Sénégal 2026 : l’afrique sous les projecteurs des jeux olympiques de la jeunesse

le sommet « africa forward », co-organisé par la France et le Kenya, se tient ce lundi à Nairobi pour discuter du développement par le sport. une thématique qui résonne particulièrement pour le Sénégal, qui accueillera les prochains jeux olympiques de la jeunesse à Dakar à l’automne 2026. cet événement historique marquera la première organisation d’un événement olympique sur le continent africain.

Babacar Senghor, coordonnateur du projet des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), devant les plans de la piscine.

un défi olympique inédit pour le Sénégal et l’afrique

moins de six mois avant le coup d’envoi, le ton est donné : « le Sénégal sera prêt ». cette promesse, martelée par les autorités, s’accompagne d’une pression légitime. Dakar, capitale du pays, se transforme progressivement pour accueillir les 4es jeux olympiques de la jeunesse d’été, initialement prévus en 2022 mais reportés en raison de la pandémie de covid-19. cet événement s’étendra du 31 octobre au 13 novembre 2026.

au-delà de l’organisation logistique, les jeux de Dakar 2026 représentent un jalon historique pour le continent africain. ils seront le premier événement olympique organisé en afrique, un continent souvent sous-représenté dans le paysage sportif mondial. cette édition comportera 25 sports de compétition, auxquels s’ajouteront dix disciplines en démonstration. au total, 153 épreuves sont programmées, avec une répartition équilibrée entre épreuves masculines (73), féminines (73) et mixtes (7).

les athlètes participants seront des jeunes de moins de 17 ans, selon les critères définis par le comité international olympique (cio). une occasion unique pour le Sénégal de briller sur la scène internationale et de promouvoir les talents africains de demain.

ahmadou al-aminou lo : le visage d’une organisation ambitieuse

à la tête du comité de veille des jeux olympiques de la jeunesse, ahmadou al-aminou lo, ministre d’état chargé du suivi du pilotage et de l’évaluation de l’agenda national de transformation Sénégal 2050, incarne l’engagement du pays. ancien directeur national de la banque centrale des états de l’afrique de l’ouest (bceao), il supervise une structure qui se réunit deux fois par mois. ce comité rassemble l’ensemble des acteurs étatiques, locaux et institutionnels impliqués dans les préparatifs, avec des délais stricts et une responsabilité majeure : garantir que le Sénégal soit à la hauteur de l’événement.

« notre rôle est d’aider à lever tous les risques liés à la livraison des jeux olympiques de la jeunesse », explique-t-il. « l’idée est de faire en sorte que les structures étatiques sénégalaises soient agiles et puissent être au rendez-vous à temps. je suis l’assurance qualité de ces préparatifs. avec ces jeux, il en va de l’image du Sénégal et de l’afrique. c’est une double pression et une responsabilité : nous avons l’obligation de démontrer que nous sommes capables d’organiser des événements sportifs d’envergure mondiale. »

un héritage au-delà des compétitions

l’organisation des jeux de Dakar 2026 ne se limite pas à la réussite des compétitions. le Sénégal mise sur un héritage durable, notamment à travers le développement des infrastructures sportives et la promotion du sport comme levier économique et social. « nous voulons que les jeux olympiques de la jeunesse soient un élément déclencheur en matière d’héritage pour notre jeunesse », souligne le ministre lo. « avec le développement de la formation, des centres d’excellence sport-études et la promotion de la haute compétition, nous visons à doubler la contribution du sport dans le pib du Sénégal, actuellement estimé à 15 millions d’euros. »

l’objectif est clair : transformer ces jeux en catalyseur pour l’économie du sport, en s’appuyant notamment sur l’industrie mice (meetings, incentives, conferences, exhibitions), un secteur en pleine expansion sur le continent africain.

un partenariat franco-sénégalais pour réussir

la collaboration entre la France et le Sénégal joue un rôle clé dans la préparation des jeux. une convention signée en 2019 entre les deux pays, nommée « alliance dioko », a permis un partage d’expertises et de bonnes pratiques. christine fages, ambassadrice de France au Sénégal, met en avant l’importance de ce partenariat : « dans le cadre du partenariat avec le Sénégal, une trentaine d’experts de Paris 2024 a été intégrée dans l’équipe de Dakar 2026. »

ce soutien se traduit par des actions concrètes :

  • formation de 419 jeunes dans la learning academy, un programme dédié à l’organisation d’événements sportifs ;
  • soutien financier à hauteur de 1 million d’euros pour la formation et l’acquisition de savoir-faire ;
  • prêt souverain de 80 millions d’euros de l’agence française de développement (afd) pour la rénovation du stade iba mar diop et du complexe tour de l’œuf, incluant la piscine olympique ;
  • création de douze infrastructures sportives de proximité.

l’ambassade de France soutient également l’académie de judo du lycée lamine gueye à Dakar, en finançant la rénovation de l’internat et du dojo, et en accompagnant les jeunes judokas sénégalais dans leur préparation.

des infrastructures en pleine transformation

au cœur des préparatifs, le complexe tour de l’œuf, situé dans le quartier point e à Dakar, est en pleine rénovation. ce site accueillera les épreuves de basket 3×3, baseball, breaking et skateboard. plus de 450 ouvriers y sont mobilisés depuis le début des travaux, qui concernent notamment la piscine olympique et ses bassins d’entraînement. un premier remplissage-test des trois bassins est prévu pour le 15 mai, et le complexe doit être livré au comité d’organisation des jeux le 15 août, soit deux mois et demi avant le début des compétitions.

la technologie utilisée pour ces bassins permet une « économie d’eau et d’énergie », un atout majeur pour le Sénégal, confronté à des défis environnementaux. après les jeux, le complexe sera reconverti en espaces multifonctionnels, avec des terrains de football, basket, handball et tennis.

la propreté, une priorité pour Dakar

en plus des infrastructures sportives, Dakar devra relever un autre défi : celui de la propreté urbaine. les autorités sénégalaises en ont conscience et ont mis en place un plan ambitieux. « notre première médaille sera celle de la propreté », annonce le ministre lo, en référence à la ville de kigali au Rwanda, classée première des villes africaines les plus propres en 2025 selon le magazine jeune afrique. Dakar, actuellement en 17e position, vise à améliorer significativement cette image avant l’événement.

un événement au service de la jeunesse africaine

pour le Sénégal, les jeux olympiques de la jeunesse ne sont pas seulement une vitrine internationale, mais une opportunité de faire progresser le sport africain. en mettant l’accent sur la formation, l’excellence et l’héritage, le pays espère inspirer une nouvelle génération d’athlètes et de professionnels du sport.

les préparatifs sont en cours, les défis sont nombreux, mais la détermination est au rendez-vous. Dakar 2026 s’annonce comme un événement historique, non seulement pour le Sénégal, mais pour toute l’afrique.