Répression des militants des droits humains au Sahel : une menace grandissante

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  • Au Sahel, les défenseur·es des droits humains subissent une pression accrue de la part des gouvernements, dans un contexte où l’espace civique se réduit et où les libertés fondamentales sont de plus en plus restreintes.
  • L’Observatoire pour la protection des défenseur·es des droits humains, fruit d’un partenariat entre la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), publie un rapport détaillé révélant des pratiques répressives communes au Mali, au Burkina Faso, au Niger et au Tchad. Ce document s’appuie sur l’analyse de 61 situations concrètes de violations des droits fondamentaux.
  • Le rapport formule des recommandations à destination des quatre États concernés ainsi que des institutions régionales et internationales, soulignant l’urgence de protéger les défenseur·es des droits humains pour préserver un environnement propice à la démocratie.

Ces dernières années, le Sahel a connu des bouleversements majeurs, marqués par l’arrivée de juntes militaires au pouvoir et des périodes de « transition » dans plusieurs pays. Ces changements politiques se sont accompagnés d’une intensification des mesures répressives envers les défenseur·es des droits humains, ainsi que d’un serrage de vis sur l’espace civique.

Le rapport intitulé « Espace civique et défenseur·es des droits humains au Sahel : convergence des pratiques répressives » met en lumière une stratégie coordonnée de répression mise en place par les régimes du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Tchad. Parmi les méthodes employées : arrestations arbitraires, détentions prolongées, harcèlement judiciaire, enlèvements, disparitions forcées et recours systématique à la torture. Les intimidations, y compris en ligne, font désormais partie des outils de répression privilégiés.

« L’analyse approfondie de 61 cas de violations des droits des défenseur·es et de l’espace civique au Sahel sur les cinq dernières années révèle une réalité alarmante : les autorités du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Tchad semblent s’enfoncer dans une logique répressive sans fin. Pourtant, cette spirale doit cesser. Ces pays doivent rétablir l’état de droit et la démocratie, valeurs chères aux peuples du Sahel. C’est la mission des défenseur·es, et nous devons leur accorder un soutien sans faille », déclare Drissa Traore, Secrétaire général de la FIDH.

Outre les attaques directes contre les militant·es, les gouvernements de ces quatre pays multiplient les restrictions des libertés fondamentales : interdiction des rassemblements, répression violente des manifestations, dissolution d’associations ou encore contrôle, voire suspension, des médias. Ces mesures coercitives vont à l’encontre des engagements internationaux et régionaux pris par ces États, compromettant toute perspective de sortie de crise respectueuse des droits humains.

« Il est impératif que les autorités du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Tchad se conforment enfin à leurs obligations internationales et mettent fin à la répression de la société civile. Nous exigeons également de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, des Nations unies et des partenaires internationaux de ces pays qu’ils interviennent sans délai pour mettre un terme aux violations des droits et libertés fondamentales », alerte Gerald Staberock, Secrétaire général de l’OMCT.

Consultez le rapport complet en français et en anglais sur le site de la FIDH, ou en français et en anglais sur celui de l’OMCT.

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