Washington a annoncé, jeudi 25 juin, des sanctions ciblant une société rwandaise et son dirigeant, accusés d’avoir participé au transport et à la revente d’or issu de l’exploitation illégale dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Selon le département du Trésor américain, ces activités auraient permis de financer le groupe armé M23, qui sévit dans cette région riche en minerais.
Gasabo Gold Refinery, basée au Rwanda, et son PDG Jean Malic Kalima sont au cœur des accusations. Le Trésor américain affirme qu’ils ont servi de partenaires clés pour des responsables rwandais et des rebelles du M23, en extrayant et en transportant de l’or depuis l’est de la RDC.
« Les États-Unis ne permettront pas à des groupes hors-la-loi de tirer profit du commerce illégal de minerais »
Le communiqué du Trésor précise que des soldats rwandais et des combattants du M23 ont sécurisé le transport de l’or jusqu’à la ville congolaise de Bukavu, à la frontière rwandaise, puis jusqu’au siège de Gasabo à Kigali. « Début 2026, 60 kg d’or, d’une valeur de plusieurs millions de dollars, ont été déplacés de l’est de la RDC vers Gasabo de cette manière », indique le document.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a déclaré : « Les richesses minérales de la RDC appartiennent légitimement au peuple congolais. Les États-Unis ne permettront pas à des groupes hors-la-loi d’utiliser le commerce illégal de minerais pour déstabiliser la région. »
Les sanctions impliquent le gel des avoirs détenus directement ou indirectement par les personnes ou entités ciblées aux États-Unis. Elles interdisent également aux citoyens et entreprises américains, ainsi qu’aux sociétés étrangères ayant des filiales aux États-Unis ou utilisant le dollar dans leurs transactions, de commercer avec elles.
Le M23 tire d’importants revenus de la taxation des minerais
Depuis sa résurgence fin 2021, le M23, soutenu par Kigali et l’armée rwandaise, a conquis de vastes territoires dans l’est de la RDC, une zone riche en ressources naturelles et en proie aux conflits depuis trois décennies. Une enquête de l’ONG Global Witness, publiée début juin, révèle que des centaines de tonnes de coltan ont été pillées dans la région par le groupe armé et blanchies au Rwanda avant d’être exportées vers des fonderies alimentant les géants de l’électronique.
En avril 2024, le M23 a pris le contrôle de la cité minière de Rubaya, qui fournit 15 % de la production mondiale de coltan, un minerai stratégique pour l’industrie électronique. Le groupe armé prélève une taxe sur la production et le commerce des minerais, générant d’importants revenus. Selon des experts de l’ONU, environ 120 tonnes de coltan ont été exportées chaque mois vers le Rwanda entre mai et octobre 2024.
