Le Gabon mise sur l’écotourisme pour préparer l’après-pétrole

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Le gouvernement gabonais a présenté, fin juin 2026 à Libreville, sa Stratégie nationale de valorisation du tourisme durable et de l’artisanat. L’objectif affiché est clair : diversifier l’économie nationale et préparer la transition vers l’après-pétrole en faisant du Gabon une destination phare de l’écotourisme mondial.

Le Gabon possède des atouts naturels impressionnants pour y parvenir. Avec 88 % de son territoire couvert par la forêt équatoriale, 800 kilomètres de littoral préservé et un réseau de 13 parcs nationaux, le potentiel écotouristique est exceptionnel. De la faune sauvage du parc de Loango aux paysages majestueux de l’Ivindo, la capacité à attirer une clientèle internationale en quête de nature authentique est immense.

Par ailleurs, l’engagement environnemental du Gabon — symbolisé par ses obligations bleues et vertes — lui offre une crédibilité précieuse pour mobiliser des financements internationaux dédiés au tourisme durable.

Des obstacles structurels encore nombreux

Transformer ces richesses naturelles en une industrie touristique rentable nécessite de surmonter des défis persistants.

Le premier frein est infrastructurel : l’accès aux sites majeurs comme Lambaréné, Mayumba ou la Lopé reste difficile. Le mauvais état du réseau routier intérieur constitue le principal obstacle au développement du secteur.

Le second frein est financier. Entre le coût élevé des vols internationaux, la logistique interne complexe et l’absence de liaisons aériennes domestiques abordables, le Gabon demeure une destination chère, réservée à un tourisme de niche très sélectif.

Le troisième défi est humain. Un tourisme haut de gamme exige des standards internationaux en matière d’accueil, d’hébergement et de valorisation de l’artisanat local. Cela implique un effort massif et durable de formation professionnelle, un chantier de longue haleine.

De la vision à la mise en œuvre concrète

Le Gabon dispose des atouts naturels nécessaires pour réaliser ses ambitions. Il lui reste à bâtir d’urgence les fondations logistiques et humaines qui permettront d’exploiter ce potentiel.

Pour que cette nouvelle stratégie ne reste pas lettre morte, l’État devra privilégier l’exécution sur la communication. La réussite passera par des partenariats public-privé attractifs, capables de financer les infrastructures routières et hôtelières tout en structurant le savoir-faire local.

Si l’action suit enfin la vision, l’écotourisme au Gabon pourrait devenir un véritable moteur économique pour l’après-pétrole.