Auteur/autrice : nigeractu

  • Médiation de l’UA en RDC : Faure Gnassingbé réaffirme son engagement pour la paix

    Médiation de l’UA en RDC : Faure Gnassingbé réaffirme son engagement pour la paix

    Faure Gnassingbé, président du Conseil des ministres du Togo et médiateur désigné par l’Union africaine (UA) pour la crise qui sévit dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) et la région des Grands Lacs, a conduit ce lundi à Lomé une rencontre de haut niveau. Cette réunion portait sur le bilan semestriel des actions de la médiation africaine.

    Y ont pris part les facilitateurs de l’UA, ainsi que des représentants des partenaires internationaux tels que l’ONU et le CICR, et des organisations régionales comme la CAE, la CEAC, la SADC et la CIRGL.

    Le médiateur s’est félicité des progrès enregistrés dans l’organisation de la médiation africaine, notamment depuis la précédente réunion de Lomé, qui visait à renforcer la cohérence et à consolider le processus de paix en RDC et dans les zones voisines.

    « Depuis janvier, nous avons accompli un pas décisif en organisant plus clairement la structure de la médiation africaine », a affirmé Faure Gnassingbé. « Je suis persuadé que cette réunion représente un progrès notable pour renforcer notre action commune et trouver des réponses pérennes à cette crise. »

    Cependant, le médiateur a aussi insisté sur la poursuite des efforts pour améliorer la cohérence et la coordination entre les multiples mécanismes de médiation impliqués dans le processus de paix dans cette partie du continent.

    Gnassingbé a réitéré sa volonté de mener à bien la mission confiée par l’UA et a lancé un appel à la poursuite de la mobilisation collective pour la stabilité en RDC.

    « Nous continuerons cette mission avec humilité, détermination et persévérance. Malgré les obstacles, nous voyons aussi beaucoup de bonnes volontés désireuses de nous soutenir dans cette quête de paix », a-t-il ajouté.

    Afin de prolonger la dynamique impulsée par le médiateur, la réunion a validé plusieurs mesures pour optimiser la médiation, dont l’ajustement des plans de travail des membres du Panel des facilitateurs pour la deuxième moitié de 2026, et la préparation d’ici quinze jours d’un plan d’action opérationnel détaillant la mise en œuvre des décisions prises.

    Les participants, renouvelant leur engagement collectif, se sont engagés à exécuter ces mesures avec « diligence et cohérence ».

  • Gabon : le port de Kobe-Kobe, symbole d’une nouvelle ambition industrielle

    Gabon : le port de Kobe-Kobe, symbole d’une nouvelle ambition industrielle

    Les diplomates autour du chef de l'État gabonais à Kobe-Kobe

    Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a officiellement lancé les travaux du port en eau profonde de Kobe-Kobe, sur la façade atlantique du Gabon. Peu après, il a réuni à Nyonie un cercle stratégique composé des ambassadeurs et représentants des grandes puissances impliquées dans le projet. Cette rencontre diplomatique a marqué le début d’une nouvelle ère pour le pays : celle de la transformation en plateforme industrielle, logistique et minière de premier plan en Afrique centrale.

    Un nouveau modèle économique pour le Gabon

    Le chef de l’État a clairement fait comprendre aux partenaires internationaux que Kobe-Kobe n’est pas qu’une simple infrastructure portuaire. C’est la base d’un nouveau modèle économique destiné à préparer l’après-pétrole, à renforcer la souveraineté économique et à repositionner le Gabon dans les chaînes de valeur mondiales.

    Le projet s’appuie sur le gisement de fer de Belinga, l’un des plus importants du continent africain avec environ 7,5 milliards de tonnes de réserves et une teneur exceptionnelle de près de 65 %. Pendant des décennies, l’économie extractive africaine a consisté à extraire et exporter les matières premières brutes. L’ambition du président gabonais est de rompre avec cette logique.

    Le futur complexe intégré comprendra la mine de Belinga, une ligne ferroviaire électrique de plus de 500 kilomètres, un port en eau profonde capable d’accueillir les plus grands navires, et des infrastructures énergétiques pour alimenter l’ensemble. Cette intégration verticale vise à conserver davantage de valeur ajoutée sur le territoire et à faire émerger une industrie sidérurgique gabonaise.

    La diplomatie des partenariats multiples

    Devant les diplomates réunis à Kobe-Kobe, Brice Clotaire Oligui Nguema a exposé un pilier de sa stratégie internationale : la diversification des partenariats. Il a insisté sur le fait que l’avenir du Gabon ne peut reposer sur un seul partenaire ou une seule zone d’influence, mais sur une coopération ouverte avec plusieurs puissances économiques.

    Cette approche se concrétise dans le consortium international du projet : la Chine intervient sur les infrastructures ferroviaires et minières, la France via des opérateurs logistiques, et l’Italie, l’Inde, les États-Unis et l’Australie apportent leurs expertises industrielles, financières, énergétiques ou commerciales. Cette architecture permet de sécuriser financements et technologies tout en préservant l’autonomie de décision du Gabon.

    Les ambassadeurs de France, Fabrice Mauriès, et de Chine, Zhou Ping, ont salué cette approche équilibrée, porteuse de nouvelles opportunités de coopération. Leur soutien public reflète l’intérêt croissant des investisseurs internationaux pour le Gabon depuis l’instauration de la Vème République.

    Un pari industriel pour l’Afrique centrale

    Au-delà des infrastructures, Kobe-Kobe représente un pari économique de grande ampleur. Les projections gouvernementales évoquent plus de 100 000 emplois directs et indirects à terme, l’émergence d’un vaste tissu de sous-traitance nationale et un effet d’entraînement sur l’ensemble de l’économie : transport, énergie, logistique, métallurgie, services, ingénierie, formation professionnelle, construction et maintenance industrielle.

    L’impact géopolitique est tout aussi significatif. Avec son futur port en eau profonde, le Gabon pourrait devenir l’une des principales portes d’entrée maritimes d’Afrique centrale, dans un contexte de compétition régionale entre plateformes logistiques.

    En invitant les diplomates à relayer cette vision auprès de leurs gouvernements et institutions financières, Brice Clotaire Oligui Nguema cherche à élargir le cercle des investisseurs. Kobe-Kobe est bien plus qu’un chantier : c’est le symbole d’une stratégie nationale visant à transformer les ressources naturelles en levier d’industrialisation, à attirer des capitaux internationaux tout en consolidant la souveraineté économique du pays. Si ces objectifs sont atteints, le Gabon pourrait, d’ici la prochaine décennie, passer du statut d’exportateur de matières premières à celui d’acteur industriel majeur en Afrique centrale. L’entretien avec les partenaires internationaux juste après le lancement des travaux montre que la bataille du développement se joue désormais à l’échelle mondiale.

  • Verdict à Bamako : vingt ans de prison pour l’officier français Yann V.

    Verdict à Bamako : vingt ans de prison pour l’officier français Yann V.

    La cour criminelle de Bamako a prononcé une peine de vingt années de réclusion contre le lieutenant-colonel français Yann V., plus de dix mois après son interpellation au Mali. L’officier, qui travaillait officiellement au sein de l’ambassade de France, a dû également s’acquitter d’une amende de 3,6 millions de francs CFA pour des charges liées à une prétendue atteinte à la sûreté de l’État.

    Les responsables maliens lui reprochent d’avoir pris part à des actions destinées à fragiliser les institutions nationales, en sollicitant des personnalités politiques, des membres de la société civile et des gradés de l’armée. La France écarte fermement ces griefs, qualifiant le dossier d’infondé et exigeant sa remise en liberté.

    Ce jugement s’inscrit dans un climat de vive tension entre Bamako et Paris depuis la fin de l’opération Barkhane et le virage stratégique du Mali vers la Russie. Bien qu’une coopération discrète en matière de renseignement ait perduré, cette décision judiciaire accentue la détérioration des liens bilatéraux.

    Selon plusieurs analystes, ce verdict judiciaire envoie un message politique fort de la part du gouvernement malien, désireux de réaffirmer sa souveraineté face à l’ancienne puissance coloniale. Il permet aussi aux autorités de différer l’examen du rôle éventuel de certains militaires maliens mentionnés dans l’affaire.

    Malgré la lourdeur de la sanction, une issue diplomatique reste envisageable. Des scénarios de transfèrement vers la France ou de grâce présidentielle sont évoqués, mais toute avancée dépendra d’une décision des autorités de Bamako.

    Yann V. est incarcéré dans un centre relevant de la sécurité d’État à Bamako où il serait traité correctement, même si son état de santé s’est détérioré au cours des mois de détention.

  • Gabon : le déficit budgétaire atteint 5,3% du PIB en 2025, un record inquiétant

    Gabon : le déficit budgétaire atteint 5,3% du PIB en 2025, un record inquiétant

    Le déficit budgétaire du Gabon s’est fortement creusé en 2025, atteignant 5,3% du produit intérieur brut (PIB), contre 3,8% un an plus tôt. Cette aggravation découle d’une politique budgétaire expansionniste doublée d’une charge de la dette alourdie. L’endettement public a grimpé à 78,9% du PIB, un niveau qui a entraîné une dégradation de la note souveraine du pays en décembre 2025.

    Ce creusement intervient dans un contexte de ralentissement économique. La croissance du PIB est passée de 3,4% en 2024 à 2,7% en 2025, freinée par la baisse de la production pétrolière, minière, forestière et des transports. Malgré la bonne tenue des travaux publics, de l’industrie manufacturière et des services, les dépenses publiques engagées pour soutenir l’économie ont pesé davantage sur l’équilibre budgétaire, accentuant les besoins de financement de l’État.

    Des pressions accrues sur les finances publiques

    L’élargissement du déficit s’accompagne d’une montée des vulnérabilités financières. L’assouplissement de la politique monétaire de la banque centrale régionale a favorisé une forte progression des crédits accordés à l’État, renforçant l’exposition des banques au risque souverain. Par ailleurs, les créances douteuses poursuivent leur hausse, illustrant les tensions persistantes dans le système financier national.

    Cette contrainte budgétaire réduit les marges de manœuvre du gouvernement face aux défis sociaux. La pauvreté est restée quasiment stable à 33,1% de la population en 2025, tandis que le chômage demeure élevé, à 20,2%, avec une incidence particulièrement marquée chez les jeunes et les femmes. Pour un redressement durable, il faudrait maîtriser les dépenses, gérer la dette de manière plus soutenable et mettre en œuvre des réformes pour renforcer les recettes de l’État.

  • Kobe-Kobe : le nouveau port qui pourrait transformer l’économie gabonaise

    Kobe-Kobe : le nouveau port qui pourrait transformer l’économie gabonaise

    Libreville, lundi 8 juin 2026 – Le lancement officiel des travaux du port en eau profonde de Kobe-Kobe marque bien plus que le début d’un chantier. Il représente l’entrée du Gabon dans une nouvelle ère économique.

    Derrière les engins de chantier et les études techniques se dessine un projet de transformation nationale dont les retombées pourraient redéfinir durablement la place du pays dans les échanges régionaux et mondiaux.

    À Nyonié, sur la façade atlantique de la province de l’Estuaire, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a donné le coup d’envoi d’un programme qui concentre plusieurs ambitions stratégiques : industrialisation, souveraineté économique, diversification post-pétrole, développement territorial, création d’emplois et rayonnement régional. Rarement un projet n’aura mobilisé autant d’acteurs internationaux et suscité autant d’attentes parmi les Gabonais.

    Le cœur d’un nouveau modèle économique

    Réduire Kobe-Kobe à un simple port serait une erreur. Le complexe repose sur quatre piliers interconnectés : le gisement de fer de Belinga, l’une des plus grandes réserves de minerai à haute teneur encore inexploitées ; une nouvelle ligne ferroviaire de 535 kilomètres reliant les zones de production au littoral ; un port minéralier en eau profonde avec quatre postes à quai ; et un barrage hydroélectrique de 400 mégawatts à Booué pour alimenter l’ensemble.

    Cette architecture intégrée rompt avec les schémas historiques d’exploitation des ressources africaines, où les matières premières étaient exportées brutes. Le projet Kobe-Kobe vise à capter davantage de valeur ajoutée sur le territoire national. L’objectif officiel est clair : faire des ressources naturelles gabonaises un levier de transformation industrielle plutôt qu’une simple source d’exportation.

    Le partenariat signé en avril 2026 entre l’État gabonais, Africa Global Logistics et Algest Investment Bank traduit cette volonté de construire une chaîne économique complète, de l’extraction à la commercialisation internationale.

    Une bataille logistique pour l’Afrique centrale

    L’enjeu dépasse le seul secteur minier. Avec un tirant d’eau de 14 à 16 mètres, Kobe-Kobe offrira un avantage naturel majeur dans une région où plusieurs ports atteignent leurs limites opérationnelles. Les navires de très grande capacité pourront y accoster directement, réduisant les coûts logistiques et renforçant l’attractivité du territoire pour les investisseurs. Dans un contexte où les États d’Afrique centrale cherchent à améliorer leur compétitivité commerciale, la maîtrise des infrastructures logistiques devient décisive.

    Le Gabon entend se positionner comme une plateforme régionale, desservant non seulement son marché intérieur mais aussi une partie importante des flux commerciaux sous-régionaux. Cette ambition s’inscrit dans la stratégie plus large de Brice Clotaire Oligui Nguema : préparer activement l’après-pétrole en s’appuyant sur les ressources minières, le potentiel énergétique et la position géographique privilégiée du pays. La présence de partenaires comme China Railway, EDF-Sinohydro, Trafigura, Fortescue et Africa Global Logistics témoigne de la crédibilité de cette vision.

    L’enjeu social derrière les infrastructures

    Au-delà des investissements, l’impact humain est sans doute la dimension la plus attendue. Les projections officielles évoquent plus de 9 000 emplois directs et jusqu’à 100 000 emplois indirects d’ici 2030. D’autres estimations avancent même un potentiel de 160 000 emplois directs et indirects à mesure du déploiement du corridor industriel.

    Pour les populations de Nyonié, du Komo-Océan et des territoires traversés par les futures infrastructures ferroviaires, le projet représente une perspective de transformation économique sans précédent. L’amélioration des transports, le développement des services, l’implantation de nouvelles activités industrielles et commerciales, ainsi que la montée en compétence de la main-d’œuvre nationale pourraient profondément modifier le paysage socio-économique de plusieurs régions.

    La réussite de Kobe-Kobe se mesurera à un défi essentiel : transformer cette infrastructure monumentale en moteur concret de prospérité pour les Gabonais. Car derrière les grues, les quais et les convois ferroviaires se joue une question fondamentale : la capacité du Gabon à convertir ses richesses naturelles en développement durable, en emplois qualifiés et en souveraineté économique. Si les objectifs annoncés sont atteints, Kobe-Kobe ne sera pas simplement un nouveau port. Il pourrait devenir le symbole de l’émergence d’un nouveau modèle gabonais fondé sur l’industrialisation, la création de valeur locale et l’intégration des chaînes économiques nationales. À l’échelle du continent, rares sont les projets qui incarnent avec autant de clarté cette ambition : celle d’une Afrique qui ne se contente plus d’exporter ses ressources, mais construit les infrastructures capables de transformer son avenir.

  • Autochtonie au Cameroun : un faux débat qui fragmente la nation

    Autochtonie au Cameroun : un faux débat qui fragmente la nation

    Selon Oscar Njiki, la Constitution camerounaise garantit l’égalité entre tous les citoyens. Les droits ne dépendent pas de l’origine, mais de la citoyenneté. L’autochtonie relève de l’identité culturelle, pas d’un privilège juridique.

    Voici son analyse en plusieurs points :

    1) Est-on autochtone partout au Cameroun en tant que citoyen ?

    Non. L’autochtonie n’est pas une qualité universelle liée à la citoyenneté. Elle repose sur une mémoire, une filiation et une histoire. Posséder une terre, s’y installer et y investir ne suffit pas à devenir autochtone. Les peuples autochtones entretiennent un lien ontologique avec leurs terres : elles sont le prolongement de leur identité. Les droits coutumiers ne se transmettent pas par simple transaction marchande ; ils s’éteignent lors de la cession.

    On ne peut pas être autochtone partout.

    2) Faut-il nécessairement être autochtone pour se sentir chez soi ?

    Non. La citoyenneté transcende l’autochtonie. Tout Camerounais est chez lui partout au Cameroun. La légitimité de son installation ne dépend pas de ses origines, mais de son appartenance à la communauté nationale. Être Camerounais, c’est avoir droit de cité à Yaoundé, Bangangté, Maroua… sans condition d’autochtonie.

    Chaque citoyen camerounais est chez lui partout au Cameroun.

    3) Un autochtone est-il partout chez lui dans son village ?

    Non. Même dans le village, l’espace est structuré par la propriété. Chacun possède ses terres, ses maisons, ses champs. L’autochtonie n’autorise pas la violation de domicile ni l’appropriation des biens d’autrui. L’allogène propriétaire est chez lui dans le village de l’autochtone, car la possession fonde un droit reconnu par la loi.

    L’autochtonie ne confère pas tous les droits aux autochtones, et l’allochtonie ne retire pas les droits des allogènes.

    4) Un autochtone a-t-il plus de droits dans son village qu’un allogène ?

    Non. La loi est une et indivisible. La Constitution garantit l’égalité des citoyens. Les droits ne varient pas selon l’origine, mais selon la citoyenneté. L’autochtonie est une identité culturelle, non un privilège juridique.

    Autochtones et allogènes sont égaux devant la loi.

    5) Exception : la loi prévoit que certaines fonctions – maire de la ville, président du Conseil régional – soient réservées aux autochtones. Mais pour les autres charges électives (députés, maires, conseillers), aucune condition d’autochtonie n’est exigée.

    La loi réserve deux fonctions aux autochtones, mais tous les autres postes électifs sont ouverts à tous les citoyens, autochtones comme allogènes.

    En définitive, le débat sur l’autochtonie et l’allochtonie est une impasse. Il enferme les citoyens dans des appartenances fragmentées et détourne l’attention de l’essentiel : notre avenir commun. Ce qui importe, ce n’est pas la concurrence des origines, mais la convergence des destins. L’autochtonie et l’allochtonie ne doivent pas être des armes de division, mais des réalités culturelles intégrées dans une République une et indivisible.

    Nous devons regarder ensemble dans la même direction, comme les enfants d’une seule nation, et non comme des micro-États rivaux à l’intérieur du pays. Car l’avenir du Cameroun ne se construira pas dans la fragmentation, mais dans l’unité, la solidarité et la conscience partagée d’un destin commun.

    OSCAR NJIKI

  • Rabat accueille Shelter Afrique pour le financement des villes africaines

    Rabat accueille Shelter Afrique pour le financement des villes africaines

    Ce 9 juin 2206, Rabat accueille la 45e Assemblée générale annuelle de Shelter Afrique (ShafDB), la banque de développement dédiée au logement et à l’habitat. L’événement met en lumière un défi crucial pour les économies africaines : financer l’urbanisation accélérée du continent. La cérémonie d’ouverture se déroule en présence de Nadia Fettah Alaoui.

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  • Réunion des médiateurs à Lomé pour faire le point sur la crise dans l’est de la RDC

    Réunion des médiateurs à Lomé pour faire le point sur la crise dans l’est de la RDC

    Les 7 et 8 juin 2026, Lomé a été le théâtre d’une rencontre stratégique dédiée à la crise sévissant dans l’est de la République démocratique du Congo. Des représentants des grandes organisations régionales de médiation, notamment la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), ainsi que des émissaires de l’Union africaine et des Nations unies, se sont réunis. L’objectif principal était d’examiner la cohérence des initiatives diplomatiques en cours et d’évaluer les progrès vers une résolution durable du conflit.

    Lomé au cœur de la coordination diplomatique

    Le choix du Togo comme lieu de rassemblement n’est pas anodin. Faure Gnassingbé, désigné facilitateur de l’Union africaine pour ce dossier, s’efforce de fédérer des processus parallèles qui ont souvent avancé sans convergence. Le processus de Nairobi, piloté par l’EAC, et celui de Luanda, mené sous l’égide de l’UA et longtemps conduit par l’Angolais João Lourenço, se sont développés de manière dispersée. Bien qu’une fusion progressive de ces voies ait été amorcée en 2024, les résultats escomptés sur le terrain ne sont pas encore visibles.

    Lors des discussions, les diplomates ont reconnu que la coordination reste la faiblesse majeure des efforts de paix. Plusieurs intervenants ont souligné l’urgence de rationaliser les canaux de dialogue pour éviter que les belligérants ne tirent profit des divisions entre médiateurs. Cette fragmentation a longtemps bénéficié aux groupes armés, notamment au Mouvement du 23 mars (M23), dont les offensives dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu ont bouleversé la situation sécuritaire régionale.

    Tensions entre Kinshasa, Kigali et le M23

    Les progrès diplomatiques évoqués à Lomé restent modestes face aux attentes. Les pourparlers directs entre Kinshasa et le M23, initialement refusés par les autorités congolaises, ont fini par s’engager sous la pression combinée des médiateurs régionaux et des partenaires internationaux. Parallèlement, les relations bilatérales entre la RDC et le Rwanda, accusé par l’ONU de soutenir la rébellion, constituent le défi politique le plus complexe.

    Les médiateurs ont rappelé que la mise en œuvre des engagements antérieurs, notamment le retrait des forces étrangères du territoire congolais et le cantonnement des groupes armés, accuse un retard préoccupant. Le déploiement de la mission de la SADC en RDC (SAMIDRC), confrontée à de lourdes pertes début 2025, a mis en lumière les limites des réponses militaires régionales face à un conflit aux dimensions économiques, foncières et identitaires qui dépassent le simple cadre sécuritaire.

    Une économie de guerre à démanteler

    Au-delà de l’aspect politique, les participants ont insisté sur l’urgence de s’attaquer aux circuits d’exploitation illicite des ressources minières du Kivu. Coltan, étain, or et tungstène alimentent une économie de guerre dont les ramifications s’étendent jusqu’aux chaînes d’approvisionnement internationales. Plusieurs médiateurs plaident pour la mise en place d’un mécanisme régional de traçabilité, considéré comme une condition indispensable à toute désescalade durable.

    La réunion de Lomé n’a pas abouti à des annonces spectaculaires, mais elle a permis de réaffirmer le principe d’une approche intégrée. Les prochaines étapes devraient associer plus étroitement les acteurs civils congolais, longtemps laissés en marge de processus dominés par les chefs d’État et les diplomates. La société civile du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ainsi que les autorités coutumières, sont désormais perçues comme des relais essentiels pour ancrer tout accord futur dans la réalité des territoires affectés.

    Cependant, les médiateurs ont quitté la capitale togolaise sans calendrier précis pour la signature d’un accord global. Les semaines à venir détermineront si l’élan diplomatique amorcé à Lomé pourra infléchir la trajectoire d’un conflit qui, depuis plus de trente ans, défie toutes les architectures de paix dans la région des Grands Lacs.

  • Médiateurs régionaux réunis à Lomé pour faire le point sur la crise dans l’est de la RDC

    Médiateurs régionaux réunis à Lomé pour faire le point sur la crise dans l’est de la RDC

    La capitale togolaise a servi de cadre, les 7 et 8 juin 2026, à une réunion stratégique centrée sur la situation dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Autour de la table se sont retrouvés les délégués des principales instances régionales impliquées dans la médiation : la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), auxquels se sont joints les envoyés de l’Union africaine (UA) et de l’Organisation des Nations unies (ONU). L’objectif affiché était d’évaluer la cohérence des pistes diplomatiques et d’apprécier la distance qui sépare encore les belligérants d’une solution durable.

    Lomé, carrefour d’une médiation fragmentée

    Le choix du Togo comme lieu de rassemblement n’est pas anodin. Faure Gnassingbé, désigné facilitateur de l’Union africaine sur le dossier congolais, s’efforce depuis plusieurs mois de coordonner des initiatives parallèles qui se sont multipliées sans toujours converger. Le processus de Nairobi, piloté par l’EAC, et celui de Luanda, mené sous l’égide de l’UA et longtemps incarné par l’Angolais João Lourenço, ont progressé de manière désordonnée. La fusion progressive de ces voies, amorcée en 2024, n’a pas encore produit les résultats escomptés sur le terrain.

    Les diplomates présents à Lomé ont reconnu que la coordination reste le point faible de l’effort de paix. Plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de rationaliser les canaux de dialogue afin d’éviter que les protagonistes ne jouent d’une médiation contre l’autre. Cette dispersion a longtemps profité aux acteurs armés, en particulier le Mouvement du 23 mars (M23), dont l’avancée militaire au Nord-Kivu et au Sud-Kivu a redessiné la carte sécuritaire de la région.

    Un calendrier sous pression entre Kinshasa, Kigali et le M23

    Les progrès diplomatiques évoqués lors de la rencontre togolaise restent modestes par rapport aux attentes. Les discussions directes entre Kinshasa et le M23, longtemps refusées par les autorités congolaises, ont finalement été engagées sous la pression combinée des médiateurs régionaux et des partenaires internationaux. Parallèlement, le volet bilatéral entre la RDC et le Rwanda, accusé par l’ONU et plusieurs chancelleries occidentales de soutenir le mouvement rebelle, demeure le nœud politique le plus délicat à dénouer.

    Les médiateurs ont rappelé que la mise en œuvre des engagements antérieurs, notamment le retrait des forces étrangères du territoire congolais et le cantonnement des groupes armés, accuse un retard préoccupant. Le déploiement de la mission de la SADC en RDC (SAMIDRC), confrontée à de lourdes pertes humaines début 2025, a illustré les limites des réponses militaires régionales face à un conflit dont les ressorts économiques, fonciers et identitaires débordent largement le cadre sécuritaire.

    Une économie de guerre qui complique la sortie de crise

    Au-delà de la dimension politique, les participants ont souligné l’urgence de s’attaquer aux circuits d’exploitation illicite des ressources minières du Kivu. Coltan, étain, or et tungstène alimentent une économie de guerre dont les ramifications s’étendent jusqu’aux chaînes d’approvisionnement internationales. Plusieurs médiateurs plaident pour un mécanisme régional de traçabilité, condition jugée indispensable à toute désescalade durable.

    La réunion de Lomé n’a pas abouti à des annonces spectaculaires, mais elle a permis de réaffirmer le principe d’une approche intégrée. Les prochaines étapes devraient associer plus étroitement les acteurs civils congolais, longtemps tenus à l’écart de processus dominés par les chefs d’État et les chancelleries. La société civile du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ainsi que les autorités coutumières, sont désormais identifiées comme des relais incontournables pour ancrer un éventuel accord dans la réalité des territoires meurtris.

    Reste que les médiateurs ont quitté la capitale togolaise sans calendrier ferme pour la signature d’un accord global. Les semaines à venir diront si l’élan diplomatique amorcé à Lomé suffira à infléchir la trajectoire d’un conflit qui, depuis plus de trois décennies, défie toutes les architectures de paix bâties autour des Grands Lacs.

  • Cameroun : Issa Tchiroma Bakary dénonce un pillage de 10 000 milliards de FCFA

    Cameroun : Issa Tchiroma Bakary dénonce un pillage de 10 000 milliards de FCFA

    Dans une déclaration choc rendue publique, Issa Tchiroma Bakary, figure de l’opposition camerounaise, épingle le régime de Paul Biya pour le braquage systématique des ressources naturelles. Il accuse le pouvoir d’avoir dilapidé l’or, le pétrole et le bois, pour un total dépassant les 10 000 milliards de francs CFA. Voici les principaux éléments de son réquisitoire.

    Les ressources du sous-sol sacrifiées

    Selon lui, la Société nationale des hydrocarbures (SNH) a géré le pétrole en toute opacité pendant quarante ans. Les recettes pétrolières sont restées hors budget et sans contrôle parlementaire. Le FMI, la Banque mondiale et l’ITIE avaient déjà alerté sur des flux financiers massifs sortis du pays sans trace dans les comptes officiels. Issa Tchiroma Bakary affirme que le pétrole était vendu à Glencore à moins de 30 % de sa valeur réelle, et que des cargaisons entières ont disparu. Au total, ces malversations pétrolières représentent plusieurs milliers de milliards de FCFA. Le bois n’a pas été épargné : 80 % de l’exploitation forestière serait illégale. En cumulant or, pétrole et bois, plus de 10 000 milliards de francs CFA se sont envolés.

    Détournements massifs sur les marchés publics

    Le deuxième volet concerne les marchés frauduleux. Les lignes budgétaires 65 et 94, pour la période 2012-2021, ont été purement effacées, représentant 5 400 milliards de dépenses injustifiées. Le Tribunal criminel spécial (TCS), pourtant créé par Paul Biya, a condamné ses propres agents pour près de 9 000 milliards de détournements entre 1997 et 2021. Issa Tchiroma Bakary évoque aussi des agents fictifs : plus de 20 000 fonctionnaires fantômes auraient été payés pendant des années, pour un préjudice annuel de 200 milliards de FCFA. Il cite les scandales de l’autoroute Yaoundé-Douala, de la CAN 2021 et des vaccins anti-Covid, avec des surfacturations dépassant 500 milliards de francs CFA.

    Fraude fiscale et douanière généralisée

    Le troisième volet porte sur la fraude fiscale et douanière. L’Agence nationale d’investigation financière (ANIF) et la Commission nationale anticorruption (CONAC) ont documenté des mécanismes systémiques. En 2023, 1 665 milliards de francs CFA de flux suspects ont été identifiés. Sur six ans, la fraude douanière atteint 1 246 milliards, tandis que la fraude au scanning au port de Douala, imputée à SGS, s’élève à 1 745 milliards. Issa Tchiroma Bakary dénonce la lutte acharnée entre deux clans du régime pour le contrôle de cette fraude institutionnalisée.

    Enrichissement personnel du clan Biya

    Le quatrième volet concerne l’enrichissement illicite de la famille présidentielle et de ses proches. Le clan Biya aurait détourné des fonds publics pour acquérir des biens au Cameroun, en France et au Moyen-Orient. Les enquêtes néerlandaises ont identifié 744 millions d’euros de biens mal acquis en France. S’y ajoutent le domaine de Nyom (18 milliards de FCFA), des propriétés à Dubaï estimées à 44 milliards, et des séjours à l’hôtel Continental de Genève à 50 000 dollars la nuit pour toute la délégation. Aucune déclaration de patrimoine n’a été faite, en violation de l’article 66 de la Constitution.

    Issa Tchiroma Bakary conclut que le montant total de la prédation s’élève à 26 000 milliards de francs CFA en scénario conservateur, mais pourrait atteindre 80 000 milliards en incluant les dissimulations via prête-noms et paradis fiscaux. Avec 26 000 milliards, le Cameroun aurait pu payer 36 années de salaires de ses 380 000 enseignants, soignants et soldats, ou construire 2 600 hôpitaux de district. Il prévient : il n’y aura ni amnistie ni négociation secrète ; tout haut fonctionnaire coupable devra répondre de ses actes devant la justice nationale et internationale.

  • Satellite souverain pour la RDC : José Mpanda accélère le projet avec la Chine

    Satellite souverain pour la RDC : José Mpanda accélère le projet avec la Chine

    « Celui qui persévère obtient ce qu’il veut », dit un proverbe luba. Et Me José Mpanda Kabangu, ministre des Postes et Télécommunications, incarne cette philosophie. Il entend coûte que coûte concrétiser ce qu’il n’a pas pu accomplir lorsqu’il dirigeait le ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique en septembre 2019 : offrir à la République démocratique du Congo un satellite souverain.

    C’est dans cette optique déterminée que le ministre a reçu, vendredi 5 juin dernier, une délégation chinoise composée de représentants de China Unicom et de Genew Technologies. L’audience a porté sur la construction de ce satellite, ainsi que sur le déploiement de la fibre optique à travers tout le territoire. Cette réunion s’inscrit dans le prolongement de la mission que José Mpanda a effectuée en Chine au mois d’avril.

    Outre les partenaires chinois, des experts du Secrétariat général des PTNTIC, de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), de la Société congolaise de la fibre (SOCOF), du Réseau national de télécommunications par satellite (RENATELSAT), du Centre national de télédétection (CNT), ainsi que des conseillers principaux à la Présidence et à la Primature en charge des PTNTIC ont participé à ces échanges.

    José Mpanda a précisé que son déplacement en Chine était celui d’un homme politique en quête de solutions pour son pays, mais que les discussions techniques sur le projet devaient être menées par des experts. C’est pourquoi les responsables des deux firmes chinoises sont à Kinshasa jusqu’au 19 juin pour échanger avec les spécialistes congolais sur deux projets majeurs : le satellite souverain, dont le protocole d’accord a été signé en avril, et la dorsale nationale de fibre optique, dont la révision des accords a eu lieu en 2025.

    Les échanges, entamés lundi 8 juin, poursuivent trois objectifs :

    1. Structuration technique et financière : valider l’architecture technique des deux projets, estimer les coûts et arrêter les modalités de financement avec les ministères du Plan et des Finances.

    2. Concertation et alignement institutionnel : les deux firmes chinoises doivent notifier formellement et présenter aux parties prenantes (RENATELSAT, SCPT, SOCOF, CNC, CNT, SG PTNTIC, ARPTC, Présidence et Primature).

    3. Préparation de la due diligence en Chine : définir le périmètre et le calendrier, identifier les délégués congolais et les sites à visiter, produire les livrables avant le départ et identifier les étapes suivantes.

    Le ministre attend quatre résultats de ces discussions :

    • des solutions techniques validées ;
    • une approche de financement arrêtée ;
    • les parties prenantes alignées ;
    • une mission due diligence planifiée.

    Les institutions congolaises impliquées dans ce projet sont la Présidence de la République, la Primature, les ministères des Postes et Télécommunications, du Plan, des Finances, des Infrastructures, des Mines, et le Conseil national de cyberdéfense (CNC), avec comme entités techniques le Secrétariat général des PTNTIC, l’ARPTC, le FDSU, la SOCOF, la SCPT, le RENATELSAT et le CNT.

  • Mali : les motos de grosse cylindrée interdites en dehors des villes pour un an

    Mali : les motos de grosse cylindrée interdites en dehors des villes pour un an

    Les autorités de transition maliennes ont annoncé l’interdiction des motos de grosse cylindrée (125 cm³ et plus) en dehors des grands centres urbains pour une période d’un an, renouvelable. Cette mesure, prise par arrêté interministériel et diffusée à la télévision nationale, vise à réduire la mobilité des groupes armés terroristes. L’importation, le transit, la vente et la distribution de ces engins sont également suspendus sur tout le territoire.

    Le district de Bamako, les chefs-lieux de région, de cercle et d’arrondissement sont considérés comme de grandes agglomérations, où la circulation reste autorisée. Toutefois, les gouverneurs de région peuvent adapter ou interdire ces motos dans les chefs-lieux de cercle selon le contexte sécuritaire local.

    Une des principales artères de Bamako

    Difficultés d’application en zone rurale

    Dans le cercle de Bandiagara, au centre du pays, un habitant ayant requis l’anonymat estime qu’il sera complexe d’appliquer cette interdiction. « Ici, dans le pays dogon, ces motos sont adaptées à notre environnement montagneux avec des routes pentues. Tout le monde les utilise : les forces armées, les humanitaires, les paysans. Elles remplacent même les ambulances pour transporter les malades », explique-t-il.

    À Mopti, les propriétaires de motos de grosse cylindrée expriment leur inquiétude. Beaucoup se déplacent quotidiennement dans les villages voisins pour leurs activités agricoles, d’élevage ou de pêche. « Depuis l’annonce, la plupart d’entre nous ont déposé leurs motos. Moi, je livrais du pain dans plusieurs villages éloignés de Mopti », témoigne un habitant, saluant toutefois la mesure pour des raisons de sécurité.

    Un coût social élevé

    Les motos de grosse cylindrée sont un moyen de transport privilégié des groupes armés pour mener des attaques terroristes, mais elles sont aussi vitales pour les populations qui n’ont guère d’alternative pour subvenir à leurs besoins. Fin avril 2026, une attaque coordonnée d’envergure a été menée par les djihadistes du Jnim et leurs alliés du Front de libération de l’Azawad (FLA). Cette mesure sécuritaire radicale illustre la gravité de la crise au Mali, mais avec un coût social élevé, selon de nombreux analystes.