Le nouvel ambassadeur de France au Maroc expose sa vision diplomatique au Forum de Paris sur la paix
À peine nommé à son poste, Philippe Lalliot a marqué son arrivée par une intervention remarquée lors du Forum de Paris sur la paix, organisé à l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) de Rabat. Cette prise de parole, survenue juste après la remise officielle de ses lettres de créance, a permis au diplomate de présenter une approche bilatérale ambitieuse, articulée autour de trois axes majeurs : le respect du droit international, une coopération renforcée dans le domaine de l’eau et une préparation active des prochaines étapes de la relation franco-marocaine.
Une défense sans réserve du droit international
Face aux défis géopolitiques actuels, Philippe Lalliot n’a pas hésité à réaffirmer avec force la nécessité de préserver les principes fondamentaux du droit international. « Ce droit n’est pas un concept abstrait : il représente le bouclier des nations les moins armées et la condition sine qua non de la paix mondiale », a-t-il souligné devant un auditoire composé de diplomates et d’experts. Selon lui, ces principes ne doivent pas être considérés comme un simple idéal, mais comme le fondement même de la stabilité internationale.
Le diplomate a insisté sur l’urgence d’agir collectivement pour défendre ces règles, notamment dans un contexte marqué par des crises multiples et des transitions majeures. « Nous avons ici, à Rabat, l’opportunité de transformer nos ambitions en actions concrètes », a-t-il déclaré, insistant sur le rôle central des partenariats bilatéraux pour relever ces défis.
La gestion de l’eau, pierre angulaire de la coopération franco-marocaine
Pour illustrer sa vision d’une diplomatie pragmatique, Philippe Lalliot a évoqué un projet concret lancé en collaboration avec le Maroc et plusieurs partenaires européens. Ce programme, doté d’un budget de près de 350 millions d’euros, vise à soutenir la stratégie nationale marocaine en matière de gestion des ressources hydriques. « Ce partenariat illustre parfaitement la méthode que la France et le Maroc souhaitent promouvoir », a-t-il expliqué.
Les objectifs de ce projet sont multiples :
- Améliorer la connaissance des ressources en eau, notamment des nappes phréatiques ;
- Développer des stratégies de gestion concertée des risques liés à l’eau, comme les inondations ;
- Promouvoir la réutilisation des eaux usées pour répondre aux enjeux de souveraineté hydrique.
Ce programme s’inscrit dans une logique de souveraineté partagée, où la France et le Maroc unissent leurs expertises pour répondre à un enjeu stratégique pour le Royaume.
Une méthode diplomatique appelée à inspirer d’autres partenariats
Philippe Lalliot a présenté cette approche comme un modèle à suivre, soulignant que la France et le Maroc, grâce à leur histoire commune et à leur vision alignée sur les grands enjeux mondiaux, ont un rôle clé à jouer. « Nous avons la responsabilité de montrer l’exemple en rassemblant les acteurs autour de projets ambitieux et réalistes », a-t-il affirmé.
Cette méthode, qualifiée de « franco-marocaine », repose sur l’idée que les défis globaux ne peuvent être relevés qu’à travers une coopération étroite et une volonté politique commune. Elle s’articule autour de trois principes :
- Le respect inconditionnel du droit international ;
- L’engagement dans des projets concrets et mesurables ;
- La préparation rigoureuse des échéances diplomatiques à venir.
Alors que les discussions sur la sécurité alimentaire et énergétique s’intensifient en prévision du G7 d’Évian, cette initiative franco-marocaine pourrait bien servir de référence pour d’autres nations.
