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  • Répression croissante des juntes militaires au Sahel et en Afrique de l’Ouest

    Répression croissante des juntes militaires au Sahel et en Afrique de l’Ouest

    Une année 2025 marquée par l’intensification de la répression dans la région

    En 2025, les dirigeants de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, notamment au Sahel, ont significativement accru leur emprise sur le pouvoir tout en resserrant l’étau sur les libertés fondamentales. Cette tendance, déjà alarmante, s’est traduite par une multiplication des mesures répressives contre les citoyens et les institutions démocratiques.

    Les juntes militaires au Sahel et en Afrique de l’Ouest ont poursuivi leur stratégie de restriction des libertés, tout en affaiblissant les mécanismes de reddition des comptes. Cette dynamique s’accompagne d’une montée des violences perpétrées par les groupes armés islamistes, en parallèle d’une répression systématique des opposants et des médias indépendants.

    Des actions répressives ciblant les droits humains et les libertés fondamentales

    Les juntes militaires installées au Sahel ont accentué leurs mesures autoritaires, réduisant drastiquement l’espace politique et démocratique. Selon les experts, cette tendance s’inscrit dans une logique de consolidation du pouvoir, au mépris des promesses de transition vers la démocratie.

    « Les dirigeants des juntes militaires au Sahel ignorent délibérément les engagements pris en faveur de la démocratie et multiplient les restrictions contre la liberté d’expression et les droits fondamentaux », souligne un responsable de Human Rights Watch. « Il est urgent que la communauté internationale intervienne pour protéger les citoyens et rétablir l’État de droit ».

    Des violations des droits humains en hausse au Sahel et en Afrique de l’Ouest

    Le rapport de Human Rights Watch met en lumière une recrudescences des exactions dans plusieurs pays de la région. Les groupes armés islamistes, tels que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et l’État islamique au Sahel (EIS), ont multiplié les attaques contre les populations civiles, notamment au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Dans le même temps, les forces gouvernementales et leurs alliés, comme le groupe Wagner (devenu « Africa Corps »), ont été accusés de violations graves, notamment des exécutions sommaires de civils peuls.

    Des mesures autoritaires pour étouffer toute opposition

    Les autorités du Niger, du Mali et du Tchad ont adopté des décisions controversées pour consolider leur pouvoir. Parmi ces mesures :

    • Prolongation de cinq ans des périodes de transition vers la démocratie au Niger et au Mali, accompagnée de l’interdiction du multipartisme ;
    • Abolition de la limitation du nombre de mandats présidentiels au Tchad ;
    • Restriction accrue de la liberté d’expression et des médias, avec des arrestations arbitraires de journalistes, d’activistes et de critiques des juntes. Au Burkina Faso et au Mali, des opposants politiques et des figures critiques ont été détenus ou soumis à des disparitions forcées.

    Au Nigeria, les autorités ont intensifié la répression des utilisateurs de réseaux sociaux et des journalistes, en s’appuyant sur une interprétation extensive de la loi sur la cybercriminalité. Des personnalités politiques et des anciens dirigeants, comme l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum, restent détenus sans procès. Au Tchad, l’ancien Premier ministre et opposant Succès Masra a été condamné à 20 ans de prison pour des motifs politiques.

    Un désengagement des institutions régionales et internationales

    Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont accéléré leur retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la Cour pénale internationale (CPI). Cette stratégie, en plus de fragiliser l’accès à la justice pour les victimes, affaiblit davantage les mécanismes de protection des droits humains dans la région.

    Face à cette situation critique, les organisations régionales et internationales, dont l’Union africaine, sont appelées à renforcer leurs efforts pour protéger les civils et faire respecter les droits fondamentaux. La communauté internationale doit impérativement agir pour contrer cette dérive autoritaire et garantir la sécurité des populations.

  • Stratégie américaine au Sahel : sécurité et commerce comme piliers

    Stratégie américaine au Sahel : sécurité et commerce comme piliers

    Stratégie américaine au Sahel : sécurité et commerce comme piliers

    Dr Gnaka Lagoke, maître de conférences en Histoire et Études Panafricaines à l'Université Lincoln en Pennsylvanie

    La récente mission de Nick Checker, chef du Bureau des affaires africaines au département d’État américain, au Mali, symbolise un retour en force de Washington dans les dynamiques du Sahel. Cette visite s’inscrit dans une stratégie révisée de la politique américaine en Afrique de l’Ouest, articulée autour de trois axes majeurs : une diplomatie économique centrée sur l’exploitation des ressources minières, un renforcement des partenariats sécuritaires avec une présence militaire adaptative, et une réorientation des aides humanitaires vers des collaborations ciblées à la fois économiques et sécuritaires.

    Analyse avec le Dr Gnaka Lagoke

    Changements sous l’administration Trump : un virage stratégique

    DW : Dr Gnaka Lagoke, comment interpréter la visite de Nick Checker au Mali et ses entretiens avec les autorités maliennes et le président Assimi Goïta ? Quelles évolutions marquent la politique étrangère américaine au Sahel et en Afrique de l’Ouest sous l’administration Trump ?

    Le coup d’État au Niger, qui a renversé le président Bazoum, a révélé une divergence notable entre les réactions des États-Unis et celles de la France. Contrairement à Paris, qui a tenté de mobiliser une intervention militaire pour rétablir Bazoum, Washington a adopté une approche plus mesurée. Cette position a été renforcée lorsque les nouvelles autorités nigériennes ont demandé le départ des troupes américaines du pays, sans que les États-Unis ne s’engagent dans un conflit ouvert.

    Avec la montée des tensions entre les grandes puissances comme la Russie et la Chine, l’administration américaine a été encouragée par ses experts à recentrer sa politique sur deux axes principaux : la sécurité et l’économie. Le Sahel, riche en ressources stratégiques, constitue un enjeu majeur pour les États-Unis, qui cherchent à sécuriser des approvisionnements essentiels. Cette logique s’applique également à d’autres régions comme le Venezuela, l’Iran ou encore la République Démocratique du Congo.

    Le Nigeria, nouveau partenaire privilégié des États-Unis en Afrique de l’Ouest

    DW : Pourquoi les États-Unis privilégient-ils désormais le Nigeria comme partenaire en Afrique de l’Ouest, maintenant que leurs bases militaires au Niger ne sont plus permanentes ?

    L’administration Trump a justifié son intervention au Nigeria par la nécessité de protéger les populations chrétiennes, selon ses propres termes, menacées par des groupes islamistes. Cependant, cette intervention, limitée à quelques frappes aériennes, n’a pas suffi à éradiquer les bases des insurgés. De nombreux analystes estiment que les véritables motivations sont davantage liées aux ressources naturelles du Nigeria, notamment le pétrole et d’autres minerais stratégiques. Cette approche illustre la volonté américaine de conjuguer sécurité et intérêts économiques dans la région.

    Cette stratégie pourrait également conduire au déploiement de nouvelles bases militaires au Sahel. Les bases précédemment situées au Niger auraient été déplacées vers le Bénin et la Côte d’Ivoire.

    Avantages pour les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) dans leur coopération avec les États-Unis

    DW : Quels bénéfices les pays membres de l’AES pourraient-ils tirer d’une collaboration avec les États-Unis sous Trump ?

    L’un des principaux atouts offerts par Washington réside dans la possibilité de négociation qu’il propose aux pays de l’AES. Ces derniers ont été perçus comme des parias par la France et l’Union européenne, ce qui rend cette ouverture américaine particulièrement attrayante. Par ailleurs, dans le contexte des tensions entre l’Occident et les pays des BRICS, les États-Unis offrent aux pays africains une alternative stratégique.

    Les États-Unis pourraient ainsi tirer parti des frictions entre l’Afrique et l’Union européenne pour promouvoir leurs propres intérêts. Cependant, ils mettent en avant un discours de respect de la souveraineté des pays de l’AES, un message qui trouve un écho favorable auprès des populations locales.

    Cependant, des informations indiquent l’existence de réseaux impliquant la France, les États-Unis et d’autres acteurs, visant potentiellement un changement de régime au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Cette situation soulève des questions sur la sincérité des intentions américaines, dont la duplicité ne sera révélée que par l’histoire.

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  • Situation des droits humains au Tchad en 2026 : restrictions et tensions

    Situation des droits humains au Tchad en 2026 : restrictions et tensions

    Évolution politique et restrictions démocratiques

    En 2025, le président Mahamat Idriss Déby a renforcé son emprise sur le pouvoir après sa réélection controversée en 2024, marquée par des accusations d’irrégularités électorales de la part de l’opposition. Les réformes constitutionnelles adoptées cette même année ont supprimé les limites des mandats présidentiels et prolongé la durée des mandats de cinq à sept ans, offrant à Mahamat Idriss Déby la possibilité de rester au pouvoir indéfiniment, à condition d’organiser un scrutin tous les sept ans.

    L’opposition politique a subi une répression accrue. Succès Masra, figure majeure de l’opposition après avoir contesté les résultats de 2024, a été arrêté puis condamné à vingt ans de prison pour des accusations liées à des violences intercommunautaires. Des militants, des membres de son parti et des journalistes ont également été victimes d’intimidations et d’arrestations arbitraires.

    Une loi d’amnistie, adoptée en 2025, protège les responsables des violences commises lors des manifestations d’octobre 2022, empêchant toute avancée sur le front de la justice et de la vérité.

    Violences intercommunautaires et crises humanitaires

    Les tensions entre éleveurs nomades et agriculteurs sédentaires se sont intensifiées en 2025, notamment dans le sud et l’est du Tchad. Ces conflits, exacerbés par la pression démographique, la raréfaction des terres arables et les aléas climatiques, ont causé des dizaines de morts et aggravé la crise humanitaire. De plus, l’afflux de réfugiés en provenance du Soudan voisin a mis à rude épreuve les capacités d’accueil du pays, déjà fragilisées par les inondations dévastatrices de fin 2024 et début 2025.

    Parmi les incidents les plus graves :

    • À Mandakao (Logone-Occidental), des affrontements liés à des litiges fonciers ont fait 41 morts et six blessés en mai 2025.
    • À Orégomel (Mayo-Kebbi Ouest), des violences interethniques ont coûté la vie à 17 personnes, dont des femmes et des enfants, en juin 2025.
    • Dans la province du Ouaddaï, des affrontements tribaux ont fait près de vingt morts et seize blessés en juin 2025.

    Ces événements illustrent une tendance alarmante, avec une augmentation des violences entre communautés, malgré les promesses des autorités de résoudre les causes profondes de ces conflits.

    Répression de l’opposition et instrumentalisation de la justice

    L’arrestation de Succès Masra en mai 2025, accusé d’incitation à la haine et de complicité de meurtre via les réseaux sociaux, a marqué un tournant dans la répression de l’opposition. Condamné à vingt ans de prison en août 2025, son procès expéditif a été largement critiqué pour son manque de transparence et son non-respect de l’accord de Kinshasa (octobre 2023), qui garantissait sa protection et celle de son parti.

    Par ailleurs, les autorités tchadiennes ont maintenu une politique de répression envers les opposants politiques, comme en témoignent :

    • L’absence d’enquête sur la mort de Yaya Dillo, leader de l’opposition tué lors d’un assaut des forces de sécurité avant l’élection de 2024.
    • La détention prolongée de Robert Gam, dirigeant du Parti socialiste sans frontières, libéré en juin 2025 après huit mois d’emprisonnement sans inculpation.
    • Le retrait de la nationalité tchadienne à Makaila Nguebla, blogueur et ancien conseiller en droits humains, et à Charfadine Galmaye Saleh, activiste et journaliste, tous deux en exil.
    • L’arrestation en mars 2025 de deux journalistes, Olivier Monodji et Mahamat Saleh Alhissein, accusés d’espionnage et de liens présumés avec le groupe Wagner. Ils ont été libérés en juillet 2025.

    Amendements constitutionnels : un pouvoir sans limites

    En septembre 2025, l’Assemblée nationale du Tchad a adopté des amendements constitutionnels prolongeant la durée des mandats présidentiels et supprimant toute limite de nombre de mandats. Ces réformes, approuvées par les deux chambres du Parlement et promulguées en octobre 2025, ont concentré davantage de pouvoir entre les mains de Mahamat Idriss Déby, réduisant drastiquement les contre-pouvoirs et l’espace pour l’opposition.

    Le vote, boycotté par la majorité de l’opposition, a été adopté à la quasi-unanimité (171 voix pour, une abstention, aucune contre), illustrant l’absence de débat démocratique.

    Droits humains et discriminations

    Le Code pénal tchadien, notamment l’article 354, criminalise les relations homosexuelles, avec des peines pouvant aller jusqu’à deux ans de prison et des amendes. Cette législation renforce la discrimination envers les personnes LGBTQ+, malgré les appels internationaux à sa révision.

  • Crise des droits humains au Niger en 2025 : bilan alarmant

    Crise des droits humains au Niger en 2025 : bilan alarmant

    crise des droits humains au Niger en 2025 : bilan alarmant

    Depuis le coup d’État militaire de juillet 2023, la situation des droits humains au Niger s’est profondément dégradée. En 2025, la junte au pouvoir a intensifié la répression contre les opposants politiques, les syndicalistes, les journalistes et les défenseurs des droits humains. Parmi les victimes figurent l’ancien président Mohamed Bazoum et son épouse, toujours détenus arbitrairement au palais présidentiel de Niamey, ainsi que de nombreux responsables gouvernementaux et activistes.

    Parallèlement, le Niger fait face à une menace terroriste croissante de la part de plusieurs groupes armés islamistes, dont l’État islamique au Sahel (EIS), le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, lié à Al-Qaïda), Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (EIAO). Ces groupes opèrent principalement dans les régions de Tillabéri, frontalière du Mali et du Burkina Faso, où les combats s’intensifient, exposant les populations civiles à des risques accrus de violences.

    En août 2025, la junte a lancé l’initiative « Garkuwar Kassa » (« Boucliers de la Patrie »), un programme visant à recruter et former des civils pour soutenir les forces armées. Cependant, cette initiative suscite des craintes de dérives, notamment la création de milices locales pouvant commettre des exactions contre les populations.

    politique de transition controversée et restrictions démocratiques

    En mars 2025, le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte, a prêté serment comme président de transition sans organiser d’élections, consolidant ainsi son emprise sur le pouvoir. Cette décision a retardé le retour à la démocratie et s’est accompagnée de mesures restrictives, comme l’abolition du multipartisme en avril 2025. Par ailleurs, le Niger a quitté la CEDEAO en janvier 2025, suivi par le Mali et le Burkina Faso, limitant l’accès des citoyens à la justice via la Cour de justice de la CEDEAO. En septembre 2025, les trois pays ont également annoncé leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI), compromettant l’accès à la justice pour les victimes de crimes graves.

    violences extrêmes et exactions des groupes armés dans le Sahel

    L’insurrection islamiste au Mali en 2012, puis son extension au Niger et au Burkina Faso en 2015, a plongé la région dans une décennie de violences. En 2025, l’EIS a multiplié les attaques contre les civils dans la région de Tillabéri, frontalière du Mali et du Burkina Faso. Ces attaques, caractérisées par des exécutions sommaires, des incendies de villages et des pillages, ont fait des centaines de morts parmi les villageois et les fidèles musulmans.

    Parmi les attaques les plus meurtrières :

    • 21 mars 2025 : une attaque contre une mosquée à Fambita a coûté la vie à au moins 46 fidèles, dont trois enfants. Les assaillants ont également incendié des maisons et pillé le bétail.
    • 13 mai 2025 : cinq hommes et deux garçons ont été tués à Dani Fari. Douze maisons ont été incendiées et des dizaines d’autres pillées.
    • 21 juin 2025 : plus de 70 fidèles, dont cinq enfants, ont été tués dans une mosquée à Manda. Dix maisons ont été incendiées et des biens pillés.
    • 20 juin 2025 : le chef d’un hameau âgé de 67 ans a été exécuté, suivi de l’enlèvement et du meurtre de cinq hommes trois jours plus tard.
    • 23 juin 2025 : six hommes civils ont été tués à Ezzak, et des maisons ont été pillées.

    Avant chaque attaque, les groupes armés ont menacé les habitants, les accusant de collaborer avec l’armée nigérienne ou de ne pas payer la zakat (impôt islamique). Les survivants ont indiqué que les forces armées n’avaient pas réagi aux alertes, laissant les villages sans protection.

    répression politique et détention arbitraire des opposants

    Depuis le coup d’État de 2023, la junte a arrêté arbitrairement des dizaines de responsables politiques, dont d’anciens ministres et membres du gouvernement de Mohamed Bazoum. Beaucoup sont toujours détenus sans procès équitable. En avril 2025, une libération partielle a été observée, mais plusieurs personnalités politiques et activistes restent emprisonnées, comme Moussa Tiangari, un éminent défenseur des droits humains.

    Moussa Tiangari a été arrêté le 3 décembre 2024 et inculpé pour « association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste » et « complot contre l’autorité de l’État ». Si ces charges étaient confirmées, il risquerait la peine de mort. Depuis son arrestation, il est maintenu en détention provisoire sans comparution devant un juge. Un tribunal a rejeté en juillet 2025 l’appel de ses avocats, prolongeant ainsi cette situation inique.

    atteinte à la liberté d’expression et de la presse

    La liberté de la presse au Niger est sévèrement restreinte depuis 2023. Les journalistes sont harcelés, menacés et arrêtés arbitrairement. Beaucoup pratiquent l’autocensure par crainte de représailles. En janvier 2025, la chaîne Canal 3 TV a été suspendue pendant 30 jours pour une émission critiquant des ministres, et son rédacteur en chef, Seyni Amadou, a vu sa carte de presse révoquée. La suspension a finalement été levée après trois jours.

    En février 2025, les autorités militaires ont ordonné au Comité international de la Croix-Rouge de quitter le pays sans explication. En mai 2025, trois journalistes de la radio Sahara FM à Agadez ont été arrêtés pour avoir relayé un article sur la fin présumée de la coopération sécuritaire entre le Niger, la Russie et la Turquie. Après une libération ordonnée par un juge, ils ont été réarrêtés et restent en détention.

    dissolution des syndicats et restriction des droits des travailleurs

    En août 2025, le ministre de l’Intérieur a dissous quatre syndicats du secteur judiciaire, remettant en cause la liberté d’association et l’indépendance de la justice. Le ministre de la Justice a justifié cette mesure en accusant les syndicats de « dévier de leur rôle » et de privilégier des « intérêts personnels ». Cette décision a suscité une vague de protestations, notamment de l’Union des Syndicats des Travailleurs du Niger et du barreau du Niger, qui ont dénoncé une atteinte grave aux droits fondamentaux. Les avocats ont organisé une grève générale de deux jours en signe de protestation.

  • Attaque terroriste à Niamey : l’État islamique au Sahel frappe au cœur de la capitale

    Attaque terroriste à Niamey : l’État islamique au Sahel frappe au cœur de la capitale

    Attaque terroriste à Niamey : l’État islamique au Sahel frappe au cœur de la capitale

    Dans la nuit du 28 au 29 janvier, la capitale nigérienne a été le théâtre d’une attaque d’une rare intensité. Peu après minuit, des tirs nourris et des explosions ont retenti autour de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, cible directe des assaillants. Deux jours plus tard, l’État islamique au Sahel (EIS) a revendiqué l’assaut via son agence de propagande AMAQ, confirmant une escalade des violences dans la région.

    Une riposte militaire efficace et des pertes lourdes pour les assaillants

    Selon les autorités nigériennes, l’assaut a duré environ une heure avant d’être maîtrisé grâce à une réponse aéroterrestre. Le bilan officiel, non vérifiable de manière indépendante, fait état de vingt terroristes neutralisés, onze capturés et quatre soldats nigériens blessés. Le ministère russe des Affaires étrangères a confirmé l’implication d’éléments de l’Africa Corps, une unité dépendant du ministère russe de la Défense, dans la sécurisation du site aux côtés des forces locales.

    Le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte au pouvoir, a salué le professionnalisme des partenaires russes, soulignant leur rôle clé dans la protection du périmètre aéroportuaire. Ce site abrite notamment la base aérienne 101, un point stratégique pour l’armée nigérienne.

    Une vidéo de propagande choquante diffusée par l’EIS

    Le 2 février, l’État islamique au Sahel a diffusé une vidéo choc, présentée comme filmée lors de l’attaque. Les images, estampillées du logo AMAQ, montrent des dizaines de combattants armés, certains à moto, progressant dans la zone militaire de l’aéroport. Les assaillants sont filmés en train de s’attaquer aux hangars, d’ouvrir le feu et de provoquer des incendies.

    Les clichés révèlent également des avions et un hélicoptère endommagés, matériels utilisés par l’armée nigérienne dans sa lutte contre les groupes djihadistes. Des images satellites post-attaque confirment la présence de zones partiellement brûlées près de la piste. La séquence se poursuit dans la zone civile de l’aéroport, où des avions commerciaux des compagnies Asky et Air Côte d’Ivoire sont visibles sur le tarmac. Les autorités nigériennes ont confirmé des dégâts sur trois appareils civils.

    Niamey, nouvelle cible des groupes armés

    Si le Niger subit depuis dix ans les violences du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et de l’EIS dans l’ouest et le sud-est du pays, les attaques visant directement la capitale restent rares. Quelques jours avant l’assaut, le JNIM avait revendiqué la destruction d’un véhicule militaire à l’est de Niamey, signe d’une pression accrue aux portes du pouvoir central.

    Cette montée en puissance des groupes djihadistes coïncide avec une recomposition des alliances sécuritaires du régime militaire nigérien. Depuis le coup d’État du 26 juillet 2023, Niamey a opéré un virage stratégique, se rapprochant de Moscou tout en prenant ses distances avec une partie de ses partenaires occidentaux. Après le départ des forces françaises fin 2023, les États-Unis ont retiré l’essentiel de leur dispositif militaire en 2024, tout en maintenant des liens diplomatiques.

    Des accusations controversées et des tensions diplomatiques

    Dans un discours accusateur, le général Tiani a pointé du doigt la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire, les accusant d’avoir « sponsorisé » l’attaque. Ces propos ont immédiatement suscité une condamnation ferme d’Abidjan et de Cotonou. La Côte d’Ivoire a convoqué l’ambassadrice du Niger, dénonçant des déclarations « graves » pouvant compromettre les relations bilatérales.

    Près de 300 militaires italiens sont présents sur le site dans le cadre de la Mission italienne de soutien au Niger (MISIN). Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a affirmé que ses troupes n’étaient « impliquées d’aucune manière » dans les combats, insistant sur la priorité absolue à la sécurité.

    Un site stratégique sous haute tension

    L’aéroport de Niamey ne représente pas seulement une cible symbolique : il concentre plusieurs enjeux stratégiques majeurs. Outre son rôle de base aérienne, il abrite le quartier général de la force conjointe du Niger, du Mali et du Burkina Faso. De plus, il stocke une importante cargaison de concentré d’uranium, au cœur d’un bras de fer avec le groupe français Orano.

    La possible cession de ce stock à la Russie est évoquée, alors que Niamey n’a pas encore défini de solution logistique pour son transfert. Malgré l’attaque, le trafic aérien a repris dès le lendemain. Dans les quartiers voisins, la vie a rapidement retrouvé une apparence de normalité. Pourtant, cet événement marque un tournant : en frappant le cœur logistique et militaire de la capitale, l’EIS a démontré sa capacité de nuisance, tandis que l’implication russe confirme le basculement sécuritaire du Niger, risquant d’attiser de nouvelles tensions régionales.

  • Les États-Unis renforcent leur présence au Sahel face à la menace djihadiste

    Les États-Unis renforcent leur présence au Sahel face à la menace djihadiste

    les États-Unis renforcent leur présence au Sahel face à la menace djihadiste

    manifestation pro-russe à Niamey contre les bases françaises et nigériennes

    Les États-Unis marquent un tournant dans leur politique africaine en s’engageant davantage au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Cette décision intervient alors que ces trois pays, dirigés par des juntes militaires, ont rompu leurs alliances traditionnelles avec la France pour se rapprocher de la Russie.

    une stratégie axée sur la sécurité et les ressources stratégiques

    Washington a annoncé l’envoi de Nick Checker, responsable du Bureau des affaires africaines, à Bamako pour officialiser ce changement. L’objectif ? Affirmer le respect des États-Unis pour la souveraineté de ces nations et proposer une coopération renforcée en matière de sécurité et d’économie, notamment avec les voisins du Burkina Faso et du Niger.

    Cette initiative marque une rupture avec l’administration précédente, qui avait suspendu toute collaboration militaire après les coups d’État ayant renversé les gouvernements élus entre 2020 et 2023. Le président du Niger, Mohamed Bazoum, reste aujourd’hui séquestré dans sa résidence.

    le Sahel, nouvel épicentre du terrorisme mondial

    Les États-Unis justifient ce revirement par la menace croissante des groupes djihadistes dans la région. Le Sahel, cette bande semi-aride au sud du Sahara, concentre désormais près de la moitié des décès liés au terrorisme dans le monde. Les craintes sont doubles :

    • L’émergence de refuges pour les groupes terroristes, capables de s’étendre bien au-delà des frontières locales.
    • La perte de contrôle territorial par les gouvernements, favorisant l’instabilité régionale.

    Parmi les zones les plus critiques, la région des trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger est particulièrement touchée. L’État islamique au Grand Sahara (EIGS), actif dans cette zone, a récemment mené une attaque majeure contre l’aéroport de Niamey, illustrant l’ampleur de la menace.

    minerais stratégiques et enjeux géopolitiques

    Au-delà de la sécurité, les États-Unis s’intéressent aux ressources naturelles de la région :

    • Or : principale production minière du Sahel.
    • Lithium : extrait au Mali, essentiel pour les batteries rechargeables et certains médicaments.
    • Uranium : abondant au Niger, où la junte a repris le contrôle de la principale mine, autrefois exploitée par l’entreprise française Orano.

    Ces ressources attirent l’attention de plusieurs puissances, dont la Russie, qui renforce son influence dans la région via des partenariats militaires et économiques. Washington cherche désormais à contrebalancer cette présence.

    une approche pragmatique sans ingérence politique

    Contrairement à l’administration Biden, qui conditionnait son aide à des réformes démocratiques, l’équipe de Donald Trump adopte une position plus souple. Massad Boulos, conseiller principal pour l’Afrique au département d’État, a déclaré :

    « La démocratie est toujours appréciée, mais notre politique est de ne pas nous ingérer dans les affaires intérieures des autres pays. Les peuples sont libres de choisir leur système. »

    Cette flexibilité s’accompagne d’un recentrage sur la lutte antiterroriste. Le général Michael Langley, ancien chef de l’Africom, avait souligné l’importance de la bonne gouvernance sous l’administration précédente, mais la priorité est désormais clairement donnée à la sécurité.

    Washington fournit désormais un soutien en renseignement et envisage de livrer des armes aux juntes. Cependant, aucune troupe au sol ni réouverture de bases ne sont prévues. La grande base de drones d’Agadez, au Niger, reste fermée depuis son expulsion par la junte sous pression de l’administration Biden.

    coopération régionale et défis persistants

    Le retrait des trois pays de la CEDEAO en 2023 a laissé place à une nouvelle alliance, l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette organisation, axée sur la sécurité et l’autonomie, exclut tout retour à la démocratie pour l’instant.

    Les pays voisins, comme le Bénin, le Nigeria, le Togo, le Ghana et la Côte d’Ivoire, restent vulnérables aux infiltrations djihadistes. Une coopération renforcée avec les juntes pourrait permettre de mieux cibler les groupes terroristes, mais les défis socio-économiques persistent.

    Comme l’a montré l’expérience française, les solutions purement militaires ne suffisent pas sans une approche globale incluant le développement économique et la stabilisation politique.

    paysage de Tombouctou au Mali
  • Le régime militaire du Niger pointe la France suite à l’assaut sur l’aéroport de Niamey

    Le régime militaire du Niger pointe la France suite à l’assaut sur l’aéroport de Niamey

    Niger : le régime militaire accuse la France après l’attaque de l’aéroport de Niamey

    Les tensions diplomatiques et la politique nigérienne s’intensifient. Le régime militaire au pouvoir au Niger a publiquement mis en cause la France suite à une attaque menée contre l’aéroport de Niamey, un événement tragique qui a coûté la vie à vingt assaillants, parmi lesquels figurerait « un Français ». Cette actu Niger soulève de nombreuses questions sur la situation actuelle.

    L’essentiel à retenir sur l’actualité du Niger

    • Le général Abdourahamane Tiani, leader du régime militaire, a exprimé sa gratitude envers la Russie pour son soutien durant la contre-attaque à l’aéroport de Niamey. Il a également désigné nommément Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara comme les « sponsors » des assaillants, précisant que vingt d’entre eux, dont un citoyen français, ont été éliminés.
    • L’aéroport de Niamey représente une cible hautement stratégique. Il héberge des installations militaires, le siège de la Force conjointe Niger-Burkina Faso-Mali, et surtout une réserve considérable d’uranium (plus de 1 000 tonnes). Cette cargaison est au centre d’un différend économique majeur avec la société française Orano, qui allègue avoir été spoliée par l’État nigérien.
    • Malgré l’absence de revendication, de nombreux experts estiment qu’une origine djihadiste est l’explication la plus probable pour cette attaque, compte tenu des violences persistantes du JNIM et de l’EIS dans la région.

    L’instabilité politique nigérienne continue de marquer les relations internationales. Le régime militaire, en place depuis 2023, a vu ses tensions avec la France s’accroître après un récent assaut sur l’aéroport de Niamey. Le leader de la junte a publiquement remercié la Russie pour son appui militaire dans la riposte et a accusé sans détour les présidents Emmanuel Macron (France), Patrice Talon (Bénin) et Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire) d’être les « sponsors » de l’attaque. Selon les déclarations du régime, cet événement a causé quatre blessés parmi leurs forces et l’élimination de vingt assaillants, dont un individu de nationalité française, avec plusieurs autres interpellés. C’est une actu Niger brûlante qui impacte la politique nigérienne.

    Cette image satellite montre la zone militaire de l'aéroport de Niamey au Niger.

    L’incident s’est déroulé durant la nuit de mercredi à jeudi. Le général Salifou Modi, ministre de la Défense du Niger, a précisé via la télévision nationale Télé Sahel qu’un « groupe de mercenaires, agissant sous des ordres extérieurs, » avait ciblé la base aérienne 101 de Niamey. L’assaut a duré « environ trente minutes » avant d’être repoussé par une « riposte aéroterrestre » des forces de défense nigériennes. Cette Niamey actualité met en lumière la fragilité sécuritaire de la capitale.

    Le général Abdourahamane Tiani, à la tête du régime, a salué « l’ensemble des forces de défense et de sécurité […] ainsi que les partenaires russes qui ont défendu avec professionnalisme leur secteur de sécurité ». Il a lancé un avertissement ferme aux « sponsors de ces mercenaires », désignant à nouveau Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara : « Nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter ». Ces déclarations reflètent la ferme politique nigérienne actuelle.

    Un enjeu stratégique : bases militaires, équipements et l’économie de l’uranium au Niger

    L’identité exacte des auteurs de l’attaque reste incertaine. Cependant, la localisation de l’aéroport de Niamey est cruciale. Ce site regroupe une base de l’armée de l’air nigérienne, une installation de drones de construction récente, et le quartier général de la Force unifiée regroupant le Niger, le Burkina Faso et le Mali, dédiée à la lutte contre les formations djihadistes qui déstabilisent la région. Un autre facteur majeur est la présence d’une vaste cargaison d’uranium, le Niger étant un important producteur, stockée en attente d’exportation. Cette matière première est au centre d’un conflit économique majeur avec l’entreprise française Orano, spécialisée dans le cycle nucléaire, qui accuse l’État nigérien d’expropriation. Orano a d’ailleurs réaffirmé sa volonté d’engager des poursuites judiciaires contre le gouvernement nigérien et « quiconque tenterait de s’approprier » ce stock de plus de 1 000 tonnes d’uranium, soulignant l’importance de l’économie du Niger dans ce domaine.

    Le ministre nigérien a précisé que « la riposte aéroterrestre énergique a abouti à la neutralisation de vingt mercenaires et à l’arrestation de onze autres, dont une majorité est gravement blessée, en plus de la saisie d’un arsenal de guerre conséquent. » Néanmoins, de nombreux analystes penchent pour l’hypothèse d’une attaque djihadiste, étant donné que le Niger est une zone d’opérations pour des groupes tels que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, affilié à Al-Qaïda) et l’État islamique au Sahel (EIS), particulièrement actifs dans l’ouest du pays, près de Niamey, et dans le Sud-Est. Malgré ces spéculations, aucune organisation djihadiste n’avait revendiqué la responsabilité de l’attaque jeudi soir. Ces Niger nouvelles continuent de susciter l’inquiétude.

  • Crise sécuritaire au Nigéria : une violence aveugle et une urgence humanitaire dans l’ombre

    Crise sécuritaire au Nigéria : une violence aveugle et une urgence humanitaire dans l’ombre

    Les récents enlèvements massifs d’élèves et les assauts contre des villages entiers ont replacé le Nigéria sous les projecteurs de la scène internationale. Cette spirale de violence a franchi un nouveau cap géopolitique avec les frappes américaines menées à Noël contre des groupes jihadistes dans le nord du pays. Cette intervention de Washington visait officiellement à protéger les minorités chrétiennes en danger.

    Si certains officiels aux États-Unis n’hésitent plus à parler de « génocide chrétien », les Nations Unies nuancent ce constat. Pour l’organisation internationale, ces événements tragiques masquent une réalité plus complexe : une insécurité globale qui alimente l’une des crises humanitaires les plus critiques d’Afrique, bien que souvent ignorée. Dans le contexte de la politique nigérienne et régionale, la stabilité du géant d’Afrique de l’Ouest reste un enjeu majeur.

    Une menace sécuritaire omniprésente

    L’insécurité n’est plus localisée. Elle s’est propagée sur l’ensemble du territoire, rendant la situation particulièrement instable. Alors que l’on suit de près l’actu Niger ou les évolutions à Niamey actualité, le Nigéria fait face à ses propres démons internes qui menacent l’équilibre régional.

    L’extension du conflit jihadiste

    Le foyer initial de la crise se trouve dans le nord-est, où l’insurrection de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest sévit depuis 2009. Ce conflit de longue durée a provoqué le déplacement de plus de deux millions de personnes. Toute une génération grandit désormais dans des camps, sans connaître d’autre cadre de vie.

    Le bilan est lourd : plus de 40 000 décès, des milliers d’infrastructures scolaires et sanitaires en ruines, et une économie rurale totalement paralysée. Les populations locales, privées de leurs terres, luttent quotidiennement pour leur survie et leur dignité, une situation qui rappelle parfois la fragilité de la Niger économie face aux crises prolongées.

    Des enfants marchent dans la boue dans un camp pour personnes déplacées à Maiduguri, dans le nord-est du Nigéria.

    Multiplication des foyers de tension

    Au-delà du jihadisme, le nord-ouest (notamment les États de Zamfara, Katsina et Sokoto) subit la loi de groupes criminels armés. Ce « banditisme » pousse des milliers de villageois à l’exode, avec près d’un million de déplacés dans cette seule zone. Parallèlement, le centre du pays est le théâtre d’affrontements sanglants entre agriculteurs et éleveurs pour le contrôle des ressources foncières, un conflit exacerbé par les pressions climatiques.

    Au total, le Nigéria compte environ 3,5 millions de déplacés internes, soit près de 10 % de la population déracinée du continent africain. Ces Niger nouvelles de déplacements massifs soulignent l’urgence d’une réponse coordonnée.

    Un débat sur la nature des violences

    La question du « génocide chrétien » fait débat. Si les attaques contre les églises et les écoles catholiques, comme à Kaduna ou Papiri, sont une réalité tragique rappelant l’enlèvement des lycéennes de Chibok en 2014, l’ONU refuse d’y voir une persécution ciblant uniquement une religion.

    Les faits montrent que la majorité des victimes de l’insurrection sont musulmanes, souvent frappées au cœur même de leurs mosquées ou sur les marchés, comme lors de l’attaque de Maiduguri à la veille de Noël. Cette violence frappe indistinctement, sans égard pour l’ethnie ou la confession religieuse, menaçant la cohésion sociale du pays.

    Des mères déplacées avec leurs enfants participent à un exercice d'évaluation de la famine organisé par le Programme alimentaire mondial (PAM) dans l'État de Borno, au nord-est du Nigéria.

    Une détresse humanitaire sous-financée

    L’urgence est criante : 7,2 millions de personnes ont besoin d’une aide immédiate dans le nord-est. L’insécurité alimentaire menace de plonger 36 millions de Nigérians dans la faim. Plus inquiétant encore, 3,5 millions d’enfants de moins de cinq ans risquent la malnutrition aiguë, un fléau qui compromet leur développement cognitif et physique à long terme.

    Pourtant, l’aide internationale s’essouffle de manière alarmante. Les financements humanitaires sont passés de près d’un milliard de dollars il y a quelques années à peine plus de 260 millions l’an dernier. Pour l’année en cours, les prévisions sont encore plus sombres, ce qui pèse lourdement sur le Niger actualité régionale.

    Le défi d’une puissance face à ses responsabilités

    Malgré son statut de première puissance économique du continent, le Nigéria peine à répondre seul à cette crise. L’enjeu pour les autorités fédérales est désormais de reprendre la main sur la gestion de l’aide et de stabiliser le pays pour éviter une contagion vers les voisins.

    L’objectif final reste l’autonomie des populations. Il est impératif de passer de l’assistance d’urgence à la création d’opportunités économiques durables pour que chaque citoyen puisse retrouver sa dignité par le travail plutôt que de dépendre de l’aide humanitaire.

  • Nuit de tensions à l’aéroport de Niamey : ce que l’on sait des détonations

    Nuit de tensions à l’aéroport de Niamey : ce que l’on sait des détonations

    Le climat sécuritaire reste instable au Niger. Durant la nuit de mercredi à jeudi, des échanges de tirs nourris et des explosions impressionnantes ont perturbé le secteur de l’aéroport international de Niamey. Selon des témoignages de riverains, la situation semble s’être stabilisée après plusieurs heures d’incertitude.

    Une nuit d’angoisse dans la capitale nigérienne

    L’actu Niger a été marquée par un début de nuit agité. Les premières détonations ont retenti peu après minuit, provoquant l’inquiétude des habitants des quartiers limitrophes de la zone aéroportuaire. Le calme n’aurait été rétabli que vers 2 heures du matin, mettant fin à une séquence de tirs intenses.

    Pour rappel, la politique nigérienne est actuellement sous le contrôle du général Abdourahamane Tiani. Ce dernier dirige le pays depuis le renversement du président Mohamed Bazoum en juillet 2023. Ce nouvel incident s’inscrit dans un contexte de lutte persistante contre les violences djihadistes dans la région.

    Un site stratégique sous haute surveillance

    L’aéroport Diori Hamani, situé à une dizaine de kilomètres du palais présidentiel, n’est pas seulement un hub civil. C’est un point névralgique de la Niamey actualité car il abrite :

    • Une base de l’armée de l’air du Niger ;
    • Une infrastructure dédiée aux drones récemment mise en service ;
    • Le quartier général de la Force unifiée, regroupant le Niger, le Burkina Faso et le Mali.

    Défense anti-aérienne et conséquences sur le trafic

    Bien que l’origine exacte des affrontements demeure floue, des images circulant sur les réseaux sociaux suggèrent l’activation d’une défense anti-aérienne. Des traînées lumineuses ont été aperçues dans le ciel, évoquant une possible riposte contre des drones. Des dégâts matériels, notamment des véhicules incendiés, ont également été signalés sur place.

    Face à ces événements, des partisans du pouvoir militaire ont lancé des appels à la mobilisation pour protéger la nation. Parallèlement, le trafic aérien a été impacté : un vol en provenance d’Alger a dû être dérouté vers le Burkina Faso. Enfin, concernant le volet Niger économie, il est à noter qu’un stock important d’uranium destiné à l’exportation se trouve actuellement entreposé dans l’enceinte de l’aéroport.

  • Nuit de tensions à Niamey : explosions et tirs nourris près de l’aéroport

    Nuit de tensions à Niamey : explosions et tirs nourris près de l’aéroport

    La capitale du Niger a été secouée par une série de détonations et de tirs intenses durant la nuit de jeudi. Selon des témoignages directs, ces événements se sont produits à proximité immédiate de l’aéroport international de Niamey, marquant un épisode de vive tension dans la Niamey actualité.

    Les échanges de coups de feu, qui ont débuté peu avant minuit, se sont prolongés pendant plus d’une heure, plongeant les riverains dans l’inquiétude. Des séquences vidéos partagées sur les réseaux sociaux illustrent l’intensité de la situation, montrant le ciel de la capitale illuminé par des tirs persistants.

    Pour l’heure, les autorités de la transition issues du changement de régime de 2023 n’ont pas encore communiqué officiellement sur l’origine de ces violences. Le porte-parole du gouvernement militaire n’a pas pu être joint pour apporter des éclaircissements sur cette actu Niger préoccupante.

    Cette situation s’inscrit dans un contexte sécuritaire régional particulièrement fragile. À l’instar du Mali et du Burkina Faso, le pays fait face à une menace constante des groupes armés affiliés à Al Qaïda et à l’État islamique, pesant lourdement sur la politique nigérienne et la stabilité du Sahel.

  • Crise au Nigéria : l’urgence humanitaire et sécuritaire d’un pays fracturé

    Crise au Nigéria : l’urgence humanitaire et sécuritaire d’un pays fracturé

    crise au Nigéria : l’urgence humanitaire et sécuritaire d’un pays fracturé

    Les enlèvements massifs d’écoliers, les attaques meurtrières contre des villages entiers et les agressions ciblant les lieux de culte, qu’ils soient chrétiens ou musulmans, ont replacé le Nigéria sous les projecteurs internationaux. Ces violences, dont l’intensité n’a cessé de croître, ont pris une dimension géopolitique inédite lorsque les États-Unis ont mené, à Noël, des frappes aériennes contre des positions jihadistes dans le nord du pays. Washington justifiait ces actions par la nécessité de protéger les communautés chrétiennes menacées.

    une insécurité généralisée, bien au-delà des clivages religieux

    Dans un contexte marqué par des violences endémiques, certains responsables américains évoquent désormais l’existence d’un « génocide chrétien » au Nigéria. Pourtant, pour les Nations Unies, ces événements spectaculaires ne reflètent qu’une partie infime de la réalité : celle d’un pays englué dans une insécurité chronique, alimentant l’une des pires crises humanitaires du continent africain.

    « La sécurité constitue l’un des défis majeurs du Nigéria », souligne Mohamed Malik Fall, coordinateur des agences onusiennes dans le pays. « Elle ne se limite plus à une seule région : elle s’étend désormais à presque tout le territoire. »

    des origines multiples à la crise sécuritaire

    Le conflit plonge ses racines dans le nord-est du Nigéria, dévasté depuis 2009 par une insurrection jihadiste initiée par Boko Haram, puis relayée par d’autres groupes, dont l’État islamique en Afrique de l’Ouest. Près de deux décennies plus tard, cette guerre a profondément ébranlé la cohésion nationale.

    « Plus de deux millions de personnes vivent encore en situation de déplacement forcé, et ce, de manière durable. Une génération entière a grandi dans des camps, sans jamais connaître autre chose que cette précarité », explique Mohamed Malik Fall.

    Les bilans officiels recensent plus de 40 000 morts depuis le début de l’insurrection, des milliers d’écoles et de centres de santé détruits, ainsi que des terres agricoles rendues stériles. « Les populations sont privées de toute activité économique, condamnées à une survie sans dignité », ajoute-t-il.

    banditisme, conflits fonciers et tensions communautaires

    À cette crise prolongée s’ajoutent des violences diffuses. Dans le nord-ouest, des États comme Zamfara, Katsina ou Sokoto subissent des attaques de groupes criminels qualifiés de « bandits » par les autorités locales. Ces derniers multiplient les exactions : pillages, enlèvements et rançonnements. « Des villages entiers ont été abandonnés. Aujourd’hui, près d’un million de personnes sont déplacées dans le nord-ouest seulement », précise Mohamed Malik Fall.

    Dans la ceinture centrale du pays, les tensions entre agriculteurs et éleveurs, exacerbées par la rareté des terres et les aléas climatiques, ont provoqué d’importants mouvements de population. Plus au sud, d’autres foyers de violence persistent, liés à des revendications séparatistes ou à des sabotages dans le secteur pétrolier.

    Résultat : avec environ 3,5 millions de déplacés, le Nigéria abrite à lui seul près de 10 % des personnes déplacées en Afrique.

    violences ciblées ou insécurité généralisée ?

    Les récentes attaques contre des églises et des écoles chrétiennes ont ravivé un débat international. En janvier, plus de 160 fidèles ont été enlevés lors de messes dominicales dans l’État de Kaduna. Quelques jours plus tôt, des villages du nord-ouest étaient la cible d’attaques meurtrières, tandis que des élèves étaient à nouveau pris pour cibles près de l’école catholique de Papiri.

    Ces violences rappellent tragiquement l’enlèvement de 276 lycéennes chrétiennes à Chibok, dans l’État de Borno, en 2014, un événement qui avait marqué les esprits. Face à ces attaques, les États-Unis ont justifié leurs frappes du jour de Noël par la nécessité de protéger les chrétiens des milices islamistes. Certains responsables américains évoquent désormais un « génocide chrétien », une qualification que les Nations Unies refusent d’endosser, faute de preuves tangibles d’une persécution systématique.

    « Je ne qualifierais pas cette violence de persécution ciblée d’un groupe religieux », déclare Mohamed Malik Fall. « La majorité des plus de 40 000 morts de l’insurrection sont des musulmans, tués dans des mosquées. » Il rappelle qu’à Maiduguri, cœur historique de l’insurrection, une attaque survenue la veille de Noël a frappé une zone située « entre une mosquée et un marché », faisant des victimes parmi les fidèles musulmans. « L’insécurité touche tout le monde, sans distinction de religion ou d’ethnie », insiste-t-il, mettant en garde contre des récits « qui risquent d’aggraver les divisions au lieu de favoriser la cohésion sociale ».

    Enfants déplacés au Nigéria en 2022 Crise humanitaire au Nigéria en 2022

    une crise humanitaire sous-financée et aux conséquences dramatiques

    Derrière la crise sécuritaire se cache une urgence humanitaire d’une ampleur alarmante. Dans les seuls États du nord-est, 7,2 millions de personnes ont besoin d’assistance, dont près de 6 millions en situation critique, selon l’ONU.

    L’insécurité alimentaire est devenue un fléau majeur. Les projections estiment que 36 millions de personnes pourraient basculer dans une phase d’insécurité alimentaire dans les mois à venir. Parmi les enfants de moins de cinq ans, plus de 3,5 millions risquent de souffrir de malnutrition aiguë. « Les conséquences vont bien au-delà de l’immédiat », alerte Mohamed Malik Fall. « La malnutrition affecte le développement cognitif, l’éducation, et ses effets se répercutent jusqu’à l’âge adulte. »

    Ces vulnérabilités s’aggravent avec les chocs climatiques – sécheresses, inondations –, les épidémies récurrentes de choléra ou de méningite, et un système de santé déjà fragilisé.

    Le financement de l’aide humanitaire s’effondre. « Il y a quelques années, le plan de réponse humanitaire atteignait près d’un milliard de dollars par an », rappelle le coordonnateur onusien. « En 2024, il était de 585 millions. L’an dernier, seulement 262 millions. Et cette année, nous ne sommes même pas sûrs d’atteindre 200 millions. »

    le Nigéria, géant économique face à ses responsabilités

    Le paradoxe nigérian réside dans l’écart entre sa puissance économique et l’ampleur de la crise humanitaire. « Le Nigéria n’est ni le Soudan, ni la Somalie, ni le Soudan du Sud », rappelle Mohamed Malik Fall. « C’est un pays doté de ressources. La responsabilité première de la réponse humanitaire incombe au gouvernement. »

    Pour l’ONU, l’enjeu est désormais de transférer progressivement la gestion de l’aide aux autorités fédérales et aux États, tout en appelant la communauté internationale à ne pas détourner le regard. « Aucune population ne souhaite dépendre de l’assistance », conclut-il. « Les gens préfèrent qu’on les aide à accéder à des opportunités économiques plutôt que de recevoir une aide ponctuelle. Donner du poisson, c’est bien. Apprendre à pêcher, c’est mieux. »

  • AES : les défis de la libre circulation après le départ de la cédéao

    AES : les défis de la libre circulation après le départ de la cédéao

    Pourquoi l’Alliance des États du Sahel peine à garantir la libre circulation des biens et des personnes

    Le retrait des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a immédiatement suspendu les avantages liés à la libre circulation des personnes et des marchandises au sein de cette zone. Désormais, les ressortissants du Mali, du Burkina Faso et du Niger doivent faire face à de nouvelles contraintes administratives lorsqu’ils souhaitent traverser les frontières des pays restés dans la Cédéao.

    Les documents comme les passeports, les cartes d’identité ou encore les permis de conduire sont désormais soumis à des vérifications plus strictes. Un changement qui complique considérablement la mobilité des citoyens de l’AES, comme en témoigne Almou Yacouba, secrétaire général du Syndicat démocratique routier du Niger :

    « Aujourd’hui, les difficultés se concentrent sur la carte grise internationale et le permis international. L’assurance Cédéao, autrefois obligatoire, pose désormais problème. Par exemple, une carte d’identité du Niger n’est plus acceptée en Côte d’Ivoire si elle ne mentionne pas de date d’expiration, seulement sa date de fabrication. Avant, les cartes d’identité de la Cédéao facilitaient les déplacements, mais ce document n’existe plus. Résultat : les voyageurs doivent s’attendre à des refus aux frontières. »

    Des contrôles abusifs et des frais illégaux persistent même au sein de l’AES

    Malgré les annonces des gouvernements des trois pays membres de l’AES, les transporteurs et les voyageurs continuent de subir des contrôles excessifs et des demandes de pots-de-vin aux frontières. Chaibou Tchiombiano, secrétaire général des commerçants importateurs et exportateurs du Niger, confirme ces difficultés :

    « La libre circulation des personnes et des biens est un principe essentiel, mais elle est rarement respectée. Les contrôles abusifs et les exigences injustifiées restent monnaie courante. »

    Face à ces obstacles, les acteurs économiques des trois pays appellent à la création d’un passeport unique de l’AES, afin de faciliter les déplacements entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Une solution qui permettrait de contourner les restrictions imposées par la sortie de la Cédéao.

    L’AES cherche des solutions pour relancer la mobilité régionale

    Conscient des enjeux, le Niger a accueilli en décembre 2025 une réunion des ministres des Transports de l’AES. L’objectif ? Discuter des moyens pour rétablir la libre circulation des personnes et des marchandises au sein de l’Alliance, après le retrait de la Cédéao. Une initiative qui pourrait, à terme, aboutir à la mise en place d’un cadre juridique commun pour les trois pays.

    En attendant, les citoyens et les entreprises des pays de l’AES doivent composer avec des règles floues et des pratiques administratives contraignantes, qui freinent l’intégration économique et sociale de la région.

    Les dirigeants du Mali, Assimi Goita, du Burkina Faso, Ibrahim Traoré, et du Niger, Abdourahamane Tiani, lors d’un sommet de l’Alliance des États du Sahel à Niamey
    • Problème de documents administratifs : les passeports, cartes d’identité et permis de conduire des ressortissants de l’AES ne sont plus automatiquement reconnus dans l’espace Cédéao.
    • Contrôles abusifs et pots-de-vin : malgré le retrait de la Cédéao, les voyageurs et transporteurs subissent encore des tracasseries aux frontières, même entre pays membres de l’AES.
    • Appel à un passeport unique : les acteurs économiques réclament un document commun pour faciliter la mobilité au sein de l’Alliance.
    • Réunion des ministres des Transports : le Niger a organisé en décembre 2025 une rencontre pour trouver des solutions à la libre circulation dans l’AES.