Auteur/autrice : nigeractu

  • L’université de Lomé signe un accord avec Creighton University

    L’université de Lomé signe un accord avec Creighton University

    L’Université de Lomé (UL) poursuit son ouverture sur le monde. Le vendredi 5 juin 2026, elle a officialisé un accord-cadre de coopération avec Creighton University, une institution jésuite située à Omaha, dans le Nebraska aux États-Unis.

    Ce partenariat a été scellé par le professeur Kossivi Hounaké, président de l’UL, et le révérend père Daniel Hendrickson, président de Creighton University. L’objectif : renforcer les échanges dans les domaines de la formation, de la recherche et du partage des connaissances.

    La convention prévoit la création de programmes conjoints d’enseignement et de recherche, ainsi que la facilitation de la mobilité des étudiants, des enseignants et des chercheurs. Des colloques, séminaires et autres activités scientifiques communes sont également au programme.

    Les deux parties s’engagent à mutualiser leurs ressources académiques et à développer des projets collaboratifs. Une attention particulière est portée à la protection de la propriété intellectuelle et à la confidentialité des informations échangées dans le cadre des recherches.

    Un accord de cinq ans

    Conclu pour une durée initiale de cinq ans, renouvelable, cet accord ouvre de nouvelles perspectives de coopération scientifique et académique pour la communauté universitaire.

    Avec ce nouveau partenariat, l’Université de Lomé confirme sa volonté de s’inscrire dans les réseaux universitaires internationaux et de renforcer son rayonnement à l’échelle mondiale.

  • Algérie et Tchad scellent un partenariat énergétique avec une centrale de 40 mégawatts à N’Djamena

    Algérie et Tchad scellent un partenariat énergétique avec une centrale de 40 mégawatts à N’Djamena

    Lancement officiel de la centrale électrique algéro-tchadienne à N’Djamena

    L’Algérie a donné le coup d’envoi, ce lundi 8 juin à N’Djamena, d’un projet de centrale électrique d’une capacité de 40 mégawatts. La cérémonie de pose de la première pierre a réuni le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, et son homologue tchadien, Allamaye Halina. Cette infrastructure vise à améliorer l’approvisionnement en électricité de la capitale tchadienne et de ses environs.

    Les autorités algériennes précisent que cette centrale constitue un don de l’Algérie à la République du Tchad, décidé sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune. Le projet s’inscrit dans une démarche de renforcement de la coopération économique et de développement des infrastructures sur le continent africain.

    La construction a été confiée à Sonelgaz International. L’installation fonctionnera grâce à des turbines à gaz modernes et devrait fournir des capacités supplémentaires pour répondre à la demande croissante en électricité, tant pour les foyers que pour les secteurs industriel et des services. Les responsables tchadiens considèrent l’expansion de la production électrique comme une priorité face à l’augmentation des besoins.

    Une stratégie africaine plus large

    Pour le Premier ministre algérien, ce chantier illustre une vision plus large de l’intégration africaine et du développement partagé. Il a rappelé que ce projet fait suite aux engagements pris lors de la visite officielle du président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno en Algérie en avril 2026.

    Au-delà de cette centrale, Alger met en avant sa participation à plusieurs projets régionaux dans les domaines des infrastructures, des transports et des télécommunications. Le gouvernement algérien considère l’investissement dans l’énergie comme un levier essentiel pour la stabilité et le développement du continent.

    Une fois mise en service, la centrale devrait contribuer à renforcer le réseau électrique tchadien et à fournir une alimentation plus régulière aux ménages et aux entreprises.

  • Ludovic Megne Ndong prend la tête de l’ARTF au Gabon

    Ludovic Megne Ndong prend la tête de l’ARTF au Gabon

    Ludovic Megne Ndong a officiellement endossé ses nouvelles responsabilités à la présidence du Conseil de régulation de l’Autorité de régulation des transports ferroviaires (ARTF). La cérémonie de passation de pouvoirs s’est tenue à Owendo, où il succède à François Banga Eboumi.

    Ancien ministre de l’Habitat, Ludovic Megne Ndong a pour mission principale d’accompagner la mise en œuvre des nouvelles orientations définies pour l’institution. Il a notamment souligné son intention d’appliquer les dispositions de l’ordonnance réorganisant le fonctionnement de l’ARTF.

    Il compte également intensifier les échanges avec les partenaires sociaux et les agents de l’autorité afin d’optimiser le fonctionnement et les conditions de travail. Parmi les chantiers prioritaires figurent le redéploiement des équipes de contrôle et la reprise des inspections le long du corridor ferroviaire du Transgabonais, qui relie Owendo à Franceville.

    La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions, François Ndong Obiang, et du secrétaire exécutif de l’ARTF, Adrien Moukabi. Cette nomination s’inscrit dans un contexte de réformes ambitieuses dans le secteur ferroviaire gabonais.

  • Paix dans l’est de la RDC : l’ONU salue le rôle du Togo et appuie la médiation de Faure Gnassingbé

    Paix dans l’est de la RDC : l’ONU salue le rôle du Togo et appuie la médiation de Faure Gnassingbé

    Le lundi 8 juin 2026, le président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, a reçu à Lomé James Swan, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en République démocratique du Congo (RDC) et chef de la Monusco, ainsi que Huang Xia, envoyé spécial onusien pour la région des Grands Lacs. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la réunion semestrielle d’évaluation de la médiation de l’Union africaine pour l’Est de la RDC.

    Un appui onusien à la médiation africaine

    Selon la présidence togolaise, les discussions ont essentiellement porté sur l’avancement des initiatives diplomatiques en cours. Les deux hauts responsables de l’ONU ont salué l’engagement du Togo en faveur de la paix et de la stabilité sur le continent. Ils ont réaffirmé leur volonté d’accompagner Faure Gnassingbé, médiateur désigné par l’Union africaine, dans la recherche d’une solution équitable et durable à la crise qui sévit dans l’Est congolais.

    Nommé médiateur en remplacement du président angolais João Lourenço, Faure Gnassingbé multiplie les consultations avec les Nations unies pour coordonner les efforts de paix dans la région des Grands Lacs. La présence de James Swan, entré en fonction il y a deux mois, revêt une importance particulière puisqu’il participe pour la première fois à cette réunion d’évaluation.

    « Les représentants des Nations unies ont salué l’engagement du Togo dans les efforts visant à promouvoir la paix, la stabilité et le règlement pacifique des conflits sur le continent africain. Ils ont affirmé leur disponibilité à accompagner les efforts du président du Conseil, médiateur désigné de l’Union africaine pour une solution équitable et durable à la crise qui secoue cette partie du continent », précise la présidence togolaise.

    Des défis sécuritaires et diplomatiques persistants

    Cette médiation intervient dans un contexte où la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC continue de se dégrader, malgré l’existence de l’Accord de Washington et la tenue de multiples réunions d’évaluation. L’érosion de la confiance entre les parties et le manque de volonté politique de certains acteurs régionaux freinent la mise en œuvre des engagements pris. Les médiateurs, notamment les États-Unis et le Qatar, sont appelés à redoubler d’efforts pour trouver une issue à la crise, marquée par la rébellion de l’AFC/M23 que Kinshasa accuse d’être soutenue par le Rwanda.

    Sur le plan diplomatique, le processus de Doha, mené sous l’égide du Qatar, n’a pas permis de rapprocher les positions de Kinshasa et de la rébellion. La réunion de Montreux, en Suisse, censée relancer la dynamique, n’a pas donné les résultats escomptés. Les engagements issus de cette phase n’ont pas été pleinement respectés, tandis que la détérioration de la situation sécuritaire au Moyen-Orient a relégué ce dossier au second plan.

    Face à ces obstacles, les appels au respect des engagements se multiplient aux niveaux national, régional et international, mais peinent encore à se concrétiser sur le terrain. Chaque partie interprète les dispositions des accords selon sa propre lecture, rendant leur mise en œuvre hypothétique.

  • Rabat renouvelle son engagement pour une issue politique en Libye

    Rabat renouvelle son engagement pour une issue politique en Libye

    Libye, Mohamed Arrouchi, crise libyenne

    Le Maroc a une nouvelle fois affirmé, mardi devant le Conseil de Paix et de sécurité de l’Union Africaine (CPS de l’UA), sa détermination à soutenir une résolution politique de la crise libyenne.

    Prenant la parole lors d’une session du CPS de l’UA consacrée à la Libye, l’ambassadeur Mohamed Arrouchi, représentant permanent du Royaume auprès de l’UA et de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, a redit l’appui du Maroc aux démarches de réconciliation nationale et aux discussions inter-libyennes. L’objectif est de consolider les avancées et de bâtir un large consensus entre les acteurs libyens.

    Il a également rappelé que l’Accord de Skhirat, conclu le 17 décembre 2015 sous l’égide de l’ONU, demeure une référence crédible pour aboutir à une paix durable. Il a insisté sur la nécessité de préserver l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Libye, conditions indispensables à une stabilité pérenne.

    Le diplomate a aussi tenu à saluer les efforts continus de l’Union Africaine, menés sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, pour promouvoir la paix et la sécurité sur le continent, en particulier ceux visant à dénouer la crise libyenne par le dialogue.

    M. Arrouchi a évoqué les réunions tenues à Tripoli et à Zenten, qui ont abouti le 7 janvier 2026 à la signature d’un accord entre des représentants du Gouvernement d’unité nationale et du gouvernement de l’Est libyen.

    L’ambassadeur a souligné le rôle constant du Maroc dans l’accompagnement du processus politique libyen, en rapprochant les positions des différentes parties, lesquelles font confiance au Royaume pour jouer ce rôle de médiateur.

    Ces initiatives respectent le droit international, les termes de l’Accord de Skhirat et les entendements de Bouznika, dans le but de favoriser une solution libyo-libyenne acceptée par tous. Le Maroc appelle à poursuivre les efforts vers un règlement politique, en écartant toute option militaire.

  • Franck Nguema prône une réforme de la CNAMGS pour des soins réels

    Franck Nguema prône une réforme de la CNAMGS pour des soins réels

    L’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Franck Nguema, a exhorté à une transformation en profondeur de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). Lors d’une conférence de presse tenue le 8 juin 2026 à Akanda, il a réagi aux discussions suscitées par le rapport 2025 de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Selon lui, l’enjeu fondamental n’est pas de remettre en cause l’existence de la CNAMGS, mais de garantir aux assurés un accès effectif à des soins de qualité. Il a précisé que le rapport de l’OMS ne qualifie pas la CNAMGS de « fraude » ou d’« arnaque », mais souligne l’urgence d’une réforme du système.

    Pour l’ancien membre du gouvernement, le Gabon a réussi à instaurer une couverture médicale administrative importante, touchant près de 76 % de la population. Cependant, cette progression reste insuffisante si les bénéficiaires continuent à rencontrer des obstacles pour consulter un médecin, obtenir des médicaments, être hospitalisés ou recevoir une prise en charge dans des délais acceptables. Il estime que ce fossé entre la couverture annoncée et celle réellement vécue alimente les frustrations des assurés et érode la confiance dans le système de protection sociale.

    Pour des soins effectifs à la CNAMGS

    Franck Nguema suggère donc de compléter la logique d’extension de la couverture maladie par une « garantie nationale de couverture médicale effective ». La performance de la CNAMGS ne devrait plus être mesurée uniquement par le nombre d’assurés ou de cartes distribuées, mais aussi par des indicateurs concrets comme le taux d’accès aux soins, la disponibilité des médicaments, les délais de prise en charge ou la réduction du reste à charge pour les ménages.

    Selon lui, cette évolution représenterait un véritable changement de paradigme. En plaçant les résultats sanitaires au cœur de son action, la CNAMGS deviendrait un outil de performance et de lutte contre la pauvreté. L’ancien ministre invite les autorités à entreprendre une réforme ambitieuse pour transformer une couverture administrative en une couverture médicale réellement effective, au bénéfice de l’ensemble de la population gabonaise.

  • Le président béninois Romuald Wadagni poursuit sa diplomatie ouest-africaine au Sénégal, au Mali et en Guinée-Bissau

    Le président béninois Romuald Wadagni poursuit sa diplomatie ouest-africaine au Sénégal, au Mali et en Guinée-Bissau

    Le président de la République du Bénin, Romuald Wadagni, a entamé une visite officielle de travail et d’amitié qui le conduit successivement au Sénégal, au Mali et en Guinée-Bissau. Cette tournée marque une phase offensive dans la politique de bon voisinage et d’intégration économique menée par le chef de l’État béninois au sein de l’espace ouest-africain.

    Consolider les liens au sein de l’UEMOA

    Ces déplacements s’inscrivent dans le cadre d’une vaste initiative présidentielle visant les États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). En rencontrant ses homologues à Dakar, Bamako et Bissau, Romuald Wadagni cherche à approfondir les relations avec des partenaires historiques partageant une même monnaie, le franc CFA, et une institution commune, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

    Les discussions avec les plus hautes autorités de ces trois pays portent sur plusieurs dossiers stratégiques :

    • Coopération économique et commerciale : stimuler les échanges bilatéraux et aligner les politiques de croissance face aux chocs macroéconomiques mondiaux.
    • Solidarité intercommunautaire : renforcer les liens humains et culturels entre les peuples de la sous-région pour une intégration qui dépasse le cadre institutionnel.
    • Sécurité régionale : échanger sur les défis transfrontaliers, enjeu essentiel pour la stabilité de toute l’Afrique de l’Ouest.

    Le choix du multilatéralisme

    Cette série de visites intervient après un début de mois de juin particulièrement actif sur le plan diplomatique, qui a déjà vu le chef de l’État se rendre au Niger, au Burkina Faso, au Togo et en Côte d’Ivoire. En multipliant les rencontres directes avec ses pairs, M. Wadagni réaffirme la priorité de sa politique étrangère : faire du dialogue et du renforcement des institutions communautaires le levier principal de la prospérité et de la stabilité du Bénin et de ses partenaires africains.

  • Libye : le Maroc replace l’accord de Skhirat au centre des discussions à l’Union africaine

    Libye : le Maroc replace l’accord de Skhirat au centre des discussions à l’Union africaine

    Libye : le Maroc replace l’accord de Skhirat au centre des discussions à l’Union africaine

    Le mardi 9 juin 2026, devant le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS de l’UA), le Maroc a une nouvelle fois manifesté son attachement à une issue politique pour la Libye.

    Lors des échanges consacrés à la situation libyenne, l’ambassadeur et représentant permanent du Maroc auprès de l’UA et de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, Mohamed Arrouchi, a rappelé le soutien constant du Royaume aux processus de réconciliation et au dialogue interlibyen.

    Il a insisté sur le fait que l’accord de Skhirat, signé le 17 décembre 2015 sous l’égide onusienne, demeure une pierre angulaire pour parvenir à une solution durable. L’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Libye doivent être préservées, a-t-il souligné.

    L’ambassadeur a également salué les initiatives de l’Union africaine en faveur de la paix sur le continent, notamment celles qui visent à dénouer la crise libyenne par des moyens politiques. Il a évoqué les réunions tenues à Tripoli et à Zenten, qui ont abouti à un accord le 7 janvier 2026 dans la capitale libyenne entre des représentants du Gouvernement d’unité nationale et du gouvernement de l’Est.

    Mohamed Arrouchi a mis en avant le rôle de médiation du Maroc, qui s’efforce de rapprocher les parties libyennes. Ces démarches, a-t-il précisé, s’inscrivent dans le respect de la légalité internationale, des dispositions de l’accord de Skhirat et des entendements de Bouznika. Le Royaume a réaffirmé la nécessité de poursuivre la voie politique, excluant le recours à des solutions militaires.

  • Argent et politique au Maroc : enquête sur la transparence des mandats

    Argent et politique au Maroc : enquête sur la transparence des mandats

    L’évolution des pratiques politiques au Maroc interroge aujourd’hui l’éthique démocratique. Ce qui prenait autrefois la forme de soutiens financiers occultes aux campagnes électorales semble désormais emprunter un visage nouveau : des personnalités issues du monde des affaires, leurs proches ou leurs épouses, accèdent directement aux postes électifs. Cette tendance, observée par plusieurs analystes, remet en question les garde-fous en matière de conflits d’intérêts.

    Conflits d’intérêts : un risque identifié par les institutions

    Par définition, le conflit d’intérêts survient lorsqu’un élu possède un intérêt personnel, familial ou financier susceptible d’influencer ses décisions publiques. Au Maroc, plusieurs rapports institutionnels ont signalé des dysfonctionnements dans la gestion des marchés locaux. Certaines collectivités auraient attribué des contrats à des sociétés liées à des élus, parfois via des démissions de façade ou l’entremise de proches. Ces pratiques, lorsqu’elles sont avérées, constituent des violations de la loi.

    Tentative avortée de commission d’enquête parlementaire

    À la Chambre des conseillers, une initiative visant à créer une commission d’enquête sur l’attribution de certaines subventions agricoles n’a pas abouti. Selon des informations qui ont circulé, plusieurs conseillers se seraient opposés à cette mise en place, mais ces allégations ont fait l’objet de démentis. Aucun vote formel contre la création d’une commission d’enquête n’a eu lieu, et l’initiative n’a pas franchi les étapes procédurales requises. L’épisode a néanmoins alimenté des interrogations sur la transparence dans l’usage des fonds publics.

    Poursuites judiciaires à l’encontre d’élus

    Par ailleurs, plusieurs élus ont été poursuivis ou condamnés ces dernières années pour corruption ou détournement de fonds publics. Selon des données judiciaires rendues publiques, une trentaine de parlementaires seraient concernés, toutes tendances confondues. Des cas individuels, comme ceux de présidents de conseils communaux ou députés ayant écopé de peines de prison, ont marqué l’opinion. Ces affaires relèvent désormais de l’autorité judiciaire.

    Une réponse judiciaire en développement, mais perfectible

    Le parquet général a récemment annoncé l’interpellation de plusieurs centaines de personnes dans le cadre de la lutte contre la corruption, grâce notamment à des dispositifs de signalement direct. Cette mobilisation est saluée comme un signe de réveil des institutions. Toutefois, certains observateurs estiment que l’effort reste inégal, épargnant apparemment des dossiers sensibles (attributions foncières, grands marchés publics, biens habous). Ces critiques appellent à une plus grande cohérence dans l’application de la loi.

    Pistes de réforme pour restaurer la confiance

    Face à ces défis, plusieurs mesures sont régulièrement proposées par la société civile et des acteurs politiques :

    • Créer une instance indépendante de contrôle du financement électoral, avec plafonnement des dépenses et interdiction des dons anonymes ;
    • Rendre accessibles au public les déclarations de patrimoine des élus, avant et après mandat ;
    • Renforcer les sanctions contre les conflits d’intérêts dans les lois organiques des collectivités territoriales ;
    • Exiger des candidats issus du monde des affaires une déclaration préalable de leurs contrats avec l’État ;
    • Protéger les lanceurs d’alerte et créer des sections judiciaires spécialisées dans les infractions financières ;
    • Activer la saisie des avoirs issus de la corruption.

    Sur le fond, une réforme électorale et un renforcement des partis politiques comme cadres d’action publique sont également nécessaires pour réduire l’influence de l’argent.

    Conclusion : un défi pour les prochaines échéances

    À l’approche des scrutins de 2026 et 2027, la question de la confiance citoyenne est centrale. Si les perceptions de clientélisme ou d’impunité persistent, le risque d’abstention et de désenchantement démocratique est réel. Restaurer le lien de confiance entre gouvernants et gouvernés suppose une volonté politique claire, cohérente et visible – faute de quoi la corruption, même combattue ponctuellement, continuera d’éroder la légitimité des institutions.

    L’argent est un moyen nécessaire de la vie politique, non sa finalité. La réforme ne se décrète pas seulement par des lois : elle exige une redéfinition des rapports entre pouvoir économique et responsabilité publique. C’est à ce prix que la démocratie marocaine peut éviter que le soupçon ne se transforme en fatalité.

  • Diplomatie togolaise : faure gnassingbé reçoit deux émissaires onusiens pour la crise à l’est de la rdc

    Diplomatie togolaise : faure gnassingbé reçoit deux émissaires onusiens pour la crise à l’est de la rdc

    Le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a accueilli ce lundi 8 juin 2026 à Lomé deux hauts responsables des Nations unies impliqués dans la gestion de la crise sévissant dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Il s’agit de James Swan, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC et chef de la MONUSCO, ainsi que Huang Xia, envoyé spécial pour la région des Grands Lacs. Cette réunion s’inscrit dans le cadre du suivi semestriel de la médiation menée par l’Union africaine.

    Une rencontre au service de la médiation

    Les échanges ont principalement porté sur l’avancement des démarches diplomatiques en cours et le rôle des Nations unies dans l’appui à la médiation africaine. À Lomé, les acteurs ont examiné les efforts entrepris pour rapprocher les points de vue et préserver un espace de dialogue autour d’un dossier toujours complexe sur les plans sécuritaire et politique.

    Par ailleurs, la présence conjointe des émissaires onusiens et du médiateur désigné par l’Union africaine souligne une nécessité devenue évidente : la résolution de la crise dans l’Est de la RDC exige une meilleure coordination entre les acteurs africains et leurs partenaires internationaux. Dans ce schéma, Lomé cherche à s’affirmer comme un carrefour diplomatique clé.

    Le Togo mise sur son rôle croissant

    Au cours de l’entretien, les représentants de l’ONU ont salué l’implication du Togo en faveur de la paix et de la stabilité en Afrique. Ils ont également réitéré leur volonté d’accompagner les initiatives dirigées par Faure Gnassingbé en vue d’une solution durable et équilibrée à la crise.

    Cette posture confirme l’intérêt pour la méthode togolaise, qui repose sur des consultations régulières, une diplomatie discrète et la recherche de consensus entre les parties prenantes. Pour Lomé, l’enjeu est désormais de transformer cette reconnaissance en véritable levier d’influence sur le dossier des Grands Lacs.

    Une coordination indispensable

    Les consultations entre le médiateur africain et les Nations unies ne sont pas récentes, mais elles gagnent en importance dans un contexte marqué par la persistance des violences dans l’Est congolais. Les deux parties entendent ainsi maintenir une approche concertée pour éviter l’éparpillement des efforts de paix.

    Cette dynamique répond à un constat simple : multiplier les initiatives est insuffisant si elles ne sont pas alignées. En recevant ces émissaires onusiens, Faure Gnassingbé vise à renforcer une architecture diplomatique plus cohérente, capable d’unir les acteurs régionaux et internationaux autour d’un même objectif.

    Lomé, plateforme de dialogue

    Enfin, la rencontre de ce lundi confirme le positionnement de Lomé comme cadre de discussion sur la crise congolaise. Le Togo, qui accueille régulièrement des consultations liées à la médiation africaine, entend faire de cette visibilité un atout dans la recherche de solutions politiques aux conflits régionaux.

    Reste à savoir si cette coordination renforcée entre l’Union africaine et les Nations unies permettra des avancées concrètes. Dans une crise longue et complexe, la valeur d’une médiation se mesure à sa capacité à maintenir l’engagement des acteurs et à faire évoluer, même progressivement, les conditions d’un accord durable.

  • Kemi Seba : nouveau coup de théâtre judiciaire à pretoria

    Kemi Seba : nouveau coup de théâtre judiciaire à pretoria

    La justice sud-africaine a une nouvelle fois repoussé sa décision concernant la demande de mise en liberté provisoire de l’activiste panafricaniste Kemi Seba, désormais fixée au 18 juin 2026. Incarcéré depuis avril dernier à Pretoria pour infraction à la législation sur l’immigration, l’homme fait face à des charges bien plus lourdes que le simple séjour irrégulier. L’enquête a en effet mis au jour un système de financement occulte via des cryptomonnaies en provenance de Russie, destiné à couvrir ses déplacements illégaux et ses tentatives de fuite. Parallèlement, une audience d’extradition vers le Bénin est programmée le 14 juillet 2026, complexifiant encore son dossier.

    Le sursis judiciaire de Pretoria

    Stellio Gilles Robert Capo Chichi, plus connu sous le pseudonyme de Kemi Seba, voit son calvaire se prolonger derrière les barreaux de la capitale sud-africaine. Le tribunal régional, qui devait se prononcer sur sa libération sous caution, a choisi de renvoyer l’affaire au 18 juin 2026. Ce nouveau délai est un signal fort pour celui qui a bâti sa notoriété sur des coups d’éclat médiatiques et des rassemblements populaires. L’arrestation de l’activiste, le 13 avril 2026 dans un centre commercial de Pretoria, semblait au départ relever d’un simple contrôle administratif : il lui était reproché d’avoir prolongé son séjour de deux mois après l’expiration de son visa touristique. Mais les investigations menées par les services de sécurité sud-africains ont rapidement révélé des éléments bien plus préoccupants.

    Des cryptomonnaies russes au coeur de l’enquête

    L’aspect le plus trouble de cette affaire concerne les mécanismes financiers ayant permis les déplacements de Kemi Seba. Les enquêteurs ont formellement identifié des flux de cryptomonnaies transitant depuis des entités basées en Russie. Ces fonds virtuels auraient servi à financer la logistique de sa cavale et ses tentatives de sortie illégale du territoire sud-africain. Lors de son interpellation, l’activiste était accompagné de son fils et d’un passeur local. Ce dernier aurait perçu la somme de 250 000 rands (environ 13 000 euros) pour organiser une traversée clandestine du fleuve Limpopo vers le Zimbabwe, d’où Kemi Seba espérait gagner l’Europe. Cette révélation de financements occultes via des actifs numériques russes écorne sérieusement l’image de souverainiste indépendant que l’activiste cultive sur les réseaux sociaux. Elle accrédite la thèse, déjà évoquée dans des fuites de documents antérieures, d’un rôle d’agent d’influence au service de puissances étrangères cherchant à déstabiliser les équilibres régionaux. Pour Kemi Seba, la situation se complique dramatiquement : le simple délit migratoire s’est transformé en une présomption de blanchiment d’argent et de financement occulte.

    L’ombre de la CRIET et l’extradition vers le Bénin

    Si l’échéance du 18 juin est cruciale pour sa liberté immédiate, la véritable menace qui plane sur l’activiste est fixée au 14 juillet 2026. Ce jour-là, la justice sud-africaine examinera la demande d’extradition formelle des autorités béninoises. Au Bénin, son pays d’origine qu’il critique régulièrement, le procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) l’attend de pied ferme. Kemi Seba fait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour des accusations graves : apologie de crime contre la sûreté de l’État et incitation à la rébellion. La justice béninoise lui reproche notamment d’avoir apporté un soutien moral et médiatique à une tentative avortée de coup d’État en décembre dernier à Cotonou. Privé de sa nationalité française en 2024 et voyageant désormais avec un passeport diplomatique nigérien dont la validité et l’authenticité sont également vérifiées par le parquet de Pretoria, Kemi Seba se retrouve pris au piège de ses propres contradictions géopolitiques.

    Un activisme à l’épreuve des faits

    Cette prolongation d’incarcération marque un tournant pour la nébuleuse panafricaniste radicale. Longtemps habitué à défier les lois sous couvert de liberté d’expression et de combat politique, Kemi Seba se heurte cette fois à la rigueur procédurale d’un État souverain doté d’institutions solides : l’Afrique du Sud. Sa stratégie de victimisation systémique montre ici ses limites. Les faits matériels – un visa expiré, une tentative de franchissement clandestin de frontière, un passeur rémunéré et des transactions financières russes cryptées – ne relèvent pas du débat d’idées, mais du code pénal. En empruntant les voies de la clandestinité et des financements étrangers opaques, l’activiste s’est lui-même placé hors du champ de la contestation politique légitime. La suite des événements déterminera si le discours souverainiste qu’il prône saura résister à la réalité de ses agissements clandestins.

  • Crise en rdc : Faure Gnassingbé structure la médiation africaine à Lomé

    Crise en rdc : Faure Gnassingbé structure la médiation africaine à Lomé

    Ce lundi 8 juin 2026, Lomé a servi de cadre à une réunion de haut niveau sur la médiation africaine dans la crise qui touche l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et la région des Grands Lacs. Présidée par Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur désigné par l’Union africaine, cette rencontre a mis l’accent sur un point crucial : mieux coordonner les initiatives de paix encore éparpillées.

    Autour de la table, se sont retrouvés les facilitateurs nommés par l’Union africaine, ainsi que des représentants de l’ONU, de la CAE, de la CEEAC, de la SADC, de la CIRGL et du CICR. Cette diversité d’acteurs illustre la complexité d’un dossier où s’entremêlent cadres régionaux, mandats institutionnels et efforts diplomatiques parallèles.

    Une médiation en phase de structuration

    Cette réunion semestrielle s’inscrit dans le prolongement des échanges tenus à Lomé en janvier dernier. À l’époque, les participants avaient déjà travaillé sur la cohérence du dispositif de médiation et sur la nécessité de consolider le processus de paix.

    Présidence du Conseil

    Faure Gnassingbé a estimé que des progrès avaient été réalisés depuis, notamment dans l’organisation interne de l’architecture de médiation. Selon lui, l’enjeu n’est plus seulement de multiplier les initiatives, mais de les rendre plus lisibles, plus cohérentes et plus efficaces sur le terrain.

    Cette approche répond à une difficulté récurrente dans les crises prolongées : trop d’acteurs interviennent parfois sans coordination suffisante, ce qui affaiblit la portée des efforts diplomatiques. À Lomé, la priorité affichée a donc été de remettre de l’ordre dans le processus.

    Présidence du Conseil

    Le pari du dialogue africain

    Le médiateur de l’Union africaine a réaffirmé sa volonté de poursuivre sa mission avec détermination, malgré les obstacles. Il a insisté sur la nécessité de maintenir la mobilisation collective en faveur de la stabilité dans l’Est congolais, où les violences et les tensions armées continuent de peser sur les populations civiles.

    En plaçant le dialogue inclusif au centre de sa démarche, Faure Gnassingbé défend une ligne diplomatique claire : privilégier des solutions africaines, portées par des mécanismes africains, tout en maintenant un lien avec les autres initiatives internationales. Cette position vise à éviter les doublons et à renforcer la crédibilité du processus.

    Les parties prenantes ont salué ce leadership, estimant qu’il contribue à restaurer la confiance entre les acteurs et à harmoniser les démarches engagées. Pour elles, la réussite de la médiation passe d’abord par une architecture claire, des responsabilités bien réparties et un suivi rigoureux des engagements.

    Présidence du Conseil

    Des décisions pour le second semestre

    La réunion de Lomé a abouti à plusieurs orientations concrètes. Les participants ont notamment décidé de renforcer la coordination entre le Bureau du Médiateur, le panel des facilitateurs, la Commission de l’Union africaine et le Secrétariat conjoint indépendant.

    Ils ont aussi souligné l’importance de construire une contribution africaine plus structurée aux processus de Washington et de Doha. L’objectif est de permettre une meilleure appropriation de ces initiatives par les acteurs de la région et de faciliter leur mise en œuvre.

    Dans le même esprit, les États et les organisations impliqués ont été appelés à intensifier leur coopération, dans le respect des rôles définis par l’architecture adoptée à Lomé le 17 janvier 2026. Un plan d’action opérationnel doit désormais être finalisé dans un délai de quinze jours afin de traduire ces orientations en mesures concrètes.

    Présidence du Conseil

    Lomé comme point d’appui

    Au fond, cette réunion confirme le rôle croissant de Lomé comme plateforme diplomatique sur le dossier congolais. Le Togo s’impose progressivement comme un lieu de convergence pour les discussions liées à la paix dans les Grands Lacs.

    Reste à savoir si cette volonté de coordination produira des effets tangibles sur le terrain. Dans une crise aussi longue et mouvante, la valeur d’une médiation se mesure moins à ses annonces qu’à sa capacité à maintenir les acteurs autour d’une même table et à faire avancer, pas à pas, une feuille de route commune.