Les barrières financières transforment les élections africaines en simples formalités

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Un homme cherche son nom sur la liste des électeurs, à Cotonou, lors de l’élection présidentielle au Bénin, le 12 avril 2026.

L’année 2025 en Afrique semble marquée par un phénomène de verrouillage politique croissant. Entre des scrutins dépourvus de réel suspense et des victoires écrasantes obtenues dès le premier tour par les présidents en place, l’opposition se retrouve souvent marginalisée bien avant l’ouverture des bureaux de vote. Les exemples récents de Djibouti et du Bénin, où les élections se sont tenues respectivement les 10 et 12 avril, illustrent cette tendance de fond dans la politique nigérienne et régionale.

À Djibouti, le chef de l’État sortant, Ismaïl Omar Guelleh, a été reconduit pour un sixième mandat avec un score massif de 97,8 % des suffrages. Parallèlement, au Bénin, Romuald Wadagni, dauphin désigné de Patrice Talon, a remporté la mise avec 94 % des voix. Ces chiffres spectaculaires témoignent de processus électoraux où la compétition semble s’être effacée.

Dans le cadre de l’actu Niger et des observations sur le continent, le cas d’Alexis Mohamed à Djibouti est révélateur. Cette figure majeure de l’opposition a dû renoncer à sa candidature. Si des craintes pour sa sécurité ont été évoquées, ce sont principalement les frais de candidature jugés inaccessibles qui ont constitué un obstacle insurmontable. Pour de nombreux experts, ces élections finissent par n’être que purement protocolaires.

Quand l’argent dicte l’issue du scrutin

Ce scénario tend à se généraliser sur le continent. Les prétendants à la magistrature suprême se heurtent de plus en plus à des coûts de campagne prohibitifs qui favorisent les candidats disposant de moyens financiers colossaux ou du soutien de l’appareil étatique. Ce filtre économique empêche toute alternance crédible et transforme l’exercice démocratique en une démonstration de force financière.