Auteur/autrice : nigeractu

  • Enlèvements par boko haram : une source de financement massive au Niger et ailleurs

    Enlèvements par boko haram : une source de financement massive au Niger et ailleurs

    Le kidnapping, un business juteux pour Boko Haram au Sahel

    L’enlèvement de civils est devenu un mécanisme de financement de premier plan pour Boko Haram et ses alliés dans la région. Cette stratégie, qui s’étend sur plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, révèle une industrie du rapt particulièrement lucrative. Au Nigeria, épicentre de ces activités, les chiffres donnent le vertige : selon une étude récente, plus de 4 700 personnes ont été kidnappées entre juillet 2024 et juin 2025, lors de près d’un millier d’incidents. Ces rapts ciblent régulièrement les écoles, tandis que des centaines de victimes perdent la vie dans ces opérations.

    Si le Nigeria reste le pays le plus touché, les enlèvements ne connaissent pas de frontières. Au Cameroun, un bus transportant des passagers a été intercepté dans l’Extrême-Nord, et les assaillants, revendiquant l’acte, ont libéré leurs otages contre rançon. Plus récemment, c’est au Niger que Boko Haram a frappé : sept ressortissants tchadiens ont été enlevés près de la frontière avec le Tchad. L’un d’eux a été exécuté, les autres sont toujours détenus, tandis que les djihadistes réclament une somme exorbitante pour leur libération.

    Pourquoi ces raids massifs ? Les motivations cachées de Boko Haram

    Les motivations derrière ces enlèvements sont doubles. D’une part, ils servent à recruter de force des combattants parmi les jeunes, les femmes, voire des communautés entières. D’autre part, ils constituent une source de revenus essentielle. Les rançons, payées en naira ou en francs CFA, peuvent atteindre des millions pour une seule victime. Un exemple frappant : pour cinq otages tchadiens, Boko Haram exige 50 millions de francs CFA. Le sixième, médecin de profession, voit sa rançon multipliée par dix, soit 500 millions de francs CFA.

    Un chercheur spécialisé sur les questions sécuritaires, Remadji Hoinathy, analyse : « Ces rapts répondent à une logique à la fois idéologique et économique. Ils permettent de renforcer les rangs du groupe tout en alimentant ses caisses. Les rançons, même partiellement payées, représentent des centaines de millions de francs chaque année. »

    Nigeria : l’État nie payer, mais les rançons continuent

    Officiellement, le gouvernement nigérian interdit le paiement des rançons, une loi de 2022 prévoyant jusqu’à 15 ans de prison pour les contrevenants. Pourtant, cette interdiction semble rarement appliquée sur le terrain. Les familles, sous pression, continuent de verser des rançons pour sauver leurs proches. Pire encore, des sources concordantes évoquent des paiements directs par les autorités pour la libération d’otages. En novembre 2025, environ 230 élèves et membres du personnel d’une école catholique ont été enlevés dans l’État de Niger. Leurs libérations auraient coûté cher : entre 1,3 million et 6 millions d’euros, selon les estimations. Le gouvernement nigérian dément catégoriquement ces allégations, affirmant que la libération est le fruit d’une opération militaire et de renseignement. Mais les experts soulignent que reconnaître ces paiements renforcerait la propagande des groupes armés.

    Au total, en une seule année, les demandes de rançons au Nigeria auraient frôlé les 35 millions de dollars, dont près de 5 % auraient été effectivement payés, selon des analystes locaux.

    Bassin du Lac Tchad : un terrain de jeu idéal pour les djihadistes

    Boko Haram trouve dans le bassin du Lac Tchad un environnement propice à ses activités. Cette zone, partagée entre le Nigeria, le Niger, le Tchad et le Cameroun, est marquée par une faible présence étatique et des frontières poreuses. Le chercheur Remadji Hoinathy explique : « Le Lac Tchad offre une couverture géographique unique : îles, marécages et forêts permettent aux groupes armés de se dissimuler facilement lors des offensives militaires. »

    Cette région est également un hub économique grâce à l’agriculture et au pastoralisme transfrontaliers. Le Lac Tchad sert aussi de carrefour pour les armes et les combattants, notamment en provenance de Libye ou du Sahel, où l’État islamique et ses affidés étendent leur influence. La Force multinationale mixte, créée par la Commission du bassin du Lac Tchad, tente de contrer cette menace, mais les défis restent immenses.

    ISWAP : la scission qui a changé la donne

    En 2016, une scission majeure au sein de Boko Haram donne naissance à l’ISWAP (État islamique en Afrique de l’Ouest). Ce nouveau groupe, en rupture avec la ligne ultra-radicale d’Abubakar Shekau, opte pour une stratégie plus pragmatique. L’ISWAP cherche à gagner la confiance des populations locales en évitant les massacres aveugles, tout en renforçant son ancrage territorial. Cependant, cette approche n’a pas mis fin aux violences. Désormais, Boko Haram et l’ISWAP s’affrontent dans une guerre fratricide pour le contrôle des zones stratégiques, alimentant encore l’instabilité régionale.

    Coopération militaire et limites des réponses étatiques

    Face à cette menace persistante, les États de la région tentent de coordonner leurs actions. La Force multinationale mixte, composée de contingents du Nigeria, du Niger, du Tchad et du Cameroun, mène des opérations militaires conjointes. Pourtant, malgré ces efforts, Boko Haram et ses rivaux conservent une résilience remarquable. Remadji Hoinathy souligne : « Après plus de dix ans de conflit, les groupes armés s’adaptent en permanence. Les réponses militaires, bien que nécessaires, ne suffisent pas à éradiquer la menace. Une approche intégrée, combinant sécurité et développement, est indispensable pour stabiliser la région. »

    Depuis 2009, cette insurrection djihadiste a fait plus de 40 000 morts et déplacé plus de deux millions de personnes dans le nord-est du Nigeria. Malgré l’aide internationale, notamment des États-Unis qui ont déployé 200 soldats pour former et soutenir l’armée nigériane, la situation reste critique. Les populations locales, prises en étau entre les groupes armés et les forces de sécurité, continuent de payer un lourd tribut.

  • Affaire Ndiaga Seck : Babacar Ba défend Ousmane Sonko contre les attaques infondées

    Affaire Ndiaga Seck : Babacar Ba défend Ousmane Sonko contre les attaques infondées

    L’arrestation de Ndiaga Seck relance les polémiques autour d’Ousmane Sonko

    L’incarcération de l’opposant Ndiaga Seck, inculpé pour des actes contraires aux bonnes mœurs, alimente les débats dans l’espace politique et médiatique. Le juge d’instruction du premier cabinet de Louga a prononcé son placement en détention lundi, suscitant une vague de réactions sur les réseaux sociaux. Certains internautes n’hésitent pas à tisser des liens artificiels entre cette affaire et le Premier ministre Ousmane Sonko.

    Une manœuvre jugée inacceptable par les défenseurs des institutions

    Face à ces tentatives de manipulation, Babacar Ba, président du Forum des justiciables, a vivement réagi. Il dénonce une « tentative de discrédit » orchestrée à l’encontre du chef du gouvernement, accusant ses détracteurs de vouloir salir son image sans fondement.

    Selon lui, « Ousmane Sonko, en tant que Premier ministre, représente une institution publique. Il est donc inadmissible de chercher à entacher sa réputation ou à l’associer à des affaires judiciaires sans preuve ». Babacar Ba rappelle que l’arrestation de Ndiaga Seck pour des motifs distincts ne saurait justifier une telle instrumentalisation politique.

    L’État de droit en question : un rappel nécessaire

    Le président du Forum des justiciables insiste sur le caractère illégitime de ces pratiques, qu’il qualifie de « dangereuses pour les principes démocratiques ». Pour lui, ces méthodes rappellent les dérives d’un système où la justice est détournée à des fins partisanes. « Un État de droit se doit de respecter les procédures et de protéger l’intégrité de ses représentants, surtout lorsqu’ils occupent des fonctions aussi stratégiques », déclare-t-il.

    Cette affaire met en lumière les tensions persistantes entre pouvoir exécutif et opposition, tout en soulignant l’importance de préserver la neutralité judiciaire face aux pressions extérieures.

  • Bilan de la revue UEMOA 2025 : le Sénégal affiche une progression malgré quelques reculs sectoriels

    Bilan de la revue UEMOA 2025 : le Sénégal affiche une progression malgré quelques reculs sectoriels

    La Revue annuelle des réformes communautaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) au Sénégal s’est ouverte ce lundi à Dakar sous la présidence du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba. Une délégation gouvernementale, conduite par le Président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop, a également participé à cette session politique, marquant la onzième édition d’un processus lancé en 2014.

    Instaurée par l’Acte additionnel n°05/2013 du 24 octobre 2013, cette revue, devenue biannuelle depuis juillet 2023 à Bissau, permet d’évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre des réformes et projets communs. « Un outil essentiel pour consolider l’intégration économique régionale », a souligné Abdoulaye Diop. La phase technique, qui s’est tenue du 10 au 12 novembre 2025, a passé en revue 145 réformes et 5 projets avant d’être validée lors de cette phase politique.

    Un bilan globalement positif, mais avec des faiblesses sectorielles

    Le Sénégal affiche un taux moyen de mise en œuvre des réformes de 76,45 % en 2025, contre 78,59 % l’année précédente, enregistrant un léger recul de 2,14 points. Cette baisse s’explique principalement par les performances insuffisantes dans les secteurs de la culture et du tourisme (-15,10 points) ainsi que l’artisanat, la qualité et le climat des affaires (-34,75 points), aggravées par un retard dans la transmission du rapport 2024 du Groupement unifié pour le développement de l’éducation et de la formation (GUDEF) à la Commission.

    Cependant, des progrès notables ont été enregistrés dans d’autres domaines :

    • Union douanière : +4,55 points
    • Développement humain et social : +6,58 points
    • Énergie et mines : +3,33 points
    • Harmonisation des finances publiques : +1,88 point

    Une collaboration technique et politique exemplaire

    Les travaux préparatoires, menés en étroite collaboration entre les équipes sénégalaises et celles de la Commission, ont été qualifiés de « fraternels, professionnels et objectifs ». La synthèse de ces échanges sera présentée par le Commissaire Mahamadou Gado, en charge des Politiques économiques et de la Fiscalité intérieure.

    Cheikh Diba a réaffirmé l’engagement du gouvernement à renforcer les performances communautaires, annonçant que les conclusions de cette phase politique seront soumises au Premier ministre lors d’une audience conjointe avec le Président de la Commission. Il a également salué le rôle clé d’Amadou Tchambou, Représentant résident de la Commission à Dakar, dans la facilitation des échanges entre l’institution régionale et les administrations sénégalaises.

    De son côté, Abdoulaye Diop a tenu à saluer « l’implication déterminante » du Président Bassirou Diomaye Faye, ainsi que le soutien constant du Premier ministre Ousmane Sonko et de l’ensemble du gouvernement dans la réalisation des objectifs de l’Union.

  • Sénégal space week : Dakar mise sur la technologie spatiale pour renforcer son indépendance

    Sénégal space week : Dakar mise sur la technologie spatiale pour renforcer son indépendance

    Le Sénégal accélère sa transition technologique grâce au spatial

    Le pays confirme son ambition de devenir un acteur clé des technologies stratégiques en Afrique. Lors de la deuxième édition du Sénégal Space Week, les autorités ont réaffirmé leur engagement à faire de Dakar un hub incontournable du spatial, de la donnée et de l’intelligence artificielle. Organisée sous le haut patronage du président Bassirou Diomaye Faye, cette manifestation internationale, pilotée par l’Agence Sénégalaise d’Études Spatiales (ASES), s’inscrit dans une dynamique mondiale où les technologies spatiales redéfinissent les rapports de puissance.

    Cette année, l’événement adopte une approche plus ciblée, centrée sur les enjeux de sécurité, de défense et de gestion territoriale. Sous le thème « Le spatial au service de la sécurité et de la défense : applications et géointelligence pour la sécurisation de nos territoires », le Sénégal entend renforcer sa position dans l’écosystème africain des technologies de pointe.

    La souveraineté technologique, un impératif géopolitique

    Dans un discours marquant, le ministre des Forces armées, Biram Diop, a souligné que la compétition internationale ne se limite plus aux seuls champs militaires traditionnels. Selon lui, les capacités spatiales sont désormais indispensables pour assurer la souveraineté des États, notamment dans des domaines critiques comme :

    • La surveillance des frontières et des espaces maritimes
    • La cybersécurité et le renseignement stratégique
    • La lutte contre le terrorisme et les catastrophes naturelles
    • La gestion des crises et la prise de décision publique

    « La maîtrise des technologies spatiales n’est plus une option, mais une nécessité absolue pour garantir notre indépendance et notre sécurité nationale. »

    Une stratégie spatiale structurée autour de la géointelligence

    Le directeur général de l’ASES, Maram Kaïré, a présenté une vision ambitieuse pour le Sénégal. L’exploitation combinée des satellites, de l’intelligence artificielle et des systèmes d’information géographique doit permettre au pays de :

    • Renforcer ses capacités d’analyse et d’anticipation
    • Optimiser l’aide à la décision publique
    • Développer des outils de géointelligence adaptés aux besoins nationaux

    Un partenariat stratégique a été engagé avec les Forces de défense et de sécurité pour intégrer ces technologies dans les stratégies de sécurisation du territoire.

    Des infrastructures spatiales en construction

    Pour concrétiser ces ambitions, le Sénégal investit dans des infrastructures clés :

    • La construction du premier observatoire d’astronomie et d’astrophysique à Khombole, dont la première pierre a été posée en novembre 2025
    • Le déploiement de stations de réception et de traitement des données satellitaires
    • La mise en place de plateformes de calcul intensif et de centres d’innovation
    • Le développement de capacités locales d’assemblage et de tests de microsatellites

    Ces projets visent à créer une industrie spatiale nationale, capable de générer des emplois hautement qualifiés et de stimuler l’innovation technologique.

    Une diplomatie spatiale pour affirmer le leadership du Sénégal

    Le pays ambitionne de s’imposer sur la scène internationale en multipliant les partenariats avec des agences spatiales et des institutions scientifiques. Cette stratégie a plusieurs objectifs :

    • Favoriser le transfert de compétences et de technologies
    • Attirer des investissements étrangers dans le secteur spatial
    • Positionner le Sénégal comme une voix influente dans les débats sur la gouvernance spatiale

    Selon Maram Kaïré, cette approche permettra au Sénégal de devenir « un acteur respecté et constructif » dans les instances internationales dédiées au spatial.

    Former la jeunesse pour bâtir l’avenir technologique

    Les autorités sénégalaises ont fait de la formation des jeunes une priorité. Plusieurs initiatives sont en cours :

    • Développement des filières scientifiques et technologiques
    • Vulgarisation des métiers du spatial auprès des jeunes
    • Programmes de mentorat pour les talents émergents
    • Renforcement des cursus universitaires en lien avec les technologies spatiales

    « Aucune ambition spatiale ne peut se réaliser sans un investissement massif dans le capital humain. C’est pourquoi nous plaçons la jeunesse au cœur de notre stratégie. »

    À travers cette démarche, le Sénégal cherche à s’inscrire durablement dans la nouvelle géopolitique des technologies, où les satellites, l’intelligence artificielle et la maîtrise des données deviennent des leviers essentiels de puissance économique et stratégique.

  • Groupe terroriste JNIM au Mali : attaque d’un site minier chinois et enjeux sécuritaires critiques

    Groupe terroriste JNIM au Mali : attaque d’un site minier chinois et enjeux sécuritaires critiques

    Un assaut éclair du JNIM dans le cercle de Kangaba

    Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a marqué un nouveau coup d’éclat en s’attaquant à un site minier exploité par une entreprise chinoise à Naréna, dans le Mali occidental. Cette localité, située près de la frontière avec la Guinée, était jusqu’alors considérée comme une zone relativement préservée des offensives djihadistes majeures. Pourtant, dans la nuit, une colonne de plusieurs dizaines d’hommes armés, se déplaçant à moto et en véhicules tout-terrain, a lancé une opération d’envergure contre l’exploitation minière.

    Les assaillants ont concentré leurs efforts sur les infrastructures clés : engins de chantier, générateurs électriques et bâtiments administratifs ont été réduits en cendres. Mais l’aspect le plus préoccupant de cette attaque réside dans l’enlèvement de neuf travailleurs chinois, emportés vers une destination inconnue. Cette tactique, déjà éprouvée par d’autres groupes armés, permet au JNIM de disposer d’un levier stratégique pour négocier des concessions ou des rançons, tout en affaiblissant la crédibilité du gouvernement malien.

    L’armée malienne et ses alliés russes débordés par l’insécurité

    Cette offensive à Naréna illustre l’incapacité croissante des Forces armées maliennes (FAMa) à assurer la sécurité sur l’ensemble du territoire. Les zones autrefois épargnées, comme le sud et l’ouest du pays, sont désormais sous la menace constante des groupes armés. L’attaque d’un site industriel majeur, à proximité immédiate d’une frontière internationale, révèle l’absence totale de dispositifs de surveillance efficaces.

    Sur le terrain, les militaires maliens semblent cantonnés à une posture défensive, protégés derrière les murs de leurs bases fortifiées. L’impossibilité de prévoir ou de poursuivre les ravisseurs met en lumière les lacunes criantes du renseignement local. Malgré les promesses de « reprise en main » par la junte militaire, la réalité est implacable : le Mali perd progressivement le contrôle de son territoire, laissant les groupes armés étendre leur emprise.

    L’échec patent de la stratégie russe au Sahel

    Pour pallier le retrait des forces occidentales et de la mission de l’ONU, les autorités maliennes ont fait le choix d’un partenariat militaire avec la Russie, notamment via le déploiement de l’ex-groupe Wagner (aujourd’hui intégré à l’Africa Corps). Pourtant, après plusieurs années de collaboration, le bilan est accablant : l’inefficacité de ces forces mercenaires est flagrante.

    Spécialisées dans des méthodes de contre-insurrection brutales, souvent dirigées contre les civils, les unités russes se révèlent incapables de sécuriser des sites économiques stratégiques ou de mener une guerre asymétrique de haute intensité. Leurs patrouilles, loin d’avoir un effet dissuasif, n’ont pas empêché l’expansion géographique du JNIM. L’espoir d’une solution rapide importée de Moscou s’effondre sous le poids des attaques répétées, désormais proches de la capitale et des zones minières vitales pour l’économie nationale.

    La Chine, cible économique du JNIM : un risque majeur pour Bamako

    En s’en prenant aux intérêts chinois, le JNIM frappe là où ça fait mal : l’économie malienne. Pékin représente un partenaire incontournable pour le Mali, notamment dans les secteurs aurifères et infrastructurels. En ciblant ces actifs, les djihadistes asphyxient financièrement le régime tout en envoyant un signal fort à la communauté internationale : l’État malien n’est plus en mesure de protéger ses investisseurs étrangers.

    Cette attaque pourrait inciter la Chine à revoir sa politique d’investissement au Sahel et à exiger des garanties de sécurité que le gouvernement de transition est incapable de fournir. Pour Bamako, cette situation représente un danger supplémentaire, car elle risque d’accélérer le retrait des acteurs économiques étrangers, aggravant encore la crise.

    Un tournant dans la crise malienne : vers une zone de non-droit généralisée ?

    L’assaut de Naréna marque un tournant dans l’escalade sécuritaire au Mali. En prouvant sa capacité à frapper n’importe où, n’importe quand, le JNIM démontre que les groupes armés disposent d’une liberté de mouvement totale. Face à cette menace grandissante, le duo formé par l’armée malienne et ses partenaires russes affiche ses limites structurelles.

    Sans une refonte radicale de la stratégie de sécurité et une protection réelle des populations ainsi que des acteurs économiques, le Mali risque de sombrer durablement dans une instabilité chronique. La perte progressive de contrôle territorial, couplée à l’effritement de la confiance des investisseurs, pourrait plonger le pays dans une crise sans précédent.

  • Manon Aubry alerte sur la montée des violences anti-LGBT+ au Sénégal

    Manon Aubry alerte sur la montée des violences anti-LGBT+ au Sénégal

    Manon Aubry alerte sur la montée des violences anti-LGBT+ au Sénégal

    Face à l’escalade de la répression envers les personnes homosexuelles au Sénégal, l’eurodéputée Manon Aubry tire la sonnette d’alarme. Elle exige une intervention urgente des autorités françaises pour protéger les victimes et condamner cette situation inacceptable.

    Manon Aubry dénonce une persécution contre les homosexuels au Sénégal

    Une loi sénégalaise sous le feu des critiques

    Manon Aubry, eurodéputée française et figure de proue du groupe de gauche au Parlement européen, a vivement réagi à la récente intensification des poursuites judiciaires au Sénégal. Plusieurs personnes y sont désormais ciblées pour des actes supposés contraires à la nature ou pour transmission volontaire du VIH, des chefs d’accusation passibles de cinq à dix ans de prison selon une législation jugée discriminatoire.

    Dans une prise de parole relayée sur les plateformes numériques, elle a qualifié ces pratiques de « persécution systématique » et a dénoncé sans détour l’homophobie d’État qui sévit dans le pays. « L’orientation sexuelle ne devrait jamais être un crime. Au Sénégal, une loi liberticide criminalise désormais l’homosexualité, plongeant des milliers de personnes dans la précarité et la peur », a-t-elle martelé.

    Un appel à l’action pour la France

    L’élue a également interpellé les autorités françaises sur le cas d’un ressortissant français actuellement détenu dans ce cadre. Elle exige sa libération immédiate tout en plaidant pour l’accueil des réfugiés sénégalais persécutés en raison de leur orientation sexuelle. « La France a le devoir moral de protéger ceux qui fuient cette barbarie. L’asile doit être accordé sans délai aux victimes de cette persécution », a-t-elle insisté.

    Cette position s’inscrit dans une série de critiques adressées aux gouvernements africains et européens concernant le respect des droits humains, notamment ceux des minorités sexuelles. Manon Aubry a réaffirmé son engagement en faveur d’une Europe solidaire et d’une diplomatie engagée pour faire reculer l’intolérance.

  • Ousmane Sonko et son gouvernement face aux députés ce vendredi à Niamey

    Ousmane Sonko et son gouvernement face aux députés ce vendredi à Niamey

    Le Premier ministre nigérien Ousmane Sonko et l’ensemble de son équipe gouvernementale sont convoqués ce vendredi 22 mai 2026 pour une séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale du Niger. Une rencontre qui s’annonce comme un moment clé du dialogue institutionnel entre l’Exécutif et les représentants du peuple.

    L’invitation officielle a été transmise par le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye. Cette tradition parlementaire permet aux députés d’interroger directement les membres du gouvernement sur les enjeux majeurs du pays. Parmi les sujets qui devraient dominer les débats : la conjoncture économique nigérienne, l’inflation persistante, les défis de l’emploi des jeunes, ainsi que les réformes politiques et sociales en cours.

    Depuis sa prise de fonction en avril 2024, Ousmane Sonko a déjà participé à quatre séances similaires. Ces échanges réguliers entre l’Exécutif et le Parlement visent à renforcer la transparence et à évaluer l’efficacité des politiques publiques mises en œuvre. Les observateurs s’attendent à des échanges vifs, notamment sur les réformes économiques promises et leur impact sur le pouvoir d’achat des Nigériens.

    Cette séance de questions d’actualité intervient dans un contexte où le Niger fait face à des défis structurels, entre pression inflationniste et nécessité de diversification économique. Les réponses apportées par le Premier ministre et ses ministres pourraient donner des indications précieuses sur la stratégie gouvernementale pour les mois à venir.

  • Bournemouth-manchester city : horaires et diffusion tv du match décisif

    Bournemouth-manchester city : horaires et diffusion tv du match décisif

    Bournemouth-Manchester City : où et quand suivre ce match décisif en Premier League ?

    Manchester City aborde ce déplacement à Bournemouth avec une ambition claire : maintenir la pression sur le podium final de la Premier League. Malgré une récente victoire en FA Cup, les Citizens restent à deux points d’Arsenal, avec deux journées restantes à jouer. Une performance victorieuse ce soir pourrait relancer leurs espoirs de titre avant un ultime face-à-face face à Aston Villa.

    Les hommes de Pep Guardiola ont déjà marqué l’histoire en remportant la FA Cup ce week-end. Reste désormais à conclure le championnat sur une note positive, en commençant par un déplacement périlleux à Bournemouth ce mardi soir.

    Manchester City en quête de performance à Bournemouth

    Malgré une saison déjà couronnée de succès, Manchester City ne compte pas relâcher ses efforts. Une défaite à Bournemouth compromettrait leurs chances de conserver leur titre, tandis qu’une victoire leur offrirait une dernière carte à jouer face à Arsenal et Aston Villa. Les Citizens, toujours deuxièmes au classement, savent que chaque point compte dans cette course effrénée.

    Leur récente victoire en finale de la FA Cup contre Chelsea, grâce à un but tardif d’Antoine Semenyo, a montré leur capacité à performer sous pression. Ce déplacement à Bournemouth sera l’occasion de démontrer leur régularité, dans un contexte où chaque détail peut faire la différence.

    Comment suivre Bournemouth-Manchester City en direct ?

    Le match entre Bournemouth et Manchester City se déroulera ce mardi 19 mai à 20h30. Les supporters pourront suivre l’intégralité de la rencontre en direct sur Canal+ Foot, la chaîne dédiée aux grands événements footballistiques de la Premier League.

    Un rendez-vous à ne pas manquer pour les passionnés de football, qui s’annonce comme l’un des moments forts de la 37e journée du championnat anglais.

  • Ousmane Sonko face aux députés : une séance cruciale ce vendredi

    Ousmane Sonko face aux députés : une séance cruciale ce vendredi

    Ousmane Sonko face à l’Assemblée nationale : une séance sous haute tension prévue ce vendredi

    Ce vendredi marque un rendez-vous politique majeur pour le Premier ministre Ousmane Sonko. Invité à l’hémicycle de l’Assemblée nationale, il devra répondre aux interrogations des députés lors de la cinquième séance de Questions d’actualité au Gouvernement. Une occasion privilégiée d’évaluer l’action publique et d’interpeller directement le chef du gouvernement sur les grands défis du pays.

    Cette session s’inscrit dans le cadre du contrôle parlementaire, un mécanisme essentiel pour garantir la transparence et l’efficacité des politiques menées. Les députés auront ainsi l’opportunité de questionner Ousmane Sonko et ses ministres sur les dossiers stratégiques qui impactent le quotidien des Sénégalais.

    Rappelons que depuis sa nomination en avril 2024 à la tête du gouvernement, Ousmane Sonko a déjà participé à quatre de ces séances. Chaque rencontre a permis d’éclairer des aspects cruciaux de la gouvernance, tout en offrant une tribune aux parlementaires pour exprimer leurs préoccupations et leurs attentes.

    Une séance sous le feu des projecteurs

    Cette cinquième édition promet d’être particulièrement suivie, dans un contexte où les enjeux socio-économiques et politiques pèsent lourdement sur le pays. Les questions soulevées pourraient porter sur des sujets sensibles comme la gestion des ressources publiques, les réformes en cours ou encore les priorités nationales en matière de développement.

    Un exercice démocratique incontournable

    Les Questions d’actualité au Gouvernement constituent un pilier du fonctionnement démocratique au Sénégal. Elles permettent non seulement de renforcer le dialogue entre l’exécutif et le législatif, mais aussi de renforcer la confiance des citoyens dans les institutions. Pour Ousmane Sonko, cette séance représente une nouvelle opportunité de démontrer sa capacité à rendre des comptes et à expliquer les orientations de son action gouvernementale.

    Alors que les débats parlementaires s’annoncent intenses, cette rencontre pourrait bien redéfinir certains équilibres politiques et éclairer les prochaines étapes de la gouvernance au Sénégal.

  • Ousmane Sonko s’exprimera à l’Assemblée nationale ce vendredi

    Ousmane Sonko s’exprimera à l’Assemblée nationale ce vendredi

    Ousmane Sonko s’exprimera à l’Assemblée nationale ce vendredi

    Ce vendredi 22 mai 2026, Ousmane Sonko, le Premier ministre du Sénégal, se rendra à l’Assemblée nationale pour une séance de questions d’actualité au Gouvernement. Un rendez-vous politique clé où les députés pourront évaluer directement la gestion des affaires publiques.

    Ousmane Sonko lors d'une intervention à l'Assemblée nationale

    Un contrôle parlementaire attendu

    À l’occasion de cette séance, Ousmane Sonko devra répondre aux interrogations des députés sur les principaux enjeux nationaux. Politique nigérienne, gestion économique et réformes sociales figurent parmi les thèmes prioritaires qui seront abordés.

    Cette rencontre s’inscrit dans un contexte où les attentes des citoyens et des élus sont particulièrement fortes, notamment sur la transparence et l’efficacité des actions gouvernementales. Les parlementaires profiteront de ce cadre pour obtenir des éclaircissements sur les orientations stratégiques du pays.

    Un exercice de responsabilité politique

    L’intervention du Premier ministre s’annonce comme un moment décisif pour le suivi des politiques publiques. Les questions posées par les députés porteront sur des sujets sensibles, reflétant les préoccupations actuelles de la population.

    Face à ces défis, Ousmane Sonko devra démontrer sa capacité à défendre les choix gouvernementaux tout en répondant aux critiques et aux suggestions des représentants du peuple.

  • Mali : le dilemme face à l’avancée du jnim et ses promesses de charia

    Mali : le dilemme face à l’avancée du jnim et ses promesses de charia

    Mali : le dilemme face à l’avancée du JNIM et ses promesses de charia

    Entre l’incapacité de la junte à stabiliser le pays et la menace croissante des groupes djihadistes, les Maliens se retrouvent face à un choix impossible. Analyse d’une situation politique et sécuritaire toujours plus tendue.

    Un véhicule militaire circulant dans une rue de Bamako

    Trois jours après les attaques simultanées menées le 25 avril dernier par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, aussi appelé JNIM, lié à Al-Qaida) et le Front de libération de l’Azawad (FLA, mouvement indépendantiste), le général Assimi Goïta, chef de la junte malienne, n’a pas jugé utile de s’expliquer sur sa brève disparition des radars. Lors de son allocution du 29 avril, il a réaffirmé avec force que « la situation est sous contrôle », alors même que Kidal était de nouveau aux mains du FLA et que Bamako subissait un blocus imposé par le JNIM. Le dirigeant militaire a choisi le registre de l’incantation pour garantir la capacité de son gouvernement à infliger une défaite prochaine aux groupes armés. Pourtant, six ans après son putsch, son régime peine à endiguer la montée en puissance de ces factions qui dictent désormais leur rythme à l’armée et au pays. Face à une armée nationale en difficulté, de nombreux Maliens envisagent, avec inquiétude, la possibilité d’une prise de pouvoir par le JNIM et ses alliés. La logique de l’inéluctable semble s’imposer.

    Une impasse politique et idéologique

    L’hypothèse d’une victoire du JNIM prend de l’ampleur, d’autant que le groupe djihadiste a clairement annoncé son objectif : renverser le Comité national pour le salut du peuple (CNSP), la junte au pouvoir. Dans un communiqué rendu public, le JNIM a précisé que l’une de ses « priorités absolues » serait, une fois aux commandes, l’instauration de la charia à l’échelle nationale. Un message sans ambiguïté, destiné à marquer les esprits. Dans les zones déjà sous son emprise, les populations subissent déjà les contraintes d’une loi islamique stricte et sans concession.

    Certains opposants au régime militaire spéculent sur la possibilité qu’une alliance temporaire avec le JNIM puisse inciter ce dernier à modérer ses revendications. Certains évoquent même l’idée d’une « charia allégée », une version minimaliste de la loi islamique, compatible avec leurs aspirations. Pourtant, rien dans les déclarations du groupe ne suggère que sa victoire s’accompagnerait d’un quelconque retour à un cadre laïc ou démocratique. Entre un pouvoir militaire, architecte du chaos actuel, et des djihadistes triomphants, les citoyens aspirant au changement se retrouvent pris au piège d’une équation sans issue. Entre l’étau de la junte et celui de la charia, l’impasse est totale.

    Cette dynamique conflictuelle est le résultat direct des actions des putschistes du CNSP. En s’emparant du pouvoir et en éradiquant toute opposition, qu’elle soit politique ou médiatique, par la répression, les emprisonnements ou l’exil forcé, la junte a, malgré elle, ouvert la voie à l’expression la plus radicale de la contestation. Comme souvent, la nature a horreur du vide : ce sont aujourd’hui les mouvements armés et les adeptes de l’extrémisme violent qui décident de chasser un régime illégitime, s’étant lui-même arrogé un pouvoir absolu.

    Le « nouveau Mali » du JNIM : une utopie ou une menace ?

    Alors que le JNIM asphyxie Bamako en bloquant les routes et menace l’économie nationale, les responsables de la junte s’enferment dans le déni et multiplient les discours triomphalistes. Tout en comptant sur la loyauté de ses partisans, de plus en plus sceptiques, le régime redouble de mesures répressives. La répression interne s’intensifie : des militaires ont été arrêtés dans les jours suivant l’offensive conjointe du JNIM et du FLA. L’enlèvement, le 2 mai, de Mountaga Tall, avocat et figure politique de premier plan, par des individus encagoulés, illustre cette dérive autoritaire. Une méthode qui rappelle étrangement les pratiques des autorités de Bamako.

    Face à cette escalade, les observateurs dénoncent une tendance inquiétante à Bamako. Les disparitions forcées et les restrictions imposées à l’espace civique se multiplient, au mépris des engagements internationaux du Mali en matière de droits humains. La junte, en s’enfermant dans une logique de force, accélère sa propre perte et plonge le pays dans une crise multidimensionnelle. Rien ne laisse présager, pour l’heure, une issue favorable à cette épreuve collective imposée aux Maliens.

  • Transfert à 30 millions d’euros : l’om sur le point de vendre quinten timber ?

    Transfert à 30 millions d’euros : l’om sur le point de vendre quinten timber ?

    Le mercato estival s’annonce mouvementé pour l’Olympique de Marseille. Le club phocéen, privé des revenus liés à la Ligue des champions, pourrait être contraint de céder plusieurs joueurs pour équilibrer ses finances. Parmi les cibles potentielles, Quinten Timber, recruté cet hiver en provenance du Feyenoord Rotterdam, suscite un vif intérêt sur le marché des transferts.

    Une situation financière sous tension pour l’OM

    Sans la Ligue des champions, les finances de l’Olympique de Marseille se retrouvent sous pression. Une source interne au club évoque même une situation «grave». La gestion économique du club est pointée du doigt, avec des décisions jugées tardives. «Longoria en est responsable,» confie-t-on en coulisses. «Stéphane Richard apporte une approche rationnelle, et c’était nécessaire». Une solution s’impose : vendre certains éléments pour redresser la barre.

    Quinten Timber, une recrue hivernale en sursis

    Arrivé en janvier en provenance du Feyenoord Rotterdam pour seulement 4,5 millions d’euros, Quinten Timber pourrait déjà quitter le club. Le milieu néerlandais, courtisé de toutes parts, affiche une cote élevée sur le marché des transferts, estimée à 25 millions d’euros selon Transfermarkt. Des informations relayées par le journaliste Ekrem Konur sur SportsBoom confirment l’intérêt marqué des clubs anglais pour le joueur.

    Un départ pour la Premier League ?

    Plusieurs formations anglaises, dont Aston Villa et Crystal Palace, se positionnent pour recruter Quinten Timber. L’Olympique de Marseille exigerait un montant de 30 millions d’euros pour le Néerlandais, prêt à rejoindre l’Angleterre dès cet été. Interrogé sur son avenir avant la fin de saison, Quinten Timber avait éludé la question : «Je ne me projette pas sur juin ou juillet. Revenez vers moi en juillet, je vous répondrai». Il avait ajouté : «Ma priorité est de me concentrer sur les matchs. Réfléchir à autre chose me coûte de l’énergie et peut impacter ma performance. Bien sûr, la Coupe du Monde est une belle perspective, mais nous verrons après la saison».