Niger : une société nationale d’uranium remplace orano après 47 ans de partenariat

Le gouvernement nigérien a acté la fin définitive du partenariat historique avec Orano Mining en nationalisant les concessions uranifères du pays. Une décision prise lors du dernier Conseil des ministres, présidé par le général Abdourahamane Tiani, pour donner naissance à une entreprise publique dédiée à l’exploitation de l’uranium.

Une nouvelle entité, baptisée TSUMCO SA (Teloua Safeguarding Uranium Mining Company), voit le jour pour reprendre les activités de la Société des mines de l’Aïr (SOMAIR), elle-même nationalisée en juin 2025. Ce changement marque l’arrêt du contrat d’exploitation de 75 ans, signé en 1978, qui liait Niamey à Orano Mining sur le site d’Arlit. Le nom Teloua, choisi pour cette compagnie, rend hommage à une nappe phréatique locale et symbolise la volonté des autorités de corriger les impacts environnementaux laissés par des décennies d’exploitation minière intensive.

Dans un communiqué officiel, le gouvernement nigérien souligne les conséquences dramatiques des activités minières sur les sols, les ressources hydriques et les écosystèmes du Sahara, notamment autour des anciennes mines comme COMINAK, exploitée par Orano jusqu’en 2021.

un conflit juridique prolongé avec le groupe français

La rupture avec Orano ne se limite pas à une simple nationalisation. Depuis plusieurs mois, Niamey et le groupe français s’affrontent sur le plan juridique. En août 2024, une ordonnance a instauré une redevance superficiaire de 25 millions de francs CFA par km² et par an sur les zones non exploitées de la concession d’Arlit. Orano Mining, accusé de ne pas s’être acquitté de cette obligation, a reçu une mise en demeure en septembre 2025. L’absence de régularisation a conduit les autorités à annuler définitivement son titre d’exploitation.

Le ministre nigérien des Mines, Ousmane Abarchi, dénonce un « harcèlement judiciaire » de la part du groupe français, qui multiplie les recours pour bloquer les exportations d’uranium nigérien. Cette stratégie, selon lui, vise à maintenir une pression économique sur l’État nigérien, dans un contexte déjà tendu entre les deux pays sur les plans sécuritaire, économique et géostratégique.

Avec la création de TSUMCO SA, le Niger franchit une nouvelle étape dans sa souveraineté minière, tout en s’engageant à restaurer les sites dégradés et à rééquilibrer les retombées économiques de l’uranium en faveur de ses populations.