Le président ougandais Museveni a reçu, hier lundi, dans sa résidence privée de Kisozi, Floribert Anzuluni Isiloketshi, ministre congolais de l’Intégration régionale et envoyé spécial du président Félix Tshisekedi. Au programme de cet entretien : l’aggravation des tensions sécuritaires en République démocratique du Congo (RDC) et les initiatives régionales visant à rétablir la paix dans les Grands Lacs.
Cette visite s’inscrit dans le cadre des discussions entamées entre les autorités congolaises et ougandaises pour endiguer les menaces pesant sur l’est du pays. Museveni a souligné, sur la plateforme X, l’importance de ces échanges : « Ce matin, à Kisozi, j’ai accueilli Floribert Anzuluni Isiloketshi, envoyé spécial de la RDC. Nous avons évoqué des enjeux communs, notamment la situation critique dans l’est congolais. La stabilité de notre région est indispensable à la prospérité de nos populations, et nous maintiendrons notre collaboration avec les acteurs régionaux pour surmonter les défis persistants dans l’est de la RDC ».
Anzuluni Isiloketshi, pour sa part, a salué l’engagement du chef de l’État ougandais : « Je tiens à remercier le président Museveni pour son hospitalité. Son soutien indéfectible en faveur de la paix dans l’est de la RDC mérite d’être salué ».
Cette rencontre survient alors que les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri subissent une insécurité chronique. Les offensives menées par les groupes rebelles M23 et les attaques perpétrées par les Forces démocratiques alliées (ADF) exacerbent les déplacements massifs de civils et entravent les efforts de stabilisation déployés par le gouvernement congolais.
En tant qu’émissaire de Félix Tshisekedi, Floribert Anzuluni Isiloketshi a pour mission de renforcer les liens diplomatiques avec les pays voisins afin de consolider les initiatives en vue d’une paix durable à l’est du pays.

La coordination entre la RDC et l’Ouganda représente un axe stratégique dans cette démarche. Depuis novembre 2021, les forces armées des deux pays, les FARDC et l’UPDF, mènent conjointement l’opération « Shujaa » pour neutraliser les ADF, responsables d’attaques répétées contre les civils dans l’est congolais. Cet accord militaire, régulièrement renouvelé, constitue un pilier essentiel de la lutte contre les factions armées.
Au-delà des questions sécuritaires, les deux nations renforcent aussi leurs échanges économiques, notamment via le développement d’axes routiers transfrontaliers visant à dynamiser les échanges commerciaux et à favoriser l’intégration régionale.
En réaffirmant leur détermination à travailler de concert avec les partenaires africains, Kinshasa et Kampala réitèrent leur volonté de privilégier une approche collective pour résoudre les crises persistantes dans l’est de la RDC et dans l’ensemble de la sous-région des Grands Lacs.
