Transition écologique : la CEDEAO place les femmes au cœur de l’économie verte à Abidjan

La capitale économique ivoirienne, Abidjan, est devenue le centre névralgique des discussions sur la durabilité environnementale. Ce vendredi 15 mai 2026, la CEDEAO a inauguré un atelier de haut niveau portant sur l’intersection cruciale entre le genre, les dérèglements climatiques et l’essor de l’économie verte. Ce rendez-vous de deux jours mobilise une diversité d’experts et d’institutions régionales pour repenser la transition écologique en Afrique de l’Ouest.

Une stratégie régionale pour l’action climatique sensible au genre

Portée par le Centre de la CEDEAO pour le Développement du Genre (CCDG) avec le soutien d’ONU Femmes, cette initiative s’articule autour d’une thématique centrale : l’intégration des enjeux de genre dans les transitions vertes. L’ambition est claire : structurer un programme régional d’envergure qui garantit une participation active des femmes dans l’élaboration des politiques environnementales et l’accès aux nouvelles opportunités économiques.

Lors de la session d’ouverture, la directrice du CCDG, Sandra Oulaté, a rappelé la nécessité absolue d’adopter une vision inclusive. Elle a souligné que les femmes, particulièrement celles évoluant dans les zones rurales et le secteur agricole, subissent de manière disproportionnée les effets du changement climatique. Le projet, qui se projette vers l’horizon 2030, vise à faciliter leur accès aux financements verts et à favoriser la création d’emplois durables.

Engagement politique et résilience économique

Représentant les autorités ivoiriennes, Louis-Philippe Boni a mis en avant les avancées de la Côte d’Ivoire en matière de reboisement et de transition énergétique, tout en insistant sur l’importance de la représentativité féminine. Il a exhorté les États membres de la CEDEAO à intensifier leur coopération pour que les mécanismes de financement climatique profitent directement aux femmes.

De son côté, Dr Namizata Binaté, s’exprimant au nom du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, a alerté sur les conséquences concrètes de la dégradation des terres et des phénomènes météorologiques extrêmes comme les inondations sur le quotidien des populations féminines. Elle plaide pour que les femmes occupent une place de choix dans les instances de décision liées au climat.

Vers une économie ouest-africaine plus robuste

Le Dr Kalilou Sylla, commissaire aux Affaires économiques et à l’Agriculture de la Commission de la CEDEAO, a conclu en rappelant le rôle moteur des femmes dans l’agriculture régionale. Malgré leur importance systémique, elles font face à des barrières persistantes pour accéder aux ressources productives. Selon lui, promouvoir l’égalité des sexes n’est pas seulement une question de justice sociale, mais un levier indispensable pour bâtir une résilience économique face aux défis climatiques mondiaux.

Les conclusions de cet atelier permettront de fixer la feuille de route opérationnelle et le cadre budgétaire de ce futur programme régional stratégique.