Tchad : le dialogue met fin aux tensions entre justice et sécurité

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À N’Djamena, les plus hautes autorités judiciaires et sécuritaires du Tchad ont trouvé un terrain d’entente pour désamorcer une crise diplomatique. Une rencontre au sommet, organisée le 27 mai 2026 au ministère de la Justice, a permis de tourner la page sur un malentendu qui menaçait les relations entre les deux institutions.

Des déclarations mal comprises, un dialogue salvateur

Tout est parti d’une prise de parole du ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, Ali Ahmat Aghabache, lors d’une réunion sur la gestion du domaine public. Ses propos, détournés par des montages vidéo, ont été interprétés comme une critique frontale envers la magistrature. Une confusion qui a rapidement enflammé les esprits au sein du corps judiciaire.

La ministre de la Justice, Mme Ndolenodji Alixe Naimbaye, a immédiatement réagi en convoquant une réunion exceptionnelle pour rétablir le dialogue. « L’harmonie entre les institutions est la pierre angulaire d’un État de droit solide », a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité de préserver la sérénité indispensable au bon fonctionnement de la justice.

Excuses et engagements pour apaiser les esprits

Face aux syndicats de magistrats qui dénonçaient une atteinte à l’indépendance de la justice, le ministre de la Sécurité a pris la parole pour clarifier sa position. « Mes propos ont été sortis de leur contexte, et je regrette profondément cette situation. Je n’ai jamais eu l’intention de remettre en cause le travail des juges », a-t-il assuré, tout en reconnaissant que certaines formulations auraient pu prêter à confusion.

Les représentants du parquet supérieur ont salué ces excuses, tout en exigeant des garanties supplémentaires. Ils ont notamment insisté pour que les clarifications promises soient suffisamment précises afin d’éviter toute ambiguïté future. Le Premier Président de la Cour Suprême a, quant à lui, appelé à renforcer les mécanismes de communication entre les pouvoirs pour prévenir de tels incidents.

Un communiqué pour sceller la réconciliation

Pour officialiser cette détente, les participants ont décidé de publier un communiqué commun détaillant les engagements pris. Les points litigieux de la lettre d’excuses initiale seront corrigés afin de refléter au mieux les attentes des magistrats. Cette démarche vise à restaurer pleinement la confiance entre les deux institutions.

La réunion s’est achevée sur une note positive, marquée par la volonté partagée de consolider les liens institutionnels. Une avancée saluée par les observateurs, qui y voient un symbole fort de la maturité du système judiciaire tchadien.