Diomaye Faye et l’Assemblée nationale : une dissolution est-elle envisageable ?

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Bassirou Diomaye Faye assume publiquement sa rupture avec Ousmane Sonko et envisage sérieusement une dissolution de l’Assemblée nationale, que son ancien allié préside désormais. Une option constitutionnelle qu’il analyse comme une réponse possible aux tensions politiques actuelles.

Ousmane Sonko et Diomaye Faye

Une prérogative constitutionnelle sous surveillance

Interrogé sur la possibilité de dissoudre l’Assemblée nationale, Bassirou Diomaye Faye a répondu par une question : « Pourquoi exclure une prérogative dont on est investi par la Constitution ? » Le président sénégalais n’a ni confirmé ni infirmé cette option, mais a souligné que la décision dépendrait du contexte et de l’évolution des rapports entre les institutions. Ni dissolution ni calendrier électoral n’ont été annoncés pour l’instant.

Son raisonnement tient en une phrase : « Tout est question de nécessité ou de contexte. Le moment venu, selon ce qu’on aura en face, on décidera. » Une position qui laisse planer le doute sur ses intentions réelles tout en rappelant le poids de l’article constitutionnel.

Une rupture politique assumée face à Sonko

La possible dissolution de l’Assemblée s’inscrit dans un contexte de rupture politique clairement nommée par le chef de l’État. Bassirou Diomaye Faye a évoqué sans détour les « divergences persistantes » avec son ancien Premier ministre Ousmane Sonko, dont le limogeage a marqué un tournant. Le président a justifié cette décision par une « rupture de confiance » : « Quand cette rupture de confiance a persisté, je me suis choisi un autre Premier ministre. »

Contrairement à certaines spéculations, Diomaye Faye a tenu à préciser que les discussions avec le Fonds monétaire international n’ont pas été le seul facteur de cette séparation. Le désaccord porte également sur des sujets plus larges, dépassant le cadre des réformes économiques.

Assemblée nationale : l’ombre de Sonko pèse sur les réformes

La présidence de l’Assemblée nationale par Ousmane Sonko place ce dernier en position de force pour bloquer ou modifier les textes proposés par l’exécutif. La question d’un éventuel rejet de la loi de finances rectificative par les députés du Pastef est au cœur des tensions actuelles. Face à cette perspective, Bassirou Diomaye Faye a adopté un ton ferme : « Chacun assume ses responsabilités et le peuple arbitre. »

Le président a rejeté les accusations de trahison venues de certains membres de son ancien parti. Sa réponse est cinglante : « La seule chose que je suis susceptible de trahir, c’est mon serment. » Pour lui, l’enjeu dépasse les querelles personnelles : il s’agit de la stabilité institutionnelle du pays.

Soutien à Macky Sall à l’ONU : une stratégie diplomatique surprenante

Dans un autre registre, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé son soutien à la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. Malgré les scepticismes sur ses chances, le chef de l’État sénégalais estime que « les jeux restent ouverts » et assure discuter avec les acteurs clés du choix final.

Son argumentaire repose sur deux piliers : l’expérience internationale de Macky Sall et la représentation de l’Afrique à l’ONU. « Qui est de mieux aujourd’hui pour défendre une meilleure place de l’Afrique que le président Macky Sall ? », a-t-il interrogé. Il a également évoqué la question de la dette, soulignant que l’ancien président a « subi les affres de la dette », une expérience qu’il juge utile pour défendre une réforme de l’architecture financière mondiale.