Tchad : ouverture de la session parlementaire sous tension sécuritaire et politique

Tchad : ouverture de la session parlementaire sous tension sécuritaire et politique

Tchad : ouverture de la session parlementaire sous tension sécuritaire et politique

Le Tchad entame une nouvelle étape politique avec l’ouverture de la session ordinaire du Congrès du Parlement à N’Djamena. Sous la présidence d’Ali Kolotou Tchaïmi, cette séance s’inscrit dans un contexte marqué par des enjeux sécuritaires persistants et des réformes institutionnelles ambitieuses. Le président du Congrès a lancé un appel solennel à l’unité nationale et à la consolidation de l’État de droit.

Lors de son discours inaugural, Ali Kolotou Tchaïmi a rendu un vibrant hommage aux militaires tchadiens tombés lors des récents affrontements contre Boko Haram dans la province du Lac. Ces attaques, toujours aussi meurtrières, rappellent la nécessité de renforcer la vigilance et la cohésion nationale. « Un moment difficile pour notre pays », a-t-il souligné, saluant le courage des Forces de défense et de sécurité dans leur mission de protection des frontières.

La cérémonie a également été marquée par une minute de silence en mémoire de Haoua Outman Djame, députée décédée en mars dernier. Son engagement au service de la République et sa rigueur parlementaire ont été salués par l’ensemble de l’assemblée. Cette reconnaissance a renforcé l’émotion du moment, rappelant l’importance des valeurs républicaines dans le paysage politique tchadien.

des défis institutionnels majeurs à relever

Les travaux de cette session se concentreront sur deux dossiers prioritaires. D’abord, la révision du règlement intérieur du Congrès pour l’harmoniser avec la Constitution révisée en décembre 2023. Ensuite, l’examen de la demande de prorogation de l’état d’urgence dans la province du Lac. Instauré pour trois semaines en mai 2026, cet état d’urgence pourrait être prolongé de 45 jours supplémentaires, selon la demande du gouvernement. Cette mesure vise à renforcer les opérations de sécurisation et à protéger les populations locales face à la menace terroriste persistante.

Sur le plan diplomatique, le Parlement tchadien continue de gagner en influence sur la scène africaine. Mariam Mahamat Nour, sénatrice tchadienne, occupe désormais le poste de vice-présidente de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Par ailleurs, Djidda Mamar Mahamat a été élu troisième vice-président du Parlement panafricain, une reconnaissance de l’engagement du Tchad dans les instances régionales.

Le président du Congrès n’a pas manqué de répondre aux critiques formulées par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme concernant des incidents impliquant des pêcheurs dans la province du Lac. Qualifiant ces allégations de « déformées et infondées », il a réaffirmé son soutien au président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, ainsi qu’aux forces armées engagées dans la lutte antiterroriste. La stabilité du pays reste une priorité absolue.

appel à la réconciliation et à la stabilité

Les tensions intercommunautaires dans le département du Dar Tama, situé dans la province du Wadi Fira, ont également retenu l’attention du président du Congrès. Face à cette situation, il a plaidé pour le dialogue et la réconciliation, insistant sur l’importance du vivre-ensemble pour éviter toute résurgence des conflits.

Ali Kolotou Tchaïmi a conclu son allocution en rappelant la responsabilité historique des parlementaires. Il les a exhortés à œuvrer ensemble pour bâtir un Tchad stable, sécurisé et prospère. La session ordinaire du Congrès a ainsi été officiellement lancée, avec l’espoir d’avancées concrètes pour le pays.