Auteur/autrice : nigeractu

  • Budget 2027 au Cameroun : le secteur privé se fait entendre

    Budget 2027 au Cameroun : le secteur privé se fait entendre

    Le secteur privé camerounais en ordre de bataille pour le budget 2027

    La Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat du Cameroun (Ccima) a convié, le 24 juin 2026, les acteurs économiques à une consultation stratégique. L’objectif : élaborer des propositions communes pour orienter la préparation de la loi de finances 2027.

    Cette concertation a permis de recueillir et d’harmoniser les attentes des opérateurs privés avant les échanges prévus avec la Direction générale des impôts (DGI). Au cœur des discussions : la modernisation du système fiscal, l’amélioration de la compétitivité des entreprises et le renforcement de l’attractivité du climat des affaires. Une vingtaine de recommandations concrètes ont été formulées à l’issue des travaux.

    Cette démarche s’inscrit dans la volonté de consolider le dialogue public-privé et de promouvoir une fiscalité plus adaptée aux réalités de l’économie camerounaise.

  • Crise humanitaire à Kinshasa : l’urgence d’agir pour les déplacés de l’Est

    Crise humanitaire à Kinshasa : l’urgence d’agir pour les déplacés de l’Est

    Crise humanitaire à Kinshasa : l’urgence d’agir pour les déplacés de l’Est

    À Kinshasa, la crise humanitaire s’aggrave pour les personnes déplacées fuyant l’Est de la République démocratique du Congo. Sans abri ni soins médicaux, seize d’entre elles ont déjà perdu la vie.

    République démocratique du Congo 2025 | Des habitants fuient Kibati

    Des milliers de déplacés, chassés par les combats dans l’est de la RDC, connaissent une situation humanitaire dramatique à Kinshasa. Plusieurs décès ont été constatés, faute d’aide.

    Ces déplacés viennent principalement du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où l’avancée des rebelles de l’AFC-M23 les a contraints à l’exil il y a plus d’un an. D’autres ont fui l’Ituri, province voisine, en raison des attaques de groupes armés tels que la Codéco et les ADF.

    Laissés pour compte

    Plus de 2 600 familles sont dans une situation humanitaire alarmante. Beaucoup se retrouvent sans logement après avoir dû quitter les églises et mosquées qui les accueillaient.

    Le plus inquiétant est la présence de nombreuses personnes vulnérables parmi ces déplacés.

    « Parmi les plus vulnérables, on trouve des femmes enceintes, des personnes handicapées, des enfants, des étudiants et des personnes âgées. Ils n’ont accès ni aux soins, ni à un toit, ni à la nourriture. Leur détresse est totale. » Jordan Mulikuza, président des déplacés de l’Est à Kinshasa.

    Le calvaire des étudiants déplacés

    Certains étudiants ont fui la guerre, d’autres étaient déjà à Kinshasa pour leurs études avant le conflit. Aujourd’hui, ils vivent dans des conditions précaires, séparés de leurs parents qui ont fui ou ont été tués. Jacques Chiza les représente.

    « Nous vivons des moments très durs. Nous n’avons rien à manger. La plupart des étudiants dorment dehors faute de logement. Nous n’avons aucune aide. Nous lançons un appel à toutes les bonnes volontés, car la situation est critique. »

    L’État attendu pour une réponse urgente

    Seize personnes sont décédées faute de soins à Kinshasa. Les déplacés ont multiplié les appels aux autorités et aux humanitaires, sans réponse notable. Ils exigent une prise en charge par l’État.

    « Chaque jour, des cas de maladie surviennent. Je lance un appel à la communauté internationale, aux Nations unies et au gouvernement pour qu’ils interviennent. Nous demandons aux autorités d’agir avant qu’il ne soit trop tard. Nous lançons un cri d’alarme au chef de l’État pour une action urgente. » Jordan Mulikuza, président des déplacés de l’Est à Kinshasa.

    République démocratique du Congo | Les rebelles du M23 atteignent l'aéroport situé près de Bukavu, dans l'est du Congo

    Les déplacés souhaitent être regroupés sur un site pour faciliter l’aide humanitaire. Théogène Nkundiye, conseiller au ministère des Affaires sociales, a indiqué que leur situation est connue et qu’une étude est en cours pour une solution durable. Il a ajouté qu’il est encore trop tôt pour en parler, et que plus d’informations seront données en temps utile.

    Aucune décision concrète n’a donc été prise pour venir en aide à ces milliers de déplacés qui survivent tant bien que mal dans la capitale.

  • Paul Biya soigné en Suisse, Franck Biya en campagne au Cameroun ?

    Paul Biya soigné en Suisse, Franck Biya en campagne au Cameroun ?

    Paul Biya assis.

    Le président camerounais Paul Biya séjourne actuellement en Suisse pour des soins médicaux, tandis que son fils Franck Biya multiplierait les déplacements et rencontres politiques au Cameroun. Cette situation inédite soulève des interrogations sur l’avenir de la succession à la tête de l’État. Les Camerounais suivent avec attention ces développements, alors que le pays s’interroge sur une possible transition.

  • L’impasse sécuritaire au Sahel : l’improvisation au service du djihadisme

    L’impasse sécuritaire au Sahel : l’improvisation au service du djihadisme

    L’ère des réactions improvisées

    Face à une menace interconnectée qui traverse les frontières poreuses du Sahel avec une aisance redoutable, les États répondent de manière éparpillée, vague et improvisée.

    On assiste à une succession de réactions émotionnelles après chaque massacre, sans application d’une doctrine militaire réfléchie et commune.

    Une politique sécuritaire sérieuse ne se limite pas à l’acquisition de matériel militaire ou à des annonces sur les réseaux sociaux. Il faudrait :

    • Une coordination stratégique réelle et durable entre les pays de la ligne de front sahélienne.
    • Un plan permanent de sécurisation des axes routiers et des zones agricoles pour protéger l’économie rurale.
    • Un maillage territorial et un partage du renseignement capables d’anticiper les mouvements ennemis plutôt que de simplement compter les pertes.

    À la place, le vide stratégique actuel laisse le champ libre aux groupes armés, qui s’installent, lèvent l’impôt et deviennent les seuls administrateurs de vastes portions du territoire sahélien.

    L’illusion de la solution uniquement militaire

    Un autre symptôme de l’absence de politique sécuritaire au Sahel est la croyance que la crise se résoudra seulement par les armes. En négligeant la sécurité humaine – c’est-à-dire le retour des services publics, des écoles, des dispensaires et d’une justice impartiale dans les zones vulnérables – les gouvernements créent un terrain fertile pour les recruteurs djihadistes.

    Faute d’une vision à long terme pour réinstaller durablement l’État là où il a failli, les opérations militaires, même ponctuellement réussies, s’avèrent inefficaces. Dès que l’armée se retire ou change de secteur, les groupes terroristes reviennent, plus forts et plus enracinés qu’avant dans les communautés locales.

    Un sursaut nécessaire pour éviter l’effondrement

    Le bilan dressé du Mali au lac Tchad est un avertissement grave pour l’avenir de la région. On ne combat pas une insurrection mondiale et structurée avec improvisation et ruptures d’alliances stratégiques. Tant que les dirigeants sahéliens refuseront de concevoir une politique sécuritaire globale, scientifique et véritablement coordonnée, les déclarations politiques se multiplieront, tandis que le terrain continuera de glisser inexorablement entre les mains des groupes armés.

  • Trois obstacles sur la route des Bleus face à la Norvège

    Trois obstacles sur la route des Bleus face à la Norvège

    Kylian Mbappé, capitaine des Bleus.

    À l’approche de la rencontre entre la France et la Norvège, les supporters tricolores retiennent leur souffle. Si les Bleus partent favoris sur le papier, plusieurs éléments laissent penser que la tâche pourrait être bien plus ardue que prévu. Voici trois raisons de douter de la victoire française.

    Une défense norvégienne en pleine confiance

    La Norvège s’appuie sur une arrière-garde particulièrement solide, qui a su museler des attaques redoutables lors des derniers matchs. Le bloc défensif scandinave, bien organisé et discipliné, pourrait poser de sérieux problèmes aux attaquants français, souvent à l’aise dans les espaces ouverts. Pour les Bleus, il faudra faire preuve de créativité pour déstabiliser cette muraille.

    La forme étincelante des joueurs norvégiens

    Plusieurs cadres norvégiens traversent une période de forme exceptionnelle. Leur capacité à tenir le ballon et à créer des occasions dangereuses rend la sélection nordique particulièrement imprévisible. Face à une équipe de France parfois irrégulière, cette dynamique positive pourrait faire la différence.

    Les absences et la fatigue chez les Bleus

    L’équipe de France doit composer avec des blessures et une usure physique accumulée après une longue saison. Certains titulaires semblent moins tranchants, et le banc de touche manque de rotations évidentes. Dans un match serré, la fraîcheur physique pourrait pencher en faveur de la Norvège, capable de maintenir un rythme élevé jusqu’au coup de sifflet final.

  • Programmation budgétaire 2027-2029 : le Bénin mise sur une croissance soutenue et maîtrisée

    Programmation budgétaire 2027-2029 : le Bénin mise sur une croissance soutenue et maîtrisée

    Le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuel 2027-2029 a été présenté aux députés ce mercredi 24 juin 2026, dans le cadre du débat d’orientation budgétaire. Ce document jette les bases de la stratégie financière de l’État béninois pour les trois années à venir. À travers ce cadre, le gouvernement vise à consolider les acquis économiques récents et à amorcer une nouvelle étape de transformation structurelle.

    Assemblée nationale du Bénin Photo: @LSI Africa

    Les députés, réunis en plénière au Palais des Gouverneurs de Porto-Novo, ont passé en revue les orientations majeures qui guideront la construction du budget général de l’État pour 2027. Cette session revêt une importance singulière, car elle marque le premier débat d’orientation budgétaire du nouveau cycle politique initié par le gouvernement du président Romuald Wadagni.

    Selon Gérard Gbénonchi, président de la Commission des finances et des échanges, ce débat représente une étape cruciale du calendrier budgétaire. Il offre l’opportunité d’évaluer les performances passées et de juger de la pertinence des options retenues pour le moyen terme, dans un environnement régional et international toujours marqué par des incertitudes.

    Les indicateurs macroéconomiques révèlent une résilience remarquable de l’économie du Bénin. De 2023 à 2026, le pays a conservé un rythme de croissance élevé, bravant les tensions géopolitiques internationales, les difficultés énergétiques et les menaces sécuritaires qui perdurent en Afrique de l’Ouest.

    Le document remis aux parlementaires fait état d’une hausse régulière du PIB, le taux de croissance grimpant de 6,4 % en 2023 à 7,5 % en 2024, puis à 8,1 % en 2025 – un sommet inégalé depuis l’avènement du renouveau démocratique.

    Cette réussite s’appuie sur plusieurs leviers. L’agriculture demeure un pilier essentiel, tandis que l’industrie, le BTP, les services commerciaux et le commerce ont connu une reprise notable. Ces secteurs ont collectivement consolidé la base productive du pays et amélioré les grands équilibres macroéconomiques.

    Avec la programmation 2027-2029, l’exécutif entend marier rigueur budgétaire, continuité des réformes et investissements d’envergure, dans le but d’enraciner la croissance sur le long terme et d’en étendre les bénéfices à l’ensemble de la société.

  • Le Maroc sur la voie des 26 millions de touristes en 2030

    Le Maroc sur la voie des 26 millions de touristes en 2030

    En 2025, le royaume chérifien a franchi un cap historique avec près de 20 millions de visiteurs et 138 milliards de dirhams de recettes touristiques. Les premiers mois de 2026 confirment cette dynamique, portée par une hausse de 7 % des arrivées internationales à fin mai et une progression de 21 % des recettes. Les nuitées dans les hébergements classés ont également augmenté de 9 %, selon les données présentées lors du conseil d’administration de l’Office national marocain du tourisme (ONMT) le 24 juin à Rabat.

    Présidée par Fatim-Zahra Ammor, ministre du Tourisme, de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, en présence du directeur général de l’ONMT, Achraf Fayda, cette réunion a dressé le bilan des performances et l’avancement vers l’ambitieux objectif de 26 millions de touristes à l’horizon 2030.

    « La feuille de route 2023-2026 a prouvé qu’en agissant simultanément sur la connectivité aérienne, la promotion, l’investissement, la qualité et le développement territorial, le Maroc peut changer d’échelle et rivaliser avec les meilleures destinations mondiales », a déclaré la ministre.

    Côté transport aérien, la capacité contractualisée pour l’été 2026 atteint 7,74 millions de sièges, soit une hausse de 13 % sur un an. Cette progression est soutenue par l’ouverture de nouvelles bases à Rabat, Marrakech et Tétouan, ainsi que par le lancement de 52 liaisons internationales inédites depuis janvier.

    Pour maintenir la cadence vers 2030, l’ONMT a identifié plusieurs priorités : renforcer les liaisons aériennes, diversifier les marchés émetteurs (notamment en Chine, en Inde et en Amérique latine), développer les routes maritimes et le tourisme de croisière, et intégrer progressivement l’intelligence artificielle dans les opérations marketing et commerciales.

  • Banda Kani fustige Elimbi Lobe : « un petit politicien sans envergure nationale »

    Banda Kani fustige Elimbi Lobe : « un petit politicien sans envergure nationale »

    Banda Kani dénonce la versatilité d’Elimbi Lobe après ses propos sur Info Tv

    Le président national du Nouveau Mouvement populaire (NMP), Banda Kani, a accordé une interview ce mardi 23 juin 2026. Il y exprime sa colère contre le débatteur Elimbi Lobe, qu’il qualifie d’une versatilité légendaire après son passage sur Info Tv dimanche.

    Banda Kani, figure politique camerounaise, ne cache pas son mécontentement envers Elimbi Lobe. Ce dernier, lors d’une intervention sur Info Tv (chaîne basée à Yaoundé), a qualifié le nationaliste Ernest Ouandié de « bandit ». Une déclaration qui a provoqué l’ire du président du NMP.

    « En insultant Ouandié, Elimbi Lobe s’est déshonoré », déclare Banda Kani, se disant panafricaniste. Pour lui, Elimbi Lobe ne deviendra jamais un homme politique d’envergure. « Il s’est rabaissé au rang d’un vaurien, d’un petit politicien de canton qui cherche seulement à devenir député », ajoute-t-il.

    Quand il militait au SDF, aurait-il tenu de tels propos ?

    Banda Kani rappelle les contradictions d’Elimbi Lobe. En 2011, lorsqu’il était au Social Democratic Front (SDF), il vantait l’intégration nationale et le rôle des Bamilékés. Il affirmait même que son meilleur ami était Bamiléké et qu’il voulait donner son nom à son fils. Aujourd’hui, son discours a changé, preuve de son électoralisme.

    « En 2015, il dénonçait le tribalisme. Au SDF, jamais il n’aurait osé de telles déclarations. C’est un petit politicien qui croit que son élection comme député sera le sommet de sa carrière », insiste Banda Kani.

  • Gabon : comment Mayumba a transformé la communication d’Oligui Nguema

    Gabon : comment Mayumba a transformé la communication d’Oligui Nguema

    Libreville, mercredi 24 juin 2026 – Pendant des mois, un reproche revenait dans le débat public gabonais : depuis son arrivée au pouvoir le 30 août 2023, Brice Clotaire Oligui Nguema était omniprésent sur le terrain, mais rarement en interaction directe avec les journalistes nationaux. Les discours, inaugurations et déplacements se succédaient, mais les réponses spontanées aux préoccupations citoyennes restaient limitées.

    Cette perception semble avoir évolué ces dernières semaines. Non pas à travers une conférence de presse solennelle ou un exercice institutionnel calibré, mais via une série d’entretiens menés par le journaliste Chamberland Moukouama durant le séjour présidentiel à Mayumba et Tchibanga, puis à Libreville, notamment à Baraka, Bikélé ou encore à la Poste SA au centre-ville.

    Au-delà du succès médiatique, cette initiative révèle une évolution plus profonde : celle d’une communication présidentielle qui cherche à sortir des formats classiques pour renouer avec une authenticité politique devenue rare sur le continent.

    La force de la simplicité

    L’originalité de la démarche ne réside pas uniquement dans la personnalité du journaliste, mais surtout dans la méthode employée. Fondateur du concept « CASH », Chamberland Moukouama privilégie une approche centrée sur la pédagogie citoyenne, l’éducation populaire et la franchise. Son objectif n’est pas seulement d’informer, mais aussi de traduire les enjeux publics dans un langage accessible à tous.

    À Mayumba, il a posé les questions que les citoyens ordinaires se posent quotidiennement : des interrogations simples, directes, parfois dérangeantes, souvent absentes des interviews institutionnelles. Plus significatif encore, l’échange s’est déroulé loin des salons officiels. En accompagnant le président lors d’une partie de pêche nocturne, le journaliste a déplacé le débat politique dans un environnement inhabituel, où le protocole s’est effacé au profit de la spontanéité.

    Cette proximité a permis d’aborder des sujets sensibles : gouvernance, critiques adressées au pouvoir, influence de certains collaborateurs, perception des réformes ou aspects plus personnels de l’exercice du pouvoir. Le résultat a surpris de nombreux observateurs : les Gabonais ont découvert un chef de l’État moins institutionnel, plus accessible, capable de répondre sans filtre apparent à des préoccupations issues des quartiers, des réseaux sociaux et des conversations quotidiennes.

    Quand la communication devient un acte politique

    Dans les grandes démocraties, certains journalistes ont marqué leur époque en réduisant la distance entre dirigeants et citoyens. Jean-Pierre Elkabbach en France a bâti sa réputation sur la confrontation intellectuelle, Jean-Jacques Bourdin sur les préoccupations concrètes du public, et Christophe Boisbouvier, sur le continent africain, par sa capacité à interroger les dirigeants dans des contextes inattendus.

    À sa manière, Chamberland Moukouama s’inscrit dans cette tradition, mais avec une différence notable : là où d’autres privilégient le studio, il choisit le terrain. Cette approche intervient à un moment clé de l’histoire politique gabonaise. Après la transition et l’élection présidentielle, les attentes de transparence sont fortes. Les citoyens réclament davantage qu’une communication descendante ; ils veulent comprendre, questionner, parfois contester.

    Dans ce contexte, accepter des échanges directs et moins formatés constitue déjà un message politique. Une communication moderne ne consiste plus uniquement à diffuser des informations, mais à créer les conditions du dialogue, même lorsque les questions sont inconfortables.

    L’authenticité comme stratégie de pouvoir

    Cette séquence médiatique éclaire aussi la philosophie que Brice Clotaire Oligui Nguema affirme vouloir imprimer à son mandat. « La meilleure garantie contre l’hubris, c’est la mémoire. Je n’oublie pas d’où je viens », a expliqué le président gabonais. Cette formule prend un relief particulier face à ces échanges informels, où le chef de l’État rappelle sa connaissance du terrain, des réalités sociales et des difficultés quotidiennes des populations.

    Il répond également à une critique formulée depuis plusieurs mois par de nombreux journalistes nationaux, qui estimaient avoir un accès limité à l’information présidentielle. En se prêtant à cet exercice, Oligui Nguema envoie un signal clair : celui d’un pouvoir qui entend rester connecté à sa base et ne pas s’enfermer dans les cercles institutionnels. Reste à savoir si cette ouverture ponctuelle deviendra une pratique durable. L’enjeu dépasse largement le cadre d’une interview réussie ; il touche à la qualité du lien entre le pouvoir et les citoyens.

    Si cette expérience devait se multiplier, Mayumba pourrait rester dans l’histoire politique récente du Gabon comme le lieu où la communication présidentielle a changé de nature, où la parole officielle a cessé d’être uniquement verticale pour devenir davantage conversationnelle. Dans un continent où la défiance envers les institutions demeure forte, cette évolution pourrait constituer bien plus qu’une innovation médiatique : un véritable outil de gouvernance. Car au XXIe siècle, la proximité n’est plus seulement une qualité politique, elle est devenue une condition de légitimité.

  • RDC : l’épidémie d’Ebola s’étend, la riposte mondiale s’organise

    RDC : l’épidémie d’Ebola s’étend, la riposte mondiale s’organise

    Cinq semaines après la déclaration officielle, l’épidémie de virus Ebola Bundibugyo en République démocratique du Congo (RDC) n’est toujours pas sous contrôle. La riposte s’est certes intensifiée, mais reste insuffisante face à un virus qui ne cesse de gagner du terrain, franchit les frontières et continue de faire des victimes.

    Des progrès réels mais insuffisants

    Les efforts déployés sont tangibles. La capacité d’accueil des malades est passée de moins de dix lits à plus de cinq cents dans dix-neuf centres de répartis dans les zones touchées. Le nombre de tests quotidiens est passé de trente à plus de deux mille dans neuf laboratoires couvrant trois provinces. Plus d’une centaine de guérisons ont été enregistrées, montrant qu’une prise en charge rapide peut sauver des vies.

    Mais le bilan reste lourd : 1 094 cas confirmés et 277 décès à ce jour. Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), estime que l’épidémie continue de progresser plus vite que la réponse. Le traçage des contacts est insuffisant, les capacités d’isolement sont largement en deçà des besoins, et les enterrements sécurisés demeurent un défi dans des communautés souvent réticentes ou difficilement accessibles.

    Un virus sans frontières

    L’épidémie a dépassé les seules provinces congolaises d’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’Ouganda voisin compte vingt cas confirmés et deux décès, tous liés à la souche congolaise. Plus inquiétant encore, la France a signalé ce mercredi son premier cas sur son sol : un médecin humanitaire de l’ONG ALIMA, de retour de mission en RDC, a été testé positif au virus Ebola Bundibugyo. Il est pris en charge dans un établissement spécialisé et son état est stable. Une enquête est en cours pour retrouver et suivre ses contacts.

    Ce cas rappelle le risque encouru par le personnel soignant. Près de quatre-vingts agents de santé ont été infectés depuis le début de la crise. L’OMS appelle les États à garantir des conditions sécurisées pour leurs humanitaires, y compris la possibilité d’une évacuation médicale rapide en cas de contamination.

    Une riposte entravée, un financement en retard

    Au-delà des défis sanitaires, la réponse se heurte à des obstacles structurels. Les fermetures de frontières compliquent le déplacement des équipes et du matériel. Les incidents sécuritaires se multiplient dans une région marquée par des décennies de conflits armés. Les fonds tardent à arriver, alors que l’OMS et l’Africa CDC ont lancé un plan continental de 518 millions de dollars.

    Un espoir : un essai clinique évaluant deux antiviraux, le MBP134 et le remdesivir, doit démarrer la semaine prochaine en RDC. Piloté par l’Institut national de recherche biomédicale congolais, l’ONG ALIMA, l’Université d’Oxford et l’OMS, et soutenu par des dons des États-Unis et du laboratoire Gilead Sciences, cet essai pourrait marquer un tournant dans la lutte contre une épidémie qui, à cinq semaines, est loin d’être maîtrisée.

  • Matériel de pointe livré par la France au Bénin pour neutraliser les engins explosifs

    Matériel de pointe livré par la France au Bénin pour neutraliser les engins explosifs

    Face à l’évolution des tactiques terroristes dans le nord du Bénin, la coopération militaire entre Cotonou et Paris franchit une nouvelle étape. Le mardi 23 juin 2026, les Forces armées béninoises ont pris possession d’un lot d’équipements de dernière génération spécialement conçus pour contrer les engins explosifs improvisés (EEI). Cette livraison s’inscrit dans le cadre de l’Opération Mirador, qui adapte sa doctrine pour sécuriser les zones septentrionales et redonner un élan économique aux communautés locales.

    Un bond technologique face à une menace asymétrique

    La nature de la menace a changé dans le nord du Bénin. Les groupes armés terroristes, sous pression constante des forces de sécurité, abandonnent progressivement les attaques frontales pour privilégier une arme sournoise et dévastatrice : les engins explosifs improvisés (EEI). Cachés le long des pistes, ces pièges artisanaux visent à entraver la mobilité des troupes et à instaurer un climat de terreur. Pour répondre à ce défi, la France a remis, ce 23 juin, un important lot d’équipements spécialisés au Centre de Perfectionnement aux Actions Post-Conflictuelles de Déminage et de Dépollution (CPADD) Colonel Jean Kouagou N’PINA. La dotation comprend des détecteurs de métaux et d’anomalies haute performance, des canons disrupteurs capables de détruire à distance les circuits des bombes sans déclencher l’explosion, ainsi que des véhicules d’intervention adaptés. L’élément clé de cette livraison réside dans les brouilleurs portatifs. Ces appareils, portables ou embarqués, peuvent interrompre instantanément les fréquences radio et les signaux cellulaires dans un périmètre donné, empêchant ainsi les terroristes de déclencher leurs bombes à distance lors du passage des convois.

    Impact civil et économique : sécuriser les routes pour revitaliser le Nord

    Bien que cette livraison soit strictement militaire, ses effets les plus profonds se feront sentir dans la vie quotidienne des populations du septentrion béninois. Dans les zones frontalières, la crainte des mines artisanales a progressivement paralysé l’économie locale. « La prolifération des engins explosifs improvisés exige une adaptation constante de nos moyens », a souligné le Lieutenant-Colonel Djimon SAHGUI, Directeur du CPADD. Lorsque les routes deviennent dangereuses, les marchés hebdomadaires cessent leurs activités, les camions de coton ne circulent plus, et l’accès aux centres de santé ou aux écoles devient compromis. En renforçant les capacités du 1er Bataillon du Génie, ce don permet d’accélérer l’ouverture et la sécurisation des axes routiers. Pour les habitants de Matéri, Karimama ou Tanguiéta, voir les équipes de déminage équipées de ces nouveaux outils est un message rassurant : l’État reprend le contrôle de l’espace public pour garantir la continuité des activités pastorales et commerciales.

    Formation EOD : vers une autonomie opérationnelle accrue

    L’acquisition de matériel de pointe n’a de sens que si elle est accompagnée d’une maîtrise technique irréprochable. Le Lieutenant-Colonel Arnaud ARDILLIER, Attaché de Défense de l’Ambassade de France près le Bénin, a insisté sur le fait que ce don constitue avant tout « un investissement concret dans la sécurité des militaires béninois ». Ces nouveaux outils seront immédiatement intégrés aux programmes de formation des spécialistes EOD (Explosive Ordnance Disposal, ou neutralisation des explosifs) dispensés au CPADD. Ce centre, reconnu au niveau régional, permettra aux techniciens béninois de s’entraîner sur des technologies de dernière génération. L’objectif à court terme est de déployer des équipes de déminage hautement qualifiées, capables d’avancer en première ligne aux côtés des unités de combat, réduisant ainsi considérablement le taux de pertes humaines lors des patrouilles.

    Cadre politique : un partenariat bilatéral réaffirmé

    La cérémonie, présidée au nom du Haut Commandement par le Colonel Gilbert LOSSITODE, représentant le Chef d’État-Major Général des Forces Armées Béninoises, a mis en lumière la solidité des liens entre Cotonou et Paris dans le domaine de la défense. Alors que l’architecture de sécurité en Afrique de l’Ouest est en pleine reconfiguration, le Bénin et la France affichent une convergence de vues et une coopération que le Lieutenant-Colonel SAHGUI qualifie de « solide et exemplaire ». En réceptionnant le matériel, le Colonel LOSSITODE a salué un « acte de solidarité et d’engagement concret ». Ce projet de coopération, fruit d’un long travail de coordination entre les états-majors, vient directement appuyer l’Opération Mirador, le dispositif militaire béninois déployé dans le Nord pour contrer l’infiltration djihadiste.

    Un pas de plus vers la résilience

    Cette nouvelle étape dans le partenariat franco-béninois démontre que la réponse à la menace terroriste ne peut plus être uniquement quantitative, elle doit être technologique. En dotant le 1er Bataillon du Génie et le CPADD de moyens techniques de premier ordre, les Forces armées béninoises augmentent considérablement leur efficacité opérationnelle. Au-delà de l’avantage tactique sur le terrain, c’est la résilience globale des communautés du nord du Bénin qui se trouve renforcée. La neutralisation de la menace des EEI est la condition sine qua non pour que la stabilité revienne, que le développement économique reprenne ses droits et que les populations civiles puissent envisager l’avenir sereinement.

  • Les Maisons russes, vitrine du soft power de Moscou en Afrique

    Les Maisons russes, vitrine du soft power de Moscou en Afrique

    Des capitales sahéliennes comme Bamako et Niamey jusqu’à Bangui, les Maisons russes se sont imposées comme un mécanisme central de la stratégie d’influence de Moscou sur le continent africain. Bien que présentées comme des centres de coopération culturelle et éducative, ces antennes sont aujourd’hui implantées dans plus de vingt États et servent de pilier au soft power russe.

    À travers l’enseignement de la langue russe, l’organisation de manifestations culturelles et l’octroi de milliers de bourses d’études supérieures, la Russie s’efforce de redorer son image auprès des jeunes Africains et de former une nouvelle élite de cadres, d’universitaires et de décideurs imprégnés de ses valeurs et de ses intérêts géopolitiques.

    Cette approche suscite néanmoins des interrogations. Au-delà des possibilités offertes aux étudiants africains, plusieurs observateurs se demandent quels sont les véritables desseins de Moscou. En injectant des moyens considérables dans l’éducation et la culture, la Russie ne cherche-t-elle pas aussi à modeler les perceptions et à influencer les futures élites ?

    Les précédents historiques montrent que les grandes puissances ont toujours utilisé l’éducation, les échanges universitaires et la diplomatie culturelle pour étendre leur influence à l’étranger. Former les générations à venir constitue un moyen efficace de bâtir des réseaux d’influence durables et de consolider des partenariats politiques de long terme.

    Dans un contexte où plusieurs nations africaines connaissent un reflux de la présence occidentale, la Russie semble vouloir combler ce vide. Les Maisons russes apparaissent ainsi non seulement comme des lieux culturels, mais aussi comme des instruments stratégiques visant à enraciner durablement l’influence russe dans les sociétés du continent.

    La question reste donc en suspens : s’agit-il d’une simple coopération culturelle ou d’un moyen de façonner les mentalités et d’exercer, à terme, une influence sur les générations futures de l’Afrique ?