Disparition forcée de défenseurs des droits humains au Burkina Faso : Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo portés disparus

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Disparition forcée de deux militants des droits humains au Burkina Faso : Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo toujours introuvables

©Balai citoyen

Le Burkina Faso est aujourd’hui sous le feu des projecteurs en raison de la disparition forcée de deux éminents défenseurs des droits humains. Miphal Ousmane Lankoandé, sociologue et secrétaire exécutif du mouvement citoyen « Balai citoyen », ainsi qu’Amadou Sawadogo, cadre actif de ce même mouvement, ont été enlevés dans des circonstances troubles, laissant leurs proches et la communauté internationale sans nouvelles.

Contexte des enlèvements : des militants ciblés pour leurs positions critiques

Le Balai citoyen, créé en 2013, est une organisation qui milite pour une société plus juste et intègre au Burkina Faso. Ses membres, comme Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo, s’engagent activement pour les droits humains et la démocratie dans un contexte politique de plus en plus répressif.

Amadou Sawadogo a été convoqué à deux reprises au service régional de la sûreté de l’État à Ouagadougou. Lors de son interrogatoire, il aurait été contraint de révéler les domiciles de deux autres militants, désormais en clandestinité. Il a disparu le 21 mars 2025, après sa dernière convocation, sans que les autorités ne fournissent d’explications sur sa localisation.

Quant à Miphal Ousmane Lankoandé, il a été enlevé le 30 mars 2025 devant son domicile à Ouagadougou, à son retour d’une formation en Bénin. Des hommes se présentant comme des gendarmes l’ont intercepté devant son épouse. Malgré les démarches de ses avocats auprès des institutions, aucune information n’a été communiquée sur son sort.

À ce jour, Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo restent portés disparus, et leurs familles, ainsi que leurs collègues, ignorent tout de leur localisation.

Un climat répressif croissant au Burkina Faso

Ces enlèvements s’inscrivent dans un contexte de répression accrue contre les défenseurs des droits humains, les journalistes et les militants politiques au Burkina Faso. Plusieurs cas similaires ont été recensés ces derniers mois :

  • Me Guy Hervé Kam, avocat et cofondateur du Balai citoyen, arrêté en janvier 2024 à l’aéroport de Ouagadougou, puis détenu arbitrairement pour « complot et association de malfaiteurs ».
  • Rasmané Zinaba et Bassirou Badjo, enlevés de force et enrôlés dans l’armée burkinabè en février 2024, malgré une décision judiciaire les protégeant.
  • Plusieurs journalistes, dont Guezouma Sanogo, Boukary Ouoba et Luc Pagbeguem, enlevés en mars 2025 et toujours portés disparus.

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains souligne que ces pratiques s’inscrivent dans une stratégie plus large de musellement de la société civile. Les autorités militaires au pouvoir au Burkina Faso ont notamment instauré des décrets permettant la réquisition de toute personne âgée de plus de 18 ans, un outil utilisé pour cibler les opposants et les militants.

Appel à l’action : exiger la libération immédiate des deux militants

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains exhorte les autorités burkinabè à :

  1. Garantir l’intégrité physique et psychologique de Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo, ainsi que de tous les défenseurs des droits humains au Burkina Faso ;
  2. Révéler sans délai le sort et la localisation des deux militants, leur permettre de contacter leurs familles et les libérer inconditionnellement ;
  3. Mettre fin à la pratique des disparitions forcées et à l’enrôlement forcé des défenseurs des droits humains et des journalistes ;
  4. Cesser tout harcèlement judiciaire à leur encontre et garantir leur sécurité pour qu’ils puissent poursuivre leurs activités légitimes ;
  5. Respecter les libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et d’association, conformément aux normes internationales.

Voici les coordonnées des autorités à contacter pour exiger la libération des deux militants :

Il est également recommandé de contacter les représentations diplomatiques du Burkina Faso dans votre pays pour exiger la libération des deux militants.

Un appel urgent à la solidarité internationale

Les disparitions forcées de Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo rappellent la nécessité d’une mobilisation internationale pour défendre les droits humains au Burkina Faso. Chaque voix compte pour faire pression sur les autorités et exiger la fin de ces pratiques inacceptables.

Pour soutenir la cause des défenseurs des droits humains, vous pouvez contacter l’Observatoire via :

  • Email : [email protected]
  • Téléphone (FIDH) : +33 1 43 55 25 18
  • Téléphone (OMCT) : + 41 22 809 49 39

Ensemble, exigeons justice pour Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo, et protégeons ceux qui se battent pour un Burkina Faso plus libre et plus juste.