Le gouvernement gabonais franchit une étape décisive pour redéfinir son partenariat avec l’Union européenne dans le secteur de la pêche. Sous l’égide du ministre de la Pêche, de la Mer et de l’Économie bleue, Aimé Martial Massamba, Libreville s’apprête à engager des négociations sans précédent pour un Accord de partenariat de pêche durable (APPD) et son protocole d’application associé.
Lors du Conseil des ministres réuni à Port-Gentil, les autorités gabonaises ont officiellement validé l’ouverture des discussions. Objectif affiché : conclure un accord plus équilibré, respectueux de la souveraineté du Gabon sur ses ressources halieutiques tout en assurant leur exploitation durable. Une équipe nationale dédiée a été constituée, avec pour mission de superviser les différents cycles de négociation et de respecter un calendrier strict.
Un partenariat à réinventer après la fin de l’ancien accord
Cette initiative survient après la dénonciation, le 4 juin 2025, de l’accord de pêche en vigueur avec l’UE. Signé en juin 2021, ce protocole autorisait 33 navires européens à exploiter les ressources thonières des eaux gabonaises jusqu’au 28 juin 2026. En échange, le Gabon percevait une compensation financière annuelle d’1,6 million d’euros, complétée par les contributions des armateurs européens.
Les autorités gabonaises avaient clairement exprimé leur mécontentement. L’équilibre économique et la valorisation locale des ressources halieutiques étaient jugés insuffisants, poussant le pays à exiger un cadre renouvelé et plus avantageux.
L’UE ouverte aux discussions pour un partenariat de nouvelle génération
Dès juin 2026, l’Union européenne a confirmé sa volonté de négocier un accord de « nouvelle génération ». Bruxelles s’est déclarée prête à intégrer les préoccupations gabonaises, notamment sur la préservation des stocks et la lutte contre la pêche illégale. Une volonté de dialogue confirmée par l’ambassadrice de l’UE au Gabon, Cécile Abadie, qui a insisté sur la nécessité de privilégier les échanges constructifs pour bâtir un partenariat gagnant-gagnant.
« Mon souhait, c’est que nous puissions nous mettre autour de la table et discuter de chacun de ces points le plus rapidement et le plus efficacement possible », avait-elle déclaré lors d’un entretien.
Souveraineté, durabilité et lutte contre la pêche illégale au cœur des priorités
Le ministre Aimé Martial Massamba a défini trois axes majeurs pour les futures négociations : renforcer la souveraineté halieutique du Gabon, combattre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN), et promouvoir une économie bleue durable. Des enjeux cruciaux pour un secteur porteur de l’économie gabonaise.
L’enjeu est de taille : assurer une exploitation maîtrisée des ressources marines tout en consolidant les revenus nationaux et en préservant l’environnement. Les négociations en cours pourraient ainsi redéfinir durablement les relations économiques entre le Gabon et l’Union européenne.
