Libération massive de otages de boko haram dans le nord-est du Nigeria

Écrit par

dans

Libération de centaines d’otages enlevés par Boko Haram dans le nord-est du Nigeria

L’armée nigériane confirme la libération de 360 personnes détenues dans des conditions extrêmes par les djihadistes. Deux nourrissons n’ont pas survécu à leur longue captivité.

Un groupe de plusieurs centaines d’individus, principalement des femmes et des enfants, enlevés par le groupe terroriste Boko Haram au cours de l’année écoulée, a enfin recouvré la liberté. Cette libération, annoncée ce week-end, a été saluée par les autorités nigérianes et les représentants locaux de la région de Borno.

Depuis plus de quinze ans, le nord-est du Nigeria endure une violence ininterrompue, déclenchée par l’insurrection de Boko Haram puis celle de sa scission, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap). Ces conflits ont causé la mort de dizaines de milliers de personnes et plongé des millions d’habitants dans l’exode.

Samaila Kaigama, président de la Borno South Youth Alliance (BOSYA), a révélé avoir orchestré la libération de 416 femmes et enfants capturés dans le village de Ngoshe. Cette communauté, située à moins de dix kilomètres de la frontière camerounaise, est régulièrement ciblée par les attaques des islamistes dans les collines de Gwoza, ancienne place forte de Boko Haram.

Deux victimes innocentes succombent à l’épreuve

Malheureusement, cette libération s’accompagne d’un drame. Deux nourrissons ont péri des suites de l’épuisement accumulé pendant leur détention dans des conditions précaires. L’information a été confirmée par Daniel Bwala, porte-parole du président Bola Tinubu, qui a également validé le chiffre de 360 personnes libérées.

Les autorités militaires ont d’abord évoqué une opération de sauvetage menée grâce à des renseignements recueillis en amont. Une stratégie psychologique aurait été déployée pour semer la discorde au sein des groupes armés, facilitant ainsi l’intervention des forces nigérianes. Les otages, détenus dans des conditions inhumaines après avoir été arrachés à plusieurs localités dont Ngoshe, ont enfin pu retrouver leurs familles.

La rançon, une pratique controversée

Les responsables de BOSYA ont indiqué ne pas connaître les modalités exactes de cette libération. Leur organisation avait pourtant établi des canaux de communication entre les ravisseurs et les proches des victimes, mais aucun détail supplémentaire n’a été communiqué.

Les autorités nigérianes nient catégoriquement le versement de rançons, bien que de nombreux observateurs estiment que cette pratique reste monnaie courante, tant au niveau gouvernemental que familial. Selon un récent rapport du cabinet d’analystes SBM Intelligence, près de 1,66 million de dollars auraient été transférés entre juillet 2024 et juin 2025 à divers groupes armés du pays, incluant djihadistes, bandits et séparatistes.

Plus de publications