Rdc : plongée au cœur des centres msf en pleine crise ebola

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Rdc : plongée au cœur des centres msf en pleine crise ebola

Depuis l’apparition de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda, Médecins Sans Frontières (MSF) accélère sa riposte contre le virus. Nos reporters se sont rendus dans les structures de soins de Goma et de Bunia, dans la province de l’Ituri, épicentre de cette dix-septième flambée épidémique, pour observer le travail des équipes humanitaires.

Un bilan épidémiologique toujours plus lourd

Avec l’augmentation de la capacité de dépistage fin mai, les autorités sanitaires congolaises ont actualisé les chiffres. Au 4 juin 2026, le bilan officiel de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) en RDC fait état de :

  • 381 cas confirmés ;
  • 64 décès confirmés ;
  • 233 cas suspects actuellement en isolement.

En Ouganda, la situation demeure sous contrôle avec 19 cas notifiés et un seul décès au 5 juin.

MSF étend ses capacités de soins face à Ebola

Pour freiner la propagation du virus Bundibugyo et briser la chaîne de transmission, MSF adapte son intervention dans les zones les plus affectées.

À Bunia : un centre saturé se développe rapidement

À Bunia, la structure de traitement connaît un engorgement. Le 5 juin, elle accueillait 37 patients suspects et 7 cas confirmés. Devant le risque de diffusion, le centre s’agrandit. « Nous aménageons une nouvelle parcelle et allons doubler notre capacité pour atteindre 70 lits en quelques jours », indique Anthony Kergosien, coordinateur des urgences à Bunia. En cas de besoin, la capacité pourra être portée à 100 lits.

À Goma : réouverture et réhabilitation d’un centre historique

À Goma, MSF a remis en service un centre de traitement dédié à l’isolement des cas suspects et aux soins des patients confirmés. Les premières admissions remontent au 28 mai.

« C’est un centre qui a déjà servi lors d’épidémies précédentes. Les équipes commencent par dialoguer avec les patients, les rassurer sur la prise en charge, la durée moyenne de séjour et les prélèvements à effectuer », explique Tathy Modjaka Nzoko, responsable des activités médicales de MSF à Goma.

Sécurité des soignants et confiance des communautés : clés de la riposte

Protéger le personnel médical face au virus

Le personnel soignant est doté d’équipements de protection individuelle pour assurer une défense efficace contre le virus Bundibuguyo. La dose infectieuse étant très faible, « il suffit de quelques particules virales au mauvais endroit, comme dans les yeux ou la bouche, pour déclencher la maladie ».

L’objectif principal de l’équipement est de maintenir le virus Ebola à l’extérieur de la peau. « Pour cela, il doit être imperméable, car le virus se transmet par les fluides corporels. C’est crucial car nous ne disposons pas des vaccins et traitements habituels », témoigne Armand Sprecher, médecin urgentiste et épidémiologiste pour MSF.

Instaurer la confiance avec les populations locales

Pour que les malades acceptent un isolement rapide, un travail d’explication et de sensibilisation est essentiel.

« La confiance entre MSF et la population locale est fondamentale. Les gens soignent généralement leurs proches à domicile, mais nous avons besoin qu’ils viennent immédiatement dans un centre de traitement. Avec nos équipements, nous ressemblons à des extraterrestres, ce qui peut les rebuter. Nous expliquons pourquoi nous les portons et que beaucoup de ces personnes en combinaison sont des visages connus de la communauté », selon Armand Sprecher.

Transfert de compétences et formation des équipes

Pour une réponse à grande échelle, MSF mise sur le partage d’expertise. Des formations spécifiques sont dispensées, notamment dans un centre en Belgique, avant le départ sur le terrain.

« À chaque épidémie d’Ebola, le transfert de connaissances est un élément clé de la réponse. Nous avons au sein de MSF des personnes très expérimentées, donc nous envoyons ces professionnels aguerris qui peuvent former d’autres collègues », affirme Armand Sprecher.

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Comprendre le virus Bundibugyo : spécificités de cette épidémie

Contrairement aux flambées précédentes en RDC, celle-ci est provoquée par le virus Ebola de type Bundibugyo (de la famille des orthoebolavirus, qui inclut aussi les souches Zaïre et Soudan).

Bien que le taux de létalité du Bundibugyo soit plus faible que celui du virus Ebola classique (entre 25 et 40 %), la riposte fait face à un obstacle majeur : il n’existe à ce jour aucun vaccin ni traitement homologué contre cette souche spécifique.

L’action humanitaire de MSF se poursuit dans tout le pays

Des centaines de professionnels de MSF restent déployés en Ituri et au Nord-Kivu, tandis que de nouvelles structures de soins s’organisent au Sud-Kivu. Chaque semaine, plusieurs tonnes de matériel médical et logistique arrivent en RDC depuis nos centres internationaux pour soutenir l’intervention.