UNE NUIT DE CRISPATIONS DIPLOMATIQUES. Lundi, le Conseil de sécurité de l’ONU a été le théâtre d’un incident rare : les États-Unis ont quitté la salle en signe de protestation contre les propos tenus par la France. L’ambassadeur français avait dénoncé, lors de son intervention, les positions américaines en matière de droits humains, comparant Washington à des régimes comme la Corée du Nord ou la Russie. Ces critiques font suite au vote de vendredi dernier, où dix pays, dont les États-Unis, avaient rejeté le renouvellement du mandat de Volker Türk, haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. « Les États-Unis, autrefois symbole des droits humains, se retrouvent aujourd’hui alignés sur des régimes autoritaires comme la Corée du Nord, le Nicaragua, le Mali ou la Russie. Leur isolement est patent, et le monde ne les écoute plus », avait réagi la mission française auprès de l’ONU à Genève. Un responsable cité par des médias internationaux a confirmé l’effet de surprise provoqué par cette attaque frontale.

LA ROUMANIE DÉCIDE DE RÉAGIR FACE À DES INCURSIONS DE DRONES. Le ministère roumain des Affaires étrangères a annoncé lundi l’expulsion d’un membre de l’ambassade de Russie, le qualifiant de personne « indésirable ». Cette décision intervient après la présentation à l’ambassadeur russe, Vladimir Lipaev, de fragments d’un drone de type Shahed, abattu par un chasseur F-16 roumain. Entre vendredi et lundi, trois drones ont été interceptés, dont un nouveau signalé en début de semaine. Moscou a dénoncé une « mise en scène propagandiste » et menacé de « mesures de rétorsion ».

L’ARABIE SAOUDITE VICTIME D’UNE ATTAQUE DE DRONES EN PROVENANCE D’IRAK. Le ministère saoudien de la Défense a accusé des « milices terroristes soutenues par l’Iran » d’avoir visé son territoire, sans que des revendications ne soient formulées. Les rebelles houthistes du Yémen, soutenus par Téhéran, ont pour leur part revendiqué des tirs contre des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole. Depuis la reprise des hostilités le 13 juillet après quatre années de trêve, les houthistes menacent de bloquer le trafic maritime en mer Rouge et dans le golfe d’Aden pour faire pression sur Riyad et la communauté internationale. « Leur objectif est double : soutenir l’Iran et contraindre l’Arabie saoudite à faire des concessions politiques au Yémen », analysent les observateurs.

LE TCHAD QUITTE LA COUR PÉNALE INTERNATIONALE. N’Djamena a justifié cette décision par le « déséquilibre » dans les enquêtes de la CPI, qui concernent majoritairement des pays africains. Sur les 13 enquêtes ouvertes depuis son entrée en vigueur, neuf visent des États du continent, contre quatre dans d’autres régions. Selon des sources locales, cette initiative aurait été encouragée par les États-Unis, qui multiplient les pressions contre la Cour. Washington a en effet lancé une offensive diplomatique majeure contre la CPI, la qualifiant de menace pour ses citoyens et promettant de nouvelles sanctions. Le sous-secrétaire d’État américain chargé des Affaires africaines aurait discuté de ce sujet avec son homologue tchadien en début de semaine.