Romuald wadagni officialise son premier gouvernement au Bénin

Le Bénin entre dans une nouvelle phase politique avec la formation du premier gouvernement dirigé par Romuald Wadagni. Nommé à la tête de l’État après son investiture le 25 mai 2026, celui qui fut longtemps ministre de l’Économie et des Finances sous Patrice Talon a choisi de s’entourer d’une équipe resserrée de 24 membres. Une composition qui révèle une volonté claire de maintenir la continuité plutôt que de marquer une rupture, avec des figures clés déjà expérimentées dans les précédents cabinets.

une équipe gouvernementale ancrée dans la continuité

La liste des ministres publiée à Cotonou confirme la tendance : plusieurs portefeuilles stratégiques sont confiés à des personnalités ayant déjà servi sous l’ère Talon. Cette stabilité affichée vise à préserver les avancées économiques réalisées depuis 2016, alors que le Bénin affiche l’une des croissances les plus dynamiques de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). La crédibilité financière internationale, consolidée par Romuald Wadagni lui-même, reste un atout que la nouvelle administration entend exploiter pleinement.

L’influence technocratique du président transparaît dans la sélection de ses collaborateurs. Les ministères clés, comme ceux de l’Économie, des Infrastructures ou du Numérique, sont dirigés par des profils déjà engagés dans les grands projets nationaux : développement du port de Cotonou, création de zones industrielles dédiées ou encore modernisation des services publics. Une approche qui laisse peu de place à l’innovation, mais garantit une gestion fluide des dossiers en cours.

six femmes intégrées, mais aucun élargissement politique

Sur les 24 postes ministériels, six sont occupés par des femmes, un ratio qui s’aligne sur la moyenne régionale en Afrique de l’Ouest. Bien que cette proportion ne soit pas révolutionnaire, elle s’inscrit dans la continuité des politiques précédentes. En revanche, aucun des ministères régaliens n’est confié à une femme, ces responsabilités stratégiques restant entre les mains de proches du président, tous issus de la majorité présidentielle.

Un autre choix marquant concerne l’absence totale de représentants de l’opposition. Plusieurs figures de l’opposition avaient soutenu Romuald Wadagni durant la campagne, espérant obtenir des postes en échange de leur allégeance. Pourtant, aucune d’entre elles n’apparaît dans le gouvernement final. Cette décision soulève des questions sur la promesse de dialogue politique faite pendant la campagne, alors que les tensions autour des conditions de participation des partis d’opposition avaient marqué la période préélectorale.

un exécutif opérationnel face aux défis immédiats

La rapidité de la formation du gouvernement, annoncée dans les heures suivant l’investiture, témoigne d’une préparation minutieuse. Romuald Wadagni a visiblement anticipé ses choix, évitant ainsi les périodes de flottement souvent observées lors des transitions en Afrique de l’Ouest. L’équipe est désormais prête à affronter les enjeux urgents, qu’il s’agisse du suivi des accords avec le Fonds monétaire international ou de la sécurisation des frontières septentrionales, sous pression depuis l’intensification des menaces jihadistes dans la région du Sahel.

Cependant, au-delà du soulagement des acteurs économiques rassurés par la continuité, les défis sociaux du Bénin restent entiers. L’inflation, le chômage des jeunes diplômés et la nécessité de renforcer le dialogue avec la société civile exigent une approche plus inclusive. L’absence d’ouverture politique pourrait peser dans les mois à venir, surtout alors que le gouvernement prépare les prochaines échéances électorales locales et législatives prévues en 2026. Ces élections représenteront un premier test pour évaluer la capacité de l’exécutif à composer avec une scène politique qu’il a, pour l’instant, choisie de ne pas élargir.