Retour des ancêtres Maka’a : l’Allemagne restitue des restes humains au Cameroun
Une délégation camerounaise, composée de représentants des communautés Maka’a, de chercheurs et d’élus locaux, effectue une mission officielle en Allemagne depuis le 13 juillet 2026. Objectif : organiser le rapatriement des restes d’ancêtres Maka’a, conservés depuis l’époque coloniale dans les collections d’un musée allemand.
Une mission historique pour clore un chapitre douloureux
La restitution des restes d’ancêtres Maka’a par l’Allemagne s’inscrit dans une démarche de réparation mémorielle et de reconnaissance des crimes coloniaux. Ces ossements, issus de la région du Haut-Nyong (Est-Cameroun), avaient été emportés lors de la période coloniale allemande (1884-1916) pour des études pseudo-scientifiques.
Selon les archives du Deutsches Zentrum Kulturgutverluste, une cérémonie de levée de corps a eu lieu le 16 juillet 2026 à Fribourg-en-Brisgau. Les restes, principalement des crânes et ossements de dignitaires et d’ancêtres Maka’a, seront rapatriés au Cameroun pour y être inhumés selon les traditions locales. Cette restitution met fin à des décennies de quête spirituelle pour la communauté Maka’a.
Les négociations, menées par les autorités camerounaises et l’ambassade d’Allemagne à Yaoundé, ont permis d’organiser le transfert de ces dépouilles. L’Allemagne détient encore plus de 300 restes humains camerounais, ainsi que plus de 40 000 artefacts culturels pillés pendant la colonisation, selon les travaux de l’université de Dschang et de l’université technique de Berlin.
Une justice mémorielle longtemps attendue
Pour les chefs traditionnels Maka’a, tels que Bertrand Effoudou, l’absence de ces restes symbolisait une malédiction empêchant la paix des esprits. Leur retour représente une étape cruciale pour restaurer l’équilibre spirituel et honorer la mémoire des aïeux.
La délégation camerounaise, composée de représentants communautaires, de chercheurs et de maires, travaille en étroite collaboration avec les institutions allemandes pour finaliser les modalités du rapatriement. Cette démarche s’ajoute aux efforts internationaux pour restituer les biens culturels spoliés pendant la colonisation.
