Gabon : le FDS défend une gestion équilibrée de l’eau face à l’urgence hydrique

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Dans le cadre de la gestion de la crise hydrique actuelle, le Front démocratique socialiste (FDS) a pris position face aux mesures gouvernementales annoncées pour endiguer les trafics d’eau potable. Le parti, dirigé par Anges Kevin Nzigou, reconnaît l’urgence d’une telle démarche, mais met en garde contre les risques liés à une interdiction brutale du système de distribution par camions-citernes.

Dès l’instauration de l’état d’urgence hydrique le 1er juillet, le FDS a publié un communiqué pour exprimer ses réserves. Bien que le parti approuve la nécessité de lutter contre les pratiques illégales, il souligne les conséquences potentiellement désastreuses d’une suppression immédiate du réseau de distribution alternatif. Selon lui, cette décision pourrait aggraver les difficultés d’approvisionnement des populations, notamment dans la région du Grand Libreville, où le réseau classique reste défaillant.

Une interdiction jugée contre-productive

Le FDS condamne fermement les trafics d’eau potable, qualifiant ces pratiques d’« atteinte au droit fondamental des populations ». Cependant, il estime que la réponse des autorités manque de nuance. La saisie de 55 camions-citernes et la centralisation de la distribution par les forces de sécurité sont perçues comme des mesures trop radicales, surtout dans un contexte où les alternatives ne sont pas encore pleinement opérationnelles.

Le parti met en garde : « En l’absence de solutions de substitution immédiates, cette interdiction risque d’aggraver la précarité hydrique des Gabonais ». Il s’interroge également sur la gestion de ce système par les forces de défense, soulignant l’importance d’instaurer des mécanismes de transparence et de contrôle pour éviter les abus.

Vers une régulation encadrée du secteur

Plutôt qu’une interdiction pure et simple, le FDS propose une approche progressive et régulée. Le parti suggère la mise en place d’un système d’agrément officiel pour les opérateurs de camions-citernes, accompagné de tarifs plafonnés définis en concertation avec les acteurs concernés. Il recommande également d’associer les collectivités locales et la société civile à un mécanisme de suivi pour garantir l’équité et l’efficacité des mesures.

Le FDS insiste sur la nécessité de cibler les réseaux frauduleux par des enquêtes ciblées, plutôt que de pénaliser l’ensemble des acteurs du secteur. Cette stratégie permettrait de préserver les activités légitimes tout en luttant contre les dérives.

Investir dans les infrastructures pour une solution durable

Au-delà des mesures d’urgence, le FDS appelle à une réflexion de fond sur la gestion de l’eau. Le parti plaide pour un renforcement des investissements dans les infrastructures de production et de distribution d’eau potable. Pour lui, une réponse efficace à la crise hydrique doit allier la lutte contre les pratiques illégales et l’amélioration de l’accès à l’eau pour tous.

Le communiqué du parti conclut en rappelant que « le droit à l’eau ne peut être compromis par des décisions insuffisamment préparées. Il exige une approche concertée, inclusive et adaptée aux réalités locales », signant ainsi son engagement en faveur d’une gestion équilibrée de cette ressource vitale.