Ouagadougou réclame une refonte profonde de l’Union africaine
Lors d’un entretien exclusif avec le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahamoud Ali Youssouf, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a plaidé pour une transformation radicale de l’institution continentale. Cette rencontre, qui s’inscrit dans le cadre d’une tournée officielle dans les trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), avait pour objectif d’évaluer l’état des relations entre Ouagadougou et l’UA.
Les discussions ont porté sur plusieurs enjeux cruciaux : la situation sécuritaire au Burkina Faso, les dynamiques régionales avec les pays voisins et les négociations en cours entre la CEDEAO et l’AES. Les échanges ont également permis d’aborder les réformes structurelles nécessaires au sein de l’UA, jugées indispensables pour restaurer la confiance entre l’organisation et les États membres.
Mahamoud Ali Youssouf a souligné que cette visite s’inscrivait dans une volonté de renforcer la coopération entre l’UA et le Burkina Faso. Il a présenté la stratégie de l’Union, articulée autour de trois axes majeurs : la gouvernance, la sécurité et le développement. L’objectif ? Accélérer l’opérationnalisation des agences spécialisées de l’UA sur le terrain et lancer des projets concrets pour améliorer le quotidien des populations locales.
L’AES, une réponse à l’absence de solidarité continentale
En réponse, Karamoko Jean Marie Traoré a retracé l’histoire de la création de l’AES, née d’un manque de solidarité africaine face aux crises sécuritaires répétées. Pour briser ce cycle, il a appelé l’UA à engager des réformes profondes et audacieuses, capables de mettre fin aux frustrations des États contraints de prendre en main leur propre sécurité.
Le chef de la diplomatie burkinabè a détaillé son vision d’une UA modernisée, en insistant sur deux priorités : l’autonomie financière de l’organisation, indispensable pour garantir sa liberté décisionnelle, et une communication offensive pour contrer les narratives négatives et valoriser les avancées des États membres.
Enfin, il a plaidé pour une diplomatie plus inclusive, fondée sur la proximité et la participation active de tous les acteurs africains. Une approche qu’il juge essentielle pour redonner un nouveau souffle à l’Union africaine.
