Bergès Mietté : « le Gabon confirme une alliance stratégique et durable avec la France »
Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema entame ce lundi 20 juillet à Paris une visite officielle auprès de son homologue français. Ce déplacement s’inscrit dans un contexte où le Gabon, pays pétrolier d’Afrique centrale, mise sur une relation bilatérale solide et pérenne avec Paris, malgré les évolutions récentes des partenariats franco-africains. Bergès Mietté, enseignant en sciences politiques à l’université internationale de Libreville, éclaire les spécificités de cette alliance unique sur le continent.
La relation entre le Gabon et la France, souvent qualifiée d’exceptionnelle, se distingue par sa stabilité et sa continuité, même dans un paysage géopolitique africain en mutation. Alors que plusieurs pays du continent réévaluent leurs accords de coopération avec l’Hexagone, Libreville maintient un dialogue privilégié avec Paris, fondé sur des décennies de partenariats économiques, sécuritaires et culturels.
Ce soutien constant s’explique en partie par les ressources naturelles du Gabon – pétrole, minerais et bois précieux – qui en font un partenaire stratégique pour la France. Mais au-delà des intérêts économiques, c’est une volonté politique commune qui semble animer cette collaboration, comme en témoigne la visite d’État du chef de l’État gabonais.
Bergès Mietté souligne que cette trajectoire de continuité n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une stratégie délibérée des deux pays. « Le Gabon incarne une approche où la coopération fructueuse l’emporte sur les ruptures ou les réajustements imposés par d’autres acteurs », explique-t-il. Une position qui contraste avec les tensions observées ailleurs en Afrique, où les relations avec la France sont parfois redéfinies.
Une alliance économique et diplomatique résiliente
Le Gabon, membre de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), entretient avec la France des liens qui dépassent le cadre traditionnel de la francophonie. Les échanges commerciaux, les investissements français dans les secteurs miniers et énergétiques, ainsi que les accords de défense, illustrent cette interdépendance.
Pour Bergès Mietté, cette relation s’inscrit dans une vision à long terme, où les deux nations misent sur la stabilité institutionnelle et la pérennité des engagements. « Contrairement à d’autres pays africains, le Gabon n’a pas connu de bouleversements majeurs dans ses alliances internationales ces dernières années », précise-t-il. Une constance qui rassure les partenaires économiques et politiques.
Le Gabon face aux défis régionaux
Alors que le Sahel et d’autres régions d’Afrique de l’Ouest traversent des périodes de turbulence, le Gabon se positionne comme un pays stable au cœur de l’Afrique centrale. Cette stabilité est un atout majeur pour attirer les investisseurs étrangers, notamment français.
Cependant, Bergès Mietté met en garde contre une autosatisfaction excessive. « Le Gabon doit continuer à diversifier ses partenariats tout en consolidant ceux avec la France », souligne-t-il. La transition énergétique, la modernisation des infrastructures et la lutte contre la corruption restent des défis à relever pour assurer un développement durable.
Perspectives d’avenir
La visite du président gabonais à Paris intervient à un moment clé, alors que la France cherche à réaffirmer son influence en Afrique sans imposer unilatéralement ses conditions. Pour le Gabon, cette rencontre pourrait être l’occasion de renforcer les accords existants et d’explorer de nouveaux domaines de collaboration, notamment dans les technologies vertes et la formation professionnelle.
En conclusion, Bergès Mietté rappelle que l’exceptionnalisme gabonais en matière de relations avec la France n’est pas un hasard, mais le résultat d’une stratégie mûrement réfléchie. « Ce partenariat, basé sur le respect mutuel et des intérêts communs, pourrait servir de modèle dans une Afrique en quête de nouvelles alliances », conclut-il.
