Auteur/autrice : nigeractu

  • Bénin : le nouveau gouvernement de 24 ministres dévoilé par Romuald Wadagni

    Bénin : le nouveau gouvernement de 24 ministres dévoilé par Romuald Wadagni

    Le président béninois Romuald Wadagni a officialisé la composition de son premier gouvernement, comptant 24 ministres, dont plusieurs ministres délégués. Cette annonce intervient après son élection lors du scrutin présidentiel du 12 avril 2026 et son investiture le 24 mai au Palais des congrès de Cotonou.

    Parmi ces 24 membres, sept ministres ayant servi sous l’ancien gouvernement de Patrice Talon ont été reconduits, avec parfois des ajustements dans leurs attributions. Le nouveau chef de l’État a réaffirmé son intention de poursuivre les réformes économiques et sociales engagées par son prédécesseur, dans une continuité stratégique pour le développement du pays.

    les principaux acteurs du gouvernement béninois

    Voici la répartition des portefeuilles au sein de cette nouvelle équipe ministérielle :

    • Garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation : Yvon Détchénou
    • Ministre de l’Économie et des Finances, chargé de la coopération : Aristide Médénou
    • Ministre des Affaires Étrangères : Corinne Amori Brunet
    • Ministre du Tourisme et du Commerce extérieur, en charge de l’industrie et de la promotion de l’investissement privé : Olushegoun Adjabi Bakari
    • Ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche : Adi Yéton Bloukouon Goubalan
    • Ministre de la Santé : Benjamin Ignace Hounkpatin
    • Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, en charge de la formation technique : Sédami Mèdégan Fagla
    • Ministre de l’Enseignement secondaire : Clément Kouchadé
    • Ministre des Enseignements maternel et primaire : Armand Kouyéma Nata
    • Ministre de la Famille et de l’Action sociale : Véronique Tognifodé
    • Ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale : Janvier Yaouédéou
    • Ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine : Yassin Latoundji
    • Ministre du Commerce intérieur, en charge de la formalisation de l’économie : Sadia Alimatou Assouma
    • Ministre de la Transformation digitale et de l’Innovation, en charge de la stratégie nationale d’intelligence artificielle : Mahuna Akplogan
    • Ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines : Édouard Daoumé
    • Ministre du Cadre de vie et des Transports, chargé du développement durable : Georges Allé
    • Ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l’emploi, en charge de la formation professionnelle : Awawou Baco
    • Ministre de la Communication, en charge des médias : Aurélie Adam Soulé épouse Zoumarou
    • Ministre des Sports et de l’Engagement civique : Benoît Dato

    les ministres délégués et leurs missions

    Trois ministres délégués ont été nommés auprès du ministre de l’Économie et des Finances, avec des responsabilités ciblées :

    • Nicolas Yênoussi : chargé des finances et de la microfinance
    • Rodrique Chaou : chargé du budget et de la fonction publique
    • Hugues Oscar Lokossou : chargé de la mobilisation des ressources extérieures et de la gestion de la dette

    Par ailleurs, deux ministres délégués sont directement rattachés au Président de la République :

    • Djibril Mama Cissé Moussa : chargé de l’Intérieur et de la Sécurité publique
    • Gildas Agonkan : chargé de la Défense nationale

    Cette nouvelle configuration gouvernementale reflète une volonté de renforcer l’efficacité de l’action publique, tout en maintenant une continuité avec les priorités économiques du pays.

  • Tabaski à Bamako : les familles privées de retrouvailles sous la menace djihadiste

    Tabaski à Bamako : les familles privées de retrouvailles sous la menace djihadiste

    Les croyants de Bamako ont célébré l’Aïd al-Adha dans l’isolement cette année, piégés par un blocus imposé par des groupes armés aux abords de la capitale malienne.

    Originaire de Mopti, dans le centre du Mali, Alpha Amadou, 40 ans, a renoncé à son traditionnel retour au village pour la Tabaski. « Pour la première fois depuis trois décennies passées à Bamako, je fête cette fête ici », confie-t-il avec une pointe de nostalgie.

    Depuis fin avril, des combattants liés à Al-Qaïda multiplient les barrages sur les axes stratégiques menant à la capitale. Incendies de véhicules, intimidations et menaces ont dissuadé les transporteurs de prendre la route, plongeant les voyageurs dans une incertitude sans précédent.

    Pour les Maliens, l’Aïd al-Adha représente bien plus qu’un événement religieux : c’est un moment sacré où les familles, souvent éloignées pour des raisons professionnelles, se retrouvent enfin. Pourtant, cette année, les gares routières de Bamako, d’ordinaire animées par une effervescence joyeuse, affichent un calme inquiétant.

    Les difficultés ne se limitent pas à l’insécurité. Les transporteurs subissent également les conséquences d’une pénurie de carburant, aggravant leur situation déjà précaire. « Non seulement nous manquons de gazole, mais nous avons aussi perdu des bus lors d’attaques récentes. Notre activité économique est gravement touchée », explique un responsable d’agence de voyage sous anonymat.

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes : « D’ordinaire, nous transportons plus de 50 000 passagers vers les régions en une semaine pour l’Aïd. Cette année, aucun trajet n’est prévu », révèle un autre professionnel du secteur.

    Wara Bagayoko, habitué à rejoindre Ségou pour les fêtes, reste à Bamako cette année. « Même les voitures particulières sont prises pour cibles. La route est trop dangereuse », témoigne-t-il. Oumar Diarra, lui, renonce à son traditionnel voyage à moto vers Sikasso avec ses amis : « Nous resterons tous à Bamako. »

    Quelques rares minibus osent encore emprunter des voies secondaires ou circuler sous protection militaire, mais leur nombre reste dérisoire.

    Un marché du bétail en crise

    Le blocus perturbe également le commerce du bétail, indispensable pour le sacrifice rituel de l’Aïd. Les éleveurs peinent à acheminer leurs animaux vers Bamako, principal pôle de consommation du pays.

    Le coût du transport, qui oscillait entre 2 500 et 2 750 francs CFA par animal, a explosé pour atteindre entre 15 000 et 18 000 francs CFA, soit une multiplication par six. « Les camions transportant des moutons sont régulièrement incendiés par les djihadistes. D’ordinaire, j’en aurais plus de 1 000 à Bamako, mais aujourd’hui, je n’en possède plus aucun », déplore Hama Ba, commerçant local.

    Les prix flambent : un mouton, autrefois acheté 75 000 francs CFA, se négocie désormais à 300 000 francs. « Avant, nous avions l’embarras du choix. Aujourd’hui, ils se font rares », explique Iyi, en quête d’un animal à prix raisonnable pour la fête.

    Dans un contexte où le salaire minimum plafonne à 40 000 francs CFA, cette inflation aggrave les difficultés économiques des ménages.

    Bamako face à la dégradation des services essentiels

    La crise sécuritaire s’invite dans le quotidien des Bamakois. Les coupures d’électricité se multiplient, tandis que les réserves d’eau potable s’amenuisent, plongeant la capitale dans une précarité accrue.

  • Mali : à Bamako, la fête de Tabaski impactée par le blocus djihadiste

    Mali : à Bamako, la fête de Tabaski impactée par le blocus djihadiste

    Mali : à Bamako, la fête de Tabaski impactée par le blocus djihadiste

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    Encerclés par un blocus, djihadiste autour de la capitale malienne, les musulmans de Bamako ont été contraints de passer l’Aïd loin de leurs familles cette année.

  • Barrages de ligue 1 : incertitude sur old, tardieu prêt à affronter nice avec l’asse

    Barrages de ligue 1 : incertitude sur old, tardieu prêt à affronter nice avec l’asse

    barrages de ligue 1 : incertitude sur old, tardieu prêt à affronter nice avec l’asse

    • Saint-Étienne
    Jérémy Marillier

    Publié le

    Le latéral gauche Ben Old, absent des terrains depuis son accident aux ischios lors des play-offs face à Rodez, reste incertain pour le barrage aller de Ligue 1 face à Nice ce mardi au stade Geoffroy-Guichard. En revanche, Florian Tardieu, de retour après une blessure au mollet, est pleinement disponible.

    Dix jours après leur victoire en play-offs de Ligue 2 contre Rodez (0-0, 7-6 t.a.b.), les Verts se préparent à affronter l’OGC Nice lors des barrages d’accession à la Ligue 1. À la veille du match aller, l’entraîneur Philippe Montanier a détaillé la composition de son équipe. Si Florian Tardieu, touché au mollet début mars, est désormais rétabli, Ben Old, blessé aux ischios face à Rodez, reste dans l’incertitude. Le défenseur néo-zélandais effectuera un dernier test médical mardi matin avant que sa participation ne soit définitivement confirmée ou non.

    L’AS Saint-Étienne pourra compter sur le retour de Florian Tardieu, absent depuis début mars à cause d’une blessure au mollet. Le milieu expérimenté est enfin de retour dans le groupe. En revanche, Djylian N’Guessan sera forfait pour ce match en raison d’une nouvelle blessure aux ischios.

    L’équipe stéphanoise attend encore les décisions concernant ses internationaux. Philippe Montanier a indiqué que des discussions étaient en cours pour déterminer si Ben Old (Nouvelle-Zélande), Augustine Boakye et Ebenezer Annan (Ghana) seraient alignés ce mardi.

    • ICI Saint-Étienne Loire

    Radio France

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  • Sénégal : vers une ascension d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée après la démission d’El Malick Ndiaye

    Sénégal : vers une ascension d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée après la démission d’El Malick Ndiaye

    La scène politique au Sénégal traverse une phase de turbulences majeures. Ce dimanche, El Malick Ndiaye a officiellement quitté ses fonctions de président de l’Assemblée nationale. Ce retrait stratégique semble baliser le terrain pour Ousmane Sonko, qui pourrait désormais briguer la tête du Parlement, quelques jours seulement après avoir été démis de son poste de Premier ministre par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye.

    Un retrait stratégique au sommet de l’État

    C’est via un message diffusé sur les réseaux sociaux qu’El Malick Ndiaye a annoncé sa démission, invoquant une vision personnelle des institutions et la primauté de l’intérêt national. Fidèle allié d’Ousmane Sonko, il dirigeait l’hémicycle depuis le triomphe électoral du Pastef lors des législatives de 2024, où le parti avait raflé une majorité écrasante de 130 sièges sur 165.

    Une séance plénière est d’ores et déjà programmée pour ce mardi. L’ordre du jour est crucial : les députés devront examiner la réintégration d’Ousmane Sonko au sein de l’Assemblée nationale avant de procéder à l’élection d’un nouveau président. Si cette transition se confirme, elle asseoirait davantage l’autorité du leader du Pastef, dont l’influence sur l’opinion publique reste prédominante.

    La rupture consommée entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko

    Ce basculement intervient dans un climat de divorce politique. Vendredi dernier, le président Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions de son Premier ministre, actant une séparation brutale entre les deux figures de proue qui avaient conquis le pouvoir en avril 2024. Pour rappel, Ousmane Sonko, empêché de concourir à la présidentielle en raison de ses déboires judiciaires, avait propulsé la candidature de Bassirou Diomaye Faye sous la bannière unificatrice « Diomaye Moy Sonko ».

    Toutefois, l’unité de façade a laissé place à des divergences profondes. Ousmane Sonko reprochait ouvertement au président un manque de fermeté ainsi que la lenteur des enquêtes visant les cadres de l’administration de Macky Sall, suspectés de malversations financières. À l’inverse, Bassirou Diomaye Faye s’inquiétait de l’ascendant croissant de son Premier ministre sur l’appareil d’État et le parti majoritaire.

    Un avenir politique incertain à Dakar

    Le point de non-retour a été atteint suite aux critiques acerbes formulées par l’ex-Premier ministre devant les députés concernant la gestion des fonds secrets. Malgré son éviction du gouvernement, la ferveur autour d’Ousmane Sonko ne faiblit pas. Vendredi soir, des centaines de sympathisants se sont réunis autour de sa résidence à Dakar pour lui témoigner leur fidélité, transformant ce limogeage en un véritable plébiscite populaire.

    Désormais, le président Bassirou Diomaye Faye doit désigner un nouveau chef de gouvernement. Ce futur Premier ministre devra naviguer dans un contexte législatif complexe et obtenir l’aval d’une Assemblée nationale potentiellement dirigée par son principal rival politique.

  • Investiture de Romuald Wadagni au Bénin : continuité politique et défis sécuritaires

    Investiture de Romuald Wadagni au Bénin : continuité politique et défis sécuritaires

    Événements politiques BÉNIN — TRANSITION

    Bénin : après 94 % des voix, Romuald Wadagni lance son septennat à Cotonou

    Le nouveau président béninois Romuald Wadagni a prêté serment ce 24 mai 2026 au Palais des Congrès de Cotonou. Son élection, marquée par l’absence de l’opposition, ouvre une ère où continuité économique et ouverture diplomatique au Sahel s’entremêlent.

    Cérémonie d’investiture de Romuald Wadagni au Bénin

    Avec un score historique de 94 % des suffrages, Romuald Wadagni accède à la magistrature suprême dans un scrutin où l’opposition n’a pu concourir. Un résultat qui interroge sur la vitalité démocratique du Bénin et les perspectives pour les prochaines années.

    À 49 ans, l’ancien ministre des Finances de Patrice Talon devient le cinquième président de la IVᵉ République. Son investiture solennelle, tenue dans la capitale économique, officialise une transition institutionnelle préparée depuis des mois. Le nouveau chef de l’État hérite d’un pays où la croissance économique est saluée, mais où l’espace politique se resserre.

    Un technocrate au service d’un modèle économique éprouvé

    Romuald Wadagni incarne la continuité d’une gestion publique marquée par la rigueur budgétaire. Formé chez Deloitte, il a dirigé la politique financière du Bénin pendant une décennie, supervisant des levées de fonds internationales et préservant la notation souveraine du pays. Son parcours, ancré à Lokossa, reflète celui d’une élite administrative au cœur des réformes de Patrice Talon.

    Son élection du 12 avril 2026, validée par la Cour constitutionnelle, s’est jouée face à un unique adversaire, Paul Hounkpè. Le scrutin, marqué par une participation contrastée, a vu Wadagni remporter plus de 94 % des voix, tandis que sa colistière Mariam Chabi Talata accédait à la vice-présidence. Depuis 2025, le mandat présidentiel s’étend désormais à sept ans, une modification constitutionnelle qui redéfinit le calendrier politique.

    Une cérémonie millimétrée, symbole d’une transition maîtrisée

    Le protocole, déployé sur près de trois heures, a mis en lumière la transition entre Patrice Talon et son successeur. Après un entretien privé au Palais de la Marina, Talon a transmis les insignes présidentiels à Romuald Wadagni. La prestation de serment, suivie de la remise des insignes honorifiques, a réuni plus de 6 000 invités, dont d’anciens présidents comme Nicéphore Soglo et Thomas Boni Yayi.

    L’organisation, saluée pour sa fluidité, contraste avec un paysage politique marqué par l’exclusion de l’opposition. Les règles électorales, renforcées ces dernières années, ont limité la représentation parlementaire des forces dissidentes, réduites à néant aux législatives de janvier 2026.

    Un scrutin sans opposition : le verrouillage politique se poursuit

    Le parti Les Démocrates, dirigé par Thomas Boni Yayi, a vu sa candidature invalidée en octobre 2025 pour défaut de parrainage. Malgré une mobilisation initiale, la Commission électorale nationale autonome a recalé le duo Agbodjo-Lodjou, faute de signatures parlementaires suffisantes. La CRIET, tribunal spécialisé dans la répression des infractions économiques et du terrorisme, reste au cœur des critiques, accusée d’être instrumentalisée contre les opposants.

    Les frais d’inscription élevés, les certificats de conformité contrôlés par le pouvoir et les seuils de représentation par circonscription ont réduit l’influence des formations d’opposition. Une stratégie qui a abouti à une Assemblée nationale sans voix dissidentes, reflétant une démocratie en tension.

    Sécurité intérieure et diplomatie régionale : les priorités affichées

    Dans son discours, Romuald Wadagni a insisté sur deux axes majeurs : la redistribution des fruits de la croissance et la fermeté face aux groupes armés actifs dans le nord du Bénin depuis 2022. Mais c’est sur le plan international que son intervention a surpris. Pour la première fois depuis des années, le Bénin a invité des représentants de l’Alliance des États du Sahel (AES), marquant une inflexion dans ses relations avec les régimes militaires de la région.

    Le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine, présent à Cotonou, a été longuement applaudi, signe d’un réchauffement diplomatique après des mois de tensions liées à la fermeture répétée de la frontière et aux blocages sur l’oléoduc nigérien. La présence de la ministre française déléguée à la Francophonie, ainsi que celle du vice-président nigérian, a souligné l’importance régionale de l’événement.

    Le discours, rythmé par l’anaphore « à vous, je veux dire », a ciblé les jeunes, les femmes, les ruraux et la diaspora. Une attention particulière a été accordée aux femmes, reflétant l’importance de Mariam Chabi Talata au sein de l’exécutif. Wadagni a également rendu hommage aux descendants africains de la traite, rappelant que le Bénin reste « la maison de retour ».

    Les défis immédiats du nouveau président

    Les prochaines semaines seront déterminantes. La composition du gouvernement, attendue dans les jours à venir, révélera si Wadagni s’inscrit dans la continuité ou s’il opère un renouvellement. Le sort des opposants emprisonnés, comme Reckya Madougou et Joël Aïvo, sera scruté, tout comme les gestes envers les pays de l’AES. Une visite officielle à Niamey ou Bamako pourrait concrétiser cette nouvelle dynamique diplomatique.

    Le Bénin entre dans un septennat marqué par des institutions remodelées et une croissance économique saluée par les partenaires internationaux. Pourtant, la question du pluralisme politique reste entière : un système où la contradiction a peu de place peut-il prétendre à une stabilité durable ?

  • Crise politique au Sénégal : après le limogeage de Sonko, quel avenir pour Diomaye Faye ?

    Crise politique au Sénégal : après le limogeage de Sonko, quel avenir pour Diomaye Faye ?

    Portrait de Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye côte à côte

    Le décret présidentiel du 22 mai 2026 a marqué un tournant historique : Ousmane Sonko n’est plus Premier ministre du Sénégal. Cette décision actée par Bassirou Diomaye Faye scelle la fin d’un tandem politique qui avait porté le PASTEF au pouvoir en 2024 sous le slogan « Diomaye mooy Sonko ». Un slogan devenu l’emblème d’une fusion entre deux ambitions et d’un projet commun, mais qui n’a pas résisté aux tensions croissantes entre les deux hommes.

    Cette rupture politique, sans précédent dans l’histoire récente du Sénégal, ouvre une période d’incertitudes majeures. Pour la première fois depuis l’alternance de 2024, le président et son ancien mentor politique vont s’affronter au grand jour. Mais quelles conséquences cette séparation va-t-elle entraîner pour le pays, le parti au pouvoir et les deux figures centrales de cette crise ?

    Un duo politique sous tension : quand la dualité devient un piège

    Les observateurs politiques s’accordent sur un point : cette rupture était prévisible. Depuis des mois, les divergences entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye se multipliaient, révélant des contradictions institutionnelles et personnelles difficiles à surmonter.

    Selon Maurice Soudieck Dione, professeur de science politique, la situation actuelle plonge ses racines dans la présidentielle de 2024. Empêché de se présenter, Sonko avait alors soutenu la candidature de Diomaye Faye, présenté comme son prolongement naturel. Mais cette stratégie électorale s’est rapidement transformée en un équilibre politique instable.

    « Le président Diomaye Faye a été élu dans un contexte particulier, après l’invalidation de la candidature d’Ousmane Sonko. Dès le départ, cette situation a instauré une dualité au sommet de l’État, avec un président doté d’une légitimité institutionnelle et un Premier ministre porteur d’une légitimité populaire et militante », explique l’analyste.

    Dans le système politique sénégalais, la Constitution accorde une primauté au chef de l’État, qui reste le supérieur hiérarchique du Premier ministre. Pourtant, Ousmane Sonko bénéficiait d’une influence incontestable au sein du PASTEF et d’une popularité qui dépassait largement les murs de son parti.

    Cette asymétrie a créé une tension permanente entre les deux hommes. Sonko, en tant que Premier ministre, incarnait une force politique incontournable. Diomaye Faye, en tant que président, devait composer avec cette réalité. Une configuration qui, selon Maurice Soudieck Dione, aurait pu être évitée.

    « Après les législatives de novembre 2024, j’avais suggéré qu’Ousmane Sonko aurait pu présider l’Assemblée nationale, tandis qu’un Premier ministre technocrate aurait dirigé le gouvernement. Cela aurait permis une répartition plus claire des rôles et évité cette diarchie problématique. »

    Le limogeage de Sonko est donc le résultat d’une accumulation de tensions, mais aussi d’un choix stratégique de Diomaye Faye : reprendre le contrôle total du pouvoir exécutif et sortir de l’ombre de son mentor politique.

    2029 en ligne de mire : une rivalité nourrie par les ambitions

    Ousmane Sonko saluant la foule devant l'Assemblée nationale du Sénégal

    Les mois qui ont précédé le limogeage de Sonko ont été marqués par une escalade des désaccords, tant sur le plan politique qu’économique. Le président Diomaye Faye avait déjà critiqué la personnification du parti, une formule largement interprétée comme une attaque voilée envers Sonko.

    Cette rivalité s’explique aussi par des calculs politiques à long terme. Tous deux savent que la présidentielle de 2029 sera un moment décisif. Pour Sonko, cette échéance représente une opportunité de s’émanciper du rôle de mentor et de se positionner en leader incontesté. Pour Diomaye Faye, il s’agit de consolider sa propre légitimité et de prouver qu’il peut gouverner sans l’appui de son ancien allié.

    « Il ne fait aucun doute que des logiques de positionnement ont joué un rôle dans cette rupture. La diarchie au sommet de l’État a nourri une concurrence interne qui, à terme, était insoutenable », analyse Maurice Soudieck Dione.

    Cette confrontation politique a des répercussions profondes sur le PASTEF, parti qui a remporté une large majorité aux législatives de 2024. Sonko, en tant que leader du parti, conserve une influence majeure sur les 130 députés PASTEF à l’Assemblée nationale. Une force que Diomaye Faye devra désormais composer avec, sous peine de voir ses projets bloqués.

    Un affaiblissement mutuel et des risques politiques majeurs

    Selon Babacar Ndiaye, directeur de recherche au think tank WATHI, le limogeage de Sonko marque un affaiblissement des deux hommes sur le plan politique. Le slogan « Diomaye mooy Sonko » avait construit une image de duo indissociable, mais cette promesse est aujourd’hui brisée.

    « Les citoyens qui avaient misé sur cette alliance vont ressentir une profonde déception. L’image des deux leaders est durablement affectée, et cela pourrait se répercuter sur leur capacité à mobiliser l’électorat », estime-t-il.

    Pour le président Diomaye Faye, la décision de se séparer de Sonko est un pari risqué. Si elle lui permet de reprendre le contrôle de l’exécutif, elle l’expose aussi à une isolement politique croissant. Sonko, en tant que Premier ministre, absorbait une partie des critiques et maintenait la mobilisation de la base militante du PASTEF. Désormais, toutes les attentes populaires vont se concentrer sur Diomaye Faye, qui doit prouver qu’il peut incarner seul l’héritage de l’alternance de 2024.

    Le risque principal ? Une majorité parlementaire hostile. Le PASTEF, toujours dirigé par Sonko, détient une majorité à l’Assemblée nationale. Si les députés PASTEF s’opposent aux projets de loi du gouvernement, cela pourrait paralyser l’action politique et ouvrir la voie à une crise institutionnelle.

    « Le président pourrait se retrouver dans une situation où il dispose des leviers institutionnels du pouvoir, mais où sa majorité parlementaire lui est acquise à la cause de Sonko. Une configuration explosive qui fragilisera son mandat avant même 2029 », prévient Babacar Ndiaye.

    Vers une recomposition du paysage politique ?

    Ousmane Sonko acclamé par ses partisans à Dakar après sa destitution

    Le limogeage de Ousmane Sonko pourrait bien n’être que le premier acte d’une recomposition politique plus large. Plusieurs scénarios se dessinent pour l’avenir du Sénégal.

    Le premier serait celui d’une opposition interne au sein même du PASTEF. Sonko, libéré des contraintes du gouvernement, pourrait se repositionner en leader d’une frange rebelle du parti. Une stratégie risquée, mais qui lui permettrait de maintenir son influence sur la base militante.

    Le deuxième scénario serait une préparation méthodique de la présidentielle de 2029. Plusieurs observateurs estiment que Sonko prépare déjà cette échéance, tandis que Diomaye Faye doit désormais construire sa propre identité politique.

    Enfin, une recomposition totale du paysage politique pourrait s’opérer, avec la naissance de deux blocs distincts : un courant institutionnel incarné par Diomaye Faye et un courant populiste-souverainiste porté par Sonko.

    « La décision du limogeage de Sonko ouvre une période d’incertitude politique sans précédent depuis l’alternance de 2024. Les Sénégalais subissent déjà les contre-coups de la situation économique, et cette crise politique ne va pas arranger les choses », analyse Babacar Ndiaye.

    Le président Diomaye Faye va devoir nommer rapidement un nouveau Premier ministre et former un gouvernement. Le choix des personnalités et l’orientation politique de cette équipe seront scrutés de près. Une erreur de casting pourrait aggraver la fracture au sein du PASTEF et affaiblir davantage le pouvoir en place.

    Pour Ousmane Sonko, l’enjeu est tout aussi crucial. Il doit prouver qu’il peut exister politiquement en dehors du pouvoir exécutif. S’il parvient à mobiliser sa base et à structurer une opposition efficace, il pourrait devenir un acteur incontournable pour les prochaines échéances électorales.

    Quant au calendrier politique, il ne laisse aucun répit. Les élections locales approchent, et une dissolution de l’Assemblée nationale est évoquée. Mais cette option n’est possible qu’à partir de novembre 2026. Dans l’intervalle, le risque d’une paralysie institutionnelle plane sur le pays.

    « Si la dissolution intervient, ce sera un moment de clarification. En cas de défaite, cela pourrait fragiliser le reste du mandat présidentiel », avertit Maurice Soudieck Dione.

    Une nouvelle ère pour le Sénégal ?

    Le limogeage de Ousmane Sonko marque la fin d’une ère politique au Sénégal. Le duo qui avait porté le PASTEF au pouvoir en 2024 a volé en éclats, laissant place à une incertitude inédite. Pour Bassirou Diomaye Faye, l’enjeu est de devenir un leader à part entière, capable de gouverner sans l’ombre de Sonko. Pour Ousmane Sonko, il s’agit de se réinventer et de préparer l’avenir.

    Cette crise politique survient dans un contexte économique déjà difficile pour les Sénégalais. Les attentes sont immenses, et la capacité des deux hommes à répondre à ces défis sera déterminante pour leur avenir politique. Une chose est sûre : le Sénégal entre dans une nouvelle phase, où chaque décision pourrait redessiner l’équilibre des pouvoirs pour les années à venir.

  • Sénégal : limogé par Diomaye Faye, Sonko s’en va « le cœur léger »

    Sénégal : limogé par Diomaye Faye, Sonko s’en va « le cœur léger »

    Sénégal : limogé par Diomaye Faye, Sonko s’en va « le cœur léger »

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    Le limogeage du Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, et la dissolution de son gouvernement par le président Bassirou Diomaye Faye risque d’aggraver l’incertitude dans un pays déjà aux prises avec une crise de la dette et des négociations interminables avec le FMI.

  • Rupture politique au Sénégal : faye et sonko, une alliance brisée

    Rupture politique au Sénégal : faye et sonko, une alliance brisée

    Rupture politique au Sénégal : Bassirou Diomaye Faye limoge Ousmane Sonko

    Le paysage politique sénégalais traverse une période de bouleversements majeurs. Après des mois de tensions croissantes au sommet de l’État, le président Bassirou Diomaye Faye a pris la décision radicale de limoger son Premier ministre Ousmane Sonko. Ce geste marque la fin brutale d’une alliance politique qui avait marqué l’histoire récente du pays.

    L’ancien Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko (à gauche) et le président Bassirou Diomaye Faye (à droite) au palais présidentiel de Dakar, le 16 octobre 2025

    Une alliance née en avril 2024, aujourd’hui en lambeaux

    En avril 2024, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko accédaient ensemble au pouvoir avec le slogan « Sonko c’est Diomaye, Diomaye c’est Sonko ». Leur duo, autrefois présenté comme indéfectible, a fini par se muer en un affrontement politique sans précédent. Les mois de tensions ont progressivement fragilisé cette collaboration, aboutissant aujourd’hui à une rupture officielle.

    Les raisons d’une séparation

    Les causes de cette rupture restent sujettes à interprétation. Certains observateurs évoquent des divergences stratégiques majeures, tandis que d’autres pointent des rivalités personnelles ou des désaccords sur la gestion des affaires publiques. Une chose est certaine : cette décision de limoger Ousmane Sonko marque un tournant dans la politique sénégalaise contemporaine.

    Quelles conséquences cette rupture peut-elle avoir sur le fonctionnement du gouvernement ? Quels scénarios se dessinent pour les prochains mois ? Les réactions des citoyens et des acteurs politiques seront déterminantes pour comprendre l’ampleur de ce bouleversement.

    Les scénarios possibles pour l’avenir

    • Un gouvernement remanié : Bassirou Diomaye Faye pourrait nommer un nouveau Premier ministre, capable de relancer une dynamique constructive au sein de l’exécutif.
    • Des tensions persistantes : La rupture pourrait s’accompagner de manifestations ou de contestations, notamment de la part des partisans d’Ousmane Sonko.
    • Une recomposition politique : Cette crise pourrait accélérer des alliances inattendues ou des recompositions au sein du paysage politique sénégalais.
    • Un impact sur les réformes : Les projets de loi ou les réformes en cours pourraient être ralentis ou modifiés en fonction des nouvelles orientations du gouvernement.

    Cette situation inédite soulève de nombreuses questions. Comment les Sénégalais vont-ils réagir ? Quelles seront les répercussions sur la stabilité institutionnelle du pays ? Une chose est sûre : la politique au Sénégal entre dans une phase de turbulence.

    Vos réactions nous intéressent

    Cette crise politique suscite des interrogations légitimes. Que pensez-vous de cette rupture ? Quels scénarios envisagez-vous pour les prochains mois ? Partagez vos analyses et vos opinions avec nous.

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  • Sénégal : entre espoir et désillusion après la chute du premier ministre Sonko

    Sénégal : entre espoir et désillusion après la chute du premier ministre Sonko

    Sénégal : entre espoir et désillusion après la chute du premier ministre Sonko

    La décision présidentielle de démettre Ousmane Sonko de ses fonctions de Premier ministre a suscité des réactions contrastées à Dakar. Depuis plusieurs mois, les tensions entre les deux figures de l’exécutif empoisonnaient le climat politique sénégalais. Les partisans de l’ancien chef du gouvernement oscillent désormais entre satisfaction et amertume.

    des réactions tranchées chez les sympathisants de Sonko

    « Cette révocation était prévisible. Ousmane Sonko a marqué l’histoire en tant que ministre bien plus que ses prédécesseurs. Nous resterons à ses côtés, encore plus fiers qu’avant », confie Ibrahima Dione, habitant de la capitale. Sonko, leader du PASTEF (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité), a vu son gouvernement dissous dans la foulée de sa destitution. Une annonce brutale qui laisse peu de place à l’ambiguïté sur la crise traversée par l’État.

    Sur les réseaux sociaux, le mouvement n’a pas tardé à réagir, bien que de manière succincte. Pourtant, derrière ces messages, la réalité politique sénégalaise semble plus complexe que jamais.

    un pays en quête de stabilité économique

    Modou Diaw, résident dakarois, partage son inquiétude : « Cette décision me surprend et me déstabilise. Le pays a besoin de stabilité, pas de bouleversements politiques incessants. Nous aspirons avant tout à des emplois et à une croissance durable. » Son analyse reflète une préoccupation partagée par de nombreux Sénégalais, las des luttes de pouvoir au sommet de l’État.

    Le limogeage du Premier ministre s’inscrit dans un contexte où Diomaye Faye, son successeur, doit sa légitimité à la popularité historique de Sonko. Pourtant, les déclarations controversées du nouveau chef du gouvernement auraient fini par exaspérer le président, selon plusieurs observateurs.

    des avis partagés sur la légitimité de la décision

    « Beaucoup de citoyens attendaient ce geste. Le président a le droit de nommer et de révoquer qui il souhaite. Si cette décision sert l’intérêt national, alors elle est justifiée », estime Thierno Sow, autre habitant de Dakar. Cette prise de position illustre la division des opinions au sein de la population.

    Le PASTEF, vainqueur du premier tour des élections de mars 2024, avait promis un changement radical dans la gestion des affaires publiques. Avec plus de 60 % des voix, le parti incarnait l’espoir d’une nouvelle ère politique. Pourtant, les derniers événements remettent en question cette dynamique.

    La révocation de Sonko marque ainsi un tournant dans le paysage politique sénégalais. Entre espoirs déçus et nouvelles attentes, le pays continue de naviguer dans une période incertaine.

  • Wayne rooney dénonce les hommages en plein match à manchester city

    Wayne rooney dénonce les hommages en plein match à manchester city

    L’ancien international anglais Wayne Rooney a vivement réagi à une initiative controversée lors du dernier match de la saison de Premier League entre Manchester City et Aston Villa. Une haie d’honneur a été organisée en cours de rencontre pour saluer le départ de deux piliers du club mancunien, Bernardo Silva et John Stones, déclenchant une vague de critiques.

    Une interruption jugée inacceptable en pleine compétition

    Lors de cette ultime journée de championnat, les joueurs de Manchester City ont rendu hommage à leurs coéquipiers emblématiques en leur offrant une haie d’honneur au moment de leur remplacement. Si ce geste symbolisait l’affection et le respect envers les deux stars, il a suscité une vive polémique. Wayne Rooney, légende de Manchester United, n’a pas mâché ses mots pour dénoncer cette pratique.

    « C’est tout bonnement incroyable », a-t-il lancé lors d’une émission sportive. « Après tout ce que j’ai vu durant cette saison, c’est triste de constater que de telles initiatives soient encore tolérées. Bernardo Silva et John Stones ont été exceptionnels pour Manchester City, et ils méritent cet hommage. Mais cela doit se faire après le match, pas pendant ! Si j’avais été dans l’équipe d’Aston Villa, j’aurais été furieux. »

    L’ancien attaquant a souligné que ces interruptions nuisaient à l’intensité et à l’intégrité des rencontres, un point de vue partagé par d’autres figures du football anglais.

    Alan Shearer rejoint Rooney dans sa critique

    L’ex-attaquant d’Newcastle United, Alan Shearer, a également exprimé son désaccord face à cette initiative. « J’ai été surpris que Aston Villa accepte une telle interruption, surtout avec plus de trente minutes de jeu restantes et un remplacement à effectuer », a-t-il commenté. « Il est clair que je comprends les émotions, mais ce type de célébration en pleine partie n’a pas sa place dans une rencontre de Premier League. »

    Les détracteurs de cette pratique estiment qu’elle porte atteinte au professionnalisme et à la fluidité des matchs, surtout dans un contexte où chaque point compte pour le classement final.

    Un match marqué par l’émotion et la défaite des Cityzens

    Malgré cette controverse, Manchester City a vécu une journée chargée en émotions. Le départ de Pep Guardiola, après dix ans de règne, a été salué par une ambiance chaleureuse au stade de l’Etihad. Pourtant, la fête a été ternie par la performance des joueurs, qui ont subi la pression d’Aston Villa. Un doublé d’Ollie Watkins a permis aux visiteurs de s’imposer 2-1, gâchant en partie l’hommage rendu à leurs coéquipiers.

    Sur le banc mancunien, Pep Guardiola a révélé son épuisement après cette décennie riche en succès. « Je suis épuisé, mais voir mes joueurs réagir ainsi à l’adieu de Bernardo et John m’a profondément ému », a-t-il confié, les larmes aux yeux. « Ces liens sont ce qui rend ce club si spécial. »

    Aston Villa profite de la distraction pour marquer des points

    Pendant que les débats sur les hommages en match faisaient rage, Aston Villa a su en profiter pour asseoir sa position au classement. Malgré leur qualification en Ligue des champions via la Ligue Europa, les Villans ont confirmé leur quatrième place, devançant même Liverpool. Cette performance a eu des répercussions positives pour d’autres clubs européens, comme le Sporting CP, qui a évité les tours préliminaires grâce à ce résultat.

    Pour Manchester City, cette défaite reste un détail dans une saison historique, couronnée par vingt trophées majeurs sous l’ère Guardiola. Cependant, la question des hommages en plein match soulève un débat plus large sur la meilleure façon de célébrer les légendes sans perturber l’esprit compétitif du football moderne.

  • Crise politique au Sénégal : sonko renverse le gouvernement faye

    Crise politique au Sénégal : sonko renverse le gouvernement faye

    crise politique au Sénégal : le président faye limoge sonko

    Bassirou Diomaye Faye (à droite) et Ousmane Sonko (à gauche) lors d'une réunion au palais présidentiel de Dakar en octobre 2025

    Le Sénégal traverse une période de tensions politiques sans précédent. Vendredi 22 mai, le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé un remaniement majeur en limogeant son Premier ministre de longue date, Ousmane Sonko, ainsi que l’ensemble du gouvernement. Le lendemain, dimanche 24 mai, Ousmane Sonko a retrouvé son siège de député, tandis que Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, a présenté sa démission. Le mardi suivant, une nouvelle élection doit avoir lieu pour désigner le successeur de Malick Ndiaye à la tête du Parlement. Ousmane Sonko pourrait bien en être le prochain titulaire. Cette situation annonce un affrontement imminent entre l’exécutif et le législatif.

    une rupture inévitable

    Les observateurs s’accordent à dire que la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko s’inscrivait dans une logique de long terme. Pour certains analystes sénégalais, cette séparation était inévitable : « La dynamique entre Faye et Sonko contenait une contradiction fondamentale. Ce n’est pas une question de manque de talent ou de divergence idéologique, mais plutôt une incompatibilité structurelle. Une République ne peut être gouvernée comme un duo de jazz où deux leaders improvisent sans cadre commun. Le pouvoir exécutif, par nature, exige une unité de commandement. L’histoire africaine, de Nkrumah à Sankara, en passant par Modibo Keïta ou Laurent-Désiré Kabila, montre que les cohabitations au sommet entre deux forces égales mènent invariablement à l’éviction de l’un ou à la destruction mutuelle. »

    des tensions croissantes

    Les premiers signes de fracture sont apparus dès juillet 2024, lorsque Ousmane Sonko avait évoqué un « problème d’autorité » et reproché au président de ne pas le soutenir suffisamment face aux critiques. La rupture définitive a été actée après une séance de questions au Parlement, où l’ancien Premier ministre a publiquement remis en cause plusieurs décisions présidentielles, allant jusqu’à qualifier l’action de Bassirou Diomaye Faye de « erreur » dans la gestion des fonds politiques.

    vers un conflit entre exécutif et législatif ?

    La question se pose désormais : Ousmane Sonko deviendra-t-il le principal opposant au président ? Avec une popularité intacte, il représente une menace sérieuse pour Bassirou Diomaye Faye. L’affrontement politique pourrait rapidement basculer à l’Assemblée nationale, où le prochain président du Parlement, très probablement Sonko, pourrait bloquer l’action gouvernementale. Moussa Diaw, professeur de sciences politiques à l’université Gaston-Berger de Saint-Louis, souligne : « Le bras de fer va probablement s’installer à l’hémicycle. Le risque de paralysie de l’action publique est réel, d’autant que l’exécutif doit faire adopter quatre textes majeurs : la révision de la Constitution, la réforme de la Cour constitutionnelle, une nouvelle loi sur les partis politiques et la création d’une Commission électorale nationale indépendante. »

    une guerre des pouvoirs aux enjeux électoraux

    La situation actuelle oppose le Pastef, parti contrôlé par Ousmane Sonko, à la Coalition Diomaye Faye président. Cette rivalité annonce une bataille sans merci pour les élections locales de 2027 et surtout la présidentielle de 2029. Le camp des « Pastefistes », notamment les jeunes Sénégalais qui avaient placé leurs espoirs dans le duo Faye-Sonko, se retrouve aujourd’hui divisé et désorienté.

    sonko peut-il l’emporter ?

    Selon certains analystes, Ousmane Sonko pourrait bien sortir vainqueur de cet affrontement. Adrien Poussou, ancien ministre centrafricain de la Communication et spécialiste en géopolitique, explique : « La réalité politique du Sénégal est implacable : le Pastef domine la scène nationale grâce à une base militante jeune et mobilisée, ainsi qu’à une narration politique forte forgée lors des années de confrontation avec le régime de Macky Sall. Ousmane Sonko reste la figure centrale. Même après son empêchement judiciaire et son exclusion de la course présidentielle de 2024, c’est autour de lui que s’est cristallisée l’espérance de changement. Certes, le président dispose de la légitimité institutionnelle, mais Sonko conserve une légitimité populaire et militante redoutable, qui pourrait s’avérer décisive dans une future confrontation. »