Le groupe nigérian Dangote accélère sa stratégie d’expansion au Cameroun en ciblant désormais deux secteurs clés : le pétrole et le ciment. Après avoir marqué durablement le paysage industriel local avec son usine de ciment, l’entreprise envisage un investissement massif dans les infrastructures pétrolières, notamment le stockage et le transport des produits dérivés.
un projet pétrolier d’envergure en discussion
Lors d’une rencontre officielle à Yaoundé, Devakumar Edwin, vice-président de Dangote en charge des activités pétrolières et gazières, a présenté au Premier ministre Joseph Dion Ngute les contours d’un ambitieux projet visant à renforcer les capacités logistiques du secteur énergétique camerounais. L’objectif ? Répondre à la demande croissante en infrastructures pétrolières, tout en soutenant la transition énergétique du pays.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où le Cameroun, malgré les défis récents de sa raffinerie nationale, cherche à sécuriser son approvisionnement énergétique. La Société Nationale de Raffinage (Sonara), à l’arrêt depuis un incendie en 2019, voit dans cette collaboration une opportunité de stabilisation à court terme, avant sa reconstruction complète.
le ciment, un pilier déjà bien établi
Parallèlement à ce projet pétrolier, Dangote confirme sa volonté de doubler la capacité de production de son usine de ciment à Douala. Une annonce qui reflète la confiance du groupe dans le dynamisme du secteur du BTP au Cameroun, où la demande en matériaux de construction reste soutenue. Cette expansion s’ajoute à une présence déjà solide dans le pays, consolidant ainsi la position de Dangote comme acteur incontournable de l’industrie locale.
un partenariat stratégique pour la sonara
L’arrivée du groupe nigérian dans le secteur pétrolier camerounais représente une aubaine pour la Sonara, dont la relance industrielle est estimée à plus de 700 milliards de FCFA. Le gouvernement camerounais mise sur un partenariat stratège : utiliser les ressources et l’expertise de Dangote pour stabiliser le marché énergétique à court terme, tout en préservant le projet de reconstruction de la Sonara pour garantir, à long terme, l’autonomie énergétique du pays.