Une situation alarmante pour les opposants et défenseurs des droits au Mali
Les atteintes aux droits fondamentaux se multiplient au Mali, avec des enlèvements ciblés, des disparitions forcées et des appels publics à la violence contre les opposants. Ces agissements, particulièrement préoccupants dans un contexte de crise sécuritaire, menacent gravement l’état de droit et la stabilité du pays.
Des personnalités politiques enlevées à Bamako
Entre les 2 et 5 mai 2026, trois figures majeures de l’opposition ont été enlevées dans la capitale malienne. Parmi elles, Me Mountaga Tall, avocat emblématique de la démocratie, Moussa Djiré (Abba), dirigeant du mouvement Yiriba 223, et Youssouf Daba Diawara, ancien membre de la Coordination des mouvements de l’imam Mahmoud Dicko. Leurs lieux de détention restent inconnus, et leur sécurité suscite de vives inquiétudes.
Les méthodes employées rappellent celles attribuées à l’Agence nationale de la sécurité d’État (ANSE), déjà impliquée dans des cas similaires depuis 2021. Pourtant, aucune enquête judiciaire n’a été ouverte à ce jour pour faire la lumière sur ces disparitions.
Montée des discours de haine et impunité
La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) dénonce également la prolifération des appels à la violence sur les réseaux sociaux, notamment de la part d’activistes proches des autorités militaires. Journalistes, défenseurs des droits humains et leurs familles subissent des menaces de mort, des campagnes de dénigrement et des appels à la déchéance de nationalité.
Lors des funérailles du général Sadio Camara, tué lors des attaques du 25 avril, un membre du Conseil national de transition (CNT) a publiquement appelé à « tuer » et à « priver de nationalité » les critiques vivant à l’étranger. Malgré un communiqué du procureur condamnant ces propos, aucune mesure concrète n’a été prise contre leurs auteurs.
Contexte de répression généralisée
Ces violations s’inscrivent dans une dérive autoritaire depuis les coups d’État de 2020 et 2021. Les partis politiques ont été dissous en mai 2025, en violation de la Constitution malienne. La FIDH appelle les autorités à mettre fin aux détentions arbitraires, à ouvrir des enquêtes indépendantes et à respecter les libertés fondamentales.
Condamnation des exactions des groupes armés
Les attaques des 25 et 26 avril, revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA), ont causé de nombreuses victimes civiles et militaires. La FIDH condamne ces exactions, ainsi que les violations du droit international humanitaire commises par ces groupes. Elle réitère aussi son appel à toutes les parties pour le respect des droits humains et la protection des populations civiles.
Face à cette crise sécuritaire et politique, la communauté internationale est invitée à renforcer son action pour des solutions durables au Sahel, afin de préserver les droits fondamentaux et la sécurité des populations.
La FIDH exige des autorités maliennes qu’elles agissent sans délai pour faire cesser ces pratiques et garantir la protection des personnes enlevées et des voix dissidentes.
