Auteur/autrice : nigeractu

  • Burkina Faso : la brigade économique intensifie la lutte contre la spéculation sur le ciment

    Burkina Faso : la brigade économique intensifie la lutte contre la spéculation sur le ciment

    La Brigade mobile du contrôle économique et de la répression de la fraude (BMCRF) durcit le ton face à la flambée des prix du ciment. Confrontée à une hausse vertigineuse et injustifiée de ce matériau essentiel sur le marché burkinabè, l’institution de contrôle accélère ses opérations pour défendre les consommateurs et assainir le secteur.

    Le secteur de la construction au Burkina Faso traverse une période de forte instabilité. Depuis plusieurs semaines, le prix du ciment ne cesse de grimper, pesant lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages et sur l’activité des professionnels du bâtiment. Face à cette situation critique, la direction générale de la BMCRF a décidé de rompre le silence et de lancer des actions de terrain d’envergure.

    Un cocktail de facteurs conjoncturels et structurels

    Pour comprendre l’origine de cette crise, il faut examiner les rouages de la chaîne d’approvisionnement. Selon le coordonnateur général de la BMCRF, Sanibè Faho, la situation actuelle n’est pas due à une cause unique, mais résulte d’une combinaison complexe de facteurs conjoncturels et structurels.

    D’un côté, le contexte économique mondial et régional impose des contraintes réelles : fluctuations du coût des matières premières importées (notamment le clinker), défis logistiques transfrontaliers et augmentation des coûts énergétiques. De l’autre, des faiblesses structurelles internes persistent au sein du marché local de la distribution, rendant le système vulnérable aux moindres perturbations.

    Toutefois, si ces tensions macroéconomiques sont bien réelles, elles ne sauraient justifier à elles seules l’ampleur de la hausse constatée dans les points de vente au détail.

    La spéculation dans le viseur des autorités

    Pour la BMCRF, le véritable déclencheur de cette surchauffe tarifaire se trouve ailleurs : dans les pratiques illicites de certains acteurs du marché. L’institution pointe directement la spéculation sauvage, la rétention intentionnelle de stocks et l’augmentation illégale des marges bénéficiaires par des commerçants et distributeurs peu scrupuleux.

    Profitant de la psychose d’une éventuelle pénurie, certains réseaux organisés créent artificiellement la rareté pour faire monter les prix. Une situation jugée intolérable par l’autorité de contrôle, alors même que les capacités de production des cimenteries locales restent stables et suffisantes pour couvrir la demande nationale.

    Les difficultés conjoncturelles ne doivent pas servir d’alibi pour rançonner les consommateurs, prévient-on du côté de la brigade.

    Contrôles massifs et sanctions : la BMCRF passe à l’action

    L’heure n’est plus aux simples avertissements. Sanibè Faho et ses équipes ont annoncé le déploiement immédiat d’une série d’offensives sur l’ensemble du territoire national. Les inspecteurs de la BMCRF, appuyés par les forces de sécurité, multiplient les descentes inopinées dans les entrepôts, chez les grossistes et dans les boutiques de vente de matériaux de construction.

    La feuille de route est claire :

    • Vérification systématique des factures d’achat et de vente pour traquer les marges abusives.
    • Saisie immédiate des stocks dissimulés ou non déclarés (rétention de stock).
    • Application stricte des sanctions prévues par la loi, allant de fortes amendes financières à la fermeture définitive des établissements contrevenants, voire des poursuites judiciaires pour les cas de récidive ou de fraude avérée.

    Par cette contre-offensive, le gouvernement burkinabè, via la BMCRF, entend envoyer un signal fort : force reste à la loi et la régulation des prix des produits de grande nécessité ne sera pas négociée. Dans les jours à venir, l’impact de ces contrôles rigoureux sera scruté de près par les consommateurs, qui espèrent un retour rapide à la normale sur les chantiers du pays.

  • Noham Kamara s’engage définitivement avec l’OL jusqu’en 2030

    Noham Kamara s’engage définitivement avec l’OL jusqu’en 2030

    Prêté par le Paris Saint-Germain lors du dernier mercato hivernal, Noham Kamara (19 ans, 1,85 m) est désormais un joueur de l’Olympique Lyonnais à part entière. L’OL a levé l’option d’achat incluse dans le prêt, officialisant ainsi le transfert définitif du jeune défenseur. Il est lié au club rhodanien jusqu’en 2030.

    Pour s’attacher ses services, les dirigeants lyonnais ont déboursé 4,1 millions d’euros. À cette somme s’ajoutent jusqu’à 2 millions d’euros de bonus potentiels, ainsi qu’un intéressement de 20 % sur une éventuelle plus-value lors d’une revente future de l’international français U20.

    Formé en région parisienne avant de rejoindre le centre de formation du PSG, Kamara est un défenseur polyvalent, capable d’évoluer dans l’axe comme sur le côté droit. Depuis son arrivée à l’OL, il a déjà effectué deux entrées en jeu en championnat.

  • Bamako sous pression après une vidéo du JNIM

    Bamako sous pression après une vidéo du JNIM

    La diffusion, ce jeudi 11 juin 2026, d’une nouvelle vidéo du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a exacerbé les tensions sécuritaires dans la capitale malienne. Entre annonces d’attaques imminentes et rumeurs de fragilité au sein de l’appareil étatique, la junte militaire au pouvoir fait face à une pression croissante.

    Une escalade dans la guerre psychologique

    La vidéo, publiée en soirée par la branche sahélienne d’Al-Qaïda, présente des préparatifs militaires et logistiques intensifs. Le groupe y promet des « opérations imminentes » dans les prochains jours, visant potentiellement des sites stratégiques ou des symboles de l’État malien.

    Au-delà de la démonstration de force, le JNIM a accru la pression psychologique en citant nommément des responsables du renseignement malien. Selon des recoupements, deux officiers de l’Agence nationale de la sécurité d’État (ANSE) auraient été placés sur une « liste de mise à prix » diffusée par l’organisation. Cette personnalisation de la menace suscite une vive inquiétude parmi les services de renseignement à Bamako, rapportent des observateurs.

    Moral en berne et crainte de désertions

    La panique apparente au sein des services de sécurité rejoint des signalements récurrents sur l’érosion du moral des Forces armées maliennes (FAMa). Face à la perspective d’une offensive coordonnée du JNIM, l’état-major redoute des refus de combattre en cas d’attaque.

    Pour enrayer ce manque de motivation et éviter les désertions ou fuites face à l’ennemi, la junte aurait proposé en urgence de nouvelles primes exceptionnelles de combat. Cependant, des analystes de la sécurité sahélienne estiment que ces incitations financières ne masquent qu’insuffisamment une crise de confiance profonde et un déficit de moral chez les soldats, éprouvés par des années de guerre asymétrique.

    « Les primes ne suffisent plus à compenser le déficit stratégique et la peur d’un embrasement imminent », confie sous couvert d’anonymat un spécialiste des questions de défense basé dans la région.

    Secousses au sommet de l’État

    Cette dégradation rapide du climat sécuritaire commence à ébranler l’élite politique et militaire. Des rumeurs persistantes, alimentées par des mouvements inhabituels constatés ces dernières 48 heures, évoquent le départ précipité à l’étranger des familles de plusieurs dignitaires du régime, dont celles de ministres en exercice.

    Les autorités de transition n’ont pas encore réagi officiellement à ces informations ni à la vidéo du JNIM. Si ces départs préventifs se confirment, ils traduiraient un manque de confiance interne quant à la capacité de l’État à protéger la capitale et ses environs face à une menace qui se précise.

    Alors que les jours à venir s’annoncent décisifs, Bamako retient son souffle, partagée entre la crainte d’une escalade militaire et l’attente d’une réponse ferme du gouvernement de transition.

  • Maroc et Argentine consolident leur partenariat économique bilatéral

    Maroc et Argentine consolident leur partenariat économique bilatéral

    Le Maroc et l’Argentine ont une nouvelle fois manifesté la force de leur coopération économique et leur alignement politique sur plusieurs dossiers régionaux et internationaux, à l’occasion de la huitième réunion de la commission mixte bilatérale qui s’est tenue jeudi à Buenos Aires.

    Cette session était coprésidée par Fouad Yazourh, ambassadeur et directeur général des affaires politiques, et par Roberto Alejandro Salafia, sous-secrétaire aux négociations économiques internationales et à l’intégration.

  • Femmes au Maroc : avancées et obstacles avant les législatives de 2026

    Femmes au Maroc : avancées et obstacles avant les législatives de 2026

    L’évolution de la place des femmes dans la vie politique marocaine ressemble à une progression lente mais constante, marquée par des réformes juridiques, des mobilisations citoyennes et une quête inachevée de parité réelle. À mesure que les élections législatives de septembre 2026 approchent, la question de leur représentation dans les instances décisionnelles refait surface avec acuité. Bien que le cadre légal se soit enrichi, les pratiques partisanes et les réalités de terrain continuent d’alimenter des interrogations sur l’application concrète des principes constitutionnels.

    1. Aperçu historique : de l’absence à la discrimination positive

    Pendant les décennies qui ont suivi l’indépendance, la présence féminine au Parlement marocain est demeurée très faible, parfois inexistante. Il a fallu attendre 1993 pour que deux femmes accèdent à la Chambre des représentants. Face à la lenteur de cette évolution, le Maroc a opéré un tournant décisif au début des années 2000 en instaurant des mécanismes de discrimination positive.

    • 2002 – Création de la liste nationale : un accord politique entre les partis a réservé 30 sièges aux femmes à la Chambre des représentants, marquant le véritable point de départ d’une représentation plus équilibrée.
    • 2011 – Saut constitutionnel : la nouvelle Constitution, en son article 19, consacre l’égalité entre hommes et femmes et engage l’État à promouvoir la parité. Le nombre de sièges dédiés aux femmes est alors porté à 60.
    • 2021 – Passage aux listes régionales : le mécanisme de la liste nationale est remplacé par des listes régionales, ce qui permet d’élargir la représentativité territoriale des femmes et d’augmenter leur nombre à 90 sièges à la Chambre des représentants.

    Chacune de ces étapes a permis aux Marocaines d’acquérir une expertise précieuse et de démontrer leurs compétences dans les domaines politique, syndical, associatif et des droits humains. Cependant, malgré ces avancées législatives, un plafond de verre persiste, tant au niveau local que dans la direction des listes électorales.

    2. Législatives de 2026 : le constat alarmant de la société civile

    C’est dans ce contexte de transition que la Coalition 190 pour la lutte contre la violence et la Coalition pour la dignité et les droits des femmes ont publié, le 9 juin 2026, un appel urgent. En analysant les premières données relatives aux investitures pour le scrutin de septembre, ces organisations tirent la sonnette d’alarme : les femmes restent marginalisées en tant que têtes de liste, au profit d’une domination masculine flagrante sur ces positions clés.

    Cette situation est d’autant plus paradoxale que les têtes de liste bénéficient statistiquement des plus grandes chances de remporter un siège à l’assemblée législative. Reléguer les candidates au second plan pose dès lors une question fondamentale : quel est le degré d’engagement réel des partis politiques envers les principes d’égalité et de parité ?

    3. Une dérive démocratique majeure : le contournement familial des quotas

    Au-delà de la simple faiblesse numérique des candidatures féminines, un autre phénomène pernicieux menace ce scrutin, tous partis confondus. Il convient de mettre gravement en garde contre l’instrumentalisation des mécanismes de représentativité par certaines élites partisanes. Profitant des quotas et des listes réservées, plusieurs dirigeants n’hésitent pas à positionner leurs propres épouses ou filles en première ligne.

    Cette pratique de favoritisme familial constitue un contournement flagrant de l’esprit des textes juridiques. En transformant des mesures de discrimination positive en privilèges dynastiques, elle vide la réforme de sa substance. Elle prive les militantes de terrain – qui se battent depuis des décennies au sein des structures politiques et associatives – d’un accès légitime à la représentation. Ce népotisme électoral renforce le sentiment de méfiance des citoyens envers les institutions et décrédibilise l’accès des femmes à la politique, réduit à une affaire de cooptation familiale plutôt que de compétence et de mérite.

    4. Pour un débat national : au-delà de la simple mobilisation électorale

    Face à ces dérives, les coalitions appellent à l’ouverture immédiate d’un débat national responsable et serein, associant les acteurs politiques, les institutions constitutionnelles, les organisations féministes et les médias. Ce débat doit permettre d’interroger les freins culturels et structurels qui limitent encore l’émergence des femmes aux postes de leadership politique.

    Les signataires du manifeste proposent plusieurs mesures concrètes pour inverser la tendance :

    • Un engagement partisan ferme : les partis politiques doivent respecter l’esprit des lois électorales et veiller à ce que les femmes dirigent au moins un tiers des listes, dans une perspective de parité effective.
    • Des critères de sélection transparents et éthiques : l’octroi des investitures doit impérativement reposer sur la compétence, le mérite et l’engagement militant historique des candidates, excluant toute logique de privilège familial ou de népotisme, afin de garantir une réelle égalité des chances.
    • Un suivi rigoureux par les autorités : les institutions de contrôle et les autorités publiques chargées de superviser le processus électoral doivent veiller à la stricte application des objectifs initiaux de la loi, pour que les mesures de soutien à la représentativité profitent réellement à l’ensemble des citoyennes et non à des cercles familiaux restreints.

    Conclusion – Note de réflexion

    Les femmes marocaines ne peuvent plus être réduites à de simples électrices ou à des outils de mobilisation de masse le jour du scrutin. Elles sont des citoyennes à part entière et des partenaires incontournables dans l’élaboration des politiques publiques et la construction de l’avenir du pays. La maturité de la démocratie marocaine se mesurera à sa capacité à transformer la participation politique des femmes – d’une exception ou d’un contournement familial – en une pratique démocratique naturelle, juste, méritocratique et durable.

  • L’ambassadeur américain à Rabat exprime sa fierté d’accueillir les représentants du Sahara marocain

    L’ambassadeur américain à Rabat exprime sa fierté d’accueillir les représentants du Sahara marocain

    Sur son compte X (anciennement Twitter), dans la soirée du jeudi 11 juin 2026, l’ambassadeur des États-Unis au Maroc, Richard Duke Buchan III, a déclaré être « honoré d’avoir reçu les élus des provinces du Sud marocain à l’occasion de la célébration des 250 ans de l’indépendance des États-Unis ». Il a ajouté : « Nous remercions nos partenaires de Laâyoune et Dakhla pour leur présence et leur engagement en faveur de la paix et de l’avenir de cette région. »

    Richard Duke Buchan III, Sidi Hamdi Oild Errechid, Ynja El Khattat et Moulay Hamdi Old Errechid. Rabat, le 9 juin 2026.

    Richard Duke Buchan III, Sidi Hamdi Oild Errechid, Ynja El Khattat et Moulay Hamdi Old Errechid. Rabat, le 9 juin 2026.

    La photographie publiée avec ce message montre le diplomate américain aux côtés de Moulay Hamdi Old Errechid, président de la commune de Laâyoune, Ynja El Khattat, président du conseil de la région de Dakhla Oued Eddahab, et Sidi Hamdi Oild Errechid, président de la région Laâyoune Sakia El Hamra.

    Rappelons que l’ambassade américaine avait organisé une grande cérémonie à Chellah, à Rabat, le mardi 9 juin 2026, en présence de nombreuses personnalités marocaines et étrangères. Dans son discours, Richard Duke Buchan III a mis en avant le Sahara marocain : « Nous soutenons la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI faisant du Sahara marocain un pôle de partenariat et d’opportunités transatlantiques. » Il a également souligné la profondeur historique des relations bilatérales : « Ce partenariat enraciné dans l’histoire, renforcé par la confiance et résolument tourné vers les 250 prochaines années, témoigne de notre engagement à renforcer les liens économiques et humains entre nos peuples. »

  • Alassane Ouattara mise sur la Banque mondiale et Sea-Invest pour son mandat

    Alassane Ouattara mise sur la Banque mondiale et Sea-Invest pour son mandat

    Le président ivoirien Alassane Ouattara a successivement accueilli deux interlocuteurs aux profils différents mais aux objectifs communs : Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, et Philippe Van De Vyvère, dirigeant du groupe maritime belge Sea-Invest. Ces rencontres au palais présidentiel d’Abidjan traduisent la double ambition que le chef de l’État entend imprimer à son nouveau mandat : renforcer le partenariat avec les bailleurs multilatéraux et attirer davantage de capitaux privés européens vers la façade portuaire ivoirienne.

    Banque mondiale : un partenariat reconduit pour la Côte d’Ivoire

    L’entretien avec Ousmane Diagana s’inscrit dans la continuité d’une relation devenue centrale pour le financement du développement ivoirien. Le portefeuille de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire figure parmi les plus importants de la sous-région, avec des engagements dans l’éducation, la protection sociale, les infrastructures rurales et la résilience climatique. La visite du responsable mauritanien intervient à un moment où Abidjan négocie le calibrage de ses prochains cycles d’appui budgétaire, dans un contexte régional marqué par un resserrement des conditions de financement.

    Pour le gouvernement ivoirien, cette visite revêt aussi une portée politique. Elle envoie un signal aux marchés et aux partenaires bilatéraux : l’économie reste arrimée aux standards des institutions de Bretton Woods, à l’heure où plusieurs pays voisins ont rompu ou distendu ce lien. La Côte d’Ivoire, première économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), affiche une croissance soutenue, mais doit composer avec une pression budgétaire accrue liée au service de la dette et au financement des grands chantiers d’infrastructure.

    Sea-Invest et la bataille pour la façade atlantique

    L’audience accordée à Philippe Van De Vyvère relève d’une logique différente, mais complémentaire. Le groupe belge Sea-Invest figure parmi les principaux opérateurs portuaires privés en Afrique de l’Ouest et du Centre, avec des positions établies notamment au Sénégal, au Cameroun et en Côte d’Ivoire. Son intérêt pour Abidjan s’explique par la montée en puissance des trafics conteneurisés et vraquiers transitant par le port autonome, plateforme par laquelle passe l’essentiel du commerce extérieur ivoirien et une part significative du fret destiné au Mali et au Burkina Faso.

    La concurrence est vive sur ce segment. Le groupe philippin ICTSI, le français AGL (ex-Bolloré Africa Logistics) désormais sous pavillon MSC, ainsi que le danois APM Terminals se disputent les concessions portuaires du golfe de Guinée. Dans ce paysage, l’arrivée ou le renforcement d’un acteur européen indépendant comme Sea-Invest apporte à Abidjan une diversification utile, à la fois économique et géopolitique. Les autorités ivoiriennes cherchent à éviter une dépendance excessive envers un opérateur unique, alors que les volumes traités à San Pedro et à Abidjan progressent d’année en année.

    Une diplomatie économique à double détente

    Ces deux audiences, tenues à quelques heures d’intervalle, dessinent la grammaire diplomatique du palais présidentiel ivoirien : mobiliser simultanément le multilatéral concessionnel et le capital privé européen. Cette articulation s’avère d’autant plus stratégique que la Côte d’Ivoire vient d’entrer dans un cycle politique post-présidentielle, où la crédibilité internationale et l’attractivité économique constituent deux piliers de la stabilité recherchée par l’exécutif.

    Aucun montant d’engagement n’a été rendu public à l’issue des rencontres. Toutefois, cette séquence confirme la volonté de l’administration Ouattara de maintenir un dialogue permanent avec les bailleurs structurants et les industriels susceptibles d’investir dans les infrastructures de transport. Reste à observer comment ces signaux se traduiront dans le projet de loi de finances et dans le calendrier des concessions portuaires à venir. Les échanges ont porté sur l’approfondissement de la coopération entre Abidjan et chacun des deux partenaires.

  • Bilan routier au Cameroun : 2 442 km bitumés, mais des défis persistent au MINTP

    Bilan routier au Cameroun : 2 442 km bitumés, mais des défis persistent au MINTP

    Lors du Salon de l’Action Gouvernementale (SAGO 2026) tenu le 11 juin 2026 à Yaoundé, le ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a dressé un état des lieux du réseau routier camerounais. Projets en cours, avancées significatives, mais aussi obstacles récurrents : le point a été fait devant un public attentif.

    Devant les journalistes, les usagers et les visiteurs, le ministre a détaillé le bilan à mi-parcours de la Stratégie nationale de développement 2020-2030. Il a souligné les progrès accomplis depuis le début de l’année 2026, tout en listant les contraintes qui freinent la réalisation des chantiers. L’accent a été mis sur les mesures destinées à améliorer durablement la qualité et la connectivité du réseau, avec un focus sur le réseau structurant, pilier des interventions du MINTP.

    Le ministre a rappelé que le développement des infrastructures routières est un moteur essentiel pour la croissance économique et le renforcement de la cohésion territoriale. Il a insisté sur le fait que les actions de son ministère s’inscrivent dans la droite ligne des engagements pris par le président Paul Biya dans le cadre de la SND30.

    Concernant le bilan chiffré, le ministre a annoncé que près de 2 442 kilomètres de routes ont été bitumés et environ 833 kilomètres de chaussées dégradées ont été réhabilités. Il a néanmoins admis des retards, particulièrement dans le domaine de l’entretien courant du réseau.

    Parmi les freins identifiés, on retrouve l’insécurité dans certaines zones d’intervention, la lenteur des procédures de déblocage des financements, les délais de passation des marchés publics, les difficultés de trésorerie des entreprises, et enfin l’insuffisance des ressources allouées à l’entretien.

    Malgré ces difficultés, le ministre a mis en avant les progrès réalisés sur cinq ans. Le linéaire de routes bitumées est passé de 8 498 km en 2020 à près de 10 939 km fin 2025, soit une progression moyenne de plus de 488 km par an.

    Pour l’avenir, Emmanuel Nganou Djoumessi a précisé que les actions menées depuis le début de 2026 s’inscrivent dans les Très Hautes Prescriptions du président de la République. L’accent est mis sur le réseau structurant, l’amélioration de la qualité des infrastructures et le renforcement de la connectivité entre les différentes régions du pays.

  • Gabon : le procureur général Eddy Minang suspendu trois mois, une magistrate prend l’intérim

    Gabon : le procureur général Eddy Minang suspendu trois mois, une magistrate prend l’intérim

    Une décision ministérielle prise le 9 juin 2026 a écarté temporairement de ses fonctions le procureur général près la cour d’appel de Libreville. Eddy Narcisse Minang, magistrat hors hiérarchie, est suspendu à titre conservatoire pour une durée de trois mois, conformément à la note n°000007/MJGSCDH signée par le garde des Sceaux, Augustin Emane. L’intéressé a été informé de cette mesure.

    Selon des sources judiciaires, cette mise à l’écart fait suite à des soupçons d’implication dans un réseau d’influence occulte visant à étouffer des affaires judiciaires sensibles. Durant plusieurs heures, le magistrat a été entendu à la présidence de la République. Dans la foulée, l’intérim a été confié à Thalie Aubone Nguema épouse Edjo, également magistrate hors hiérarchie, afin d’assurer la continuité du service public.

    Des soupçons d’entrave à l’action publique

    Cette suspension provisoire serait motivée par de lourdes présomptions d’interférence et d’obstruction à l’action de la justice. Plusieurs dossiers financiers sensibles sont évoqués, dont un contentieux impliquant la société Covec Gabon pour un montant estimé à quatre milliards de francs CFA. Toutefois, le déclencheur principal serait l’affaire dite de la Direction centrale des affaires financières (DCAF) du ministère de l’Éducation nationale.

    Ce dossier, rendu public début juin 2026 par le procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville, Dick Fabrice Boungou Mikolo, porte sur des surfacturations présumées. Une vingtaine d’agents ont été interpellés pour un préjudice financier estimé entre 560 et 700 millions de francs CFA. Le procureur général suspendu est suspecté d’avoir utilisé son influence pour tenter de court-circuiter l’enquête en cours. Selon des sources proches du dossier, cette tentative s’expliquerait par des liens d’origine géographique : le magistrat et le directeur de la DCAF seraient tous deux originaires de la province du Woleu-Ntem. L’affaire est suivie de près.

  • Bénin : champion de la transparence budgétaire en Afrique et premier mondial francophone

    Bénin : champion de la transparence budgétaire en Afrique et premier mondial francophone

    En une décennie, le Bénin a radicalement transformé sa gestion des finances publiques. Selon la dernière Enquête sur le Budget Ouvert de l’International Budget Partnership, le pays obtient un score historique de 79/100. Ce résultat le place au deuxième rang africain, derrière l’Afrique du Sud, et en tête de l’espace francophone mondial. Décryptage d’un modèle de rigueur porté par les réformes de l’ère Talon.

    Une progression fulgurante en moins de dix ans

    Pour mesurer l’ampleur de ce classement, il faut revenir en arrière. En 2017, le Bénin stagnait avec une note à peine supérieure à 35/100. En moins de dix ans, ce chiffre a plus que doublé. Ce bond n’est pas un hasard : il découle d’une volonté politique forte initiée dès 2016 avec l’arrivée au pouvoir du président Patrice Talon. Dès son premier mandat, le chef de l’État a fait de la restructuration économique et de l’assainissement des finances publiques une priorité. Ce score de 79/100 vient consacrer une doctrine de gestion fondée sur la reddition de comptes et l’efficacité institutionnelle.

    Les huit piliers de la transparence béninoise

    La transparence budgétaire ne se décrète pas, elle se prouve. Pour obtenir cette reconnaissance internationale, le Bénin a respecté des exigences strictes en matière de documentation. Le pays publie désormais de manière exhaustive, systématique et en temps utile les huit documents budgétaires clés requis par les normes internationales. Du document préliminaire au rapport d’audit de la Cour des Comptes, en passant par le budget citoyen (une version simplifiée pour la population), toutes les pièces financières sont accessibles en ligne. Cette mise à disposition permet un contrôle en temps réel par les partenaires au développement, les médias et la société civile, transformant le budget de l’État d’un secret d’initiés en un livre ouvert.

    L’inclusion des citoyens au cœur des décisions

    L’autre grand succès du Bénin réside dans sa capacité à associer la population aux choix financiers du pays. À l’international, le pays se distingue avec un score remarquable de 77/100 pour la participation publique. Le gouvernement ne se contente plus de publier des chiffres : il crée des espaces de débat. Des consultations budgétaires sont régulièrement organisées, permettant aux organisations de la société civile et aux représentants locaux d’exprimer les besoins prioritaires des communautés. Cette approche inclusive garantit que l’argent public répond directement aux aspirations des populations, renforçant ainsi le contrat social entre gouvernants et gouvernés.

    L’impact des réformes Talon : l’économie au service du social

    Ce succès en matière de transparence est le reflet des réformes structurelles profondes menées sous la présidence de Patrice Talon. En combinant la dématérialisation des procédures fiscales (factures normalisées, paiement des impôts en ligne) et la lutte contre la corruption, l’exécutif a réussi à maximiser les recettes intérieures tout en rationalisant les dépenses de fonctionnement. Ces marges de manœuvre financières retrouvées ont permis de financer de vastes programmes sociaux et d’infrastructures. Le projet « ARCH » (Assurance pour le Renforcement du Capital Humain), l’extension des cantines scolaires dans les zones rurales et la modernisation des réseaux routiers et énergétiques bénéficient directement de cette gestion rigoureuse. La transparence budgétaire devient ainsi le carburant d’un développement plus inclusif.

    Un signal fort pour les investisseurs internationaux

    Au-delà de la fierté nationale, cette position de leader francophone constitue un levier économique majeur. Dans un contexte mondial tendu, les investisseurs et les agences de notation privilégient les pays offrant une visibilité et une sécurité juridico-financière. En s’imposant comme le bon élève de l’Afrique de l’Ouest, le Bénin rassure ses partenaires financiers. Cette crédibilité lui permet de lever des fonds sur les marchés internationaux à des taux compétitifs, comme en témoignent ses récentes émissions d’obligations de développement durable.

    En décrochant la première place de l’espace francophone mondial pour la transparence budgétaire, le Bénin prouve qu’une trajectoire de bonne gouvernance est possible grâce à des réformes audacieuses et continues. Sous l’impulsion du président Patrice Talon, le pays a transformé ses outils de gestion en instruments de confiance et de développement. Le défi pour Cotonou sera désormais de maintenir ce niveau d’excellence et d’inspirer ses pairs de la région.

  • Port de Lomé : la menace d’une grève de trois jours inquiète les acteurs économiques

    Port de Lomé : la menace d’une grève de trois jours inquiète les acteurs économiques

    Le poumon économique du Togo s’apprête à traverser une zone de fortes turbulences. Le Syndicat des agents du Port Autonome de Lomé (PAL) a officiellement déposé un préavis de grève de trois jours, programmé du 25 au 27 juin 2026. Les travailleurs entendent ainsi protester contre l’absence d’avancées concrètes concernant leurs revendications sociales, ouvrant la voie à un risque de blocage majeur.

    Un bras de fer social aux lourdes conséquences

    Au cœur de la discorde, le dialogue social stagne. Malgré plusieurs rounds de négociations, les représentants syndicaux déplorent la « non-satisfaction » de leurs doléances, qui portent principalement sur l’amélioration des conditions de travail, les revalorisations salariales et les avantages sociaux. Faute d’un accord d’ici le 25 juin, le débrayage sera total. Pour le Port Autonome de Lomé, unique port en eau profonde de la sous-région capable d’accueillir des navires de troisième génération, une telle paralysie technique et administrative représenterait un coup d’arrêt brutal.

    Un hub stratégique pour l’hinterland menacé

    L’impact de ce mouvement social dépasse largement les frontières togolaises. Véritable carrefour maritime, le PAL est la porte d’entrée naturelle des marchandises pour plusieurs pays enclavés du Sahel.

    • Le Burkina Faso
    • Le Mali
    • Le Niger

    Une rupture de la chaîne logistique durant 72 heures provoquerait inévitablement un engorgement des terminaux, des retards de livraison en cascade et des coûts de surestaries (frais de détention des conteneurs) exorbitants pour les opérateurs économiques.

    Vers une médiation de la dernière chance ?

    Face à ce scénario catastrophe, la direction du PAL et les autorités ministérielles de tutelle se retrouvent sous pression. Le gouvernement togolais, qui a fait de la modernisation et de la compétitivité de son hub logistique le pilier de sa feuille de route stratégique, peut difficilement se permettre un conflit social prolongé. Pour l’heure, les milieux d’affaires et les commissionnaires agréés en douane retiennent leur souffle, espérant l’ouverture rapide d’une médiation de la dernière chance pour désamorcer la crise avant la date fatidique du 25 juin.

  • Blocus du JNIM au Mali : le commerce ouest-africain en péril

    Blocus du JNIM au Mali : le commerce ouest-africain en péril

    Blocus du JNIM au Mali : le commerce ouest-africain en péril

    Les attaques terroristes au Mali paralysent les axes commerciaux reliant pays côtiers et sahéliens, avec des conséquences économiques majeures.

    Le 25 avril dernier, une série d’attaques coordonnées a frappé le Mali. Les groupes JNIM et Front de libération de l’Azawad (FLA) ont visé les villes de Kati, Mopti, Sévaré, Gao et Bamako, causant de nombreuses pertes humaines et l’assassinat du ministre de la Défense, Sadio Camara.

    En riposte, les autorités maliennes ont lancé une contre-offensive contre les positions des groupes armés. Le procureur militaire de Bamako a annoncé l’arrestation de plusieurs suspects, incluant des civils, des militaires en service actif et d’anciens membres de l’armée radiés.

    Cinq jours après les premières attaques, le JNIM a instauré un blocus autour de la capitale, ciblant en particulier les axes à l’ouest du pays. La route reliant Kita à Bamako est totalement bloquée, piégeant des centaines de personnes et entravant l’approvisionnement en nourriture et en eau.

    Ce siège perturbe également les flux commerciaux, interrompant tout trafic sur l’axe Kayes-Bamako. Par ailleurs, le blocus s’étend désormais aux convois de transport sur la route Conakry-Bamako, jusqu’alors relativement épargnée.

    Le Mali et les pays côtiers voisins
     

     

    Depuis septembre 2025, le JNIM cible les convois de carburant sur des axes stratégiques à l’ouest et au sud du Mali. Ces attaques déstabilisent les échanges et, si elles s’étendent, pourraient gravement affecter les économies ouest-africaines.

    Les pays de la région sont interconnectés par leurs échanges. Les ports des États côtiers servent de principales portes d’entrée et de sortie pour les pays du Sahel central. Les corridors routiers qui relient ces ports aux capitales sahéliennes traversent souvent des zones sous influence du JNIM, agissant comme des cordons ombilicaux vulnérables.

    Le corridor Dakar-Bamako est actuellement le plus touché par l’insécurité dans l’ouest du Mali, alors qu’il représente un axe vital pour les deux nations.

    L’axe stratégique Dakar-Bamako semble être le plus touché par l’insécurité dans l’ouest du Mali

    En 2024, le Mali était le premier client du Sénégal, absorbant 26,5 % de ses exportations, soit environ 802,8 milliards de FCFA (1,42 milliard de dollars). Sur les neuf premiers mois de 2025, les exportations sénégalaises vers le Mali atteignaient 662 milliards de FCFA (1,17 milliard de dollars).

    Les données officielles montrent que les attaques du JNIM à l’ouest du Mali ont fortement impacté les échanges bilatéraux par rapport à 2024. Entre septembre et novembre 2025, le port de Dakar enregistrait un blocage quotidien d’environ 120 conteneurs à destination du Mali, représentant une perte mensuelle de 15 milliards de FCFA (26,54 millions de dollars) pour le Sénégal. Fin novembre 2025, plus de 2 000 conteneurs étaient immobilisés à Dakar. En février 2026, quelque 4 000 conteneurs vides restaient bloqués à Bamako, les chauffeurs routiers hésitant à emprunter la route dangereuse vers Dakar.

    Cette situation réduit considérablement l’approvisionnement du Mali en produits pétroliers, raffinés, ciment hydraulique et denrées alimentaires. Elle fragilise aussi les moyens de subsistance de milliers de chauffeurs, commerçants et transitaires. D’autres corridors, notamment ceux reliant les ports de Côte d’Ivoire, du Ghana, du Togo et du Bénin au Sahel, pourraient subir des risques similaires.

    En 2025, le Mali est resté le premier client de la Côte d’Ivoire au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Le corridor Abidjan-Bamako est crucial pour l’approvisionnement du Mali en produits pétroliers et alimentaires. Fin 2025, environ 1,47 million de tonnes de marchandises avaient transité par cet axe, désormais ciblé par des attaques du JNIM dans la région de Sikasso.

    Le Mali est confronté à une stratégie du JNIM visant à couper les approvisionnements essentiels

    La Côte d’Ivoire est également le premier fournisseur africain du Burkina Faso, principalement en produits pétroliers, électricité et engrais. Les importations burkinabè proviennent ou transitent par la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Sénégal. Le 14 février dernier, sept commerçants ghanéens de tomates ont été tués lors d’une attaque du JNIM à Titao, dans le nord du Burkina Faso, illustrant les risques sécuritaires sur l’axe routier entre les deux pays. Pour l’instant, la menace terroriste est la plus forte sur le territoire malien. Les autorités ont pris plusieurs mesures : depuis novembre 2025, les convois de carburant bénéficient d’une escorte militaire, permettant l’entrée de 200 à 300 camions-citernes par semaine, contre près de 1 200 avant les attaques.

    Le gouvernement malien a signé un protocole avec les groupements pétroliers pour simplifier les procédures douanières. Un système de rationnement du carburant a été instauré pour lutter contre le marché noir. Les autorités cherchent aussi à réduire la pression sur les ports de Dakar et d’Abidjan en redirigeant une partie des flux vers d’autres infrastructures.

    Des informations non confirmées ont évoqué une trêve entre Bamako et les groupes djihadistes jusqu’à l’Aïd al-Adha, en échange de la libération d’une centaine de prisonniers accusés de terrorisme. Cependant, les attaques ont continué et les autorités maliennes ont officiellement démenti cette rumeur.

    La lutte contre le terrorisme pourrait relancer la coopération régionale entre les États sahéliens et côtiers

    Les attaques du 25 avril montrent les limites de la réponse militaire privilégiée par les autorités maliennes. Alors que le JNIM et le FLA ont mis de côté leurs divergences pour mener ces offensives, les États sahéliens et côtiers peinent à s’allier efficacement.

    Les conséquences régionales du blocus du JNIM soulignent l’urgence de protéger ensemble les corridors commerciaux transfrontaliers. Les gouvernements et organisations régionales comme la CEDEAO, l’Alliance des États du Sahel (AES), le Conseil de l’Entente, l’Union du fleuve Mano et l’UEMOA doivent empêcher l’extension de cette menace à d’autres axes.

    La lutte contre le terrorisme pourrait devenir le moteur d’une relance indispensable de la coopération régionale entre les États sahéliens et côtiers d’Afrique de l’Ouest.