tabaski au Mali : l’armée sécurise les convois de moutons vers Bamako
Avec l’arrivée de la Tabaski, la capitale malienne, Bamako, bénéficie enfin d’un approvisionnement en moutons, essentiel pour cette fête religieuse. Ces animaux, autrefois rares dans les rues de la ville, occupent désormais les abords des grands axes routiers et les espaces publics comme les terrains de football. Une situation qui contraste avec les semaines précédentes, marquées par des blocages répétés sur les routes menant à la ville.
un blocus djihadiste qui pèse sur les livraisons
Jusqu’à présent, les livraisons de moutons vers Bamako étaient fortement perturbées par les actions du Jnim, un groupe armé affilié à Al-Qaïda. Ces derniers ont instauré un véritable blocus sur les routes, notamment sur la nationale 6, qui relie Ségou à la capitale. Cette route, longue de plus de 200 kilomètres, est devenue un axe particulièrement dangereux pour les transporteurs.
Les djihadistes ciblent aussi bien les camions de marchandises que les véhicules personnels, brûlant systématiquement ceux qui osent emprunter cette voie. Résultat : les moutons peinent à atteindre les marchés de Bamako, et les prix s’envolent.
l’armée malienne en première ligne contre les attaques
Face à cette situation, l’armée malienne a renforcé ses dispositifs pour briser ce blocus. Depuis plusieurs jours, des frappes aériennes sont menées régulièrement sur les positions des groupes armés. Parallèlement, des patrouilles et des escortes militaires sont organisées pour sécuriser les convois de moutons en direction de Bamako.
Malgré ces mesures, les attaques persistent. Un éleveur de Ségou raconte son périple mouvementé :
« Vers Zambougou, des assaillants ont lancé des projectiles sur notre camion transportant des moutons. Le chauffeur, pris de panique, a immobilisé le véhicule pour protéger passagers et animaux. Peu après, les djihadistes ont incendié le camion, emportant avec lui nos bagages. Nous avons dû parcourir à pied les kilomètres séparant Zambougou de Konobougou, avant de prendre un car jusqu’à Bamako. Heureusement, entre Konobougou et Zantiguila, nous avons bénéficié d’une escorte militaire. »
des prix en forte hausse pour les consommateurs
Les attaques répétées ont un impact direct sur les prix. Le coût du transport des moutons a triplé, passant de 2 000 francs CFA en zone rurale à 5 000 ou 6 000 francs CFA à Bamako. Cette inflation se répercute sur le prix d’achat des animaux, qui atteint désormais des sommets inégalés.
Un chef de famille interrogé dans le quartier Sans Fil de Bamako témoigne :
« L’an dernier, ce mouton coûtait 125 000 francs CFA. Cette année, il faut débourser 175 000 francs CFA pour l’obtenir ici. À Bamako, certains moutons se vendent même à 200 000 ou 250 000 francs CFA. Le blocus a clairement contribué à cette flambée des prix. Nous espérons une stabilisation rapide. »
vente promotionnelle organisée par les autorités
Pour atténuer l’impact de la hausse des prix, les autorités maliennes organiseront demain une vente promotionnelle de moutons dans plusieurs sites de Bamako. Les terrains municipaux de Sogoniko, de l’hippodrome, de Torokorobougou, le terrain Sahaba de Lafiabougou, ainsi que l’ancien terrain de l’AS Real au Badialan I, seront ouverts à cette opération.
L’objectif est de rendre les moutons plus accessibles aux familles maliennes en cette période de Tabaski.
