Une refonte majeure de l’exécutif béninois
L’arrivée de Romuald Wadagni à la présidence du Bénin marque un tournant dans la gestion des affaires publiques. Dès son tout premier Conseil des ministres, organisé le 28 mai 2026, il a imposé une révision profonde des modalités de fonctionnement de l’exécutif. Cette initiative, présentée comme un saut qualitatif, bouleverse les habitudes institutionnelles établies depuis des décennies.
La fin de la routine hebdomadaire
Le président Wadagni a décidé de mettre fin à la pratique des Conseils des ministres hebdomadaires, une tradition jusqu’alors incontestée. Désormais, l’ensemble du gouvernement ne se réunira plus qu’une fois par mois, précisément le premier mercredi. Cette réforme ambitieuse vise à substituer à l’immédiateté une approche plus réfléchie et stratégique, centrée sur une gouvernance de long terme.
Pour préserver la réactivité nécessaire face aux situations exceptionnelles, le chef de l’État a précisé que des réunions extraordinaires pourraient être convoquées en urgence, sans délai fixe.
Une architecture décisionnelle repensée
Cette restructuration ne se limite pas à une simple réduction de la fréquence des réunions. Elle s’accompagne d’une refonte organisationnelle en trois volets, conçue pour renforcer l’efficacité administrative et la coordination interministérielle :
- Conseil des ministres (mensuel) : Instance suprême de prise de décision, dédiée aux grandes orientations politiques, aux décrets nationaux et aux arbitrages stratégiques.
- Réunions interministérielles (bimensuelles) : Espaces dédiés à la coordination transversale, permettant aux ministres de traiter conjointement les dossiers nécessitant une collaboration entre plusieurs secteurs.
- Conseils sectoriels : Structures agiles et spécialisées, chargées du suivi opérationnel des projets et de la résolution ciblée des défis propres à chaque ministère.
Vers une gouvernance axée sur l’exécution
En substituant aux réunions plénières hebdomadaires des échanges plus ciblés, cette réforme ambitionne de redonner aux membres du gouvernement une marge de manœuvre opérationnelle. L’objectif affiché est double : réduire le temps consacré à la préparation des Conseils et accélérer la mise en œuvre des réformes sur le terrain.
Un observateur avisé de la scène politique béninoise résume cette initiative : « Il s’agit de rompre avec une logique où le Conseil des ministres se contente d’entériner des décisions déjà prises ailleurs, pour en faire un lieu d’impulsion stratégique et de pilotage performant. »
Cette réorganisation institutionnelle ouvre une nouvelle page dans la gestion publique du pays. Son succès dépendra, dans les mois à venir, de la capacité de l’administration à s’approprier ce rythme inédit et à en tirer pleinement parti.
