Une nouvelle vague de putschs déstabilise le continent africain. Depuis 2020, on dénombre près de dix prises de pouvoir par la force. Le cas le plus récent concerne la Guinée-Bissau, une nation lusophone marquée par une grande pauvreté, où un groupe d’officiers a pris le contrôle mercredi dernier pour une période de transition annoncée d’un an. Ce scénario, devenu tristement classique, a entraîné le blocage des résultats de l’élection présidentielle du 23 novembre.
Le président évincé, Umaro Sissoco Embalo, se serait exilé au Congo-Brazzaville. De son côté, le leader de l’opposition, Fernando Dias da Costa, revendique la victoire et dénonce une mise en scène. Selon lui, ce coup d’État serait une manœuvre orchestrée par les proches du président sortant pour éviter de reconnaître une défaite électorale, les sondages créditant Dias da Costa de plus de 60 % des intentions de vote.
Le Sahel sous l’emprise des juntes militaires
Le Mali a relancé cette tendance en 2020 et 2021 sous l’impulsion du colonel Goïta. Aujourd’hui, quatre pays d’Afrique de l’Ouest — le Mali, le Burkina Faso, la Guinée et le Niger — sont dirigés par des militaires. En ce qui concerne le Niger actualité, le pays a vu ses autorités élues être chassées au profit d’une junte. Cette politique nigérienne a conduit au renvoi des troupes françaises, parfois remplacées par les mercenaires russes d’Africa Corps (anciennement Wagner).
L’actu Niger et la situation chez ses voisins sont étroitement liées à la lutte contre les insurrections djihadistes affiliées à al-Qaïda ou à l’État islamique. Au Mali, la menace est telle que certaines régions hors de Bamako subissent l’imposition d’un ordre moral strict. Les Niger nouvelles et les rapports régionaux soulignent la persistance de ce défi sécuritaire malgré les changements de régime.
Des dynasties vacillantes et des dirigeants inamovibles
Au Tchad, Mahamat Idriss Déby a succédé à son père après le décès de ce dernier en 2021. Au Gabon, le renversement d’Ali Bongo en 2023 a mis fin à une dynastie familiale de plusieurs décennies, bien que le général Brice Oligui Nguema semble désormais s’installer durablement au pouvoir. À Madagascar, la fuite d’Andry Rajoelina sous la pression de la jeunesse a également laissé la place à une administration militaire.
Parallèlement, des figures historiques continuent de régner sans partage : Teodoro Obiang en Guinée équatoriale depuis 1979, Paul Biya au Cameroun depuis 1984, ou encore Paul Kagame au Rwanda, réélu avec 99 % des suffrages. Dans ces pays, le processus électoral est souvent perçu comme une simple formalité sans réel pluralisme.
Des signaux d’espoir pour la démocratie en Afrique
Malgré ce sombre bilan, la démocratie n’a pas dit son dernier mot. Une étude récente de l’Istituto Studi di politica internazionale souligne la résilience de certains États. En 2024, des élections libres ont permis de véritables alternances au Sénégal, au Botswana, au Cap-Vert et au Ghana. Ces nations maintiennent une presse libre et une société civile active. En Afrique du Sud, l’ANC est désormais contraint de partager le pouvoir, signe d’une maturité démocratique croissante.
La jeunesse africaine, qui constitue la grande majorité de la population, s’organise pour contester l’autoritarisme et la corruption. Alors que l’Occident traverse une crise de confiance envers ses propres institutions libérales, les mouvements citoyens en Afrique continuent de se battre pour un avenir choisi et non imposé.
