terrain.
Alors que la RDC assure la présidence tournante du Conseil de sécurité de l’ONU depuis juillet 2026, ce discours à Luanda marque le lancement d’une offensive diplomatique d’envergure. L’objectif ? Contraindre la communauté internationale à passer des promesses aux actes, et à reconnaître que la stabilité de la RDC est un impératif pour la paix mondiale.
