Réchauffement diplomatique algéro-malien : quelles conséquences pour le Sahel ?

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Rapprochement entre Alger et Bamako : un tournant pour la stabilité au Sahel ?

Les relations entre le Mali et l’Algérie marquent un tournant après des mois de tensions, ouvrant la voie à de nouvelles dynamiques régionales.

Drapeaux malien et algérien

L’incident survenu dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, marqué par la destruction d’un drone malien près de Tinzawatene à la frontière entre le Mali et l’Algérie, a cristallisé les tensions entre les deux nations. Bamako avait alors saisi la Cour internationale de justice, accusant Alger de soutien aux groupes terroristes et d’ingérence dans les affaires internes.

Cette crise s’inscrit dans un contexte plus large : en janvier 2024, les autorités maliennes en transition avaient rompu l’accord de paix issu du processus d’Alger de 2015, privilégiant une approche militaire pour reprendre le contrôle du nord du pays, notamment la région de Kidal. Les reproches envers l’Algérie se sont multipliés, notamment concernant l’accueil sur son territoire de dirigeants de l’ex-rébellion touarègue de Kidal et de l’imam Mahmoud Dicko, figure influente ayant contribué à la chute de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta.

Des racines historiques et économiques profondes

Boubacar Mahamane Maïga, porte-parole du collectif « une voix pour Tombouctou », souligne l’ancienneté et la profondeur des liens entre les deux pays. « Ces relations, à la fois fraternelles et ancestrales, dépassent la simple diplomatie. L’Algérie représente un poumon économique vital pour Tombouctou. Historiquement, les échanges transsahariens, notamment via les pistes caravanières, transitaient par l’Algérie. »

Il évoque également des exemples concrets comme l’oignon de Touat en Algérie, connu localement sous le nom de « Tawabel », ou encore l’influence spirituelle de Cheick Abdoul Kassim Attouaty, l’un des 333 saints de Tombouctou.

Un espoir pour la sécurité régionale

Kaou Abdrahamane Diallo, analyste politique basé à Bamako, voit dans ce dégel diplomatique une opportunité majeure. « Le Mali ne peut se permettre de laisser ses frontières ouvertes ou de tolérer l’instabilité dans sa partie septentrionale. Nous espérons que ce réchauffement des relations avec l’Algérie, pays frère ayant toujours soutenu le Mali, permettra de rétablir des liens solides et apaisés. »

Selon lui, cette réconciliation a été rendue possible grâce à une médiation russe, impliquant notamment le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Moscou aurait souligné l’importance de « préserver l’entente entre ses alliés pour garantir la stabilité du Sahel ».