Disparition inquiétante au Mali : le fils d’un opposant enlevé à son tour
Le climat politique au Mali s’alourdit avec la disparition récente du fils de l’opposant Mountaga Tall, survenue seulement quelques semaines après l’enlèvement de ce dernier. Les avocats du militant dénoncent des agissements illégaux dans un contexte de tensions accrues entre les autorités militaires et la société civile.
Le 16 mai dernier, Cheick Mamadou Tall, fils aîné de Mountaga Tall, a disparu après avoir reçu un appel téléphonique dont les circonstances restent floues. Cette nouvelle disparition intervient après l’enlèvement de son père, Mountaga Tall, le 2 mai par des individus encagoulés, selon les témoignages de sa famille.
Les avocats du militant ont publié un communiqué exprimant leur préoccupation face à ces événements. Ils exigent la libération immédiate de Mountaga Tall et de son fils, tout en réclamant une enquête approfondie pour élucider ces disparitions. Le collectif, composé de quatre avocats, a appelé les autorités judiciaires et administratives à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir leur sécurité.
Mountaga Tall : un opposant sous haute tension
Mountaga Tall, figure majeure de la contestation politique au Mali, a été membre du mouvement M5 qui a joué un rôle clé dans la chute du président Ibrahim Boubacar Keïta en 2020. Après avoir initialement soutenu les militaires arrivés au pouvoir, il s’est progressivement distancié du régime, devenant l’un de ses détracteurs les plus virulents.
Actuellement, il assure la défense de plusieurs militaires arrêtés pour tentative de déstabilisation des institutions, tout en contestant la dissolution des partis politiques décidée par la junte. Ces prises de position lui ont valu une surveillance accrue de la part des autorités.
Contexte des tensions politiques et sécuritaires
Ces enlèvements surviennent dans un contexte particulièrement tendu au Mali. Quelques jours avant l’enlèvement de Mountaga Tall, des attaques meurtrières ont été perpétrées le 25 avril par des groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda, en collaboration avec des rebelles touaregs. Ces assauts visaient des positions stratégiques du régime militaire, accentuant les pressions sur les autorités en place.
Les défenseurs des droits humains et les opposants politiques dénoncent une restriction des libertés depuis l’arrivée au pouvoir de la junte. Les arrestations arbitraires et les disparitions forcées se multiplient, alimentant les craintes d’une dérive autoritaire.
